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Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ?

La gauche de droite est au pouvoir.

Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste.
Gérard Mordillat

C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.

Monsieur Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme «  socialiste  » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables, comme le terme «  gaulliste  » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal de parler de «  la gauche de droite  », ce qui oblige les commentateurs à distinguer certaines déclarations individuelles émanant de «  socialistes de gauche  ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.

C’est dire combien la confusion gouverne. Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS ?

Celui dont les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour qui le «  socialisme  », selon Jaurès, travaille «  à la réalisation de l’humanité  ». Une humanité qui «  n’existe point encore ou existe à peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité  ».

À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste ?
Est-ce que M. Moscovici l’est ? Et M. Valls ? Et M. Strauss-Kahn ? Et M. Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ? Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.

On ne peut pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton. Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais ils agissent. Maintenant, si on s’intéresse aux membres «  socialistes  » du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements, manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les licenciements de confort financier, le choix du capital contre le travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !

Le piège est là.

Si nous votons pour le socialisme «  municipal  » et que, par miracle, le parti à la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la Berezina, les mêmes socialistes «  de gouvernement  » déclareront que ce vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de mener leur insupportable politique. Dans un cas comme dans l’autre, l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que «  toute l’eau de la mer ne saurait effacer  », aurait dit Lautréamont.

Mais tout cela serait sans importance.

L’urgence serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des «  socialistes  » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité, qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas selon le désir des «  socialistes  » de gouvernement, leur vote est méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie d’expulser, de persécuter au nom de «  l’humanité  ».

Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les «  socialistes  » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La réponse est assassine : presque tout, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne «  il n’y a pas d’alternative  », sont les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie.

Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux «  socialistes  » de gouvernement ?

Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite, antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus l’être. Elle n’est plus de mise. Aujourd’hui, les «  socialistes  » de gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter, quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de ses vœux. C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement avec ce «  socialisme  » en peau de lapin qui n’est que démagogie et mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et 
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du «  socialisme  ». Les positions sont claires : les «  socialistes  » de gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et compréhensifs, 
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le 
changement, c’est maintenant !

Gérard Mordillat

 http://www.humanite.fr/tribunes/la-gauche-de-droite-est-au-pouvoir-552611

COMMENTAIRES  

09/11/2013 11:09 par Dwaabala

L’édition de l’Humanité.fr du lendemain a publié : Quelle attitude vis-à-vis du PS ? Réponse à Gérard Mordillat
Par Henri Malberg, militant communiste parisien .
Il reprend les thèses de la direction du Parti et précise :
Je pense, et j’en ai tous les jours des preuves, que la grande masse de l’électorat socialiste, la majorité des militants socialistes et même de ses dirigeants n’en peuvent plus. Mon pari, c’est, comme à d’autres moments de l’histoire, que le basculement se fera et que des forces beaucoup plus larges que celles du Parti communiste et du Front de gauche peuvent être engagées dans le combat pour changer de cap. Notre combat politique est donc essentiel.
Pour conclure sur un coup de griffe à l’adresse de JL Mélenchon.

Le pari, c’est de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille, ceci afin de pallier les compromissions sur le terrain des municipales.
Il s’agit ici, au fond, d’un projet de "cohabitation" d’un nouveau genre, après l’évènement du "basculement".
Ce qui est plus vraisemblable, pour demeurer biblique, c’est le futur abandon du droit d’aînesse pour un plat de lentilles à l’occasion de ce "basculement"., s’il avait l’heur de se produire.

09/11/2013 12:16 par PrNIC

citation de Malberg
Je pense, et j’en ai tous les jours des preuves, que la grande masse de l’électorat socialiste, la majorité des militants socialistes et même de ses dirigeants n’en peuvent plus.

juste constatation qui me dire qu’ils auront donc du plaisir à voter "bien à Gauche" pour les listes autonomes des Fronts de Gauche municipaux ....

09/11/2013 15:43 par CN46400

Quelle attitude vis-à-vis du PS ? Réponse à Gérard Mordillat

Par Henri Malberg, militant communiste parisien.

Inutile de te rappeler, mais j’y tiens, le respect que je porte à ton œuvre, à tes livres, à tes films, et au compagnonnage politique qui nous a si souvent rapprochés. J’ai lu ton article dans l’Humanité du 6 novembre «  la gauche de droite est au pouvoir  ». Je partage ta colère contre la politique de ce pouvoir.

