RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Syndicat

Le mot " syndicat " est l’un des plus beaux mots de la langue française. Son origine est grecque. Il signifie " rechercher ensemble ce qui est juste " .

Qu’y a-t-il de plus beau que de parler ensemble, d’échanger des informations, de prévoir ensemble, d’établir des objectifs communs ensemble, de lutter ensemble ? Je plains les salariés non syndiqués, même s’ils représentent la grande majorité. Leur vie professionnelle n’est que solitude, repli sur eux-mêmes en cas de coups durs. Ils prêtent leur pauvre flanc au discours dominant et aux pratiques de ceux à qui ils vendent leur force de travail.

Peut-être mon analyse est-elle un peu biaisée : mes parents, un de mes grands-pères étaient syndiqués, et j’ai derrière moi quarante années de carte syndicale dans un syndicat auquel est également affiliée mon épouse. S’il me fallait revivre ma vie professionnelle, je ne pourrais la concevoir sans le regard, l’écoute, l’appui d’autres, sans une réflexion personnelle mise au service d’autres, sans penser ma cause, mes intérêts personnels par le prisme de ceux des autres.

Je suis très attristé de voir à quel point dans le milieu enseignant - le seul que je connaisse vraiment - la notion de syndicat, le simple réflexe de penser les choses ensemble, donc de faire, au plein et noble sens du terme, de la politique, tend à devenir une obscénité, « a dirty word », comme on dit outre-Manche, dans un pays où, justement, depuis quarante ans, les " unions " ont été laminés, jour après jour, par des initiatives parlementaires et gouvernementales en provenance des deux grands partis.

Les salariés qui ont pris ce train ont tort car, en face, on sait ce que se syndiquer veut dire. Les syndicats patronaux pullulent, sont disciplinés et organisés, et ils n’ont pas même besoin des escroqueries à échelle phénoménale de tel continuateur des deux cents familles pour être puissants et riches.

Je sais bien que, dans quantités d’entreprises françaises, il est impossible de se syndiquer sous peine de subir du harcèlement débouchant sur une démission ou un renvoi. La chute du taux de syndicalisation dans la fonction publique est le fait des salariés eux-mêmes, même si je n’oublie pas la formidable pression des superstructures qui vantent l’individualisme, les solutions personnelles, bref la débrouille.

Dans la lutte contre la Loi Pécresse, les universitaires qui n’ont pas rejoint le mouvement étudiant, alors qu’ils avaient marqué leur sympathie deux ans plus tôt lors de l’affaire du CPE qui les concernait moins directement, firent du sarkozysme même s’ils n’avaient pas voté pour lui. Ils furent " pragmatiques " , recherchant " l’efficacité " et voulant" responsabiliser " les étudiants, par exemple en augmentant les droits d’inscription. Bref, ils réagirent en usagers. Une porte d’amphi bloquée les fit tout autant se hérisser qu’un métro à l’arrêt. S’ils avaient agi en citoyens, s’ils avaient bien voulu se souvenir que ce n’est pas aux malades de payer pour leur maladie ou aux étudiants de payer pour leurs études, le pouvoir n’aurait pas triomphé aussi aisément.

Si les syndicats étaient beaucoup plus représentatifs, ils feraient office de réels contre-pouvoirs, on entendrait beaucoup mieux leur parole collective. Sun dikê.

URL de cet article 6730
  

Même Auteur
Maurice Tournier. Les mots de mai 68.
Bernard GENSANE
« Les révolutionnaires de Mai ont pris la parole comme on a pris la Bastille en 1789 » (Michel de Certeau). A la base, la génération de mai 68 est peut-être la première génération qui, en masse, a pris conscience du pouvoir des mots, a senti que les mots n’étaient jamais neutres, qu’ils n’avaient pas forcément le même sens selon l’endroit géographique, social ou métaphorique où ils étaient prononcés, que nommer c’était tenir le monde dans sa main. Une chanson d’amour des Beatles, en fin de compte très (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Quand je vois les Fake journalistes s’en prendre aux Fake News, je me dis que c’est comme si une moitié de leur cerveau s’en prenait à l’autre. »

V. Dedaj

Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
46 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.