Auteur Rosa LLORENS

Nymphomaniac : comment le libéralisme tue l’amour par le sexe.

Rosa LLORENS
Toute critique de film (ou toute information) lue ou entendue dans les medias officiels doit être tenue a priori pour fausse : tel devrait être l’axiome n°1 du citoyen autonome tel que l’imaginait Kant. Ne nous soucions donc pas du venin distillé (tout particulièrement par Rue 89) à propos du dernier opus de Lars von Trier : comme tous les précédents, Nymphomaniac apporte un grand moment de jouissance, et il prouve que l’inventivité de son auteur ne faiblit pas ; à 57 ans, il est toujours (…)

Quai d’Orsay : le discours d’un homme d’État

Rosa LLORENS
Ce n’est pas sans crainte qu’on aborde Quai d’Orsay : la mode de l’adaptation de BD et autres romans graphiques (Snowpiercer, La Vie d’Adèle) peut susciter l’appréhension, tout comme, inversement, la réussite, aussi bien visuelle que verbale, de la BD de Blain et Larzac, que le Nouvel Obs accuse Tavernier d’avoir "massacrée", tandis que d’autres lui reprochent de l’avoir trop servilement suivie. Le film est donc une excellente surprise et il faut le dire bien haut face aux critiques qui (…)

Les Jours heureux : regarder en arrière pour construire un avenir meilleur.

Rosa LLORENS
Gilles Perret s’est déjà fait connaître pour sa réflexion sur le libéralisme (Ma Mondialisation) et comme un cinéaste de la mémoire (De Mémoire d’ouvriers). Avec Les Jours heureux (titre qui évoque un tableau de Fernand Léger sur l’époque des congés payés, mais qui est en fait le titre, volontairement utopiste, du Programme du CNR), il nous offre une contre-partie française à L’Esprit de 45 de Ken Loach (qu’on peut encore voir, avec de la chance, au Brady 10e). Comme lui, il se centre sur le (…)
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Snowpiercer : du totalitarisme au vertige du néant.

Rosa LLORENS
Snowpiercer illustre une nouvelle fois le caractère idéologique d’une critique cinématographique qui semble devenue folle. Les critiques des medias les plus sérieux s’extasient sur chaque navet hollywoodien et traitent le plus souvent par le mépris les meilleurs films du moment. Ainsi, Positif exécute froidement, en quelques lignes, Omar, lui reprochant d’être "trop chargé en testostérone" (!), tandis que Les Cahiers du Cinéma consacrent neuf pages à Snowpiercer, interrogeant avec un sérieux (…)

Omar : un film palestinien.

Rosa LLORENS
Un film palestinien est toujours un événement et même un miracle. Mais, une fois distribué, il n’est pas encore tiré d’affaire : il doit affronter les réactions des critiques, parfois systématiquement négatives, et même celles qui semblent sympathiques méritent souvent d’être interrogées, tant elles sont accompagnées de réserves. Un miracle, oui, au milieu de toutes les sorties de films israéliens ou en coproduction israélo-européenne, et surtout s’il s’agit d’un film vraiment (…)

La Vie d’Adèle : après Masculin/Masculin, voici Féminin/Féminin.

Rosa LLORENS
Maintenant que le film sort sur les écrans, on commence à mettre des bémols à l’enthousiasme initial : "Pas un chef-d’oeuvre, mais...", lit-on dans le Nouvel Obs. Il faut reconnaître que La Vie... ne tombe pas dans les abîmes de grotesque de La Graine et le mulet ; c’est plutôt un film insipide, insignifiant. Et comme on ne voit pas quel pourrait être le message du réalisateur, force est de conclure que le film ne fait que remplir un cahier des charges (comme on l’avait subodoré au moment du (…)

Genesis, de Sebastiao Salgado : pourquoi bouder notre plaisir ?

Rosa LLORENS
On pourrait reprocher à Sebastiao Salgado d’avoir cédé à ses tentations esthétisantes, certaines photos, transposées en couleurs, pourraient être attribuées à Yann Artus-Bertrand : ah ! la facilité des paysages de dunes... (voir l’article “ Les 3 écueils de Genesis ”, du blog Lunettes rouges). Mais l’ensemble de l’exposition transporte le spectateur d’admiration et de bonheur. À travers les cinq continents, Salgado cherche à retrouver le monde à son aurore, l’harmonie entre la nature et (…)
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Masculin/Masculin : y a-t-il encore une place pour les femmes dans la culture unigenre ?

Rosa LLORENS
Même si le musée d’Orsay annonce "un projet innovateur et très ambitieux", les critiques ne semblent pas enthousiastes : "une exposition confuse, parce que dépourvue de toute réflexion historique" (Le Monde), "L’homme nu en mal de sens" (Exponaute), "Dans ce festival de fesses, les oeuvres académiques, hélas, abondent" (Télérama). La visite a de quoi, en effet, laisser perplexe ; mais on peut, derrière les déclarations affichées, y saisir quelques fils conducteurs, religieux, (…)

Cinema Komunista : hommage à la Yougoslavie.

Rosa LLORENS
Deux films de mémoire sortent cette semaine : Cinema Komunisto, de Mila Turajlik et : Barcelone, avant que le temps ne l’efface, de Mirèia Ros. Tous deux auraient pu se référer, en sous-titre, au livre de G. Orwell, Hommage à la Catalogne. Malheureusement, le deuxième se contente de dérouler les souvenirs de quelques grandes familles de la bourgeoisie industrielle et mécène de l’époque moderniste (fin XIXe-début XXe) ; il apporte certes des informations intéressantes et même amusantes, (…)

Offline : un Passé conjugué en flamand.

Rosa LLORENS
L’été est déprimant au cinéma : dans Journal intime, Nanni Moretti, resté à Rome, constate qu’il a le choix entre films d’horreur américains et pornos. Le Nouvel Observateur, lui, nous conseille les rééditions. Mais il y a plus stimulant : découvrir des "petits" films, plus visibles, maintenant que nous ne sommes plus assommés par de grosses campagnes de pub. Plutôt que Wolverine et autres loups-garous, vampires et amateurs de tronçonneuses américains, pourquoi ne pas aller voir du côté des (…)

Diaz, les G8 et le vrai visage de la démocratie.

Rosa LLORENS
Après Piazza Fontana, de M.T. Giordana, Daniele Vicari vient encore illustrer avec force le genre du cinéma politique italien : bien que Diaz, Un crime d’Etat, concerne les terribles événements du G8 de Gênes en 2001, sa sortie pendant le récent G8 qui s’est tenu en Irlande lui redonnait une pleine actualité. On peut sans doute faire des reproches au film (Vicari en a reçu aussi bien de la droite et de la police, que de l’extrême-gauche qui lui reproche de ne pas avoir assez parlé de son (…)

La Bataille du Chili, 40 ans après.

Rosa LLORENS
Le 11 septembre 2013, il y aura 40 ans du coup d’État de Pinochet et de la mort d’Allende, mais c’est aussi les 40 ans du Coup d’État du 27 juin 2013 en Uruguay (petit pays dont on parle moins souvent mais où la dictature militaire a mené une répression plus sanglante, proportionnellement au nombre d’habitants, qu’en Argentine). Grâce à la Coordination "40 ans après", on a pu revoir au cinéma Action Christine La Bataille du Chili, de Patricio Guzman. Le film, tourné pendant la présidence (…)