Les Nouvelles Libres
Dimanche 6 octobre se sont déroulées les élections législatives portugaises. A cette occasion les 230 députés de l’Assemblée de la République du Portugal ont été renouvelés. Au terme du dépouillement des bulletins de vote, le Parti socialiste (PS) l’a emporté mais sans obtenir la majorité absolue. Il devra, comme lors de la précédente législature, nouer des alliances avec d’autres partis.
Bilan de la mandature
Grâce aux autres formations de gauche (Bloc de Gauche et CDU – Coalition démocratique unitaire, regroupant le Parti communiste portugais (PCP) et les Verts) le Parti socialiste avait pu, en novembre 2015, former un gouvernement. La CDU et le Bloc de gauche lui apportaient ainsi un soutien critique, sans participation au gouvernement. Conscients sans doute qu’appliquer certaines mesures était indispensable au maintien de l’alliance avec les autres partis de gauches le PS a, dès le début, voté des lois favorables aux plus démunis et à ceux qui avaient le plus souffert pendant la cure d’austérité imposée.
Ainsi le salaire minimum a été augmenté plusieurs fois. Il atteint aujourd’hui 600€, soit une augmentation totale de 18,8% depuis 2015. Les petites retraites ont été revalorisées – le PS dispose par ailleurs d’un important électorat issu des personnes à la retraite – de même que les salaires des fonctionnaires. La TVA sur certains biens et services a (…)
João Vasco Almeida, Paulo Correia
La calamité des feux de forêts au Portugal, qui perdure depuis le début du siècle, a bien profité à l’industrie de pâte à papier et d’agglomérats de bois. Le prix du bois fixé cet été par le gouvernement de Lisbonne à un minimum de 25 euros la tonne, a fait déserter les entreprises de transformation des ventes aux enchères.
Fernando Dias est propriétaire d’une scierie de bois à Sertã au centre du Portugal, il soupire : « Le bois brûlé vaut cinq à six euros de moins que le prix pratiqué habituellement. C’est le résultat de l’offre supérieure à la demande pour ce genre de bois qui ne peut être que broyé ou servir à faire des palettes ».
L’agence de presse portugaise Lusa a avancé que « l’État a réussi à ramasser seulement 2,85 millions d’euros en deuxième tour d’enchères concernant le bois brûlé dans les incendies de 2017, alors que la tutelle s’attendait à encaisser 4,4 millions avec la vente de plus d’un million d’arbres ».
La maire de Góis a dit sur la chaîne de radio TSF que « beaucoup de propriétaires de bois brûlé affirment que le montant proposé est insuffisant pour récupérer l’investissement et que souvent ils n’arrivent même pas à couvrir le coût du nettoyage des forêts ». Ce qui amène à ce que cette matière, combustible, va rester sur le terrain, entraînant un risque de déflagration (…)
RÉPUBLIQUE SOCIALE
Sous la conduite d’un gouvernement socialiste, le Portugal a, depuis novembre 2015, entamé un virage à gauche, prenant de court les technocrates de Bruxelles qui réclamaient toujours plus d’austérité et de régression des droits sociaux. A l’opposé de cette spirale infernale qui a conduit de nombreux pays d’Europe du Sud, y compris le Portugal, a la misère et au chômage de masse, le gouvernement portugais a décidé de mener des politiques de relance, prenant en compte la volonté du peuple portugais.
Soutenu par tous les partis de gauche, Parti communiste portugais (PCP), les verts, le Bloc de gauche, le premier ministre Antonio Costa sait qu’il a tout intérêt à mener une telle politique s’il ne veut pas voir son gouvernement renversé par la droite au Parlement. Ainsi, alors qu’il avait été baissé par la droite, le salaire minimum a été augmenté à deux reprise : en 2016 tout d’abord où il était passé de 485€ à 530€, et au mois de janvier 2017 où il était passé de 530€ à 557€. En parallèle cette augmentation a été accompagné d’une d’augmentation de diverses allocations, ainsi qu’un arrêt des privatisations qui avaient contribué à ruiner l’économie portugaise.
Bruxelles, et les gouvernements libéraux européens, voyaient d’un très mauvais oeil ce gouvernement et ses réformes, l’accusant de tous les maux. Or, comme on pouvait s’y attendre, ce virage à gauche a été plus que bénéfique à la fois pour le peuple portugais, mais aussi pour l’économie du pays dans son ensemble, avec (…)
Pedro DA NOBREGA
La multiplication des panégyriques en cours à l’occasion du décès de Mario Soares, ancien secrétaire général du PS portugais, ancien ministre des Affaires Étrangères des gouvernements de la Révolution des Œillets, ancien Premier ministre et Président du Portugal, doit-elle obligatoirement comprendre un moment œcuménique d’amnésie sur le rôle qu’aura joué ce personnage politique dans l’évolution du pays depuis la libération des 48 ans de dictature fasciste par le biais de la Révolution des Œillets entamée par l’action des militaires du Mouvement des Forces Armées le 25 avril 1974 ?
Car si l’histoire retiendra son rôle de premier plan dans l’histoire du Portugal depuis la chute du régime fasciste, le moins que l’on puisse écrire est que son action a non seulement suscité des fortes contestations de la part de ceux qui précisément ont été des acteurs de cette révolution comme elle n’a jamais mérité de sa part un quelconque début d’autocritique.
Il aura tout fait pour empêcher que cette révolution puisse entraîner des transformations sociales, économiques et politiques permettant au peuple de prendre son destin en main, d’abord à l’occasion d’un processus de décolonisation laissant l’initiative aux mouvements de libération des pays concernés puis lors d’un processus politique à même de libérer le pays des tutelles économiques qu’il subissait depuis si longtemps.
C’est d’ailleurs en tant que ministre des Affaires Étrangères du gouvernement provisoire qu’il imposera, sur injonction des USA, la présence de l’UNITA à la conférence d’Alvor au Portugal en janvier (…)
BDS
Communiqué BDS
Le gouvernement du Portugal s’est retiré d’un projet controversé de coopération avec la police israélienne, suite à une pression de la campagne BDS.
La décision du gouvernement portugais est un réel encouragement pour la campagne BDS. S’appuyer sur un savoir-faire acquis dans des conditions aussi violentes, illégales et immorales a été jugé inacceptable.
Le ministère portugais de la Justice a annoncé qu’il s’était retiré d’un projet conjoint – financé par l’Union Européenne – avec le ministère israélien de la Sécurité publique, la police nationale israélienne et l’université israélienne Bar Ilan. Le projet intitulé Law Train, qui vise à uniformiser les méthodes d’interrogatoire de la police, a suscité la controverse au Portugal en raison de la vive opposition à la participation d’Israël dans le programme européen « Horizon 2020 » et les violations répétées des droits de l’homme par les institutions et organisations israéliennes qui participent à ce programme.
Le gouvernement portugais a subi une forte pression des groupes de la société civile qui militent pour la fin de la coopération avec Israël. Les partis politiques ont (…)