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Les médias de Blanc bonnet, Bonnet blanc, Dupont et Dupond

J’ai nommé Eric Brunet, Laurent Neumann, Jean-Jacques Bourdin et Christophe Deloire (RSF) qu’on va garder pour la fin.

Laurent Neumann anime un débat (sic) quotidien avec Éric Brunet à 7 h 50 dans Bourdin and Co, sur RMC. On l’entend aussi sur BFM TV.
Eric Brunet, c’est le journaliste, présent partout, spécialiste en tout, qui a publiquement traité les électeurs de Jean-Luc Mélenchon d’abrutis.
Jean-Jacques Bourdin les accueille dans son émission « Brunet & Neumann, le face à face », dont le titre du 5 mars 2018 était : « Haro sur les médias, que faut-il changer ? ».

Ce fut le face à face (je dirais même mieux : le farce à farce) de deux compères qui font la paire.

Eux et Bourdin sont copains comme cochons, proches comme cul et chemise. Les mauvaises langues outrancières diraient, à la Coluche (mais je désapprouve) qu’ils sont les trois mousquetaires revisités : « Un pour tous, tous pourris ! ».

A 5mn35 dans l’émission (c’est la conclusion, mais écoutez tout le bal des faux-derches), on a cet affrontement d’une rare violence qui dénote un sérieux différend idéologique :

« Laurent Neumann : Lorsque Jean-Luc Mélenchon créé un média sur lequel on n’a pas le droit de parler du Venezuela, est-ce que vous pensez que c’est vraiment du journalisme ?
Eric Brunet : Ben, non.
Neuman : Voila !
Bourdin : Dans lequel on maltraite les journalistes.
Neumann : Voila !
Bourdin : Et c’est vrai ».
Fin du « débat » (du Mélenchon-bashing, en vérité).

L’un vient de mentir deux fois (Le Média n’a pas été créé par Mélenchon et l’on y parle du Venezuela), mais ses acolytes approuvent allègrement les mensonges. Sciemment. Car il faudrait être sourds pour ne pas avoir entendu les dirigeants de la France Insoumise préciser cent fois que la FI n’a pas créé ce média (même s’il a démarré avec des militants de la FI et d’ailleurs, avec des journalistes si différents dans leurs mouvances que certains en sont déjà partis). Il faut ne l’avoir jamais regardé pour ignorer cet interview, qui a fait date, de Maurice Lemoine par Gérard Miller, entièrement consacré au Venezuela. Donc, ou bien ils sont professionnellement nuls et on se demande pourquoi ils sont omniprésents dans les médias, ou bien ils le font exprès (ce que je crois) et comment peuvent-ils dès lors disserter sur le mauvais procès qui leur est fait par une part grandissante des citoyens qui voient en Jean-Luc Mélenchon un porte-parole sur ce sujet ?

Parfois, je fais des rêves heureux, étayés par des événements historiques.

En avril 1968, la France était en léthargie (« La France s’ennuie », titrait un éditorial du Monde, déjà visionnaire) et survint mai 68 avec sa chienlit qui mit les coeurs en fête.

Le 2 février 1990, Nelson Mandela se réveilla en se demandant s’il finirait ses jours en prison. Quelques heures plus tard, Frederik De Klerk, président d’Afrique du Sud annonça sa prochaine libération « sans condition ». On connaît la suite.

Le 11 avril 2002, le président du Venezuela, Hugo Chávez, fut victime d’un coup d’Etat. Il fut transporté sur une île où des soldats refusèrent d’obtempérer à l’ordre de l’abattre. Le 14 avril, il fit un retour triomphal au palais de Miraflores.

Lors du précédent quinquennat, le PS au pouvoir débordait de puissance et d’arrogance. Hollande faisait ami-ami avec la finance (jusqu’à coopter un banquier de chez Rothschild), se moquait en privé des sans-dents. A une brave dame qui lui disait «  On n’en veut pas de votre loi El Khomri », Valls répondait avec morgue sous l’œil des caméras : « Ah, bah, vous l’aurez ! ».

