Les sans terre du Brésil, traduction Thierry Deronne
Quatre mois après l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de la députée Cilia Flores, la Brigade internationaliste de solidarité avec le Venezuela « Hugo Chávez », qui a suivi 15 jours de préparation théorique, pratique et organisationnelle au Brésil, est au travail au Venezuela et s’est mobilisée dans six régions du pays afin de mieux comprendre la réalité vénézuélienne et tirer des enseignements du processus politico-organisationnel qui se met en place dans les communes, dans le contexte de la situation actuelle.
Répartis en groupes de base : Juventude Zamorana, Dandara a Avançadora, Nalú Farias, Raízes Latino-Americanas, Negra Matea et Cacica Apacuana , nous nous sommes rendus dans les régions des Andes, du Centre-Capitale, des Llanos, de l’Oriente, dans l’immense région de Guyana et du Centre-Ouest du pays. En parcourant les communes de ces différents États, nous nous sommes enrichis de la diversité des expériences et des nuances du processus révolutionnaire en cours, qui a beaucoup à nous enseigner.
Nous avons été accueillis par un peuple généreux, sensible et disposé à échanger des idées sur la réalité de nos pays, nos luttes et nos perspectives d’avenir pour la révolution. Nous avons été frappés par la beauté des paysages montagneux, par l’art et la culture populaires ; nous nous sommes imprégnés de la joie des gens, qui ne leur a été enlevée sous aucun prétexte. Nous sommes venus offrir notre étreinte la plus fraternelle de solidarité et, à chaque endroit, nous avons reçu plus que (…)
Djamel LABIDI
Les massacres à Gaza sont sans fin. Il n'y a pas dans l'Histoire un tel précédent. Avec ces massacres, Israël et les Etats Unis ont inscrit à jamais leur condamnation morale dans l'histoire de l'humanité. Netanyahou, monstre parmi les monstres, ne sera pas repu du sang palestinien. Il ne s'arrêtera pas si personne ne l'arrête. Il compte sur la lassitude de l'opinion mondiale, pire sur sa résignation.
Il faut le dire, il n'y a jusqu'à présent que “ les gens ” qui se sont dressés dans d'immenses manifestations d'indignation et de compassion douloureuse dans le monde. Pas leurs Etats. Qu'ont fait ceux-ci qui ne soient pas seulement verbal, politique, au mieux diplomatique ? Qu'ont-ils fait de matériel, de tangible, d’efficace sur Israël. Ils n'ont rien fait de ce genre. Ils se sont indignés comme “ les gens ”. A quoi donc servent les Etats s'ils ne font que s'indigner, dénoncer, condamner comme de simples citoyens. N'est-ce pas eux qui détiennent la puissance matérielle, la force d'agir ? Seuls l'ont fait, le Yémen des Houtis, et aussi le Hezbollah au Liban. Honneur à eux. Ils n'ont pas eu peur des conséquences dont d'autres disent avoir si peur pour leurs pays, en réalité pour eux-mêmes. Qui disait que "“ e courage est de faire ce qui est juste ” ?
Certes, on peut faire observer que des pays comme l'Afrique du Sud, la Turquie, l'Algérie ont mené un combat d'une valeur (…)
Maxime-JRCF
« Pays en transe, cinéma en transe. »
Glauber Rocha in Esthétique de la faim
Terre en transe sort en salle au Brésil en 1967, soit trois ans après le coup d’Etat militaire fasciste supervisé par les États-Unis, qui aboutira en 1968 à l’adoption de l’Acte Institutionnel numéro 5, qui prévoit un renforcement extrême des forces répressives brésiliennes et un accroissement de la militarisation du pays. Le film est alors censuré. Mais il tient aujourd’hui, avec son réalisateur marxiste Glauber Rocha, une grande place dans la culture nationale. Ce dernier fascine, à juste titre, pour l’apport théorique qu’il a fourni au cinéma moderne (on pourrait résumer grossièrement le cinéma moderne comme l’ensemble des films anti-hollywoodiens ayant été réalisés à partir de la fin des années 50, regroupés dans des « Nouvelles Vagues », des mouvements cinématographiques propres à chaque pays - au Brésil elle porte le nom de « Cinema Novo » - et qui portent l’espoir d’une issue révolutionnaire à (…)
Quantum BIRD
Les élections fédérales viennent de s’achever au Brésil et le résultat – malgré les hésitations du militantisme "de gauche" – a été au rendez-vous : Lula a été élu président pour la troisième fois. L’ex-président a battu Bolsonaro avec une marge d’environ 1 %, dans un ensemble de près de 100 millions de votes utiles.
Le profond discrédit accumulé au niveau national et international par Bolsonaro, à la tête d'un mandat chaotique, réduisant le Brésil à un nain géopolitique, marqué par des crimes, des excès, la corruption, la perte de contrôle sur l'économie, la privatisation de ressources stratégiques et une myriade d'événements incroyablement bizarres auraient suggéré, selon la logique la plus simple, un raz de marée pour Lula, dès le premier tour.
[Les sondages d'opinion n'ont jamais indiqué que cela se produirait, mais les instituts de recherche ne sont pas du tout fiables au Brésil, alors laissons de côté les pseudo-informations provenant de ces sondages.]
La "gauche" n'a pas su imposer à Bolsonaro, et à son mythique "bolsonarisme" – imbécillisme serait un terme plus approprié – une défaite nette et définitive. Dans les lignes qui suivent, j'examine quelques-uns des facteurs conjoncturels et les perspectives d'exercice de la présidence par Lula.
Militantisme euphorique et "woke" : la (…)
Eliane BRUM
Le journaliste Dom Phillips et le chercheur Bruno Pereira ont disparu depuis une semaine en Amazonie, probablement assassinés. Pour l’écrivaine Eliane Brum, « ils sont les toutes dernières victimes de la guerre menée par Bolsonaro contre la forêt ».
Tôt, le lundi matin du 6 juin, j’ai été surprise par un message sur WhatsApp. On me demandait si Tom Phillips, le correspondant du Guardian au Brésil, était porté disparu dans la vallée de Javari, l’une des régions les plus dangereuses de l’Amazonie. Mon mari, Jonathan Watts, qui est rédacteur en chef de la rubrique environnement du journal britannique, vit en Amazonie avec moi. Tom, qui était chez lui à Rio de Janeiro, a rapidement répondu au téléphone. Si ce n’était pas Tom, qui avait alors disparu ? Nous avons immédiatement pensé à Dom Phillips.
Eliane Brum est une écrivaine brésilienne, primée à de nombreuses reprises. Elle est également chroniqueuse pour la quotidien espagnol El País et britannique The Guardian. Elle vit à Altamira, au coeur de l'État du Pará, dans la forêt amazonienne.
La différence d’une lettre à peine dans les noms de deux journalistes qui écrivent pour Le Guardian au Brésil prête souvent à confusion. Dom est un gars adorable, excellent journaliste, (…)