Thème Cuba

Jusqu’à quand la barbarie ? L’acharnement américain contre Cuba, ou la honte d’une puissance sans vergogne

Mustapha STAMBOULI

Le blocus américain contre Cuba n'est pas un simple embargo, c’est une guerre lente qui tue à petit feu. Malgré la condamnation quasi unanime de l'ONU (187 voix contre 2), Washington persiste dans son acharnement, d'une administration à l'autre. Entre l'extraterritorialité illégale des lois américaines et l'inertie complice de l'Union européenne, je livre ici un réquisitoire contre une "infamie" qui dure depuis six décennies et appelle à une véritable résistance diplomatique et financière du Sud Global.

« Le blocus est une guerre. Pas une guerre conventionnelle, mais une guerre lente qui tue à petit feu, par manque de médicaments, par pénurie, par désespoir. » C'est une question qui brûle les lèvres de quiconque a encore un brin de conscience historique : jusqu'à quand les États-Unis maintiendront-ils des mesures qui asphyxient méthodiquement le peuple cubain ? Le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis plus de six décennies, et que Washington, dans un euphémisme digne des plus grandes manipulations linguistiques, persiste à appeler « embargo », constitue sans l'ombre d'un doute le système de sanctions le plus long, le plus complet et le plus cruel jamais infligé à une nation souveraine dans l'histoire moderne. Mais posons d'emblée les choses avec la clarté qu'elles méritent : ce blocus est un acte de guerre. Pas une guerre « conventionnelle », avec des chars et des bombardements que les caméras du monde entier pourraient filmer, mais une guerre lente, (…)

Comment Cuba vit le blocus énergétique ?

Pascual Serrano
Tout le monde semble indigné par Trump, ses interprétations géopolitiques, ses mesures politiques et ses guerres. Cependant, les politiciens comme les grands médias finissent par être d'accord avec lui sur le fait que la situation à Cuba est celle du désespoir et d'un effondrement imminent. Le scénario qu'ils promeuvent est celui d'un État failli afin qu'une intervention militaire puisse être interprétée, plutôt que comme une agression, comme un salut ou, dans le meilleur des cas, comme quelque chose qui ne peut pas aggraver davantage la situation. L'objectif, comme le dit Belén Gopegui, est d'implanter l'idée qu'« il n'y a déjà plus rien à faire », qu'il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée de l'impérialisme. Nous avons été à Cuba, nous avons vu, observé, interrogé et pris des notes. Nous avons découvert un peuple meurtri et souffrant à cause du blocus énergétique, mais avec un gouvernement qui gère la situation et des citoyens qui s'en sortent. Le premier élément à prendre en (…)

Le blocus tue : une étude d’une institution étasunienne montre que les mesures des USA sont la principale cause de la hausse de la mortalité infantile à Cuba

Center for Economic and Policy Research (Washington)
27 avril 2026 (Traduction automatique Microsoft) Un nouveau rapport du Center for Economic and Policy Research (CEPR) a conclu que l'extension des sanctions américaines contre Cuba à partir de 2017 était probablement la principale cause d'une forte augmentation de la mortalité infantile à Cuba. Le rapport, rédigé par Alexander Main, Joe Sammut, Mark Weisbrot et Guillaume Long, examine l'augmentation sans précédent du taux de mortalité infantile (MI) à Cuba, qui a explosé de 148 % entre 2018 et 2025. Durant cette période, les mesures coercitives, économiques et unilatérales américaines contre Cuba ont été considérablement renforcées par le président Trump puis sont restées presque entièrement en vigueur pendant son mandat avant d'être renforcées à nouveau sous la seconde administration Trump. Si l'IMT cubain était resté stable au cours des huit dernières années, environ 1 800 nourrissons ne seraient pas morts. « La politique de pression maximale de Trump sur Cuba a tué de (…)

Entre menaces et mauvais signes, la Révolution cubaine poursuit sa route

Jacques-François BONALDI
ENTRE MENACES ET MAUVAIS SIGNES, CUBA POURSUIT SA ROUTE La quinzaine dernière a été marquée à Cuba par une série de faits et d’évènements, tous plus symboliques et emblématiques les uns que les autres. Et tous centrés, ou presque, autour du soixante-cinquième anniversaire de l’invasion de la baie des Cochons (comme on dit à l’étranger) et de la victoire-éclair de Playa Girón (comme on dit ici, ou encore plus simplement : Girón). À savoir 15-19 avril 1961. L’ « encerclement énergétique » Tout d’abord, depuis le dimanche 19, le début de la distribution dans tout le pays des différents produits raffinés à Cienfuegos à partir des cent mille tonnes de pétrole que le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a apportées à Cuba, la première livraison depuis décembre 2025, sous forme de donation à titre humanitaire, ce qui a permis aux deux semi-alliés et adversaires, la Russie et les Etats-Unis, de tirer honorablement leur épingle du jeu, chacun pouvant revendiquer une sorte de victoire : la (…)

Miguel Díaz-Canel à NBCNews : Nous sommes un État souverain et libre. Nous ne nous soumettons à aucune visée de l’administration étasunienne !

