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Crise du "Média", des indignés en peau de lapin.

Ce qui n'est pas simple dans un combat pour une vérité minimale, un "traitement" journalistique équilibré, c'est que nous avons aujourd'hui face à nous, des hommes et des femmes "de gauche". De plus en plus nombreux, et qui défendent les thèses forgées à Washington. Un document diplomatique secret, publié par Richard Labévière, indique que l'OTAN a donné l'ordre, comme s'il en était besoin, de "dramatiser la situation à la Ghouta". Consignes entendues par ceux qui, aujourd'hui, tirent à balles à blanc sur "Le Média".

De l’école il me reste quelques souvenirs fondamentaux. Ainsi l’eau bout à cent degrés, la boussole indique le nord, le chameau blatère, le mètre étalon en platine iridié digère son avoine au Pavillon de Breteuil et la phtaléine du phénol est un révélateur. Le révélateur ? Parlons en puisque « Le Média » vient d’être trempé dans un bouillon de phtaléine, et que ça révèle, ça révèle ! Pire qu’un article de Plenel, ce qui n’est pas peu dire. Oui mais quoi ? Eh bien la vraie nature des bons apôtres qui protestent et se dé-socio-alisent du « Média », au prétexte que son correspondant à Beyrouth, Claude El Khal, a refusé de passer des images de la Ghouta en Syrie, renvoyant dos à dos les propagandistes des deux camps. Et, pour avoir très longtemps respiré la poudre du Moyen Orient, je pense qu’il a eu raison.

« Le Média » ne montre pas la guerre ? Et alors ? Quelle est donc la mécanique qui fâche si violet (la couleur de la phtaléine), nos amis « socios » d’hier et aujourd’hui indignés ? Non pardon pour le synonyme, ils ne le sont plus, je voulais dire meurtris ? Ce qui les blesse c’est de ne point voir couler le sang dans les caniveaux de la Ghouta. Car ces « « blessés » ont là-bas des amis, dits « Casques Blancs », qui s’y entendent en production à l’hémoglobine. Que la Syrie du « clan Bachar » – ce qui commence à faire pas mal de monde – reçoive des mortiers en guise de coup de peigne ? Ce n’est pas grave, roulés dans le panier de son, on ne compte pas les amis du bourreau.

Sans doute incapable de faire autre chose, de militer autrement, j’ai « couvert » toutes les guerres depuis la « Guerre des 6 jours ». Je peux vous révéler que c’est à vomir. Sans répit, une affaire détestable. Ceux qui parlent aujourd’hui, les « blessés » du « Média », n’ont en tête que « d’épargner les « Soldats de l’Armée Libre » enfermés à la Ghouta ». Nous prenant pour des ignorants puisque ces soldats sont des djihadistes déguisés en libérateurs, leurs maîtres dirigeant la manœuvre depuis Washington, Doha ou Riyad.

Pour, à propos de l’Irak, avoir vécu à Bagdad les effets des images montrant des cormorans noyés sous le pétrole « libérés en mer par Saddam », avoir vu aussi le film d’infirmières décrivant à Koweit les troupes du même moustachu entrant dans les salles de l’hôpital pour se saisir des couveuses après en avoir vidé les enfants, je me méfie des images. Dans ce cas précis les fake news avaient été tournées et imaginées par une agence de communication étasunienne et les cormorans étaient des volatiles bretons victimes de la marée noire de « l’Amoco Cadiz ». La facture de cette super production sur champ de bataille étant payée par papa Bush...

Pour en finir avec cette escale en Irak je rappelle, en coup de vent, que le bombardement étasunien sur l’abri d’Amaria, et qui a tué 408 femmes et enfants le 13 février 1991, n’a pas été suivi des protestations de François Morel, le comédien qui se moque du peuple, ni de ceux de Patrick Pelloux, urgentiste à l’hôpital et sur les plateaux de télévision. Qui sont aujourd’hui deux blessés de l’affaire El Khal et de la « crise » du « Média ». La guerre n’est pas un mézzé au sein duquel on choisirait sa « cause » à la carte. Alors, les ex-Indignés, parlez-nous du Yémen, de la Birmanie, de la Palestine, du Sud Soudan, des tueries de l’OTAN à Mossoul, là où les casques ne sont pas blancs.

