Jean-Pierre PAGE
Il existe en occident une approche de la relation Inde et Chine qui pèche par des oublis historiques majeurs mais surtout par une tonalité passéiste et néocoloniale Cette manière de voir la relation entre la Chine et l’Inde à travers le prisme de la conflictualité est pour ma part contraire à la réalité, à l’histoire et à mon expérience personnelle.
L’Inde et la Chine ont une histoire croisée depuis des millénaires. Elle remonte à leurs civilisations respectives et communes, à l'Antiquité, aux routes de la soie, à la diffusion de l’Islam et bien sûr à travers le bouddhisme, qui n'est pas une religion mais une philosophie de la vie. Cela tient évidemment à leur proximité géographique, et sans aucun doute parce que ces deux pays ont été avec d’autres nations d’Asie, les victimes de longues périodes de colonisation, de guerres, de pillages, de souffrances partagées. Mais par-dessus tout parce qu’à travers de véritables épopées, Gandhi et Nehru, Mao Zedong et Zhou Enlai, ces hommes hors du commun, furent les infatigables initiateurs d’un mouvement de libération nationale, pour la défense de l’indépendance, de la souveraineté, de leurs valeurs, de leurs cultures de chacun de leur pays respectif. Ensemble, ils ont inspiré les mouvements de décolonisation de l’après-guerre, en Asie, en Afrique, en Amérique latine.
Ainsi, ce n’est (…)
Sergueï Lavrov
Entretien du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec RT India, Moscou, 13 mai 2026
Question : Vous traitez avec New Delhi depuis plus de deux décennies maintenant. Ce partenariat stratégique spécial et privilégié a tous les bons atouts. Il y a les sommets, et des mots à la mode comme « pétrole » et « défense » qui font récemment la une des journaux. Quelle est la véritable substance du partenariat entre l'Inde et la Russie aujourd'hui ?
Sergueï Lavrov : Ce ne sont pas seulement le pétrole et le gaz. C'est bien plus que cela.
La nature des relations entre la Russie et l'Inde est beaucoup plus large, et elle n'a pas commencé il y a vingt ou même trente ans. Tout a commencé lorsque l'Inde a accédé à l'indépendance. Dès le début, les dirigeants indiens ont visité l'Union soviétique et les dirigeants soviétiques ont visité l'Inde. Cela a permis de jeter des bases solides, fondées sur des relations personnelles de confiance entre les dirigeants des deux pays, ce qui est toujours une bonne chose. Parallèlement, une base solide pour un partenariat entre l'Inde et (…)
Djamel LABIDI
Les massacres à Gaza sont sans fin. Il n'y a pas dans l'Histoire un tel précédent. Avec ces massacres, Israël et les Etats Unis ont inscrit à jamais leur condamnation morale dans l'histoire de l'humanité. Netanyahou, monstre parmi les monstres, ne sera pas repu du sang palestinien. Il ne s'arrêtera pas si personne ne l'arrête. Il compte sur la lassitude de l'opinion mondiale, pire sur sa résignation.
Il faut le dire, il n'y a jusqu'à présent que “ les gens ” qui se sont dressés dans d'immenses manifestations d'indignation et de compassion douloureuse dans le monde. Pas leurs Etats. Qu'ont fait ceux-ci qui ne soient pas seulement verbal, politique, au mieux diplomatique ? Qu'ont-ils fait de matériel, de tangible, d’efficace sur Israël. Ils n'ont rien fait de ce genre. Ils se sont indignés comme “ les gens ”. A quoi donc servent les Etats s'ils ne font que s'indigner, dénoncer, condamner comme de simples citoyens. N'est-ce pas eux qui détiennent la puissance matérielle, la force d'agir ? Seuls l'ont fait, le Yémen des Houtis, et aussi le Hezbollah au Liban. Honneur à eux. Ils n'ont pas eu peur des conséquences dont d'autres disent avoir si peur pour leurs pays, en réalité pour eux-mêmes. Qui disait que "“ e courage est de faire ce qui est juste ” ?
Certes, on peut faire observer que des pays comme l'Afrique du Sud, la Turquie, l'Algérie ont mené un combat d'une valeur (…)
Prabhat PATNAIK
Il existe des problèmes bien connus liés au concept de produit intérieur brut ainsi qu'à sa mesure. Adam Smith se serait opposé à l'inclusion du secteur des services dans le PIB au motif que les personnes employées dans ce secteur constituent des "travailleurs improductifs". Dans l'ex-Union soviétique et les pays socialistes d'Europe de l'Est, ce n'est certainement pas le PIB, mais le produit matériel brut, à l'exclusion du secteur des services, qui est considéré comme la mesure pertinente.
Même si le secteur des services est inclus dans le PIB, la mesure de sa production pose un problème conceptuel, car il est difficile de distinguer ce qui constitue une prestation de service de ce qui constitue un simple paiement de transfert : après tout, on peut tirer satisfaction d'un paiement de transfert exactement comme on tire satisfaction de la prestation d'un musicien ; comment alors inclure l'un et pas l'autre dans le cadre du PIB ? Mais outre ces problèmes conceptuels, il existe également des problèmes liés à la mesure du PIB, problèmes qui découlent notamment du vaste secteur de la petite production pour lequel nous ne disposons pas de données fiables, régulières et opportunes. En Inde, par exemple, plusieurs économistes ont suggéré, bien que pour des raisons différentes, que la mesure du taux de croissance du PIB était surestimée.
Il est également évident que le PIB n'est pas un indice du bien-être national ; la raison la plus évidente en est que la distribution du (…)
Yorgos MITRALIAS
Le déclencheur de ce qui suit a été le très important texte de la jeune Ukrainienne Hanna Perekhoda "Si au nom de la "paix" nous trahissons les Ukrainiens, comme les Palestiniens..."(1), dans lequel - comme elle le dit - elle essaie de voir "les structures qui permettent non pas d’« exotiser » la Palestine mais de la rendre potentiellement comparable à d’autres situations d’oppression coloniale et de résistance légitime menées néanmoins par des organisations d’extrême-droite ultra-réactionnaires”. Et en effet, tout Grec et tout Chypriote ne pourrait voir rien d'"exotique" dans le cas du Hamas palestinien car à Chypre aussi, au temps de l'"oppression coloniale" britannique, à la tête de la "résistance légitime" se trouvait pendant au moins cinq ans (1954-1959), "l'organisation d'extrême droite ultra-réactionnaire" qu'était l'EOKA du tristement célèbre général -collabo et massacreur des résistants communistes- Georgios Grivas.
Il n'y a donc rien de nouveau sous le soleil, puisque, (…)