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Auteur : Diana JOHNSTONE
Les enjeux de l’élection présidentielle

La gouvernance contre le peuple

Diana JOHNSTONE
Il ne faut pas trop rire de l’élection présidentielle française de 2017. Elle se présente de plus en plus comme la rencontre historique entre deux conceptions de la vie politique, totalement opposées. D’un côté, la gouvernance, c’est-à-dire la gestion de la société par une élite cooptée, sur le modèle des grandes entreprises. De l’autre côté, le système traditionnellement appelée « démocratie », c’est-à-dire le choix par le peuple de leurs dirigeants au moyen d’élections libres et équitables. Souvent dans l’histoire, les événements politiques en France ont marqué les époques et clarifié les dichotomies, à commencer par la distinction, aujourd’hui sur le déclin, entre « gauche » et « droite ». Cette élection pourrait en être un. C’est quoi, la “gouvernance” ? Il devient de plus en plus clair que l’élite dirigeante transatlantique a décidé depuis un bon moment que la démocratie représentative traditionnelle ne convient plus au monde globalisé basé sur la libre circulation du capital. Il faut passer au nouveau système, la « (...) Lire la suite »
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Les mauvais perdants (et ce qu’ils ont peur de perdre)


Diana JOHNSTONE
Si la campagne présidentielle 2016 aux États-Unis fut une honte nationale, la réaction des perdants offre un spectacle plus triste encore. Hillary Clinton et son camp sont incapables d’admettre leur défaite. Pourquoi ça ? Parce que leur grand projet d’imposer l’hégémonie de l’Amérique "exceptionnelle" au monde entier, en renversant les régimes récalcitrants l’un après l’autre, paraît menacé par l’outsider Donald Trump. Celui-ci s’est prononcé contre la politique de « changement de régime », réalisation dont Hillary se vantait depuis son rôle essentiel dans la destruction de la Libye de Kadhafi. L'ensemble de l'establishment occidental, composée en gros d'idéologues néo-conservateurs, d'interventionnistes libéraux, de la haute finance, de l'OTAN, ainsi que de la plupart des dirigeants médiatiques et politiques des États-Unis et de l’Union Européenne, sont tous engagés à refaçonner le Moyen-Orient pour satisfaire Israël et l'Arabie Saoudite et à démolir l'impertinente Russie. Ils ont par conséquent été saisis (...) Lire la suite »
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Le Poisson d’octobre

Diana JOHNSTONE
Un certain Monsieur Poisson a exprimé une énormité qui a mis les dirigeants du CRIF, gardien consacré des mœurs françaises, digne héritier de la tradition de Torquemada, dans tous ses états d’indignation. Monsieur Poisson a osé dire – en public ! – qu’il existe aux Etats-Unis un lobby sioniste qui exerce une influence significative sur la politique au Moyen Orient de ce pays et de ses dirigeants, notamment de Madame Hillary Clinton. Quelle horreur ! Les dirigeants du CRIF n’ont pas perdu un instant pour condamner une déclaration qui risquerait d’offenser une certaine catégorie de la population particulièrement sensible. Dans notre ère humanitaire où règne les droits humains, la sensibilité des sensibles est incomparablement plus importante que l’humble vérité, une abstraction plus que douteuse qui n’intéresse presque plus personne grâce aux divertissements commerciaux omniprésents et accaparants. Mais le monde est rempli de sensibilités, et il est de notre devoir de ne pas en oublier une seule. Tout ce qui (...) Lire la suite »

