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Documenté aux meilleures sources, un roman plus « vrai » qu’un document.

Cinq Cubains à Miami

6 octobre 1976, La Barbade : un attentat détruit en vol un DC-8 de la Cubana de Aviación (soixante-treize morts).

12 avril au 4 septembre 1997 : une série d’explosions frappe les hôtels de La Havane. A l’origine de ces actions terroristes qui, depuis 1959, ont fait plus de 3 400 morts à Cuba : Miami ; la très honorable « Fondation » ; quelques personnages ténébreux : Luis Posaril, Pepper Nández, Jorge Maskano, le docteur Orlando… Une même obsession les habite : en finir avec le régime et faire la peau de Fidel Castro.

Début des années 1990 : les services de renseignement cubains agissent. A leur instigation, cinq hommes abandonnent leurs familles et partent pour la Floride, « trahissant » la révolution - Gerardo, Tony, Fernando, Ramón et René. Agissant clandestinement, prenant des risques, jouant au chat et à la souris, prêchant le faux pour savoir le vrai, ils infiltrent les réseaux criminels. La qualité des informations qu’ils recueillent et transmettent permettent à La Havane de communiquer au FBI, par l’intermédiaire du président Clinton, un dossier exhaustif et précis sur les commanditaires de ces opérations résidant en territoire américain.

Las ! Ce sont ces cinq agents qu’arrêtera le FBI, en septembre 1998. Jugés à Miami - une ville que l’anti-castrisme radical tient complètement - ils seront condamnés au terme d’un procès ubuesque à des peines démesurées - de quinze années à perpétuité - pour avoir « espionné les États-Unis ».

Les personnes, lieux et événements présentés dans ce roman devraient, selon la formule consacrée, être entièrement imaginaires. Néanmoins, ils rappellent, à de nombreux égards, l’histoire d’une île - Cuba -, d’une ville - Miami - et de cinq Cubains incarcérés dans les pires établissements pénitenciers américains : Gerardo Hernández, Ramón Labañino, René González, Fernando González et Antonio Guerrero.

Mêlant fiction (très peu) et réalité (beaucoup), Cubains de l’île et cubanos de Miami, personnages connus (Fidel Castro, George Bush père et fils, Bill Clinton) et anonymes, terroristes internationaux et agents de la CIA, emmenant le lecteur de Cuba à l’Angola, du Salvador au Nicaragua, de l’Union soviétique aux États-Unis, ce roman haletant raconte la guerre secrète qui oppose Cuba et ses opposants de l’exil, l’histoire tumultueuse des relations entre La Havane et Washington, mais lève aussi le voile sur l’un des scandales judiciaires majeurs de notre temps.

Le 27 mai 2005, le Groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies (GT) a émis l’opinion que la privation de liberté des Cinq a « un caractère arbitraire » et a requis du gouvernement des États-Unis qu’il adopte « les mesures nécessaires pour remédier à cette situation ».

Dix prix Nobel ont lancé un appel en faveur des Cinq : José Ramos-Horta, Wole Soyinka, Adolfo Pérez Esquivel, Nadine Gordimer, Rigoberta Menchú, José Saramago, Zhores Alferov, Darà­o Fo, Günter Grass, Mairead Corrigan Maguirre.

Le 16 juin 2009 la Cour suprême des États-Unis a annoncé qu’elle ne réexaminera pas cette affaire.

Un Comité international pour la liberté des Cinq a été créé. Face à l’intransigeance de Washington, c’est sur le terrain de la solidarité internationale que l’affaire sera résolue.

à paraître le 7 octobre 2010

http://www.medelu.org/spip.php?article538


Écrivain, journaliste, spécialiste de l’Amérique latine, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Maurice Lemoine a notamment publié : Sucre amer (Encre, 1980) ; Los compañeros (Encre, 1982) ; Les Cent portes de l’Amérique latine (L’Atelier, 1990) ; Amérique centrale : Les naufragés d’Esquipulas (L’Atalante, 2002) ; Chávez Presidente (Flammarion, 2005).

Ouvrage publié avec le soutien de Mémoires des Luttes. www.medelu.org

Éditions Don Quichotte - 13, rue Séguier 75006 Paris.
contact@donquichotte.com
www.donquichotte-editions.com

Pour toute demande d’entretien, intervention publique, conférence, rencontre-débat sur l’affaire des Cinq de Miami : mlemoineau@gmail.com

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Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon - très publiquement et très sincèrement - à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais - bizarrement - un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire d’au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.

Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche.

Le quatrième jour, je serais assassiné.

William Blum


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