Human Rights Watch réclame que George W. Bush soit traduit en justice.

reprise d’article

Publié ce mardi, le nouveau rapport de l’ONG américaine Human Rights Watch dénonce les exactions commises par l’administration de l’ancien président George W. Bush et appelle Obama à ouvrir une "enquête criminelle" contre l’ancien président américain et plusieurs de ses ex-collaborateurs.

« George Tenet a demandé s’il avait la permission de recourir à des méthodes d’interrogations avancées, comme le « waterboarding » (simulacre de noyade, NDLR). Évidemment, lui ai-je répondu ».

C’est avec cette citation extraite des mémoires de George W. Bush que débute le dernier rapport de l’ONG américaine Human Right Watch (HWR), publié sous le titre : « Torture et impunité : l’administration Bush et les mauvais traitements infligés aux détenus ».

Le rapport de 107 pages fait état de plusieurs cas de tortures commis par des agents de la CIA sous l’administration de l’ancien président américain. Dans un souci de crédibilité, l’organisation donne le nom de plusieurs détenus. Mais elle s’attarde sur le cas de Zayn el-Abidin Muhammad Husayn, plus connu sous le nom d’Abu Zubaydah.

Le cas Abu Zubaydah

Car c’est pour ce dernier qu’a été conçu le « programme d’interrogation de la CIA ». L’ Agence de renseignement pensait que ce dirigeant d’Al-Qaïda détenait des informations importantes. Les différents services législatifs de l’administration américaine se sont donc attachés à légaliser l’utilisation de certaines « méthodes d’interrogation alternatives » sensées faciliter l’obtention de réponses de la part du détenu.

Une directive signée par l’ancien président aurait ainsi autorisé la CIA à « tuer, arrêter, maintenir en détention tout individu suspecté d’avoir des liens avec Al-Qaïda ». HRW souligne également l’existence de programmes de détention qui permettaient le transfert des suspects en Égypte et en Jordanie, notamment, où ils étaient « pris en charge » par les forces de sécurité locale. Sont aussi dénoncés l’existence de centres de détention secrets, où les prisonniers étaient maintenus en cellules de confinement et privés de tout contact avec le monde extérieur, sans savoir pourquoi ils étaient arrêtés.

« Les abus systématiques (…) ont résulté de décisions prises par des hauts fonctionnaires américains qui ont choisi de redéfinir, contourner ou ignorer les règles en vigueur », explique Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

Voir l’interview vidéo de Reed Brody, porte-parole de HRW : "Nous avons des preuves accablantes pour ouvrir une enquête criminelle"

George W. Bush indexé

Le rapport détaille les responsabilités des différents hommes politiques impliqués dans la mise en place de politiques de torture. Principaux visés : l’ex-président américain George W. Bush et son ancien vice-président Dick Cheney (qui a publiquement préconisé l’emploi de la torture), l’ex-secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld et l’ancien directeur de la CIA George Tenet, dont les médecins perfectionnaient les méthodes illégales d’interrogatoires. L’ONG appelle à l’ouverture d’une enquête criminelle contre ces personnes et à la création d’une commission indépendante chargée de les auditionner, tout comme elle préconise le dédommagement des victimes.

George W. Bush est dans une situation particulière, car il a publiquement reconnu avoir approuvé le recours au « waterboarding ». Et il est également accusé par les auteurs du rapport d’avoir autorisé les programmes de détention secrète et de transfèrement par la CIA, de prisonniers à d’autres autorités moins regardantes sur les droits de l’homme, explique le communiqué de HRW.

Pour le porte-parole de Human Rights Watch, Reed Brody, (voir vidéo ci-dessus) l’administration d’Obama a une obligation légale d’enquêter sur ces crimes. Mais si la justice américaine ne le fait pas, il faut que « les autres pays (…) organisent eux-mêmes des enquêtes en vertu de leurs compétences universelles ». A l’instar de ces juges indépendants espagnols qui, en 2002, avaient lancé des procédures judiciaires concernant les pratiques illégales ayant court à Guantanamo et « d’autres crimes commis pendant la période Bush ».


Voir ici le rapport de Human Rights watch dans son intégralité.

SOURCE : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20110712074053/#ixzz1Rt3PANbl

COMMENTAIRES  

14/07/2011 10:31 par FeuerFrei

Obama et Sarkozy (entre autres) devraient aussi être traduits en justice pour ce qui se passe en Libye.
En fait, tous les dirigeants liés à l’OTAN devraient être jugés pour crime contre l’humanité...Et l’OTAN devrait être dissous.

devraient, devraient, devrait ... Tsss, dans mes rêves les plus doux...