Ce que fait l’équipe Hollande, Ayrault, Valls, est révoltant et dangereux pour le peuple qui, en votant Hollande, avait espéré le changement. Et dangereux pour l’avenir de la démocratie. Ton cri, Gérard, est le mien.

Mais je ne partage pas tes conclusions.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée que le Parti socialiste est maintenant de droite. Si c’était le cas, il n’y aurait pas d’autres perspectives qu’un long tunnel ou une droite alliée au Front national. Ça voudrait dire pas d’espoir, encore pire qu’aujourd’hui.

Je pense, et j’en ai tous les jours des preuves, que la grande masse de l’électorat socialiste, la majorité des militants socialistes et même de ses dirigeants n’en peuvent plus. Mon pari, c’est, comme à d’autres moments de l’histoire, que le basculement se fera et que des forces beaucoup plus larges que celles du Parti communiste et du Front de gauche peuvent être engagées dans le combat pour changer de cap. Notre combat politique est donc essentiel.

Et, en même temps, je suis pour que le Parti communiste donne des signes politiques précis chaque fois qu’un pas en avant est possible. Je ne suis pas pour la politique de la table rase, de la Berezina comme tu dis.

C’est d’ailleurs ce que le Parti communiste a fait tout au long de son histoire, même dans des moments aussi difficiles qu’aujourd’hui.

Appliqué à l’élection municipale, cela veut dire que le choix communiste, qu’il soit l’entente avec le Parti socialiste ou sans lui, ne doit pas se traduire par une campagne antisocialiste.

Dans des municipalités de gauche sortantes, que celles-ci soient à direction socialiste ou communiste, je suis pour que notre ligne soit fondée par un jugement sur le bilan de ces municipalités et sur un projet conforme aux intérêts de la population.

En général, d’ailleurs, les municipalités de gauche sont et seront forcément encore plus des lieux de résistance aux politiques d’austérité et des éléments de construction du changement politique que nous voulons.

Pour terminer mon raisonnement, je ne crois pas qu’une campagne antisocialiste, même argumentée, mais sans tenir compte des contradictions qui montent dans le peuple de gauche, soit le bon choix. Elle satisferait la rage qui est en nous, mais ne contribuerait pas au basculement politique devenu indispensable.

Quant au nombre d’élus communistes et Front de gauche, oui il m’importe. Pour l’avenir. S’il fallait perdre tout ou presque et que je pensais cela favorable à l’avenir, je n’hésiterais pas. Mais je pense qu’avoir des élus communistes et Front de gauche nombreux est un atout pour la suite.

En clair, mon cher Gérard, en l’occurrence, je ne fais pas «  la danse du ventre  », comme Jean-Luc Mélenchon, pour qui j’ai voté au premier tour de l’élection présidentielle, en a accusé les communistes parisiens

09/11/2013 19:06 par Dwaabala

Utiliser le logo FdG sur les affiches d’Anne Hildago ! Le Parti feint d’agir au nom de l’ensemble de ses alliés alors qu’il ne représente qu’une partie du groupe.
Le vote des militants communistes de Lyon en faveur de l’autonomie par rapport au PS dès le premier tour avait remonté le moral, mais... sauf mauvaise information, dès le lendemain, on apprenait que 8 élus communistes sortants sur 12 refusaient le vote des militants… Avec quelles suites ? La démocratie étant respectable quand elle vous est favorable
Petitesses sans intérêt au regard de la situation nationale réelle.

09/11/2013 21:06 par Aodren

Un peu d’optimiste tout de même pour tous les camarades du PCF qui luttent depuis de nombreuses années contre les "liquidateurs" présents à la direction en si grand nombre. Ils partiront bientôt au PS dans l’espoir de places et on en sera débarrassé.