La Destruction de la Syrie : Une entreprise criminelle conjointe (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE
Tout le monde prétend vouloir mettre fin à la guerre en Syrie et rétablir la paix au Moyen-Orient. Enfin, presque tout le monde. « Cette situation est comme un match d'éliminatoires où on voudrait que les deux équipes perdent, ou du moins que l'une des équipes ne gagne pas – l'idéal serait un match nul », a déclaré Alon Pinkas, ancien consul général israélien à New York, dans le New York Times en septembre 2013. « Qu'ils saignent tous les deux, une hémorragie à mort : telle est la réflexion stratégique. » Efraim Inbar, directeur du Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques, a souligné les mêmes points en août 2016 : « L'Occident devrait chercher à affaiblir encore plus l'Etat islamique, mais pas à le détruire... Laisser des méchants tuer des méchants peut paraître très cynique, mais c'est utile et même moral si ça garde les méchants occupés et moins en mesure de nuire aux gentils... Par ailleurs, l'instabilité et les crises contiennent parfois les germes d'un changement positif ... L'administration (...) Lire la suite »
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Hillary et l’illusion des plafonds de verre

 (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE
Meryl Streep doit être une femme très intelligente pour être une si bonne actrice. Il était donc embarrassant de la voir vêtue d'un drapeau des Etats-Unis en pom-pom girl pour Hillary Clinton à la Convention démocrate. Il faut supposer qu'elle est trop occupée à étudier ses nombreux rôles pour trouver le temps de se renseigner sur la nature sinistre de la politique étrangère de Hillary Clinton. Elle a proclamé que l'élection de Hillary Clinton « entrerait dans l'histoire » simplement parce qu'elle est une femme. C'est-à-dire dans l'histoire symbolique. Le fait que la Présidente Hillary Clinton soit plus susceptible d'entrer dans l'histoire réelle en déclenchant une autre guerre encore plus désastreuse que celles qu'elle a déjà aidées à faire entrer dans l'Histoire ne semble pas avoir traversé l'esprit de Meryl Streep. Pas plus que cela n'a traversé l'esprit des millions d'autres femmes états-uniennes qui partagent la même illusion. Ces femmes pensent trop en termes de symboles et d'images. Elles ignorent (...) Lire la suite »
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Hiroshima : un crime qui paie encore, mais gare au jugement de l’histoire

Diana JOHNSTONE
Lors de sa visite à Hiroshima en mai dernier, Obama n'a pas, comme certains l'avaient vainement espéré, présenté des excuses pour le bombardement atomique de la ville, le 6 août 1945. Au lieu de cela, il a prononcé un discours ronflant lénifiant contre la guerre. Il l'a fait au moment même où il poursuivait sa guerre de drones contre des ennemis sans défense dans des pays lointains et approuvait des plans pour dépenser mille milliards de dollars pour une mise à niveau de l'arsenal nucléaire américain. Des excuses auraient été aussi inutiles que son discours. Des paroles creuses ne changent rien. Mais voici une chose que Obama aurait pu dire qui aurait eu un véritable impact : la vérité. Il aurait pu dire : « Les bombes atomiques n'ont pas été larguées sur Hiroshima et Nagasaki "pour sauver des vies en mettant fin à la guerre". Ce fut un mensonge officiel. Les bombes ont été larguées pour observer leurs effets et pour montrer au monde que les États-Unis possédaient une puissance destructrice illimitée. (...) Lire la suite »
Entretien avec Maidhc O Cathail

Hillary Clinton, la « Reine du Chaos »

Diana JOHNSTONE
1. Dans votre dernier livre, vous appelez Hillary Clinton la « Reine du Chaos. » Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi ce sobriquet péjoratif pour décrire Hillary ? En un mot, la Libye. Hillary Clinton était si fière de son rôle majeur dans le déclenchement de la guerre contre la Libye qu'elle et ses conseillers avaient initialement prévu de l'utiliser comme base d'une « doctrine Clinton », ce qui signifie une stratégie de changement de régime façon « smart power » , comme un slogan de la campagne présidentielle. La catastrophe libyenne m'a effectivement inspiré d'écrire ce livre, ainsi que le danger croissant d'une guerre avec la Russie. La guerre engendre le chaos, et Hillary Clinton a été un défenseur avide de toutes les guerres d'agression des Etats-Unis au cours du dernier quart de siècle. Ces guerres ont dévasté des pays entiers et provoqué une crise de réfugiés ingérable. La seule chose qu'a produit « l'expérience en politique étrangère » tant vantée d'Hillary est le chaos. 2. Que (...) Lire la suite »