A ceux qui aiment rire dans les cimetières je recommande la lecture d’un papier paru sur le site « Lundi Matin ». C’est un article rare comme on le dit dans les bons bazars.

Je vous livre le début. Un condensé du style qui vous assomme pendant je ne sais combien de feuillets : « Il est des documents dont on sait très rapidement qu’ils sont d’ores et déjà porteurs d’une certaine valeur historique tant ils font cas. Il en est ainsi d’un extrait du journal du Média TV dans lequel sont agglomérées toutes les ficelles d’un révisionnisme en temps réel bon teint, voire d’un conspirationnisme avéré, malgré ses efforts pour se cacher sous le masque de la neutralité. Florilège. »

Sarah Kilami, co-auteur est médecin à Rouen où, depuis Jeanne d’Arc, fleurissent de grands experts du brûlant. Elle se dit, si j’ai bien compris communisto-anarchiste ? Ou l’inverse ! Pour elle la « révolte syrienne a été longtemps le triomphe d’un néo-bolchevisme avec fonctionnement au petit poil des comités de ceci et de cela, des scrutins, le tout sous l’œil bienveillant d’un Daech naissant.

La doctoresse et son complice, Thomas Moreau, sont sans pitié pour El Khal et « Le Média », le libanais et les amis de JLM, pendons les. Leurs références sont l’oracle Jean-Pierre Filiu, l’un de ceux qui poussent des cantiques à la vision d’un barbu, et l’œuvre complète de Médiapart. Ils ignorent sans doute qu’en 1999, lors de la guerre du Kosovo, Plenel, ami du Qatar alors directeur de la rédaction du Monde, a compté 700 000 morts (bilan officiel 2500) et pris au sérieux un programme de « génocide des Albanais » : le « Plan fer à cheval ». En fait une invention des services secrets allemands ! Ces deux-là, Kilami et Moreau, n’aiment pas les témoins qui pourraient détricoter leur bel ouvrage... Comme Robert Fisk, vieux journaliste britannique qui a passé sa vie dans les batailles du Moyen Orient et continue de vivre à Beyrouth pour ne pas en perdre une larme. Pour la doctoresse et son co-auteur, Fisk... C’est pas bien. Il est vrai que ce Robert a tant à dire qu’il y a peu de place pour les aventures des néo-bolcheviques syriens.

Pour permettre à nos amis « blessés » de retrouver rapidement la raison, je vais leur conter la radieuse histoire de Bilal Abdul Kareem, un correspondant de guerre hors pair, récipiendaire d’un Prix au festival de journalistes guerriers de Bayeux.

L’heureux confrère, primé en 2016 pour un reportage signé avec Clarissa Ward de CNN, porte le nom de Bilal Abdul Kareem. Et ce n’est pas n’importe qui. Né en 1970 à New York, Bilal se rêve d’abord acteur. Plutôt que l’écran, il crève la faim. Dans sa pérégrination, en 1997, il déménage à Brooklyn, par hasard près d’une mosquée, et c’est la révélation. Bilal devient un fou de Dieu. Tant même que certains lui accordent le titre d’imam...

Le 5 novembre 2009 quand, à l’intérieur du camp de Fort Hodd au Texas, l’officier Nidal Malick Hasan flingue 13 de ses collègues, le désormais vidéaste Bilal approuve le massacre : « un acte de guerre et non une action terroriste ou criminelle ». Dans la foulée de son aspiration à un Djihad mondialisé, il soutient les rebelles tchétchènes au point que son nom est cité lors d’un procès lié à un marché d’armes. En 2012 la guerre en Syrie arrive à temps, photos, films, écrits : Bilal est au point et Alep lui tend les bras. Sa maison devient une rédaction multimédia tenue par un seul homme.

En novembre 2015, après les massacres de Paris Bilal rend son jugement : « Je ne condamne ces crimes que si l’on condamne les crimes commis par les tueurs français contre des musulmans innocents ». A l’automne 2015, Abdul Kareem, sur un forum de Facebook, répond à 29 questions posées par le web planétaire. Il évoque l’avenir : « Le danger serait l’installation à Damas d’un nouveau pouvoir qui ne représenterait pas toutes les forces islamiques ».

