Eric ROSS
Au cours des derniers mois, l’administration Trump a intensifié sa campagne menée depuis des décennies contre le gouvernement et le peuple vénézuéliens. Les menaces renouvelées et intensifiées de changement de régime, justifiées par des allégations fausses ou exagérées selon lesquelles Nicolás Maduro, son président, dirigerait un narco-terrorisme contre les États-Unis, servent de prétexte commode à une intervention plus profonde et plus directe.
La récente vague d'exécutions extrajudiciaires en mer, la décision de la CIA de lancer des opérations secrètes à l'intérieur du Venezuela, l'afflux de troupes américaines dans les Caraïbes, la réouverture d'une base navale longtemps fermée à Porto Rico et le déploiement du porte-avions USS Gerald Ford dans la région constituent des développements frappants mais pas surprenants. Il ne s'agit là que de la dernière manifestation d'un projet idéologique à travers lequel Washington cherche depuis longtemps à façonner l'hémisphère de manière à renforcer davantage la puissance américaine et à protéger les profits des multinationales occidentales.
Ce projet officiel remonte au moins à la doctrine Monroe de 1823, lorsque les États-Unis ont unilatéralement revendiqué l'Amérique latine comme leur sphère d'influence exclusive. Sa renaissance aujourd'hui est indéniable et clairement dangereuse. Comme l'a déclaré le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, reprenant les termes de cette politique (…)
Thierry DERONNE
Lorsqu’il remonte ce 13 février les couloirs feutrés du Congrès jusqu’aux aux lambris du House Committee on Foreign Relations, Elliot Abrams, l’envoyé spécial de Donald Trump pour le Venezuela, a de quoi se réjouir. Le leurre des caisses à moitié vides a fonctionné. L’opinion publique occidentale s’est aussitôt étranglée : "pourquoi Maduro refuse-t-il l’aide humanitaire alors que son peuple meurt de faim ?".
Convoyées par l’USAID, l’ONG de la CIA, jusqu’à une région de Colombie en proie à une pauvreté extrême, ces caisses que ni la Croix Rouge ni Caritas ne veulent distribuer car elles n’y voient pas d’"aide humanitaire" (1), ne concerneraient en fait que 20 mille vénézuéliens pour quelques jours, selon l’autoproclamé "président" Juan Guaido. Ce cheval de Troie, entouré d’une nuée de médias, a une fonction plus plausible : servir de décor à un incident militaire, voire à une invasion.
Depuis près de deux ans le gouvernement bolivarien résiste à la hausse des prix pratiquée par (…)
Ollantay ITZAMNA
Thelma Cabrera, face visible des communautés en résistance, organisées au sein du Comité de développement paysan (CODECA), a déclaré lors de son intervention à l’Assemblée : “Nous ne sommes pas là pour gagner des élections, mais pour créer un État plurinational.”
Le 29 décembre 2018, dans la municipalité de Saint-Domingue, Suchitepéquez, à 164 km au sud-est de la ville de Guatemala, près d’un millier de femmes et d’hommes défenseurs des droits des peuples indiens et paysans en résistance, originaires de différents départements du pays, ont célébré la première assemblée nationale de leur Mouvement pour la Libération des Peuples (MLP). Ainsi, les communautés en résistance ont pu réunir les conditions légales nécessaires pour créer leur propre organisation politique et commencer à participer aux processus électoraux à venir.
Comment et où est né le MLP ?
“Notre instrument politique n’est pas né maintenant. Nous en avons discuté et sommes en train de le construire depuis plus de (…)
Marie-Dominik Langlois, Loïc Malhaire
Dans un article du 6 septembre dans El País, Martín Rodríguez Pellecer analyse : la crise politique actuelle traversée par le Guatemala est due au fait que les mafias qui contrôlent le sommet de l’État sont acculées par les forces anticorruptions et cherchent à tout prix à échapper à la justice. Les lignes qui suivent sont inspirées de son analyse.
Le 31 août dernier, le président du Guatemala, Jimmy Morales, a annoncé sa décision de ne pas renouveler le mandat de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG) chapeautée par l’ONU. Le jour même, une colonne de tanks était envoyée en face de la Commission. Quelques jours plus tard, Morales déclara que le chef de la CICIG, l’avocat colombien Iván Velásquez, alors en rencontre à Washington, sera interdit d’entrée au pays à son retour, arguant une menace à la sécurité nationale.
L’an dernier, Morales s’en était pris à Velásquez en le déclarant persona non grata. La Cour constitutionnelle avait toutefois jugé anticonstitutionnelle la décision du chef d’État, puisque celui-ci est légalement tenu de ne pas entraver le travail de la Commission.
Le Guatemala post-conflit reste un pays toujours divisé entre les élites économiques, les militaires et une population majoritairement pauvre.
Cet acharnement du président contre la CICIG doit être compris à la (…)
Maurice LEMOINE
A une très large majorité, 128 pays membres des Nations unies sur 193 ont condamné le 21 décembre 2017 la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump. Le texte de la résolution reprenait, dans ses grandes lignes, un projet soutenu par quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité – les Etats-Unis ayant dû utiliser leur veto de membre permanent pour en empêcher l’adoption.
Pour tenter de bloquer cette condamnation massive de la communauté internationale, Washington avait préalablement multiplié les menaces et les pressions. C’est ainsi que 35 Etats s’abstinrent lors du vote et que 21 jugèrent prudent ne pas prendre part au scrutin. Parmi les abstentionnistes, la Maison-Blanche put compter sur la « solidarité passive » de quelques comparses continentaux : le Mexique, l’Argentine et le Canada. Mais, bien entendu, ce sont les sept grandes puissances totalement alignées sur Washington et Tel-Aviv qui ont retenu l‘attention : les (…)