09/11/2013 21:43 par juan

je pense que l’avis de la base de parti socialiste ne compte pas , ce sont les lieutenants du PS qui gouvernent le parti
le changement ne viendra pas par une orientation du parti socialiste à gauche , au contraire
le pression monte chez les militants , elle peut montée ça ne changera rien , Bernard Cazeneuve s’engage à continuer de baisser le poids de la dette ,
vous ne trouvez pas étrange que depuis le signature de l’ANI c’est un déluge de plan de licenciements qui se déclenchent chaque jour un peu plus ? et ce n’est que le début de la loi dite de sécurisation de l’emploi

le PS pourrait changer son orientation mais par une ouverture vers le (centre) c’est à dire l’ouverture par la voie de la politique sociale et économique allemande la déréglementation totale du droit du travail

un autre raisonnement pourrait comprendre la possibilité d’une autre alternative les français ayant tellement marre de la situation ferait sauter la cocotte minute , mais de quel côté irait la cocotte
ce que dit Gérard Mordillat a tout son sens ,
quelle serait l’issue des élections municipales dans le cas ou le PCF viendrait à perdre encore des municipalités , et le PS qui viendrait à s’écrouler
l’après élection municipale est ouvert , dans tous les cas il n’y a pas de troisième voie possible
les élections municipales seront des élections politiques contrairement à ce qu’a dit Pierre Laurent
même à Lourdes les miracles n’arrivent pas tous les jours

10/11/2013 08:28 par CN46400

@ adeon

"Liquidateur" est un qualificatif qui a une longue carrière dans le mouvement communiste. Inventé par Staline qui, en liquidation, en connaissait un énorme rayon, il a commencé son parcours en France avec Doriot quand il comprit que le poste de secrétaire général du PCF lui échapperait au profit du "liquidateur Thorez". Doriot, affublé de l’uniforme nazi, finit son parcours sur une route allemande en 45, liquidé par un avion allié !

10/11/2013 10:01 par Dwaabala

@ CN46400
Un petit point d’histoire :
Lénine. Le courant de liquidation et le groupe des liquidateurs. Janvier 1912
http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1912/01/vil19120100.htm

10/11/2013 11:24 par Dwaabala

Post scriptum. Pour compléter le petit point d’histoire ci-dessus, qui montre qu’en voulant liquider Staline, c’est beaucoup d’autres choses qui sont liquidées.

"Liquidateur" est un qualificatif qui a une longue carrière dans le mouvement communiste. Inventé par Staline

http://www.legrandsoir.info/le-point-staline-point-godwin-des-gens-de-droite.html
C’est amusant.