Un futur tout en vert : « Le Syrie est un pays musulman qui doit être gouverné par des musulmans. Ici la démocratie est une notion étrangère qui ne peut fonctionner, la Constitution c’est la charia ».

« Correspondant de guerre », à contre temps, essentiellement quand les canons grondent moins, le vénéré Jean-Claude Guillebaud, prince de la conscience bonne, a présidé le jury du Prix Bayeux versus 2016. Il a donc eu la main heureuse en distinguant Bilal Kareem un journaliste modèle : engagement total, courage, abnégation, publication sur des supports multiples, notes de frais ridicules. Finalement ce dont rêvent les patrons du Cac 40, ceux qui possèdent tous nos médias.

Aujourd’hui notre gentil confrère a disparu des écrans. S’il n’est en stage à la CIA, il a sans doute rejoint ses frères libérateurs dans un coin où le djihad va renaître. Préparant de nouvelles et bonnes images. Ce qui annonce d’autres « blessés » de guère. Pour bientôt. Et d’autres larmes qui ne coulent que d’un seul œil.

Jacques-Marie BOURGET

COMMENTAIRES  

07/03/2018 11:26 par lairderien

Bonjour M. J.M. Bourget et un grand merci pour cette mise au point absolument nécessaire, venant de quelqu’un qui sait de quoi il parle.
Une publication de ce billet sur votre blog Médiapart est-elle prévue ;-)

Sinon concernant les "fameux" casques blancs spécialistes de l’hémoglobine, le site russe du colonel Cassad a publié hier une série de photos très parlantes de la préparation d’un tournage des "exploits" des casques blancs. Je pense que ces images sont authentiques mais je ne peux avoir de certitudes. Si quelqu’un lit le russe pour en savoir plus.... voici le lien vers le billet concerné :
https://colonelcassad.livejournal.com/4032567.html

07/03/2018 14:19 par BQ

Merci à JM Bourget. Le Média subit un véritable bombardement médiatique accentué par l’action de tireurs dans le dos de "gôche"* (aka les démissionaires ou "blessés" dont parle JMB). Nombreux sont ceux (moi compris) sur LGS qui ont à juste titre critiqué les positionnements, les choix et les déclarations de certains journalistes du Média. En revanche, les "Ils n’ont qu’à lire LGS" ou "moi ce Média ne m’intéresse pas" valent aussi bien qu’inscrire sur notre pierre tombale "Il avait raison" : RIEN. Qu’est ce qu’on s’en fout de nous-mêmes ? Prendre le pouvoir et l’exercer, passe par convaincre une majorité.

Plus nombreuses seront les plateformes massives où les sujets mainstream sont traités autrement (voire déconstruits), où ceux qui n’ont pas la parole puissent la prendre et où de nouveaux sujets sociaux d’après un angle d’analyse social, apparaissent, plus un nombre croissant de gens sont susceptibles de s’intéresser à autre chose (au moins savoir que "ça" existe), plus on fait bouger le curseur et plus NOUS avons à y gagner. Imaginons que demain notre site ou projet préféré souhaite toucher une audience plus grande, histoire d’en convaincre davantage : TV, radio...etc, et regardez le blocus et le feu nourri subi par "Le Média" : on a le minimum syndical de ce que le système (médiatique) pourra exercer si vos idées ont vocation à se populariser...Alors ne les lâchons pas, non plus.

* Le pompon de l’indignation hypocrite de salon revenant sans doute, hier 6 mars, à Noel Mamère, "instrumentalisé" et "berné" car éternel "naïf", pour son "on a tous été manipulés" par un "comité de soviets" dont "les procédés rappellent les heures les plus pénibles de notre histoire".

07/03/2018 14:33 par Renard

Les rats quittent le navire.. Ou peut être plutôt des taupes qui étaient là depuis le début pour couler le projet.

Que le Media reste droit dans ses bottes tant pis pour les kilos de merde, c’est comme sa de vivre en Orwellistan.

