Thème Colombie

Gouverner sans permanence

Giovanni Libreros
« ...si nous avons été vaincus, nous ne pouvons rien faire d’autre que recommencer depuis le début » F. Engels Le rideau est tombé et, avec lui, se clôt la scène inaugurale du premier gouvernement progressiste en Colombie. Comme prévu, les analyses prolifèrent et la majorité insiste sur la notion de « polarisation » pour expliquer l’évident « match nul électoral ». Nous, en revanche, préférons recourir à l’expression gramscienne d’« équilibre des forces de perspective catastrophique » pour nommer une situation de déséquilibre où — cette parité —, avant d’annoncer une stabilisation, une légitimation et une régulation, opère comme un symptôme anticipé d’une crise qui demeure à l’état latent. Par conséquent, le propos de cet écrit consiste à réfléchir sur la question de savoir si le revers électoral exprime l’achèvement d’une forme « provisoire » de gouvernement ou si, au contraire, il ouvre un nouveau moment pour conquérir d’autres équilibres de forces ; non seulement dans le but (…)

Ivan Cepeda : « Nous sommes face au fascisme »

Micah Uetricht y Alex Caring-Lobel

Entretien avec le candidat de la gauche colombienne. Il parle de l'ingérence des États-Unis, des liens de son adversaire d'extrême droite avec le narcotrafic et le paramilitarisme, et de son programme

La Marée rose qui a fait basculer la politique vers la gauche dans une grande partie de l'Amérique latine dans les années 2000 a mis un peu plus de temps à toucher terre en Colombie. Dominé pendant des décennies par une droite étroitement alliée aux États-Unis, qui a accepté une aide militaire massive pour mener des campagnes sanglantes contre l'insurrection de gauche, les cultivateurs de coca non-traficants et de très nombreux civils, la Colombie est restée ce que le président vénézuélien Hugo Chávez a appelé un jour le « porte-avions insubmersible » pour les intérêts américains en Amérique latine, à une époque où de nombreux pays voisins misaient sur l'autonomie nationale et sur des gouvernements progressistes. Cela a changé il y a quatre ans, lorsque l'ancien guérillero Gustavo Petro et son Pacte historique se sont frayé un chemin vers la présidence. Son gouvernement, pragmatique et social-démocrate, a augmenté le salaire minimum, adopté des réformes du travail favorables aux (…)

Abelardo de la Espriella et la menace d’une Colombie subordonnée

David López (Telesur)
Abelardo de la Espriella se présente aux Colombiens comme un patriote absolu. Il porte des symboles nationaux, invoque la patrie, parle d'ordre, promet la sécurité et se proclame défenseur de la nation. Pourtant, derrière cette mise en scène apparaît une question politique inévitable : quel type de patriotisme représente un candidat dont le parcours, les alliances, les soutiens internationaux, les relations professionnelles et les propositions de gouvernement semblent bien plus connectés à l'ancien bloc oligarchique, paramilitaire, corporatiste et pro-américain qu'à une véritable souveraineté populaire colombienne ? La question n'est pas uniquement juridique. La double nationalité, à elle seule, n'empêche pas de briguer la présidence de la Colombie. Le problème est politique, éthique et géopolitique. De la Espriella n'est pas simplement un Colombien ayant des liens internationaux. C'est un candidat qui a célébré le soutien de Donald Trump, qui se présente comme un allié naturel (…)

Petro : « Ça rend Trump furieux que la Colombie ne soutienne pas une invasion du Venezuela »

Telesur

« Bolívar n'a jamais voulu une relation à genoux avec les États-Unis. Je suis bolivarien », a affirmé le président colombien en rejetant les accusations de Trump qui le lient au narcotrafic.

Le président de la Colombie, Gustavo Petro, a assuré ce lundi 20 octobre que le président Donald Trump l'accuse faussement d'être lié au narcotrafic parce que durant son mandat l'armée colombienne ne participera pas à une invasion du Venezuela, qualifiant d'acte insensé le fait d'attaquer un peuple frère. Dans une interview avec le journaliste Daniel Coronell, le mandataire a affirmé : « Ça le rend furieux, Monsieur Trump, que je ne soutienne pas les Nord-Américains avec l'armée colombienne pour envahir le Venezuela. Non, Monsieur. À quel stupide Colombien pourrait-il venir à l'idée d'aider à envahir l'endroit où se trouvent ses cousins, ses enfants, ses gens, les Colombiens qui sont quatre millions, pour qu'on les tue comme à Gaza ? ». Il a signalé que « les mêmes missiles qui tombent sur Gaza tombent dans la mer des Caraïbes près de nous », et qu'un président doit parler « avec la dignité de l'humanité, pas seulement de son peuple ». De même, le président a critiqué la (…)

Washington révoque le visa du président colombien pour avoir appelé les soldats américains à "désobéir à Trump" (The Cradle)

The Cradle

Administration Trump Washington révoque le visa du président colombien pour avoir appelé les soldats américains à “désobéir à Trump”. Petro a aussi présidé une réunion du Groupe de La Haye à New York, où les États se sont engagés à bloquer les armes, résilier les contrats, se désengager & imposer un embargo sur l’énergie israélienne

Le département d’État américain a annoncé le 27 septembre qu’il révoquera le visa du président colombien Gustavo Petro, l’accusant d’“actions irresponsables et incendiaires” lors d’une manifestation pro-palestinienne à New York. Petro s’est joint aux manifestants près de l’ONU, où il s’est exprimé via un mégaphone et a appelé à la résistance contre la politique américaine, déclarant : “J’appelle tous les soldats de l’armée américaine de ne pas pointer leurs fusils vers l’humanité. Désobéissez aux ordres de Trump ! Obéissez à l’humanité !” The US says it will revoke the visa of Colombian President Gustavo Petro, who urged American soldiers to disobey President Trump during a speech to protesters outside the UN in New York. He also called for a global force to intervene in Gaza. pic.twitter.com/7eGI3RxpZ0 — Al Jazeera English (@AJEnglish) September 27, 2025 Il a également appelé “les nations du monde” à fournir des effectifs pour constituer une armée “plus importante que (…)