Thème Bolivie
28 mai 2026
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Ode à la rébellion bolivienne
Oleg YASINSKY
Ce qui importe en Bolivie, c'est qu'elle est devenue le principal bastion des cultures indigènes du continent, les moins affectées par la civilisation occidentale. Sa valeur principale reste le collectif.
Ça devait arriver en Bolivie : dans le pays le plus américain des Amériques, le plus indien, le plus intemporel, le plus vivant. En ces temps amers du continent, alors que tout ce qui avait été conquis au cours des dernières décennies avec tant de rêves et tant de sang, apparemment, s'effondrait, faisant reculer le temps jusqu'à l'obscurité du passé. Les croyants expliqueraient que c'est parce qu'à l'époque où la Bolivie ne s'appelait pas encore ainsi, Wiracocha a choisi justement les eaux du Titicaca, près de son île du Soleil, pour apparaître devant les gens désespérés et perdus, afin d'indiquer la direction à leur esprit. D'autres diraient que c'est parce que le Che, bien des siècles plus tard, a opté pour la Bolivie dans la plus inégale et impossible des luttes, pour y mourir de la plus grande des immortalités.
Au-delà des politologues ou des touristes qui confondent les métaphores du « mendiant assis sur un trône d'or » avec « la fille préférée de Bolívar » ou « le cœur de (…)
19 mai 2026
Evo Morales : « On ne gouverne pas en privatisant les ressources naturelles ni en mendiant auprès du FMI »
Mercedes López San Miguel y Guido Vassallo - (Página 12)
Entretien avec le leader de la gauche bolivienne. On veut l’arrêter au moment même où il y a des conflits sociaux « pour couvrir ce qu’ils ne peuvent pas résoudre ». La situation actuelle de son pays et de la région.
L’histoire de la Bolivie ces vingt dernières années a eu pour protagoniste les luttes sociales dirigées par Evo Morales. Il a été le premier président d’origine indigène à gouverner un modèle qui a réussi de 2006 à 2019, lorsqu’au milieu d’un processus électoral mis en cause sans arguments par l’OEA, un coup d’État a changé le cours des événements du pays et de sa vie. Depuis Lauca Ñ, dans le tropique de Cochabamba, Morales s’exprime virtuellement et soutient que l’actuel gouvernement de Rodrigo Paz cherche à étouffer le conflit social par sa situation judiciaire.
– Comment définissez-vous votre situation juridique actuelle face à un processus que vous qualifiez d’irrégulier ? Le tribunal de Tarija a interprété votre absence à l’audience comme un acte de rébellion et a ordonné votre arrestation cette semaine.
– C’est un processus purement politique. Pendant l’année du coup d’État (2019), on m’a enquêté pour corruption et on n’a rien trouvé ; on a essayé de me lier au (…)
Álvaro García Linera : "en Amérique latine, Trump va tenter de compenser son désavantage vis-à-vis de la Chine par une exacerbation des politiques interventionnistes"
Luis Alberto REYGADA
L’ancien vice-président d’Evo Morales revient sur les conséquences de l’élection de Donald Trump aux États-Unis et sur la possibilité d’une « seconde vague progressiste » latino-américaine, poussée par le Mexique et la Colombie.
Intellectuel et figure politique majeure de la Bolivie contemporaine, l’ex-numéro deux du gouvernement bolivien a accompagné l’ancien président Evo Morales (2006-2019) durant tous ses mandats, qui comptent parmi les processus les plus accomplis de la vague progressiste latino-américaine de ce début de siècle.
Théoricien marxiste et sociologue, auteur de nombreux ouvrages sur le rôle des mouvements sociaux, des peuples indigènes et de la lutte de classe dans la transformation des sociétés latino-américaines, Álvaro García Linera demeure une voix influente sur les questions qui traversent le continent. Il observe aujourd’hui avec préoccupation la lutte fratricide qui déchire la gauche de son pays. Nous l’avons rencontré lors d’un passage à Paris, en novembre. Commençons par les récents événements aux États-Unis. Comment analysez-vous la victoire de Donald Trump ?
C’était une victoire prévisible. En ces temps de crise mondiale et de transition du régime d’accumulation et de (…)
Le groupe Ukamau
Maxime-JRCF
Au tournant des années 70, en Bolivie, huit bourgeois assassinèrent seize Indiens innocents. Devant la Cour, ils plaidèrent en faveur de « raisons culturelles » qui les menèrent à considérer les Indiens comme des « animaux » ; « depuis toujours, ajoutent-ils, on fait la chasse aux Indiens dans nos régions » (1). Cette idée selon laquelle un bon Indien est un Indien mort était en fait partagée par tous les bourgeois boliviens sans gêne aucune. En effet, à quoi bon s’en inquiéter, eux qui vivaient dans un pays civilisé, placé sous la protection bienveillante et paternelle du gendarme étasunien (on appelle cette période fasciste « banzerato » (2)) et de ses diverses milices, comme les « Corps de la paix » - dont le but était de stériliser la paysannerie et le prolétariat local ?
Jorge Sanjinés, le réalisateur du film Ukamau, résume la situation par une anecdote : « Un commandant de l'armée bolivienne [Marceliano Vasquez Sempertegui], honteux du sang indien qui coulait dans ses (…)
20 avril 2023
Bolivie : Arce alerte sur les menaces extérieures et appelle à défendre le lithium
Bolivar Infos
Le président Luis Arce a alerté mardi sur les menaces étrangères à cause de l'intérêt de pour les réserves de lithium bolivien, c'est pourquoi il a appelé la population à défendre cette ressource naturelle que la Bolivie industrialisera sous un modèle, a-t-il rappelé, qui garantit la souveraineté sur toute la chaîne de production et de commercialisation de cette ressource naturelle.
Depuis Potosi, le département qui concentrent la plus grande quantité des réserves de lithium, il a défendu le droit et la souveraineté bolivienne sur cette ressource naturelle qui intéresse les États-Unis, comme l'a révélé le Commandement Sud.
« Il y a des menaces étrangères, et encore plus ici, à Potosi. Le Commandement Sud des États-Unis nous a envoyé un message trois fois, le lithium bolivien les intéresse, notre réserve de lithium les intéresse. Il nous considèrent comme si nous étions leur réserve, alors que le lithium est aux Boliviens, le lithium est à nous, c'est notre ressource naturelle (…)



