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Comme quoi il ne faut jamais dire « Tous pourris »...

La déclaration (imaginaire pour l’instant) de Benoît Hamon se ralliant à Jean-Luc Mélenchon

20 heures. Journal télévisé de France 2.

« Mes chers compatriotes,
Le 29 janvier, vous avez été plus de deux millions à voter au second tour de la primaire organisée par le parti socialiste. Par plus de 58% des voix, vous m’avez désigné, face à l’ancien Premier ministre Manuel Valls, pour représenter mon parti aux élections présidentielles de 2017.

Je vous en remercie.

J’ai mesuré d’emblée le poids de la responsabilité que vous m’avez confiée.

Auparavant, comme vous le savez, je m’étais engagé à soutenir, quel qu’il soit, le candidat que vous alliez choisir. Mes concurrents avaient fait la même promesse et c’était l’esprit, la règle même de cette compétition.

Mon parti, et c’est bien normal, s’était de son côté engagé à mettre tout son poids, tous ses moyens, tous ses militants dans la bataille pour faire élire le candidat socialiste gagnant des primaires.

Jean-Luc Mélenchon a refusé d’y participer au motif que, s’il était battu, il ne soutiendrait pas, quoi qu’il en soit, un candidat du parti socialiste qu’il a quitté et dont il combat la politique depuis 2012.

A aucun moment je n’ai ignoré que ma personne et mon programme ne pouvaient convenir à l’ensemble du parti. J’ai seulement été préféré à d’autres au premier tour, et à Manuel Valls au second, en opposition à la politique qu’il avait mise en œuvre et qu’il défendait, certes contre le peuple, mais avec l’assentiment d’une partie du PS.

Vous avez donc majoritairement choisi un autre homme et une autre politique. La démocratie, à laquelle nous sommes tous viscéralement attachés, imposait à la minorité de s’incliner, de prendre acte, de rallier, sinon dans les cœurs, au moins dans les actes et dans les paroles, le programme que j’ai défendu devant des millions de téléspectateurs.

C’était, je le répète, la promesse publique de mes concurrents et, cela va de soi, de mon parti.

Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls, membres éminents du PS, tous anciens ministres, s’y étaient solennellement engagés.

François de Rugy (proche de Jean-Marc Ayrault), Jean-Luc Bennhamias, Sylvia Pinel (ancienne ministre d’un gouvernement socialiste), tous trois non adhérents au PS avaient accepté la règle, parfois du bout des lèvres, mais toujours par le seul fait de leur participation.

Or, que voyons-nous aujourd’hui, à quelques semaines du premier tour des présidentielles ?

L’appareil du parti socialiste me soutient comme il avait soutenu Ségolène Royal en 2007. Autrement dit, il ne s’est pas mis en ordre de marche. Le candidat que vous avez voulu reçoit surtout des critiques et observe une léthargie incompatible avec un désir collectif de victoire.

Si Arnaud Montebourg et Vincent Peillon honorent leur parole, François de Rugy et Sylvia Pinel appellent à voter pour Emmanuel Macron. Jean-Luc Bennhamias menace de les imiter. Manuel Valls refuse également d’accepter le résultat qui lui a été défavorable et multiplie les objections et peaux de bananes.

François Hollande se tait. On sait que c’est lui qui a sorti Emmanuel Macron de la banque Rothschild pour en faire, dans l’ombre de son cabinet, l’inspirateur de sa politique, avant de lui attribuer le ministère clé de l’Economie.

Un nombre désormais trop important de ministres, d’anciens ministres, d’élus, dont le maire de Lyon, rejoignent Emmanuel Macron. Il faut y ajouter l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë qui va jusqu’à affirmer que mon programme, celui que vous avez choisi, est dangereux.

Jean-Christophe Cambadélis, chef des socialistes, a jeté dans les oubliettes des reniements rapides sa menace d’exclure du parti les adhérents qui se rangeraient derrière Macron et non derrière le candidat socialiste. Voir ici : http://www.francetvinfo.fr/politique/ps/jean-christophe-cambadelis-sem...

Une déclaration de soutien à Emmanuel Macron circule parmi une quarantaine d’élus de mon parti où on peut lire des choses aussi terribles que : « son projet ambitieux et crédible représente l’espoir d’un renouveau politique dans lequel le social-réformisme a toute sa place. C’est à la construction d’une nouvelle alliance européenne et réformiste, autour d’Emmanuel Macron, que nous appelons en tant que socialistes ».

C’est la mort annoncée du parti so-cia-lis-te.