10/11/2013 22:59 par fabre

Complètement d’accord avec cette analyse.
Remarque : Fabius vient d’être félicité par Mac Cain et le Tie Party americain pour sa sévérité vis à vis de l’Iran sur le dossier nucléaire. Il se trouve que les négociateurs anglais étaient gênés devant l’intransigeance franchouillarde. Ce n’est pas peu dire .
Mais cette analyse ne va pas au fond quand elle méconnait le caractère a-democratique natif des institutions de ce pays. Les gens de gauche se battent ici comme si la nature des armes importait peu. C’est d’une naïveté incroyable si elle n’était pas coupable.
Dites moi un pays ou un président seul vent debout dispose du pouvoir de déclencher une guerre , de presser le bouton atomique , de se batir un monument, centre Pompidou , BNF, etc...avant de nous dire adieu, pour laisser un signe de sa grandeur aux générations futures...
Cette analyse n’est pas complète, et ne va pas au fond , dans le sens où elle néglige la hiérarchie quasiment verticale du pouvoir décisionnel dans notre douce France. ( qu’on se souvienne de la politique de Blum envers les réfugiés espagnols ou de celles de Vals envers les roms) La France se pose des questions pour accueillir 500 syriens alors que l’Allemagne va en recevoir 20000.Alors que c’est la France qui a armé la rébellion et déclenché la guerre civile. Pourquoi François n’a t-il pas armé les frères musulmans en Egypte ? Bon mais je diverge. La France terre d’asile mais ils traversent tous pour aller a Sangatte vers l’Angleterre.
Le pouvoir en France ressemble assez à ces poupées emboîtées à trois étages . Prefet ministère de l’Intérieur , President. Il est calqué sur l e pouvoir papal dont nous avons hérité avec la création de la France par Innocent III. Dans notre pays le pouvoir réel monte depuis selon trois marches abruptes.
La droite a pris pour habitude de célébrer postérieurement les pages glorieuses de la gauche , Jaurès ( qui en parle encore à gauche ?) , le front populaire , dans nos livres d’histoire , et la gauche quand elle revient fête les souvenirs glorieux de nos massacres , avec la droite, et Le Figaro , célébrera Moulins , les maquis , voire le CNR , et nous allons célébrer le souvenir des grands massacres de 1914 1918, moi j’y vois la mort de 500 000 occitans qui parlaient occitan , et qu’on ne soupçonnait pas alors de séparatisme, on célèbrera la Commune , le Maquis, et la droite ne rechigne pas à les faire figurer dans les livres d’histoire. Car c’est la droite qui écrit l’histoire après leur mort , bien après. Cela alimente l’imagination de nos jeunesses : révoltez vous !!!! Nous disent-ils ! Mais malheur à ceux qui montrent le bout du nez , ils seront fêtés, mais plus tard dans les livres d’histoire à la façon des peintres méconnus , comme Van gogh qui ne vendit jamais une toile de son vivant .
La France est malade de son a-démocratie. Elle prétend à la démocratie. Elle fait la leçon aux autres pays. Mais il se trouve que sans la puissance économique elle n’est plus rien. Et elle est en passe de n’être plus rien. Il faut constater les faits
Qui a voté pour l’ intégration financière a l’ UE ( Nicolas et Jospin)
Qui a voté pour la guerre en Libye en Syrie au Mali en Iran , en Irak en Afganistan (Nicolas et Francois)
Qui a voulu les privatisations ?(Balladur Jospin Rocard)’
Qui déversent les milliards en direction des forces du marché ? Balladur, Jospin Rocard, Nicolas et François) Je n’ai pas osé dire en direction des fainéants de la Bourse !
Il se trouve que l’empire papal français et ses institutions hierarchiquement verticales, que le système républicain égalitariste ( je rigole) ( selon le classement de sortie de l’ENA promotion Voltaire qui va de Solferino à celle de la Bérésina , mais c’est pour demain) permettent à des personnes dotées de la possibilité d’apprendre la moitié d’un bottin en une nuit , de décider des affaires du pays, cela sans jamais n’ avoir appris qu’à réciter l’orthodoxie anglo saxonne, et sans jamais avoir créer un seul putain d’emploi de sa vie, ni salit ses petites mains blanches.
La perpétuation du pouvoir autocentré sur Paris doit être résolue.
La mascarade universalisante doit cesser.
Le pouvoir doit redescendre vers le "peuple " partout ou il se "trouve".
Des propositions constructives surgissent dans le sens de la suppression du Senat , du CSA, du Conseil constitutionnel par exemple , ainsi que des trois quarts des députés , mais encore des élus reconnaissants des départements et / ou de la région.
A ceux qui nous critiquent il faut opposer cet argument "populiste" : " comment pouvez vous espérer être rentable en face d’un économiste du Bengale ( pour les économistes de France Culture), d’un député éthiopien( pour les députés ) d’un patron malien( pour les patrons du Modef ) Bref nous manquons d’imagination et nous battons sur des thèmes "nobles" du style : comment osez vous ?
Il faut en finir avec le pays des grands fromages et la 5ème .

10/11/2013 23:44 par Caius Gracchus

Donc nous comprenons bien que le problème tel que le pose Mordillat et bien d’autre n’est pas le fait de faire ou pas alliance avec le PS au premier tour pour les élections municipales, mais bien de ne pas faire alliance du tout avec eux y compris au 2eme tour. Donc faire perdre un grand nombre de municipalités dirigées par un maire socialiste au profit de la droite et , bien sur, de faire perdre un grand nombre de Mairie communiste là encore au profis de la droite (et parfois du PS qui sait ralier les voix de droites face au PC)... et cela bien sur indépendemment du programme municipal et du bilan des équipes sortantes.

11/11/2013 09:38 par Dwaabala

@ Caius Gracchus
Dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants, à l’exception de Paris, il y aura une liste du Front de gauche au premier tour.
Quelle est la ligne du Parti ? Passer par un arrangement avec les courants de gauche du PS et avec la direction d’EELV. Au bout d’un an, on peut voir les résultats.
A la réunion le 6 juin à Montreuil, avec Pascal Durand, est venu nous insulter, et Marie-Noëlle Lienemann, est venue nous expliquer qu’il ne fallait pas être sectaire. Les deux ont fait les rabatteurs du gouvernement. C’est tout ce qui a été obtenu !
Du côté socialiste, des bavardages, des textes, des appels. De l’autre, des faits, de la mobilisation populaire. Comme la manifestation du 5 mai pour la VIe République ou celle qui vient pour la révolution fiscale.
Pas un député socialiste n’a été élu sans les voix du Front de gauche, comme pas un député du Front de gauche ne l’a été sans les voix socialistes. Même chose pour les écologistes. Nous sommes bien tous de la même mouvance.
Qui a décidé que le curseur était JM Ayrault ? François Hollande.
Il peut très bien placer le curseur ailleurs. Il peut le mettre au Front de gauche. C’est le rapport de force populaire qui peut le lui imposer.