En 2018, le PS est en miette. Hollande et Valls sont à la rue, avec les leurs. Ils ne l’ont pas vu venir. Dimanche 28 janvier, pour les législatives dans le Territoire de Belfort, un de ses fiefs (Chevènement y fut maire, sénateur, député. Il fut aussi 4 fois ministre), le PS recueille 2,6 % des voix, soit 351 bulletins. Enlevez de ce nombre les apparatchiks locaux du PS et leur famille, les employés municipaux et leur famille, les adhérents et leur famille, il ne reste rien, ou si peu. Quand François Hollande a été élu président en 2012, le PS avait tout : l’Elysée, Matignon, le Sénat, presque toutes les Régions, des grandes villes, 295 députés (29 à présent), de l’argent, un luxueux siège rue de Solférino, la confiance de beaucoup de citoyens. Déguisés en petits marquis, ils se sont crus à Versailles mais, en une ou deux vagues, leur château (de sable, en fait) a été emporté. Ou plutôt, ils dansaient en smoking et robes longues sur le pont du Titanic, l’insubmersible. Ceux que le choc n’a pas jetés à la mer ont sauté dans les canots de sauvetage de la Compagnie Macron.

Qui peut savoir à quel moment la presse des milliardaires va rencontrer son iceberg ?

Il y a des points de rupture, celui où l’acier le plus solide casse, où les roues de la voiture décollent de l’asphalte, où le tison engourdi sous la cendre devient flamme. Il y a le phénomène où, à une température précise, l’eau devient glace ou vapeur. Il y a le revirement brutal où Cahuzac-les-yeux-dans-les-yeux jette l’éponge et où, en l’espace d’un soupir, le vertueux ministre chargé de chasser les fraudeurs se transmute en menteur-fraudeur, exécré par le peuple tout entier.

Regardez nos journalistes vedettes : ils s’appellent tous Cahuzac. Ou ils devraient. Les yeux dans les yeux ils jurent qu’ils informent. Ils savent qu’ils mentent. Ils connaissent le nom de qui paie l’orchestre dans lequel ils se produisent. Ils ont en tête les notes qu’il faut éviter et les bémols à semer pour garder leur place, ils jouent la musique qui flatte le maître. Ils sont pareils à Daladier acclamé par la foule à son retour de Munich et qui marmonne : « Ah les cons ! S’ils savaient ». Ils consanguinent (j’invente le verbe, pas la chose) avec les politiques, dînent ensemble, se croisent au restaurant ou sur des yachts. Ils passent, comme des anguilles, du métier de journaliste à celui de candidats aux élections et/ou d’élus. Ils sont souples et, s’ ils tombent rarement, c’est parce qu’ils avancent en rampant. Parfois nommés conseillers d’un ministre ou du président, ils redeviendront bientôt journalistes sans que leurs confrères mettent en doute leur l’objectivité. Ceux qui repartent du gouvernement croisent ceux qui viennent d’y être embauchés.

Ne les traitez pas d’abrutis. Ils ont fait sciences Po, parfois l’ENA, les écoles de journalisme. Ce ne sont pas les neurones qui font le plus défaut à la caste journalistique, c’est la morale, l’éthique, le courage, le sens de l’intérêt public. Ils sont un clan, une mafia. C’est en bande qu’ils chassent la vérité, qu’ils érigent des statues au mensonge. Dans les débats, ils restent entre eux ou à plusieurs contre un. Jamais à égalité. Regardez « L’ Emission politique » où le malheureux invité de la FI a contre lui Léa Salamé, Nathalie Saint-Cricq, François Lenglet, deux invitées hostiles qui cachent leurs affiliations, des projections surprises de graphiques ou de vidéos. Ajoutez l’art des truqueurs pour couper la parole quand ça chauffe pour eux ou leurs maîtres. L’« Emission politique », c’est le match de boxe où l’arbitre fait des crocs en jambe à l’un des protagonistes et où il autorise des invités à monter sur le ring pour lui immobiliser les bras. C’est un simple exemple : les autres émissions sont de ce tonneau-là.

Ils fabriquent une drogue qui s’attaque au QI des Français (qui est en baisse). Devant leur public, ils soutiennent qu’ils sont la démocratie puisqu’ils informent. Qu’un journaliste du Média (Claude El Khal) émette des justes réserves sur les images non contrôlées sur les guerres et la meute nous assourdit d’un aboiement unanime.

Je dirais même mieux : costumés en pompiers, ces incendiaires de la vérité peuvent exhiber deux ou trois arbres qu’ils n’ont pas brûlés et qui cachent la forêt de leurs turpitudes. Et qui sont leurs alibis. Il leur faut bien lâcher un peu de lest, ripoliner leur repaire, consentir à des aumônes. Pablo Escobar, chef du cartel de Medellin donnait aux pauvres.

Pour couronner le tout, il manquait Reporters sans frontières.

