Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Au Bundestag, les Ukrainiens dénoncent les violations des droits de l’homme dans leur pays

Photo : Rouslan Kotsaba

Les représentants de l’Ukraine ont révélé la vérité sur le gouvernement de Kiev lors d’une audience publique tenue au parlement allemand. La réunion sur l’état de la liberté d’expression et des droits de l’homme en Ukraine s’est déroulée hier, (le 11 juin), avec la participation des hommes politiques allemands, des défenseurs des droits de l’homme, des personnalités publiques et politiques de l’Ukraine, ainsi que des journalistes.

La censure sert d’un instrument d’élimination des opposants

Le journaliste Rouslan Kotsaba a dénoncé le mépris absolu de la liberté d’expression en Ukraine. La surveillance totale par le régime de Kiev vise à détruire tout journaliste dissident, a-t-il estimé, citant pour exemple le cas d’Yevgeny Murayev, le propriétaire de la chaîne de télévision Newsone et député ukrainien. Après avoir eu le courage de critiquer les actions des autorités, en particulier la situation autour d’Oleg Sentsov, le député fut immédiatement accusé de « haute trahison ».

Selon monsieur Kotsaba, de telles actions auraient pu être liées à l’élimination des potentiels concurrents aux prochaines élections présidentielles. En effet, le gouvernement ukrainien a pris plusieurs mesures visant à limiter la liberté d’expression, la liberté des médias et la liberté d’association. L’année passée, le gouvernement ukrainien a adopté des lois condamnant à des sanctions pénales les activistes anti-corruption n’ayant pas déclaré publiquement leur patrimoine personnel.

Ce n’est pas pour la première fois que les militants de droit de l’homme sonnent l’alarme sur les prisonniers politiques, meurtres et passages à tabac de journalistes en Ukraine, mais c’ est pour la première fois que le sujet est débattu à un si haut niveau.

Les autorités ont recours à des pratiques foncièrement anti-démocratiques qui entravent les libertés fondamentales des Ukrainiens

Dans son discours devant les députés allemands, l’avocat et fondateur de l’association pour l’assistance juridique aux citoyens étrangers en Ukraine Valentine Rybine a évoqué le fait que le gouvernement de Kiev réécrivait non seulement l’histoire, mais aussi le présent, en qualifiant le coup d’État de 2014 de « révolution de la dignité », et le régime nationaliste de démocratie. Rybine a estimé que, le mot « dignité », devait signifier l’amélioration des qualités humaines, du niveau de vie des populations, du respect et de la garantie de leurs droits et libertés. « Car l’Europe, où se dirige l’Ukraine, a réalisé depuis longtemps que les droits de l’homme sont principes fondamentaux du développement d’une société démocratique, » a-t-il ajouté.

Toutefois, en Ukraine, on observe un mépris flagrant des droits de l’homme. « Les gens sont en détention préventive depuis des années, et les tribunaux ne sont pas en mesure d’en faire autrement, quelques soient l’état de santé d’un détenu , ses liens ou statut sociaux . Rien n’est pris en compte » s’est-il indigné.

A son tour, l’avocat ukrainien Yéléna Berejnaya a dénoncé des violations de la Convention européenne des droits de l’homme, notamment des articles 6 (droit à un procès équitable), 7 (pas de peine sans loi) et 13 (droit à un moyen efficace de la défense juridique). « La détention de la maire de Sloviansk Nelli Chtepa le 13 juillet 2014 en est un exemple parfait » , a dit Berejnaya.

L’ancienne députée du parlement ukrainien Olena Bondarenko a affirmé que Kiev ne pouvait pas assurer aux citoyens le droit le plus important, celui à la vie. « La constitution ukrainienne garantit le droit à la vie, mais le gouvernement ukrainien, le président et, en particulier, l’armée ukrainienne garantissent-ils la vie à ceux qui vivent actuellement dans le Donbass ? » Non, a répondu Bondarenko, notant que les Forces armées ukrainiennes bombardaient les villes que les autorités de Kiev considèrent comme leurs territoires. « Il y a 3,5 millions d’habitants qui ne tiennent pas d’armes à la main, qui vivent, travaillent, élèvent leurs enfants et prennent soin de leurs proches âgées. Et ce sont eux qui deviennent les cibles de l’armée ukrainienne. Ainsi, le droit à la vie de ces personnes est violé par l’armée ukrainienne », a-t-elle ajouté.

Reste à espérer que, cette fois, les Européens ne laissent pas sans réponse les voix d’alarme de leurs voisins.

Christian Benoît

URL de cet article 33513
   
Communication aux lecteurs
Libérez Assange avant qu’il ne soit trop tard

Julian Assange est un citoyen australien qui a été détenu "arbitrairement" pendant plus de 6,5 ans et qui plus récemment a subi à ce jour plus de 231 jours de torture sous la forme d’un isolement continu. Privé de soleil, de contact avec le monde extérieur et de soins de santé adéquats. Le 5 février 2016, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déterminé que la "détention arbitraire" de Julian Assange devait cesser et que M. Assange devait avoir droit à une indemnisation".

Lire la suite : https://www.legrandsoir.info/liberez-assange-avant-qu-il-ne-soit-trop-...


Vous avez une minute ?

Même Thème
Ukraine : Histoires d’une guerre
Michel Segal
Préface Dès le premier regard, les premiers comptes-rendus, les premières photos, c’est ce qui frappe : la « guerre » en Ukraine est un gâchis ! Un incroyable et absurde gâchis. Morts inutiles, souffrances, cruauté, haine, vies brisées. Un ravage insensé, des destructions stériles, d’infrastructures, d’habitations, de matériels, de villes, de toute une région. Deuil et ruines, partout. Pour quoi tout cela ? Et d’abord, pourquoi s’intéresser à la guerre en Ukraine lorsque l’on n’est pas même ukrainien ? (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Briser le mensonge du silence n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité urgente qui incombe à ceux qui ont le privilège d’avoir une tribune. »

John Pilger


Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
21 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
118 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.