Thème Soudan

L’Afrique doit se mobiliser pour la paix et la dignité des Soudanais

Mustapha STAMBOULI

Le Soudan, doté de vastes ressources naturelles comme l’or, le pétrole, et des ports stratégiques sur la mer Rouge, ainsi que d’une proximité avec les pays du Golfe, porte en lui un potentiel de développement considérable. Pourtant, il demeure plongé dans une guerre civile dévastatrice, alimentée par des violences internes et une instabilité politique chronique. L’accord de paix global de 2005, bien que porteur d’espoirs, n’a pas réussi à apporter la stabilité nécessaire. Face à l’effondrement des institutions et aux souffrances quotidiennes, la population soudanaise semble abandonnée, dans l’incapacité de tirer profit des richesses naturelles qui pourraient transformer son avenir.

Introduction Le Soudan traverse une crise humanitaire et géopolitique sans précédent, qui touche l’ensemble de la société. Les violences intercommunautaires, l’effondrement des infrastructures publiques essentielles et la famine ont plongé le pays dans une situation d’urgence. Parallèlement, l’ingérence étrangère, notamment l’exploitation des ressources naturelles, exacerbe encore la situation. Face à ce tableau complexe, une initiative régionale portée par des États africains arabophones, en particulier la Tunisie et l’Algérie, pourrait constituer un levier de stabilité. Cet article propose d’explorer les mécanismes qui pourraient permettre à ces pays de jouer un rôle central dans la médiation, la coordination économique et l’assistance humanitaire, tout en respectant la souveraineté du Soudan. Genèse et dynamiques du conflit Le Soudan, riche en ressources naturelles et en diversité culturelle, connaît depuis des décennies une instabilité due à des causes profondes : des (…)

Soudan : entre richesses et souffrances

Mustapha STAMBOULI

Le Soudan, terre aux richesses inestimables, est aujourd'hui plongé dans une crise humanitaire dévastatrice. Comment un pays avec un tel potentiel peut-il être le théâtre de tant de souffrances ? Quels sont les enjeux qui alimentent le conflit et comment les Soudanais, malmenés par la pauvreté et la guerre, peuvent-ils espérer un avenir meilleur ? Cet article explore les atouts stratégiques du Soudan, les causes profondes de son instabilité, et propose une réflexion sur les voies possibles vers la paix. Pour compléter cette analyse, un poème poignant évoque la réalité quotidienne de ce peuple résilient, appelant à la solidarité et à l'empathie. Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette situation tragique et comment pouvons-nous agir pour faire entendre la voix de ceux qui souffrent ?

Introduction Le Soudan, situé à la croisée des chemins entre l'Afrique et le Moyen-Orient, possède des atouts stratégiques considérables qui le placent au centre de l'échiquier régional. En plus de ses vastes ressources naturelles tels que le pétrole, l'or et des terres arables fertiles, le pays dispose également d'autres richesses tels que le cuivre, le fer et le gaz naturel, faisant de lui une destination attrayante pour les investisseurs internationaux. De plus, le Soudan bénéficie d'une main-d'œuvre abondante et relativement peu coûteuse, ce qui en fait un lieu propice pour le développement industriel et économique. Sa position géographique privilégiée en tant que carrefour commercial entre l'Afrique et le monde arabe en fait un point névralgique pour les échanges commerciaux internationaux. Les routes commerciales historiques traversant le Soudan lui confèrent une importance stratégique dans le commerce transcontinental, attirant l'attention des acteurs économiques du (…)

« Déchirés par la guerre » – Massacres US en Syrie, Somalie et Yémen

Moon of Alabama
Quand j'ai vu le tweet ci-après ce matin, je me suis demandé de quel pays "déchiré par la guerre" ces Somaliens fuyaient quand ils ont été assassinés. Le tweet ne le précise pas. Fuyaient-ils la Somalie « déchirée par la guerre » ? Ou fuyaient-ils le Yémen « déchiré par la guerre » ? Dans quel triste monde vivons-nous, lorsqu'on en est à se poser de telles questions. Il se trouve que ces gens fuyaient les deux guerres : Le garde-côte Mohammad Al Alay a déclaré à Reuters que les réfugiés, transportant des documents officiels du HCR [Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations-Unis], et se rendaient du Yémen au Soudan lorsqu'ils ont été attaqués par un hélicoptère Apache près du détroit de Bab Al Mandeb. Un hélicoptère d'attaque Apache a bombardé le bateau des réfugiés. Il y a des hélicoptères Apache Saoudiens, des Emirats Unis et des États-Unis dans ou autour du Yémen. On ignore lequel d'entre eux a ordonné et mené l'attaque. Ces hélicoptères, leurs munitions et leur (…)

Tragédie sociale pour plus de 100 employés soudanais de l’Autorité Arabe pour les Investissements et le Développement Agricole (AAAID)

Dr. Faisal Awad Hassan
L'Autorité Arabe pour les Investissements et le Développement Agricole (AAAID) a été créée en 1976. C'est une institution financière arabe d'une identité juridiquement et administrativement indépendante. Les Etats membres sont les pays arabes contribuant au capital de l'AAAID (20 pays arabes). La plus haute autorité administrative de l'AAAID est le Conseil des Actionnaires qui est composé des Ministres arabes pour l'Economie et des Finances et certains Ministres de l'Agriculture. Le deuxième Conseil est celui d'Administration, présidé par le Président de l'AAAID et composé des représentants de 9 pays, selon le taux de leur contribution au capital de l'AAAID, respectivement sont : Arabie Saoudite, Kuwait, Emirats Arabes, Soudan, Qatar, Iraq, Egypte, Algérie, Sultanat d'Oman. Le président de l'AAAID préside l'Administration Exécutive (Départements, Divisions, Unités). La crise des employés soudanais a commencé fin 2008 avec l'arrivée de l'Ex président de l'AAAID, M. Ali Alsharhan, (…)

“ Nous venons en amis ” : le cauchemar du Soudan du Sud.

Rosa LLORENS

Après Le Cauchemar de Darwin en 2006, Hubert Sauper continue son voyage autour du Nil blanc : de Tanzanie (où se trouve le fameux Lac Victoria sinistré par l’élevage des perches du Nil), il passe, un peu plus au Nord, au Soudan du Sud, pour poursuivre sa dénonciation des effets meurtriers de la mondialisation.

Hubert Sauper est aujourd'hui une référence en matière de documentaires (et l'on pourrait être fiers que, comme Peter Handke, il ait choisi la France pour y vivre), aussi les critiques sont-elles en général positives. Une note discordante, toutefois, celle de Vincent Malausa qui nous assène "5 raisons de fuir cette supercherie" ! On se demande quelle corde sensible du trio infernal propriétaire de L'Obs (Bergé-Niel-Pigasse) ce film a pu toucher... Cependant, d'autres critiques, apparemment positifs, cherchent à désamorcer le film en restant dans des généralités humanistes, déplorant les crimes sans nommer les coupables : ainsi, abusdeciné conclut qu'une fois de plus on voit "que notre monde ne tourne pas rond". Ou bien, si on est parfois plus précis, on ne nomme qu'un des coupables ; L'Obs accuse Sauper de tout mettre sur le même plan : "le témoignage cynique d'un Chinois, la parole humiliée d'un chef de village victime d'une entreprise de spoliation ou le grognement d'un chien (…)