Thème Maroc
12 juin 2026
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Sahara, plus rien ne sert, tout est permis
Joseba Santamaria
Le meurtre de Lahbib Mohamed Abdelaziz et de deux membres de l'Armée sahraouie par la dictature marocaine n'est pas un hasard et coïncide avec l'arrivée de l'envoyé de l'ONU dans les territoires libérés.
Le meurtre par drone de trois membres de l'Armée sahraouie par le Maroc, dont Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils du fondateur du Front Polisario en 1976 et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) pendant 24 ans jusqu'à son décès, date à laquelle il a été remplacé par Brahim Ghali, attire à nouveau l'attention internationale sur le conflit et la guerre oubliée du peuple sahraoui.
Un autre peuple abandonné à son sort depuis cinq décennies, après la trahison du gouvernement franquiste, dans ses derniers jours, envers le peuple sahraoui, alors citoyens espagnols, et envers ses obligations internationales de contrôler le processus de décolonisation du Sahara occidental. Une obligation qui pèse encore sur l'État espagnol.
Depuis lors, des dizaines de milliers de Sahraouis nés dans les territoires libérés du désert sont, dès leur premier jour de vie, des personnes réfugiées. Parmi eux, Lahbib Mohamed Abdelaziz lui-même, assassiné lors d'une attaque ciblée par un (…)
50 ans de crimes et violations graves commis par l’occupant marocain au Sahara occidental
Sahara Press Service
Laayoune occupée, le 19 novembre 2025 (SPS)
Le Collectif des défenseurs des droits de l'homme sahraouis (CODESA) a publié un rapport documentant plus de 38.000 crimes et violations graves commis contre les civils sahraouis au Sahara occidental par l'occupation marocaine au cours des cinquante années de présence militaire sur ce territoire.
Selon le CODESA, le nombre total de crimes et violations graves des droits des Sahraouis s'élève à "38.041 cas, dont 317 exécutions extrajudiciaires, 13 décès résultant de condamnations à mort, 390 disparitions forcées de longue durée, 4.565 enlèvements de courte durée, 8.506 atteintes à l'intégrité physique et à la sécurité personnelle, 1.242 arrestations politiques".
Il s'agit également de "8.100 déportation ou déplacement forcé de la jeunesse sahraouie, 636 victimes de mines antipersonnel, 837 empêchements de l'accès à des observateurs internationaux, 1.241 restrictions ou privations du droit à la liberté de circulation et 9.806 raids (…)
3 novembre 2025
« Sahara occidental : vers une solution équilibrée entre le Maroc et le Front Polisario ? »
Reda Soufi
Alors que le conflit du Sahara occidental demeure l’un des plus anciens différends en Afrique du Nord, une proposition de paix originale émerge, appelant à un partage équitable du territoire entre le Maroc et le Front Polisario. Cette initiative, axée sur la justice, le dialogue et la coexistence pacifique, mise sur une réconciliation historique entre les peuples de la région.
Une nouvelle initiative de paix propose une solution équilibrée au conflit du Sahara occidental, fondée sur le partage du territoire entre le Maroc et le Front Polisario, représentant du peuple sahraoui.
Selon cette proposition, environ 60 % du territoire reviendrait au Maroc, tandis que 40 % seraient attribués au Front Polisario, afin de permettre aux Sahraouis de disposer d’un espace viable et souverain.
L’un des points centraux de cette proposition est la garantie pour les Sahraouis d’un accès à l’océan Atlantique, à travers la création d’un port autonome, leur permettant de développer leur économie, d’assurer leur indépendance et de préserver leurs droits fondamentaux.
L’accord de paix serait signé dans une démarche hautement symbolique : à la Grande Mosquée de Rabat et à la Grande Mosquée d’Alger, en présence des fidèles, des représentants de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, ainsi que de grands savants et imams des deux pays (…)
5 décembre 2024
France-Maroc. La course à l’exploitation économique du Sahara occidental
Camélia ECHCHIHAB
Palais des hôtes royaux, Rabat, lundi 28 octobre 2024. Ministres et patrons défilent, sous les regards satisfaits d’Emmanuel Macron et de Mohamed VI, pour signer 22 accords de coopération. Le lendemain, 18 autres s’ajoutent à la liste.
En tout, ce sont près de 10 milliards d’euros d’investissements qui ont été scellés lors de la visite d’État du président français au Maroc – la première depuis 2018. Ce voyage devait marquer la grande réconciliation diplomatique entre les deux pays après une brouille de trois ans, mais a surtout mis en lumière l’ampleur de leur agenda économique.
Catherine Macgregor, Patrick Pouyanné, Estelle Brachlianoff... Sur les 150 personnalités de la délégation française, près de 40 étaient patrons et patronnes. Pour les entreprises françaises, l’appât est double. L’échéance du Mondial de football masculin 2030, qui sera en partie accueillie par le Maroc (aux côtés du Portugal et de l’Espagne), fait fleurir les appels d’offres et les gros contrats. Mais (…)
Au parlement marocain, discours d’un colonialiste
Mohamed EL BACHIR
Avant propos
Le 29 octobre 2024, le président français a tenu un long discours au parlement marocain en présence de tous les députés. Dans la première partie de son discours, Emmanuel Macron a convoqué des artistes peintres, des poètes pour romancer la colonisation passée du Maghreb jusqu’au point d’inviter un corsaire de Salé. Et pour rendre présent le passé, il a invité des arabes de service, écrivains et bouffons, encadrés par des sionistes politiques français tels Jacques Attali, Pierre Assouline et l’intellectuel faussaire B.H. Lévy. Et en faisant référence au poème d'Aragon, le Fou d'Elsa, Emmanuel Macron ne s’était pas rendu compte qu’il a « réinventé le passé pour voir la beauté de l'avenir. »
Il insista longuement sur l’objectif de sa venue, à savoir, écrire un livre avec les autorités marocaines où les affaires financières occupent la place essentielle. Je me permets d’écrire la préface de ce livre. Mais avant de l’écrire, il est nécessaire de rappeler que ce 29 (…)