07/03/2018 14:39 par Dominique

De Mai 68, j’ai 2 souvenirs fondamentaux. D’abord une grande sympathie pour ce mouvement qui exigeait l’impossible. Ceci car du haut de mes 10 ans, cette exigence absolue correspondait bien, et correspond toujours bien, à mes rêves. Ensuite la prise de conscience qu’il est impossible de faire confiance aux médias car ceux-ci, au lieu de prendre leurs responsabilités et de faire leur travail, se complaisaient déjà dans une paresse intellectuelle qui ne leur fait rapporter que la ligne ultra-répressive du régime.

À l’époque un seul média avait fait son travail et s’était donné la peine, en plus de relayer la propagande du tout répressif, de descendre dans la rue avec leurs micros pour demander aux gens ce qu’ils faisaient là et pourquoi, c’était France Inter. Malheureusement, il y a maintenant longtemps que ce média a rejoint le camp des paresseux. Heureusement, nous avons internet et des médias comme la Grand soir, investig’Action ou Le Partage.

À propos d’internet, il faut se méfier des réseaux sociaux car comme le système ne peut pas contrôler internet, il a mandaté les services secrets pour y créer des médias comme Facebook et Twitter et il a fait croire aux jeunes qu’internet est ces réseaux "sociaux". Le résultat nous l’avons vu avec les printemps arabes, lesquels ont été manipulés en temps réel.

De manière générale la tendance n’est pas au beau pour internet. D’un côté nous avons de plus en plus de sites noyés par la pub, beurk, et d’un autre côté des législations de plus en plus liberticides combinées avec des politiques de censure de la part de sites incontournables comme google, une complicité totale des fournisseurs d’accès et même une complaisance malsaine du w3.org dont un des membres fondateurs, la FFF (Free Software Fundation), vient de claquer la porte après que le w3.org, ce consortium qui fixe les normes techniques qui déterminent comment internet fonctionne, ait accepté d’inclure la possibilité de mettre du code propriétaire dans les pages web (norme http). La combination de ces différents facteurs fait qu’il est fort possible donc très probable que dans un avenir proche, sous des prétextes comme la lutte contre la pédophilie, les violations des droits d’auteurs ou le terrorisme, le système aura pris le contrôle non pas d’internet mais du web (la partie http d’internet, http est une norme qui fixe comment le web fonctionne, et s’il est possible d’y inclure du code propriétaire, celui qui contrôle ce code fermé contrôle la norme, donc le fonctionnement. Reste à voir comment les concepteurs de navigateurs vont suivre, c’est le principal espoir car là ce n’est pas gagné pour les corporations.).

Cela fait d’ailleurs plusieurs années que des hackers, sentant le vent tourner, étudient la possibilité de lancer quelques satellites pour mettre en place un internet bis totalement indépendant des infrastructures étatiques et corporatistes. Le problème là est plutôt d’ordre financier et pratique, cela coûte cher et ne fonctionne pas avec les smartphones.

07/03/2018 17:08 par Dominique

« Claude El Khal, a refusé de passer des images de la Ghouta en Syrie, renvoyant dos à dos les propagandistes des deux camps. »

Je ne suis pas d’accord. El Khal n’a pas renvoyé dos à dos les propagandistes. Il a expliqué que devant la propagande généralisée par les sources des médias, il était incapable de savoir ce qui se passe vraiment en Syrie. Ce sont les médias pro Assad ou pro rebelles (pour faire simple) qu’il a mis dos à dos.

07/03/2018 17:47 par Autrement

Tout-de-même, voici une bonne ration d’anti-Orwellistan grand public dans Le Média (Entretien libre Aude Lancelin, Thomas Guénolé ) :
https://www.youtube.com/watch?v=ia5MhgMenZY

Sur la politique étrangère, c’est encore plus difficile de ramer à contre-courant...
On espère que ça viendra.

07/03/2018 18:27 par barbe

Rien à voir avec le sujet mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour corriger une info :
la conférence prévue et annoncée sur cette page, à Colmar le 16.03, d’Annie Lacroix-Riz est reportée à plus tard. Sans doute au mois de mai.
Merci d’y remédier.
bonne journée.

