Ode à la rébellion bolivienne
Oleg YASINSKY
Ce qui importe en Bolivie, c'est qu'elle est devenue le principal bastion des cultures indigènes du continent, les moins affectées par la civilisation occidentale. Sa valeur principale reste le collectif.
Ça devait arriver en Bolivie : dans le pays le plus américain des Amériques, le plus indien, le plus intemporel, le plus vivant. En ces temps amers du continent, alors que tout ce qui avait été conquis au cours des dernières décennies avec tant de rêves et tant de sang, apparemment, s'effondrait, faisant reculer le temps jusqu'à l'obscurité du passé. Les croyants expliqueraient que c'est parce qu'à l'époque où la Bolivie ne s'appelait pas encore ainsi, Wiracocha a choisi justement les eaux du Titicaca, près de son île du Soleil, pour apparaître devant les gens désespérés et perdus, afin d'indiquer la direction à leur esprit. D'autres diraient que c'est parce que le Che, bien des siècles plus tard, a opté pour la Bolivie dans la plus inégale et impossible des luttes, pour y mourir de la plus grande des immortalités.
Au-delà des politologues ou des touristes qui confondent les métaphores du « mendiant assis sur un trône d'or » avec « la fille préférée de Bolívar » ou « le cœur de (…)Lire la suite »
























