Thème Environnement/Ressources/Aliments

L’écocide capitaliste en débat

Daniel Tanuro
Le sociologue marxiste Alain Bihr propose une analyse très complète de la catastrophe écologique planétaire dans un nouvel ouvrage dont le titre résume parfaitement le contenu : L'Écocide capitaliste. L'ouvrage (Éditions Page2-Syllepse, 2026) comprend trois volumes, dont les quelque 1 200 pages représentent un remarquable travail de documentation, de synthèse et d'analyse. Le premier volume fait un état des lieux de la situation. Il examine de nombreuses facettes de la catastrophe (changement climatique, multiples agressions contre les environnements naturels globaux comme les océans, les zones humides, les forêts ; dégradation des éléments que sont la terre, l'eau, l'air, l'énergie ; appauvrissement de la biodiversité, menaces pour la santé humaine). Cette analyse met en évidence, en même temps, l'échec des politiques capitalistes de "développement durable", fondées sur des solutions de marché et des mécanismes de compensation qui, "dans le meilleur des cas, ne sont pas à la (…)

« La faim est faite de main d’homme et peut être éliminée par les hommes »

Eric Toussaint
A l’occasion du décès de Jean Ziegler (1934-2026) intervenu le 10 juin 2026, nous republions une interview réalisée par Éric Toussaint à l’occasion de la sortie de son livre intitulé : Destruction massive, géopolitique de la faim, Éditions du Seuil, Paris, 2012. L’interview a été réalisée et publiée en 2012. Pour tous ceux et celles qui veulent comprendre les enjeux de la faim dans le monde, la lecture de ce livre est indispensable. Écrit dans un style à la fois vivant et simple (sans jamais être simpliste), ce nouveau livre de Jean Ziegler, ex-rapporteur des Nations unies sur le droit à l’alimentation, apporte les clés nécessaires à la compréhension des causes du maintien d’un sixième de l’humanité dans la sous-alimentation conduisant à la mort ou tout au moins à la négation des droits humains les plus élémentaires. Il ne s’agit pas seulement d’une analyse des causes, le livre plaide pour un changement radical de système. 1) Quel lien faites-vous entre l’endettement des pays (…)
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Washington accède à la toute-puissance énergétique — et personne n’a l’air de percuter

BettBeat Media, Richard Medhurst

Ce n’est pas à une guerre que vous assistez. Ce que vous voyez, ce sont les États-Unis en train de réduire les nations de la planète à l’asservissement énergétique. Analyse de la thèse du “Petro-Gas Dollar” de Richard Medhurst et de la “perspective” qu’il a négligée.

Peu importe la guerre menée par les États-Unis, c'est toujours la même rengaine. Les mêmes voix ânonnent les mêmes propos : les États-Unis sont en pleine débâcle. La guerre est un échec. L'Amérique n'a jamais gagné de guerre. Toujours la même analyse figée dans les schémas de pensée du XXe siècle, selon laquelle "gagner" suppose un drapeau blanc, une capitulation en règle, une nation vaincue reconstruite à l'image de l'Amérique. Sans surprise, la plupart des commentateurs concernés sont ceux qui évaluent encore la victoire aux critères de 1945. J'ai déjà dit, et je répète que les États-Unis ne perdent pas de guerres. S'ils en perdaient, ils n'en déclencheraient plus. L'Afghanistan, la Syrie, l'Irak ou la Libye, les États défaillants ne sont pas des échecs de l'Empire. Ils sont ses victoires. Et l'Empire a le vent en poupe. Aujourd'hui, c'est l'Iran qui est dans le collimateur. À gauche comme à droite, le refrain est le même : ce sera un désastre, l'Amérique va trop loin et (…)

Le monde marche sur deux jambes

Ilyes BELLAGHA

Depuis que le libéralisme s’est libéré et que le socialisme ne parle plus du social, l’Occident, croyant avoir triomphé, se retrouve comme un légionnaire sans guerre. Pendant que les autres continents se réveillent, l’architecture et la culture pourraient redevenir les outils d’une humanité réconciliée avec la terre.

Depuis que le libéralisme s’est libéré et que le socialisme ne parle plus du social, l’Occident, croyant avoir gagné le combat, s’est retrouvé comme un légionnaire sans guerre. Désœuvré, il provoque pour exister – sa compagne, ses enfants, le monde entier. La conquête ayant tout dévoré, il ne lui reste que le vide à défendre. De l’autre côté, l’inverse s’est produit : la Chine, la Russie, jusqu’à l’Éthiopie et au Sénégal – ils se réveillent comme des volcans. Longtemps contenus, ils sentent à nouveau le sang circuler dans la terre, la mémoire remonter du sol. Le monde, lui, marche sur deux jambes, tandis que l’Occident boite sur la sienne, prisonnier d’un progrès sans souffle. Le tiers-monde, lui, croit encore à l’éternité de ceux qui soutiennent les tyrans. Comme un élève qui voit faiblir le maître, il ne comprend pas que la leçon est finie. Habitué, depuis la colonie, à dépendre d’un pouvoir lointain, il ne se prend pas en charge : il change seulement de proxénète, (…)

Discours complet de Lula à l’ONU.

Luiz Inácio Lula da Silva

Intervention du président Lula à l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025.

Madame la Présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock, Monsieur le Secrétaire général António Guterres, Chers Chefs d'État et de gouvernement et représentants des États membres réunis ici. Ce devrait être un moment pour célébrer les Nations Unies. Créée à la fin de la guerre, l'ONU symbolise l'expression la plus élevée de l'aspiration à la paix et à la prospérité. Aujourd'hui, cependant, les idéaux qui ont inspiré ses fondateurs à San Francisco sont menacés, comme jamais auparavant dans leur histoire. Le multilatéralisme est à une nouvelle croisée des chemins. L'autorité de cette Organisation est en échec. Nous assistons à la consolidation d'un ordre international marqué par des concessions répétées à la politique de la puissance. Les atteintes à la souveraineté, les sanctions arbitraires et les interventions unilatérales deviennent la règle. Il existe un parallélisme clair entre la crise du multilatéralisme et l'affaiblissement de la démocratie. L'autoritarisme se (…)