07/03/2018 19:06 par Danael

Même si le traitement des enjeux en Syrie a été très pauvre chez le Média ( rien à voir avec LGS) , j’appuie totalement ce Média ( socio) qui est le seul à mettre de l’avant et à expliquer nos luttes sociales en France. En passant, très bon article aussi de René Naba sur les enjeux en Syrie : http://www.madaniya.info/2018/02/28/syrie-enjeux-jacents-de-bataille-dal-ghouta/

07/03/2018 20:02 par Walter Rizotto

@ Dominique : "les propagandistes des deux camps", ça comprend "les médias pro Assad ou pro rebelles" et ceux qui les commanditent.

07/03/2018 21:19 par Vagabond

Vivement ce jour

Cela fait d’ailleurs plusieurs années que des hackers, sentant le vent tourner, étudient la possibilité de lancer quelques satellites pour mettre en place un internet bis totalement indépendant des infrastructures étatiques et corporatistes. Le problème là est plutôt d’ordre financier et pratique, cela coûte cher et ne fonctionne pas avec les smartphones.

Cette guerre a assez duré. Elle pourrait pourtant cesser si les peuples sortaient hurler à leurs gouvernements de cesser d’intervenir. Mais ils sont occupés à suivre les débats de la presse comme des spectateurs sur un court de tennis.

07/03/2018 21:24 par Vagabond

Qui est Pierre Lecorf, le jeune français à Alep ? Un électron libre ou un "mercenaire" ?

07/03/2018 21:35 par Dominique

Walter Rizotto
« "les propagandistes des deux camps", ça comprend "les médias pro Assad ou pro rebelles" et ceux qui les commanditent. »
Je ne fais pas de géopolitique, je me contente d’indiquer la problématique abordée par El Khal.
Maintenant, si tu veux aller plus loin, la propagande entretenue par les médias est le relais de celle des gouvernements, c’est vrai. De là à dire qu’ils sont tous commandités, je ne le dirais pas. Cette généralisation serait un peu exagérée.

08/03/2018 00:40 par echoes

Une poignée de journalistes et qqs mondains, mention spéciale à Noel Mamère qui cumule cette fonction avec celle d’ex député, maire, avocat etc, infiltrés au Media quittent la chaine, fondée sur des principes d’indépendance éditoriale,
au motif de ne pouvoir resservir la doxa euro-atlantiste qui submerge l’information et fait le quotidien de la profession dans sa quasi totalité.

A ce stade, lorsque les critères d’éthiques côtoient ceux de la déontologie, à peu près au niveau des caniveaux,
il y a de quoi s’inquiéter du faisceau de dispositions graduellement mises en place afin de contrôler l’échange d’informations (législation, dispositifs de filtrage, concentration des sites d’hébergement & opérateurs) sur le web et les publications indépendantes, non alignées.

La dénonciation du complotisme (notion à contour très vague, à dessein, celle des fakes news) constitue l’un des leviers majeurs en vue du rétablissement progressif de la censure.

Ce point mérite d’être relevé,
l’exemple de ce qui se déroule au sein de le Media apparait révélateur de la fin de la période dite Soft Power,
d’une relative latitude d’expression concédée aux oppositions en gage de démocratie formelle.

08/03/2018 08:13 par LAGIER Georges

Si je peux me permettre je conseillerais la lecture du livre de Georges Corm : La nouvelle question d’Orient
(( un chaos mental producteur de violences et de désagrégation du monde musulman .... Tout aussi chaotiques et souvent ineptes sont les explications de chefs d’ Etat européens et américains ou de certains Etats musulmans influents que répercutent des armées d’analystes convoqués presque quotidiennement dans les médias en Occident comme dans le monde arabe....( fin de citation ))
Carrefour stratégique et géopolitique convoité par les grandes puissances coloniales depuis le XIX° siècle le cadre intellectuel étant aujourd’hui actualisé par la théorie du "" choc des civilisations"" héritage de l’ancien racisme de nature coloniale ..( 4° de couverture)
Faudrait-il rappeler la crise iranienne quand Mossadegh a nationalisé l ’ British Petroleum et comment la CIA a mis fin à cette réappropriation des richesses du pays ?
Faudrait-il rappeler la nationalisation du Canal de Suez par Nasser et comment cela s’est terminé
C est une guerre de plus de 100 ans après le démantèlement de l’Empire Ottoman après la guerre de 1914-1918
Il y a dans tout cela une très forte odeur de pétrole qui n’a rien à voir avec Allah ! ni Dieu d’ailleurs
Un site internet qui donne des informations sur la situation au Moyen-Orient est ORIENT XXI d’ Alain Gresh
Voir aussi de Timothy Mitchell ; Carbon democracy , le pouvoir politique à l’ère du pétrole éditions La Découverte Pétrole , Gabegie , et Autocratie

