Thème Religions/Croyances

Le CRIF serait-il la nouvelle police politique de la pensée ?

Christian EYSCHEN

C’est avec un certain effarement que la Librairie de la Libre Pensée a reçu, comme la plupart des librairies, un message comminatoire du Conseil Représentatif des Institutions Juives d’Auvergne-Rhône-Alpes, lui enjoignant de ne pas vendre "Gaza, est-ce que vous nous voyez vraiment ?", l’ouvrage de Mazen Kerbaj, dessinateur libanais engagé contre le génocide en cours à Gaza.

Nous joignons cette lettre digne à la fois de la Propagandastaffel, du Guépéou, et de la Congrégation catholique de l’Index, organismes totalitaires qui ont la destruction de millions d’ouvrages à leur actif, publications jugées « mal pensantes » et « non-conformes » à l’idéologie totalitaire portée par ces professionnels de l’autodafé. Les Éditions Actes Sud ont répondu à ces tentatives liberticides : « D'abord, ils nous ont dit de ne pas scander : "du fleuve à la mer, la Palestine sera libre", parce que c'est antisémite. Maintenant, ils nous demandent d'arrêter de dire "Palestine libre" parce que c'est antisémite. Je me demande quel sera le prochain mot interdit : "Palestine" ou "libre" ? ... Pour le premier extrait mis en cause, la citation a été tronquée. Au complet, le dessin, daté du 21 octobre 2023, dit : « SOYONS CLAIRS : L'ANTISEMITISME est une HONTE alors que L'ANTISIONISME est un DEVOIR. » Chacun est libre à présent, avec la phrase complète, de juger. » De quel droit (…)

Syrie : avec les Alaouites de Lattaquié.

Loic RAMIREZ

Reportage (+ photos) sur la côte syrienne avec la communauté alaouite, cible des islamistes au pouvoir.

Tous les matins, elle dépose le thym et l’huile d’olive sur la table. Quelques fines galettes de pain (lavash) sur lesquelles on écrase un œuf dur avant d’y étaler le hoummous. Puis elle allume sa cigarette, la première de la journée (et la première d’une longue série). Cela fait cinq jours qu’Hala [1] m’accueille chez elle, ici, dans le quartier d’Al Thawrah de la ville de Lattaquié, sur la côte syrienne. « Surtout tu ne dis pas que tu es journaliste, je te présenterai comme un ami de la famille », m’avait-elle écrit sur Whatsapp quelques jours avant mon arrivée. Par la suite, bien sûr, elle avait ajouté : « Tu effaceras tous les messages ». Hala est une alaouite. Retraitée, elle habite avec ses deux neveux de 26 ans, des jumeaux (un garçon et une fille). Si elle se montre si prudente c’est parce que comme tout le reste du pays, son quotidien a été chamboulé par la chute de la République arabe syrienne et le départ précipité de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024. Le pouvoir est (…)

Le Dalaï-Lama peut-il garder la main sur sa succession ?

Bruno GUIGUE
A l’occasion de la célébration de ses 90 ans, le dirigeant séparatiste en exil vient de jeter un pavé dans la mare. Évoquant sa succession, le Dalai Lama a affirmé que seule l’organisation dont il est le chef de file est “habilitée à reconnaître la future réincarnation” et que “personne d’autre n’a le pouvoir d’interférer dans cette affaire”. Autrement dit, la personnalité qui prétend exercer la direction du bouddhisme tibétain depuis l’étranger veut garder la main sur la désignation de son héritier. Mais cette prétention est-elle fondée ? De quelle légitimité peut-il se prévaloir, aussi bien du point de vue de la législation chinoise et du droit international que de la tradition ancestrale qui régit depuis des siècles la succession des titulaires de cette fonction sacerdotale ? Examinons d’abord le fond de l’affaire d’un point de vue juridique, c’est-à-dire du point de vue des institutions de la République populaire de Chine. Le Dalaï-Lama a beau se réclamer d’une légitimité (…)

Frères Musulmans en France ? Mascarade, hypocrisie et diversions !

Amar DJERRAD
Les « Frères Musulmans » ont constamment œuvré à la destruction des Républiques musulmanes, pour l’abolition des frontières des nations musulmanes, afin d’établir des Califats sous l'autorité d’un Grand Calife soumis à l’Occident ! Les Frères Musulmans sont une création, une stratégie de l’Occident en particulier du Royaume-Uni. Il s’agit d’une secte se réclamant de l’Islam, à l'instar des salafistes, des takfiristes, et d'autres groupes islamistes, dont la matrice est l’Organisation des Frères Musulmans. Leur création surgit après la chute du Califat islamique en Turquie, en 1924, dont le dernier calife a été exilé à Paris. Leur mission consiste à restaurer le Califat féodal afin de soumettre les nations musulmanes riches au diktat du grand capital occidental. Aujourd’hui, toutes ces républiques combattent les Frères Musulmans. Leurs leaders sont réfugiés (et protégés) en Occident notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et en Suisse. Les deux royaumes arabes (…)

Le rapport Frères musulmans et islamisme politique en France : Tartuffe est toujours là

Christian EYSCHEN

En 2024, M. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, entend évaluer les effets de la loi du 21 août 2021 « confortant les principes de la République » et demande à deux hauts fonctionnaires de dresser l'état des lieux de la présence en France des Frères musulmans, organisation fondée en 1928 en Égypte par Al Banna. Au printemps 2025, un rapport classé secret-défense est remis à l'actuel locataire de l'Hôtel Bauveau, M. Bruno Retailleau, qui pousse probablement davantage à sa publication dans la presse qu'à la garantie de sa confidentialité, à la veille d'un Conseil de Défense présidé par le Président de la République, furieux de ne pas avoir la primeur de ce document.

Cette négligence pourrait constituer un acte d'atteinte à la sûreté de l'État si le rapport contenait des informations de nature à nuire à la sécurité du pays. Néanmoins, au pays de Tartuffe, il s'agit d'une lamentable mascarade à visée bassement politicienne : le prétendu brûlot dont les gazettes s'emparent pour enflammer les esprits est en réalité une bluette, tant au regard des constats des auteurs que des préconisations qu'ils formulent. Les éléments matériels de la menace que font peser sur la France les Frères musulmans, sur la base même des documents gouvernementaux fournis par le Pouvoir, nous saisissent d'effroi : on compte mille personnes affiliées à cette organisation qui draine péniblement, le vendredi, 91 000 fidèles, dont la plupart ne se reconnaissent pas dans la figure d'Al Banna ; les Frères musulmans contrôlent 139 lieux de culte sur 2 800 ainsi que 53 associations cultuelles dont une douzaine serait en sommeil ; les moyens financiers dont dispose ce dangereux (…)