RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Discours historique de la présidente Dilma Roussef le 14 mai 2016

Transcription

Bonjour Mesdames et Messieurs les journalistes.
Bonjour Mesdames et Messieurs les députés et ministres.

Bonjour à tous.

Ceci est une déclaration à la presse, donc pas une interview : une déclaration.

Je voulais vous dire, et dire aussi à tous les Brésiliens, que la procédure de déposition à mon encontre a été entamée par le Sénat et qu’elle a ordonné ma suspension pour une durée maximum de 180 jours.

J’ai été élue à la présidence par 54 millions de citoyens brésiliens, et c’est en cette qualité, en qualité de Présidente élue par 54 millions de personnes que je m’adresse à vous en ce moment décisif pour la démocratie brésilienne et pour notre avenir en tant que nation.

Ce qui est en jeu dans cette procédure de destitution n’est pas seulement mon mandat, ce qui est en jeu, c’est le respect des urnes, de la volonté souveraine des Brésiliens et de leur Constitution.

Ce qui est en jeu, ce sont les réalisations de ces treize dernières années, les gains qu’en ont retiré les plus pauvres, mais aussi la classe moyenne. C’est la protection des enfants, l’accès des jeunes aux universités et aux écoles techniques.

C’est la valeur du salaire minimum, ce sont les médecins qui s’occupent de la population. C’est la réalisation du rêve de posséder sa maison avec « Minha Casa, Minha Vida ».

Ce qui est en jeu, c’est aussi la grande découverte antésalifère du Brésil [Gisement Libra, NdT].

Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de notre pays, ses possibilités de progresser toujours plus.

Devant la décision du Sénat, je veux une fois encore clarifier les faits et rappeler les risques, pour le pays, d’une destitution frauduleuse, d’un véritable coup d’État.

Depuis le moment où j’ai été élue, l’opposition, mécontente, a réclamé un recomptage des voix, a tenté de faire déclarer l’élection nulle et, n’y ayant pas réussi, a continué à conspirer ouvertement pour obtenir ma destitution.

Ces gens ont plongé le pays dans un état permanent d’instabilité politique, ont tout fait pour empêcher son redressement économique, dans le seul but de s’emparer de force de ce qu’ils n’avaient pu obtenir par les urnes.

Mon gouvernement a été la cible d’un sabotage intense et permanent.

L’objectif évident a été de m’empêcher à tout prix de gouverner et d’ainsi fabriquer la mise en scène propice à un coup d’État.

Quand un président élu est révoqué sur l’imputation de crimes qu’il n’a pas commis, le nom que l’on donne à cela dans le monde démocratique n’est pas « destitution » mais « coup d’État ».

Je n’ai pas commis le crime de responsabilité, il n’y a aucune raison de procéder à une destitution, je n’ai pas de comptes bancaires à l’étranger, je n’ai jamais reçu de pots-de-vin, je n’ai jamais fermé les yeux sur des faits de corruption.

Cette procédure est une procédure caduque, légalement inconsistante, une procédure déloyale entreprise contre une personne honnête et innocente.

La plus grande brutalité qui puisse être commise contre un être humain est de le punir pour un crime qu’il n’a pas commis.

Il n’y a pas de pire injustice que de punir un innocent.

L’injustice est un mal irréparable.

Cette farce légale à laquelle je suis confrontée est la conséquence du fait qu’en qualité de présidente, je n’ai jamais cédé à aucune forme de chantage.

J’ai pu faire des erreurs mais je n’ai jamais commis de délit. Je suis jugée déloyalement pour avoir fait tout ce que la loi m’autorisait à faire.

Mes actions ont été des actions légales, correctes, des actions nécessaires, des actes de gouvernement.

Des actions semblables ont été exécutées avant moi par les autres présidents du Brésil.

Ce n’étaient pas des crimes en leur temps et ce ne sont pas des crimes à présent.

Ils m’accusent d’avoir publié six décrets supplémentaires, six décrets de crédit, et ce faisant d’avoir commis un crime contre la loi budgétaire (LOA).

C’est faux, parce que ces décrets étaient autorisés par la loi.

Ils traitent de crime un acte de gestion quotidien.

Ils m’accusent de retarder les paiements du « Plano Safra » [Emprunt pour le Plan Safra d’agriculture familiale. NdT], c’est faux.

Mes accusateurs ne peuvent même pas dire quel acte contraire aux lois j’ai commis.

Lequel ? Lequel ?

Non, il ne reste rien à payer, il ne reste aucune dette.

Jamais, dans une démocratie, il n’est permis de mettre fin au mandat d’un président élu pour des actes légitimes de gestion d’un budget.

Le Brésil ne peut pas être le premier pays à le faire.

Je voudrais aussi m’adresser à la population entière de mon pays pour lui dire que le coup d’État n’a pas seulement pour but de me révoquer, de destituer un président élu par le vote de 54 millions de Brésiliens, un vote direct, dans une élection non truquée.

En renversant mon gouvernement, ce qu’ils veulent faire en réalité, c’est empêcher l’exécution du programme qu’ont choisi, en votant majoritairement, ces 54 millions de Brésiliens.