08/03/2018 08:55 par LAGIER Georges

Orwell parlait de (( l ’ esprit gramophone : le disque rayé répéte toujours la même chose ))
Décodex ?!!! bonne conscience hypocrite de la sociale démocratie . Liberté d’expression filtrée rien ne doit apparaître qui pourrait troubler ( l’ordre du monde)) des oligarques du Medef et du gouvernement . (( Le pire ennemi du peuple est son gouvernement . Saint-Just))

08/03/2018 14:38 par Bourget JM

Cher Lairderien pas de blog Mediapart...
Etant donné mes saillies sur Plenel ils vont me couper le robinet....

08/03/2018 14:38 par Bourget JM

Gerges Corm est mon auteur de chevet...

08/03/2018 19:14 par anne jordan

qui est Pierre Le Corf , ?
demandez vous ; je me suis intéressée à ce jeune français , après avoir lu un article dans le " Télégramme de Brest " ( presse- stituée ordinaire ) et puis voilà l’article de l’ Obs :
https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-sur-les-reseaux/20161215.RUE6000/dans-sa-nouvelle-vie-pierre-le-corf-defend-le-regime-syrien-sur-facebook.html
avec cette précision : "P.Le Corf, 27 ans , humanitaire, est-il pour autant un propagandiste du régime syrien, comme le suggère un article publié sur Medium ? Après lui avoir parlé, la réponse semble être : tout à fait, mais malgré lui."
si l’Obs le dit ....
mais bon , c’est complexe , comme tout ce merdier et ça n’a rien à voir avec l’honnêteté de Claude EL KHal.

08/03/2018 20:52 par Feufollet

Il y a plein de gens bien informés sur Le Média au LGS
Mais sur leur site à eux, je n’ai rien trouvé sur la bisbille en question
Ici j’apprends que N. Mamère serait aussi fâché
Bonne nouvelle pour la réputation et la crédibilité du Média
Mais bon, je dois dire que je n’ai pas de temps à lui consacrer

08/03/2018 21:54 par rototor

Fisk comme modele c’est discutable, c’est quand meme le type qui a offert une pleine page de promo/interview en 93 (dans the independent) à un certain ...Ben Laden, "guerrier de la paix" , on connait la suite ^^ . Il a certes fini de servir d’idiot utile depuis. d’autres ont pris le relais, certains se reveillent en cours de route (voir Max Blumenthal qui a eu son epiphanie apres 5 ans d’indignation sur la Syrie), d’autres jamais... Bref c’est pas forcément inné ces choses-là...

09/03/2018 09:35 par JM Bourget

C est l eternellehistoite...au prétexte que l on donne la parole à tous les protagonistes...ce qui un devoir... on tombe sous l accusation de faire de la pub ou de la propagande ! Si j avais ete en age et situation d interroger Hitler je l aurai fait... c est ça le journalisme...il ne faut pas croire qu il y a forcément empathie entre le questionneur et le questionné....

09/03/2018 14:51 par Yannis

Mediapart est un des fers de lance en France dans la guerre médiatique sur le conflit syrien : propagation d’infos orientées et appui des objectifs de l’OTAN (le démentellement du pays), construction d’un consensus mou et pseudo-humanitaire autour de l’horreur de la guerre. Pour au final soutenir et justifier l’intervention francaise en Syrie, dans un grand élan néocolonial et néocon, taisant les graves compromissions occidentales avec les groupes de mercenaires salfistes dans cette région du monde.