La Grèce a capitulé : mais devant qui exactement ? (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE
Le 12 Juillet, la capitulation de la Grèce fut abjecte et totale. Le Premier ministre Alexis Tsipras, qui avait promis de lutter contre les mesures d'austérité qui entraînent le peuple grec vers la ruine, la pauvreté et le suicide, qui a trahi toutes ses promesses, nié la volonté du peuple exprimée lors du référendum du 5 Juillet, et conduit le parlement grec à accepter un accord avec les créanciers de la nation, encore pire que tous ceux qui avaient déjà provoqué la récession économique et fait disparaître les dernières traces de souveraineté nationale. Oui, la Grèce a capitulé sans condition, comme cela a été soigneusement et éloquemment exprimée ici sur Counterpunch et ailleurs. Mais une question cruciale reste en suspens. Devant qui, exactement, la Grèce a-t-elle capitulé ? Une réponse courante à cette question est : l'Allemagne. Les pauvres Grecs ont capitulé devant les Allemands arrogants. Ce thème a servi à raviver des sentiments anti-allemands laissés par la Seconde Guerre mondiale. Frau Merkel est (...) Lire la suite »
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FBI contre FIFA : le jeu dur du "soft power"

Diana JOHNSTONE
Les agents du FBI qui ont fait éclater le scandale de la Fédération internationale de football à la fin mai en faisant arrêter un groupe d'étrangers en Suisse sont naturellement convaincus que leur seul but est de lutter contre la corruption. Les idéologues américains qui prônent le « R2P » - le « droit et la responsabilité de protéger » - n'ont aucun doute que l'intervention armée des États-Unis est un moyen approprié pour protéger les droits humains. Les officiers de l'Armée de l'Air qui bombardent les peuples en Afghanistan, au Pakistan ou au Yémen prennent pour acquis qu'ils sont en train d'éradiquer le terrorisme. Après tout, les mauvaises choses comme la corruption, les violations des droits de l'homme, le terrorisme, existent dans le monde. Les États-Unis d'Amérique n'ont-ils pas été créés par les Pères fondateurs, sinon par Dieu, pour débarrasser le monde du mal ? Les agents du FBI, les éditorialistes des grands médias, les pilotes de l'Air Force, tous emmitouflés comme des astronautes dans le cocon (...) Lire la suite »
Frack l’U.E !

La guerre glaciale de Washington contre la Russie (Counterpunch)

Diana JOHNSTONE

Depuis plus d’un an, les États-Unis ont joué un scénario conçu pour (1) réaffirmer le contrôle américain sur l’Europe en bloquant le commerce de l’UE avec la Russie, (2) pousser la Russie à la faillite, et (3) se débarrasser de Vladimir Poutine pour le remplacer par un fantoche des Américains, comme le défunt soulard, Boris Eltsine.

Les derniers jours ont révélé de façon limpide la perfidie de l'aspect économique de cette guerre des États-Unis contre la Russie. Tout a commencé lors de l'importante réunion internationale de haut niveau sur l'avenir de l'Ukraine qui s'est tenue à Yalta en Septembre 2013, dont un thème majeur a été la révolution du gaz de schiste que les États-Unis espéraient utiliser pour affaiblir la Russie. L'ancien secrétaire à l'énergie américain Bill Richardson était là pour défendre l'affaire, applaudi par Bill et Hillary Clinton. Washington espérait utiliser ses techniques de fracturation hydraulique pour fournir des sources de substitution du gaz naturel et bouter la Russie hors du marché. Ce qui revient à vendre à l'Europe un chat dans un sac. Mais cette astuce ne pouvait réussir en s'appuyant sur le sacro-saint « marché », puisque le fracturation est plus coûteux que l'extraction de gaz russe. Il fallait une crise majeure pour fausser le marché par des pressions politiques. Par le coup d'état du 22 Février, (...) Lire la suite »
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