Dans cette campagne électorale qui sent le casino géré par la maffia, un bandit manchot activé par les médias aligne poires, bananes et autres pauvres cloches : Pierre Arditi, Daniel Cohn-Bendit, Michel Baylet, Pierre Gattaz, Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense, ce n’est pas rien), Patrick Braouezec (PCF ou à peu près), Claude Bartolone (président de l’Assemblée nationale, ce n’est pas rien), Gérard Collomb, maire de Lyon, Bertrand Delanoë, ancien maire de Paris qui va jusqu’à affirmer que mon programme est dangereux, François Bayrou, Bruno Le Maire, Corinne Lepage, Jacques Attali, Pierre Bergé (Le Monde) Xavier Niel (Le Monde), Alain Madelin (ex-militant du mouvement d’extrême droite Occident), Alain Minc, Bernard Arnaud (vedette de « Merci patron »), Jean-Marie Le Guen, Vincent Bolloré (Canal+, CNews, Direct matin, C8…), Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet (deux balles de Jokari qui font alterner leur appartenance à la gauche et à la droite selon les circonstances). C’est un cloaque, un ramassis hétéroclite, un rassemblement sans principe, un filet où se serrent, frétillants d’espoir, les poissons les plus disparates en attente de se dévorer entre eux.

On brûle de demander à quelques-uns d’entre eux : « Tu quoque, fili ? Que fais-tu là avec la banque, le patronat, les traîtres professionnels, les mal repentis du fascisme au manche de pioche ? ». Mais il faudrait aussitôt se boucher les oreilles de peur d’entendre en réponse : « Plutôt Hitler que le Front populaire ! ».

Les semaines pendant lesquelles les Français se sont demandés de quel côté allaient pencher Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, Stéphane Le Foll, Bernard Cazeneuve (Premier ministre, ce n’est pas rien), tous donnant l’exemple de l’incertitude et des réticences, ont suffi à plomber ma campagne.

Ne nous y trompons pas : ce qui m’est demandé, c’est de porter le programme du quinquennat qui s’achève, c’est d’accepter une majorité parlementaire qui ne me laissera d’autre choix que de poursuivre la politique de Valls/Hollande en laissant croire le contraire.

Le paradoxe est que, à l’issue des primaires que j’ai emportées, une partie grandissante du PS préfère un candidat non socialiste, jamais élu à quoi que ce soit, un banquier, un franc-tireur qui ouvre le feu sur le camp dont il est issu (et qui l’a fabriqué) et qui, craintif, a refusé de se risquer à un premier baptême du feu électoral en compétition policée dans l’épreuve des primaires.

Hors des appareils politiques, le peuple de gauche se désespère de n’avoir peut-être d’autre choix en mai 2017 que celui de l’extrême droite ou de la finance, laquelle, on le sait depuis le discours du Bourget en 2012, est notre adversaire.

Monte alors une exigence forte : celle de l’union des véritables forces de progrès aujourd’hui scindées en deux. D’un coté, le candidat légitime du PS appuyé par Europe écologie les Verts, de l’autre celui soutenu par la France Insoumise et par le Parti communiste, ses adhérents ayant démocratiquement validé sa candidature.

Dans le même temps, se répand la rumeur selon laquelle j’aurais renoncé à une victoire contre l’extrême droite et la droite financière pour y préférer mon élection future au secrétariat du parti socialiste en jetant par-dessus bord toute espèce de morale et l’héritage de Jean Jaurès, de Léon Blum, de François Mitterrand.

Comme vous le savez, j’ai rencontré Jean-Luc Mélenchon. Nous avons fait le constat que l’union était impossible entre un candidat tiré vers la droite par son parti, contraint d’accepter l’investiture pour les législatives de responsables et d’artisans de la politique de François Hollande (politique à ce point décriée que le Président sortant a dû renoncer à se représenter) et un autre candidat, initiateur d’une force qui a toujours combattu cette politique et qui a élaboré un programme en rupture totale avec elle.

Je veux vous faire la confidence que nous avons tous deux ressenti douloureusement ce désaccord, tant nos sensibilités, nos aspirations, nos programmes sont proches à bien des égards.

Mais, ni lui ni moi ne pouvions nous déjuger sans trahir la confiance des nôtres. Tout au plus avons-nous conclu (et respecté) un pacte de non agression mutuelle.

Or, aujourd’hui, un constat lucide s’impose : la trahison a eu lieu. Elle est là, comme un fossé qui ne cesse de s’élargir au gré des sondages.

Elle est venue de mon camp.

Elle est un camouflet aux adhérents du PS, aux électeurs de la primaire et à bien d’autres citoyens qui croient que la politique impose l’acceptation du verdict des urnes, la fidélité à la parole donnée et le respect des citoyens.

C’est pourquoi, et afin de ne pas accentuer ce qu’il faut bien appeler un dégoût montant dans le peuple de notre beau pays, afin de créer les conditions pour battre en mai 2017 la droite et l’extrême droite, j’ai décidé de me rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Je le fais sans marchandage, sans condition, conscient, par ce geste, de répondre à une ardente exigence populaire, persuadé de sauver l’honneur du parti socialiste et de réhabiliter le mot même de socialisme.

Je le fais et je vous demande de me suivre. Je ne doute pas que vous voudrez contribuer à bâtir, tous ensemble, un futur désirable.

Du fond du cœur, je vous en remercie.

Vive la République, vive la France !

Benoît HAMON » .

Pcc. Maxime VIVAS

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