Jacques-François BONALDI

Décidément, ça se presse au portillon cubain dans les médias étasuniens ! Une nouvelle interview, cette fois-ci de NBCNews, du président Diaz-Canel. Et on a fait donner la grosse artillerie dans ce cas. La suivant à la télévision (dimanche, à deux reprises), j’ai été frappé, comme bien d’autres, par le ton agressif, voire hargneux, de la journaliste, Kristen Welker, et par sa tentative de prendre de haut son interlocuteur. Je suis donc allé voir sur Internet qui était cette dame. Et j’ai tout compris ! D’abord, c’est quelqu’un qui a du poids, du prestige, dans la profession et dans le milieu, mais surtout elle est la correspondante de NBCNews à la Maison-Blanche ! Et la liste des questions vient tout droit de là. On constatera aisément que celles-ci sont entièrement ciblées sur les intérêts de la Maison-Blanche et de l’administration Trump. La journaliste n’aborde aucun autre point. De toute évidence, on lui a demandé de ramener des éclaircissements sur la position de la Révolution cubaine face aux Etats-Unis et à un éventuel dialogue avec Washington. On a droit en tout cas au style d’interview punching-ball qu’affectionne la presse étasunienne ! Le rôle de l’intervieweur n’est pas d’engager le dialogue avec l’interviewé, mais de le désarçonner, de le harceler pour lui faire perdre ses assises et en tirer des choses qu’on le soupçonne qu’il dissimule. Le style challenge, quoi, un mot devenu envahissant qui est pour moi celui qui caractérise le mieux la société, ou la « culture » des États-Unis : la vie est un combat permanent ; l’autre est un adversaire, voire un ennemi, à écarter pour se faire sa place au soleil ; il faut surnager et vaincre, advienne que pourra… Miguel Díaz-Canel, guère habitué pourtant à ce genre de « rapports », s’en sort à mon avis haut-la-main. Ça m’a rappelé l’époque où il n’existait pas de relations diplomatiques entre les deux pays et où, jusqu’en 1977, c’était la Suisse qui représentait les États-Unis à La Havane. Et les journalistes étasuniens devenaient une sorte de fil d’Ariane pour obtenir des précisions auprès de Fidel. Le cas le plus fameux, bien entendu, est celui de Jean Daniel à qui John F. Kennedy avait demandé de s’entretenir avec Fidel et de tâter le terrain au sujet d’une éventuelle ouverture de conversations secrètes entre les deux gouvernements, après le fiasco de Playa Girón et l’épisode tragique de la Crise des Missiles. On se rappellera aussi que c’est alors que Fidel et Jean Daniel s’entretenaient qu’ils apprirent la nouvelle de l’assassinat de Kennedy à Dallas. Mais il y a eu bien d’autres cas d’ « enquêtes » journalistiques de ce genre à partir de questionnaires dont tout le monde savait qu’ils avaient été rédigés au département d’État, voire à la Maison-Blanche. Je pensais que cette coutume était périmée, mais il faut croire que non, puisque les questions un tant soit peu arrogantes que pose Kristen Welker sont trop orientées pour qu’on s’y méprenne. Bonne lecture, donc. Espérons que les réponses solides, argumentées, raisonnées et raisonnables de Miguel Díaz-Canel ouvriront les yeux aux jusqu’au-boutistes de l’administration Trump, du lobby « cubain » au Congrès et des cercles mafieux de Miami… En tout cas, la leçon est claire : ce n’est pas à la Maison-Blanche de décider du sort de la Révolution cubaine ! Jacques-François Bonaldi (La Havane), le 14 avril 2026 (traduction mienne)

Le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermúdez a accordé le 12 avril 2026 une interview à NBC News pour sa prestigieuse émission « Meet the Press ». Cet échange avec la journaliste Kristen Welker est la première interview accordée par le chef d'État cubain à une chaîne de télévision américaine. (Versions sténographiques - Présidence de la République) Kristen Welker. - Président Díaz-Canel, bienvenue à Meet the Press. Miguel M. Díaz-Canel. - Merci beaucoup, merci pour cette occasion et merci d'être à Cuba. Kristen Welker. - Merci de nous avoir invités dans votre beau pays, c'est un honneur. Miguel M. Díaz-Canel. - Pour nous, c'est un plaisir que vous soyez ici. Kristen Welker. - Merci, merci beaucoup. J'aimerais commencer par le président Trump. Il a dit qu'il avait des plans pour prendre Cuba d’une façon ou d’une autre. Il a dit : Je crois pouvoir faire ce que je veux de Cuba. Prenez-vous les menaces de Trump au sérieux ? Miguel M. Díaz-Canel. - Beaucoup de (…)