Pendant 25 ans, cette officine a été dirigée d’une main d’acier par Robert Ménard. Rony Brauman, co-fondateur, s’était plaint de la « dictature » qu’il y exerçait. La règle d’airain était alors de n’y jamais parler de la presse française. L’actuel patron, Christophe Deloire, a rompu avec cette lacune. Hélas ! C’était mieux avant.

De surcroît, RSF n’a jamais été aussi opaque quant à ses financements. Impossible de voir sur leur site la provenance précise et détaillée de leurs ressources dont il a été démontré naguère (ici et dans un livre-enquête que j’ai écrit en 2007), qu’elles étaient en partie assurées par des officines écrans de la CIA.

Or, RSF étant une organisation reconnue d’utilité publique, la loi lui fait obligation de rendre publics tous ses comptes. J’invite les lecteurs à écrire à RSF pour demander ces comptes détaillés et à nous les communiquer. Ou à nous signaler un refus, lequel tomberait sous le coup de la loi.

Pour Christophe Deloire, ce que dit Jean-Luc Mélenchon sur les médias participe d’un mouvement mondial où des dirigeants politiques, parfois des chefs d’Etat, s’en prennent avec virulence et violence à des journalistes. Ça démontre une haine du pluralisme et ça [inaudible] une vraie dérive démocratique. Jean-Luc Mélenchon, dit Deloire, attaque ce qu’il y a sans doute de plus honnête dans l’information. Le journalisme n’est pas parfait, mais c’est à l’évidence la partie la plus honnête du champ de l’information aujourd’hui, parce qu’il y a des principes déontologiques, parce qu’il y a des règles de vérifications.

Ah, les règles de vérifications de RSF qui nous apprend en 2007 (suivi dans ce mensonge par tous les médias subventionnés) que Chávez a fermé la chaîne de télévision RCTV, ce qui ne se produisit pas, ce que RSF est forcé de reconnaître à présent, 10 ans après (mais que Caroline Fourest continue à affirmer devant des journalistes qui la laissent dire). Ah, les règles de vérification du contenu de la fiole brandie par Colin Powell à l’ONU, et celles du charnier de Timisoara, et la longue, longue, longue curée médiatique contre « les pédophiles d’Outreau », et la fable de Mélenchon « démoralisé » et celles des bombinettes chirurgicales de l’OTAN comparées aux bombardements meurtriers de l’armée syrienne, et France 2 accusant faussement Evo Morales d’avoir attribué un marché à son amie, la mère de son fils, et le logement « HLM » d’Alexis Corbière et celui de Danielle Simonnet, et France Inter nous apprenant que les élections au Venezuela ont été gagnées par Maduro grâce à une « im-men-se fraude » (ce que même les opposants ne soutiennent pas) et la troncature par Libération d’une phrase de Chávez pour en faire un antisémite, et l’AFP dont une dépêche avance que les partis opposés à Nicolas Maduro pourront s’inscrire... après les élections (« Cherchez l’erreur ! »), etc.

Confrontez cela avec ce qu’a dit LGS sur tous ces sujets. Et accessoirement, parlez-en aux guignols du DECODEX du Monde.

RSF contre la presse moderne et libre.

Christophe Deloire compare les médias (installés, archaïques, subventionnés, vendus aux milliardaires) aux réseaux sociaux, sur lesquels on trouve « beaucoup de rumeurs, parfois des médias de propagande, du brand content – de la publicité déguisée - et des contenus sponsorisés. Tout un champ de l’info dans lequel il y a des logiques d’intérêts déguisés, de la communication, de la publicité ».

Nous y voilà et c’est tout nouveau : une organisation de défense de la liberté de la presse qui piaille avec les médias des milliardaires. Les cibles sont les médias nouveaux, libres, indépendants.

Comme beaucoup de journaux sur Internet ?

Oui, et je dirais même mieux : comme Le Grand Soir.

Maxime VIVAS

Il est temps à présent de passer à la lecture (article suivant) du blog de JLM où il parle des médias et où il déchaîne la fureur des chiens de garde : https://melenchon.fr/2018/02/26/la-semaine-ou-macron-devisse-bain-de-b...

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L’emprise des multinationales sur l’opinion publique des Etats-Unis est une des choses incroyables du monde occidental. Aucun pays développé n’a réussi à éliminer des média, et avec autant d’efficacité, toute forme d’objectivité - sans même parler de dissidence.

Gore Vidal


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