Le coup d’État menace de ravager non seulement la démocratie, mais aussi tout ce qu’a accompli cette population au cours des récentes décennies.

Depuis mon accession à la fonction présidentielle, j’ai été la garante zélée de l’État de droit démocratique.

Mon gouvernement n’a pas commis d’actes de répression contre des mouvements sociaux, contre des protestations collectives, contre les manifestants d’aucune appartenance politique.

Le plus grand risque que court ce pays aujourd’hui est d’être dirigé par un gouvernement sans élections.

Un gouvernement qui n’aura pas été directement élu par la population, qui n’aura pas la légitimité qu’il faut pour proposer et mettre en œuvre des solutions aux défis qui se posent au Brésil.

Un gouvernement susceptible de réprimer violemment les manifestations à son encontre.

Un gouvernement né d’un coup d’État.

D’une destitution frauduleuse.

Issue d’une sorte d’élection indirecte.

Un gouvernement qui sera, lui-même, grandement cause de la poursuite de la crise dans notre pays.

C’est pourquoi je vous dis, à vous tous, que je suis fière d’être la première femme élue à la présidence du Brésil.

Oui, je suis fière d’être la première femme élue à la présidence du Brésil.

Pendant ces années, j’ai exercé mon mandat honnêtement, avec dignité, pour honorer les votes que j’ai reçus.

Au nom de ces votes et au nom de tous mes compatriotes, je me battrai avec tous les instruments légaux dont je dispose pour exercer mon mandat jusqu’à son terme du 31 décembre 2018.

Le destin m’a toujours imposé des défis, beaucoup de grands défis, certains m’ont semblé insurmontables, mais j’ai réussi à en venir à bout.

J’ai souffert la douleur indicible de la torture.

La douleur insoutenable de la maladie.

Et maintenant, je souffre à nouveau, la douleur indicible de l’injustice.

Ce qui fait le plus mal en ce moment, c’est l’injustice.

Ce qui fait le plus mal, c’est de me rendre compte que je suis la victime d’une farce légale bassement politicienne.

Mais je ne perds pas courage, je regarde derrière moi et je vois tout ce que nous avons fait.

Je regarde devant moi et je vois tout ce qu’il nous faut encore et que nous pouvons faire.

Le plus important de tout est que je peux me regarder et voir le visage de quelqu’un qui, si le temps l’a marqué, a encore la force de défendre des idées et des droits.

Je me suis battue toute ma vie pour la démocratie.

J’ai appris à faire confiance aux capacités de combativité de notre peuple. J’ai vécu beaucoup de défaites, et j’ai vécu de grandes victoires.

J’avoue que je n’ai jamais imaginé qu’il me faudrait faire face à un coup d’État dans mon pays.

Notre jeune démocratie, faite de luttes, faite de sacrifices et même de morts ne mérite pas cela.

Ces derniers mois, notre peuple est descendu dans les rues. Il est descendu dans les rues parce qu’il voulait davantage de droits, davantage de progrès. C’est pourquoi je suis sûre qu’il saura comment dire non au coup d’État.

Notre peuple est sage et possède une expérience historique.

J’en appelle à tous les Brésiliens opposés à ce coup de force, quelle que soit leur appartenance politique : restez mobilisés, unis et en paix.

La lutte pour la démocratie n’est pas limitée dans le temps.

C’est une lutte sans fin, qui exige une abnégation constante.

La lutte pour la démocratie, je le répète, n’est pas limitée dans le temps.

La bataille contre le coup d’État sera longue, c’est une bataille que nous pouvons et que nous allons gagner.

La victoire dépend de nous tous.

Montrons au monde qu’il y a des millions de gens prêts à soutenir la démocratie dans notre pays.

Je sais, et beaucoup des nôtres savent, notre peuple sait que l’histoire se fait par la lutte.

Et qu’il vaut toujours la peine de se battre pour la démocratie.

La démocratie est du bon côté de l’histoire.

Je n’abandonnerai jamais, je ne renoncerai jamais à la lutte.

Merci beaucoup à tous.

Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades
http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/

»» http://lesakerfrancophone.fr/discours-historique-de-la-presidente-dilm...
URL de cet article 30366
  

Tais toi et respire ! Torture, prison et bras d’honneur
Hernando CALVO OSPINA
Équateur, 1985. Le président Febres Cordero mène une politique de répression inédite contre tous les opposants. En Colombie, le pays voisin, les mêmes méthodes font régner la terreur depuis des décennies. Équateur, 1985. Le président Febres Cordero mène une politique de répression inédite contre tous les opposants. En Colombie, le pays voisin, les mêmes méthodes font régner la terreur depuis des décennies. Quelques Colombiennes et Colombiens se regroupent à Quito pour faire connaître la violence et (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« Nous préférons croire au mythe selon lequel la société humaine, après des milliers d’années d’évolution, a finalement créé un système économique idéal, plutôt que de reconnaître qu’il s’agit simplement d’une idée fausse érigée en parole d’évangile. »

« Les Confessions d’un assassin financier », John Perkins, éd. Editions Alterre, 2005, p. 247

L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
124 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.