Ce journal est plus largement un cas d’école pour l’effet de nasse sur un public captif et pour une bonne partie encore actifve sur ses forums, qui se définit largement de gauche, un public à l’origine très divers dans ses composantes et sensibilités mais qui a eu tendance à être filtré depuis 10 ans d’existence en ligne, grâce a diverses méthodes allant de la censure directe, avec dépublications sans aucun rapport avec une charte interne, armée de trolls pour épuiser les moutons rebelles, censure plus soft grâce à la mise en avant systématique d’articles et de billets de blog favorables à la ligne éditoriale de ses fondateurs. Du fait de son audience chez les électeurs et électrices de gauche, le rôle de Médiapart n’est pas anodin dans le concert des médias mainstream : sa rédaction a pu sans trop de contorsion faire la promo de la marque publicitaire ultralibérale Macron, quand il s’est avéré que le PS était mort, pour ensuite mieux critiquer le jeune banquier en mission commanditée par le Medef, les institutions de l’UE, l’OTAN,,,

Au final, le participatif qui a fait (aussi) la force de Médiapart s’est révélé n’être qu’une opération marketing : la rédaction l’a progressivement étouffé car il s’y échangeait dans les premières années trop d’infos sensibles, on y argumentait sereinement, on y réflechissait même, trop au goût de certains et certaines, hors des sentiers battus et rebattus par les faiseurs de buzz et d’opinion. Le Club (plateforme de blogs internes) est donc devenu un refuge de vieux abonnés qui se chamaillent autour de questions d’égo et jouent de toutes les stratégies et séductions pour être repérés et mis en Une. Les forums y ont perdu énormément en pertinence, tant de contributeurs remarquables ayant compris l’imposture et s’étant éclipsé plus ou moins discrètement. Plenel et son équipe ont fait (une fois de plus) du beau boulot, comme avait dit Fabius dans un autre contexte...

https://lapartmanquante.com/2014/10/13/espoirs-grandeurs-et-deceptions-au-pays-des-mediapartiens/

09/03/2018 21:13 par Alain

Plus de 7 ans de guerres au Moyen Orient suivies par les médias privés et , hélas, comme ceux du service dit public avec le même discours conforme à celui des États Unis et de leurs alliés . Des tonnes de fèkes niouz avec menace d’être excommunié par le deécodex ou traité de complotiste si on conteste . Les idiots utiles et les indignés en peau de lapin n’ont ils jamais entendu parler - entre 1000 exemples - du général Wesley Clark ou de la journaliste canadienne Eva Bartlett ? Instruisez vous !
https://www.youtube.com/watch?v=-KkNAQIuGZY
https://www.youtube.com/watch?v=g1VNQGsiP8M

10/03/2018 20:36 par mediacideur

Mediapart est un des fers de lance en France dans la guerre médiatique sur le conflit syrien : propagation d’infos orientées et appui des objectifs de l’OTAN

Rien d’étonnant de la part de Mediapart (Plenel, Perraud, Bonnet obligent) mais plus embêtant avec Politis. Voici ce qu’écrit son dirlo, Denis Sieffert, en son éditorial dernier, il est : "en complet désaccord avec l’analyse de la situation en Syrie proposée par un chroniqueur du Média*" qu’il résume, en une incise péremptoire et définitive, comme ceci :"on ne sait rien, tout est douteux, parlons d’autre chose, et de toute façon ce sont tous des djihadistes"** avant de conclure :"On peut penser que ce chroniqueur subit de lourdes influences russes ou syriennes***. Des influences étrangères donc, mais purement idéologiques."****

Un anti-Jacques Marie Bourget ce Denis Sieffert. Eh bien je préfère le 1er nommé.

* A noter que Claude El Khal se voit rhabillé en "chroniqueur", et 2 fois plutôt qu’une...Et même 3 car le terme est repris en note, avec, en prime, le conseil méprisant qu’il aille visiter le site de... l’AFP.

** J’ai écouté la dite et la résumer ainsi est purement scandaleux car d’une malhonnêteté sans nom, enfin si, nommons : une malhonnêteté dégueulasse.

*** Pourquoi "ou" ? C’est "et" qu’il faut, non ?

**** Tout le contraire de l’AFP quoi...

10/03/2018 21:44 par mediacideur

Ceci dit, l’article de Lundi Matin auquel renvoie JM Bourget est quand même troublant... Il ne se résume pas, je trouve, au compte-rendu qui en est fait. Il me rappelle (l’article) la position de François Burgat sur la Syrie. En gros : par rapport aux crimes massifs de Assad les islamistes c’est de la gnognote. Je sais que c’est à l’opposé de ce que pensent B. Guigue, JM Bourget, Labévière, d’autres. Et comme ces noms sont des noms que j’estime et respecte il m’est difficile de m’y retrouver.

