James Mutuba
Il y a 65 ans, le 17 janvier 1961, Patrice Émery Lumumba est assassiné au Katanga. Il n’avait que 35 ans. Premier ministre du Congo au lendemain de l’indépendance en 1960, il n’exercera le pouvoir que durant 67 jours. Un passage bref sur le devant de la scène politique, mais dont l’empreinte demeure profonde. Et pourtant, soixante-cinq ans après sa disparition, Lumumba demeure une figure majeure et une icône de la lutte anticoloniale. Aujourd’hui, que retiennent encore les Congolais de l’homme et de son combat ?
Pour une large partie des Kinois, Patrice Émery Lumumba incarne avant tout la dignité retrouvée d’un peuple longtemps dominé. Son discours du 30 juin 1960, prononcé lors de la proclamation de l’indépendance, reste gravé dans les mémoires comme l’acte fondateur d’une parole africaine libre et assumée.
« Au-delà d’être une figure emblématique, Lumumba est un esprit qui devrait habiter tout Congolais », estime l’écrivain Tiguy Elebe. Selon lui, « honorer sa mémoire suppose de défendre aujourd’hui encore la souveraineté politique, économique et culturelle du pays, ainsi que les valeurs de justice, d’égalité et d’unité nationale ».
Une lecture partagée par de nombreux jeunes, à l’exemple de Guerschon Kitsimba, étudiant en relations internationales à l’Université de Kinshasa, pour qui Lumumba reste « un symbole de l’indépendance et de la dignité du peuple congolais », un héros national dont l’engagement dépasse les frontières du Congo pour s’inscrire dans l’histoire africaine.
Une (…)
Jérôme DUVAL
Marlène Rabaud présente Congo Lucha, en avant-première à Bruxelles, au cinéma Le Vendôme le 29 novembre 2018. Entretien avec la réalisatrice, pour parler de son film, également programmé à 21h le samedi 8 décembre à la télévision belge RTBF, et du mouvement social Lucha de République démocratique du Congo.
Vous connaissez bien le terrain puisque vous y avez réalisé de nombreux films, vous avez même vécu en République démocratique du Congo (RDC). Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur votre travail, votre relation avec le pays ?
Marlène Rabaud : Oui, j’ai habité au Congo pendant 6 ans. J’ai travaillé pour des agences de presse comme Reuters, des chaînes de télévision comme France 24 et j’ai couvert la guerre dans l’Est du Congo, autour de cette ville de Goma, qui est traumatisée par la guerre depuis maintenant 20 ans, depuis le génocide au Rwanda qui a fait tache d’huile sur toute la région. Pendant plusieurs années j’ai couvert les rébellions avec le journaliste Arnaud Zajtman, on formait une équipe sur le terrain. C’était le début de Joseph Kabila qui venait d’être élu en 2006. On était quasiment les seuls journalistes à être présent en permanence dans la région.
Après des années à voir des massacres, des déplacements de population, des gens, et surtout des enfants, (…)
Ludo de WITTE
Entretien avec Ludo de Witte lors de l’inauguration du square Lumumba à Bruxelles.
Le 30 juin 2018, la République Démocratique du Congo célèbre le 58e anniversaire de la proclamation de son indépendance. Ce même jour, est inaugurée à Bruxelles une place au nom de l’éphémère premier chef de gouvernement du jeune Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba, ce héros de l’indépendance assassiné le 17 janvier 1961 avec la complicité de la CIA et de la Belgique. L’évènement frappe, au cœur de l’ancienne puissance coloniale, où les sculptures, plaques de rues, avenues et boulevards célébrant les « héros » belges ayant « apporté la civilisation au Congo » quadrillent la ville.
Ludo de Witte est historien et auteur de nombreux livres dont L’Ascension de Mobutu ou le célèbre ouvrage L’Assassinat de Lumumba. Ce dernier, au retentissement impressionnant, déboucha en 2001 sur la création d’une « Commission d’enquête parlementaire chargée de déterminer les circonstances exactes de l´assassinat de Patrice Lumumba et l´implication éventuelle des responsables politiques belges (…)
Julien Beranger
La province du Katanga, dans le sud du pays, ancien fief de l’opposant numéro un au régime, Moïse Katumbi, fait les frais du durcissement de la politique de Joseph Kabila.
Les Congolais n'avaient plus l'habitude que le pouvoir – ou une émanation de celui-ci – tienne ses promesses. Le 1er novembre dernier, le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Norbert Basengezi, déclarait que le calendrier électoral ardemment voulu serait publié avant la fin de la semaine. Voilà qui est chose faite. Dimanche 5 novembre, Corneille Nangaa, le président de la Céni, a annoncé que les élections présidentielle et législatives se tiendront le 23 décembre 2018. « Soit plus de deux ans après la fin du deuxième et dernier mandat du président de la République, Joseph Kabila, officiellement terminé le 19 décembre 2016 » note le correspondant du Monde à Kinshasa, Pierre Benetti.
Soit, également, plus d'un an après la date prévue par l' « accord du 31 décembre », conclu entre la majorité présidentielle et l'opposition, fin 2016, d'après lequel les deux scrutins devaient avoir lieu fin 2017. C'était sans compter les manœuvres du chef de (…)
Nikita IMAMBAJEV
En vigueur depuis 2000, les objectifs du Millénaire pour le développement tendent à réduire la pauvreté dans toutes ses formes dans les pays les plus défavorisés du monde. Gouvernements, partenaires et société civile, main dans la main, se sont engagés dans la lutte des Nations Unies afin de bâtir un avenir meilleur. La RDC, pays fragilisé par des conflits perpétuels, est l’une des priorités du programme fixé à l’année 2015. En attendant l’après-2015 prévu par les institutions internationales, quelles sont les avancées opérées durant plus d’une décennie sur le sol congolais encore sous séisme conflictuel ? Appuyé par les différents rapports officiels du PNUD, Alohanews dresse le constat.
À l’aube du XXIe siècle et de la nouvelle configuration de la scène internationale, l’ONU, composée à l’époque de 191 États membres, adoptait la Déclaration du Millénaire. Approuvé à New York, ce programme relevait toute une série de grands enjeux humanitaires. Allant dans le sens d’une coopération pour la lutte contre la pauvreté, cette initiative a fixé différents Objectifs du Millénaire pour le Développement. Au nombre de huit, ces objectifs ont pour ambition de réduire de moitié la pauvreté dans le monde jusqu’en 2015. Un pari osé pour la communauté internationale. Par ailleurs, les OMD sont soutenus financièrement par les pays développés qui ont pour mission d’affecter 0,7 % du RNB (Revenu national brut) à leur aide publique au développement.
OBJECTIF 1 : Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim
Le rapport des Nations Unies indiquait que 1,4 milliard d’êtres humains vivent avec moins de 1 dollar par jour. Plus de 800 millions de personnes souffrent de malnutrition (…)