14/07/2011 17:34 par Piotr Przyjalkowski

L’ entretien avec M. Reed Brody- fort valereux ! Pourtant, afin de reprendre sa pretension, helas ! Il peut exister ,, deux poids, deux mesures ’’, ,, deux justices ’’ pour plus et moins fort. Un phenomene decrit par le marxisme que nous autres, nous connaissons meme des simples batailles de gouapes, sinon autant fort des relations interpersonnelles, soit un fameux ,, rapport de force ’’ le ,, justifie ’’- entre guillemets, bien entendu.

Enfin, il y a deux poids, deux mesures- une autres pour les Serbes en Bosnie et Herzegovine et une autre pour les Russes en Tchetchenie, pas la peine, vous voyez camarades, meme sortir de l’univers slave afin d’exemplifier un phenomene dudit.

14/07/2011 23:22 par Kostia

Pour la Russie et la Tchétchène, il ne faut pas pousser...Durant la première guerre, où les massacres les plus violents ont été commis à l’encontre de la population, Eltsine aurait du être jugé, mais comme c’était un bon traître, agent du système ...
Ensuite, Bush fut très clément avec Poutine sur la question Tchétchène, il lui avait même donné le feu vert en 2001 pour le projet de pacification (qui nous a apporté un gros lard quasi illettré, Kadyrov Jr). Après, on a eu l’instrumentalisation de la souffrance de la population civile Tchétchène mais UNIQUEMENT pour taper sur la Russie (et un tout petit peu, évidemment, vu que beaucoup de gens ne savent pas "c’est quoi" la Tchétchène).
On ne met pas tout dans le même sac. Les "rapports de forces" se sont inversés plusieurs fois dans ce cas précis, alors que pour la Serbie, ça a toujours été la même rengaine.
De toute façon, ce qu’il faut comprendre de tout cela c’est que ce n’est pas par le chaos qu’on apporte la "liberté" et la "démocratie", ça ne nous mène qu’à la guerre, guerre civile, perte d’innocents, une longue reconstruction qui passe par tous les travers d’une société capitaliste libérale (chômage, manque accablant de logement, niveau d’éducation exécrable, violences et tensions entre les populations d’origines/ethnies différentes, développement de la criminalité, du trafic de drogue, la corruption et propagande est toujours là mais sous un nouveau visage, la pauvreté face au développement d’une hyper classe, alcoolisme pour la Russie surtout...)
Mais comme par hasard, c’est toujours les mêmes qui jouent à ce jeu... Le fameux "Diviser pour régner"
La chute de l’URSS, ou la "guerre" d’Irak en sont la preuve, c’est pour ça qu’il faut jamais suivre ces suppôts de Satan dans leurs campagnes, car il ne sème que terreur et chaos, ici on le sait déjà , mais bon...

16/07/2011 08:29 par Piotr Przyjalkowski

Camarade Kostja ! Votre analyse minitieuse ne change pas la donne ! Je m’ exprimais aux termes plus globaux pour bien illustrer le theme principal la- dessus. Fraternellement.

16/07/2011 20:23 par Kostia

Je tenais simplement à nuancer le cas de la Tchétchénie car c’est un conflit que je connais et qui me touche personnellement.
С Уважением, товарищ Пётр !

17/07/2011 14:59 par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

C’EST A L’HOMME ET AUX SOCIÉTÉS DE QUITTER LA SOUS-ANIMALITÉ...

Je crois que c’est l’idée même d’empire, qui est en soi une folie criminelle, et que tout empire devrait être dissout. C’est la création d’empires militaires et économiques, la volition d’être puissance voire superpuissance planétaire, ces mégalomanies collectives des sociétés et nations soutenant l’État et s’identifiant à lui, qui engendre le mal infernal de l’agression avec ses hécatombes récurrentes tout au long de l’Histoire. Car c’est toujours, hélas, en écrasant autrui, en le dominant que l’on s’affirme et se reconnaît Puissance ou Superpuissance mondiale !

L’humanité avec toutes ses saletés sous-animales, ses infrabestialités pulsionnelles, atteindra-t-elle jamais l’autre rive où le besoin de domination des uns de se faire supérieurs aux autres par la violence et la prédation, n’a plus droit de cité !?

En vérité, je crois que la plupart des hommes et leurs sociétés, sont encore des bêtes infectement sauvages qui ne songent qu’à écraser et dévorer l’autre pour paraître grands et s’étendre encore et encore dans une obsession, un délire pathologique de faux infini ! Pour conclure provisoirement cette question essentielle en tant qu’elle pose le problème même de l’essence humaine et de sa vocation espécielle, je reprendrai ici ma propre maxime inédite :

Va, sois Humain avant d’être grand, car grandeur sans humanité n’est qu’incohérence mortelle, déviance abortive du destin, monstruosité fondatrice de tous les crimes et horreurs !

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