11/03/2018 09:48 par cunégonde godot

Je comprends mal qu’on lise, encore moins que l’on s’abonne à un support médiatique dès lors que celui-ci est dirigé par M. Plenel....

11/03/2018 13:35 par Scual

Ce que cette affaire révèle c’est que le mal qui ronge les médias en France est bien plus profond que la seule question de la propriété des médias par des ploutocrates.

Quel ploutocrate a obligé des journalistes à quitter Le Média pour ne pas avoir publié d’informations non sourcées ? Parce que c’est de ça qu’il s’agit, des journalistes sont désormais prêts à démissionner si jamais ils se retrouvent dans un média qui, comble de l’inacceptable, a fait le minimum de son travail. La vérification des sources étant quand même la base.

Pire, les lecteurs sont pour beaucoup tout à fait d’accord avec ce comportement. Ce qui signifie qu’ils ne voulaient pas un média différent parce qu’il ferait vraiment son travail et serait attaché à la recherche de la vérité. Ils voulaient une propagande plus en phase avec leurs croyances. Ils ne cherchent pas à être informé, ils cherchent à être conforté.

Face à une telle situation, je crois qu’il est trop tard pour une petite réforme des médias, c’est une vraie révolution qu’il faut. La proposition la plus en vue pour "sauver" les médias consiste concrètement à remplacer les 15 milliardaires qui possèdent tout par... une centaine de millionnaires qui possèdent tout. Voila pour le concret, le reste c’est juste des paroles sans réel engagement. Et rien que ça, c’est vu comme un truc courageux. Autant dire qu’on va encore en bouffer longtemps.

11/03/2018 14:18 par cunégonde godot

En phase avec Scual. Il suffit de lire la prose de certains commentateurs sur ce forum pour comprendre qu’ils ne recherchent qu’à être confortés dans leur paresse intellectuelle, leurs faux raisonnements, leurs renoncements, leurs croyances et leurs petites haines recuites...

11/03/2018 15:45 par legrandsoir

leurs petites haines recuites...

Comme certain(e)s pour l’UE et la gochedelagoche ?

11/03/2018 18:13 par Bourget JM

La lecture de l article de Lundi Matin on doit la résumer par les sources citées..
Mediapart ami du Qatar et qui fait les yeux doux au djihad, Filiu supporter bien connu des barbus avec une haine affirmee du vourageux et competent Robert Fisk qui use ses semelles sur le terrain depuis 40 ans.... je crois que ces sources la suffisent à démontrer l absence de crédibilité des auteurs....

11/03/2018 18:21 par Xiao Pignouf

Vous, par contre, Cunégonde...

11/03/2018 18:23 par Assimbonanga

Cunégonde génie de l’auto-portrait ?

11/03/2018 19:48 par Autrement

J’ai lu l’article de "Lundi matin". Effectivement, ça peut faire peur, car toutes les ressources d’une rhétorique savante sont mises au service de la logique des passions, dont le propre est d’attribuer à l’Autre les critiques mêmes auxquelles on se sent exposé. Comme quoi des années d’informations monocordes de l’AFP et des officines US parviennent, rien qu’en dissimulant une partie de la réalité, à pervertir même des esprits habitués à raisonner.

12/03/2018 10:23 par Autrement

Et pour se consolider (concernant la lucidité possible en matière d’information), on peut lire ce matin d’autres nouvelles sur le site d’Olivier Berruyer : https://www.les-crises.fr/un-regard-different-sur-la-ghouta-par-labeviere-raimbaud-et-galice/.

13/03/2018 21:28 par Nad

J’apprécie beaucoup les interventions de Claude El Khal sur le Média. "Le pas d’images" : j’ai applaudi. Décision juste et pertinente. J’en ai beaucoup parlé autour de moi.
Confiance confortée pour le Média dont je suis socio.
Merci pour les explications.

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