11/11/2013 10:04 par Dwaabala

Je veux préciser que la ligne du Parti est fondamentalement différente de ce qui vient d’être énoncé, et c’est le fond des divergences : en dépit de ce que sont les socialistes, ses dirigeants veulent passer par un arrangement avec les courants de gauche du PS et avec la direction d’EELV.
Pression populaire d’un côté (ce n’est pas gagné !) pour forcer la main à F. Hollande et obtenir un gouvernement à dominante FdG.
Arrangement au sommet de l’autre (perspective exaltante !) avec les socialistes soi-disant de gauche et EELV, qui obéissent au doigt et l’oeil aux injonctions de JM Ayrault dès qu’il manifestent quelques velléités d’indépendance dans les votes à l’Assemblée.

11/11/2013 13:09 par Caius Gracchus

@Dwaabala fort bien... mais vous me répondez à côté... je ne parle pas du premier tout (j’avoue n’avoir pas de religion sur cette question même si à Paris, compte tneu du nombre d eposte obtenue (et oui !) je suis pour , finalement, l’union au premier tour, mais bien du second ! et frnachement se ralier piteusement au second tour au maire socialiste sortant vous trouvez ça si glorieux que ça ?

11/11/2013 18:36 par triaire

Mordillat a raison sur toute la ligne et les pseudo-explications des communistes alliés à ce parti de droite ne sont aucunement crédibles .
Il faut se défaire absolument de ce faux parti
alors peut-etre que les véritables gens à gauche se prendront en mains, se bougeront .
Le FDG existe et ne se commet pas avec les traitres aux pauvres, ou les amis du grand capital, alors, donnons lui des voix avant qu’elles n’aillent par désespoir et ignorance chez les Lepénistes .
Le temps presse, j’entends ce que je ne pensais jamais entendre dans les rues .

11/11/2013 21:41 par Dwaabala

@ Caius Gracchus

@Dwaabala fort bien... mais vous me répondez à côté..

Je ne vous réponds même pas du tout, dans la mesure où je tente de ramener à la question de fond, celle des élections municipales n’étant qu’un trouble de surface : est-il raisonnable et crédible de mobiliser le peuple pour des arrangements de basse-cour avec EELV, qui en bons larbins démasqués nous insultent, et l’aile gauche du PS qui brasse du vent mais rentre dans le rang dès que leurs dirigeants l’exigent, et qui n’ont qu’un but en tête : dissocier le FdG et faire entrer le Parti dans le giron de F. Hollande ?
Tout ce brassage de vent dans le but (très, très lointain) de pouvoir appliquer un jour le programme du FdG ?

11/11/2013 22:41 par Dwaabala

@ Caius Gracchus
Et à la réflexion, vous trouvez vraiment que vos questions ont un sens quand je vous rappelle que dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants (sauf Paris), et dans beaucoup d’autres, la question est résolue dès le premier tour, et que les négociations et accords de second tour habituels se feront dans les autres ?

12/11/2013 10:36 par Cunégonde Godot

A titre personnel, je ne vote plus jamais (et depuis longtemps) pour un parti, ou une coalition, qui ne se prononce pas clairement contre l’UE, contre l’euro, contre l’OTAN, condition première d’une véritable lutte contre le capitalisme mondialiste. Je ne vote donc jamais pour le FDG, p.ex., pour toute élection quelle qu’elle soit. Jusqu’à maintenant du moins. Je sais, c’est mal, mais j’ai horreur de me faire pigeonner...

12/11/2013 12:19 par Caius Gracchus

@Dwaabala
excusez moi mais vous habitez Paris ? vous connaissez la teneur du débat politique à Paris ? L’histoire de la gauche à Paris ? vous me parlez des villes de 100 000 habitants (si c’est le choix dans toutes ces villes, ce que par leur caractère systématique comme vous semblez l’indiquer, me parait aussi stupide que l’union partout...). mais comparer Paris aux autres villes occultent quelques faits, en particulier que Paris est aussi un département et que donc on vote aussi pour les conseillers généraux (les conseillers de Paris), que la droite y a dominé depuis la Commune jusqu’au basculement à gauche en 2001. enfin et ce n’est pas négligeable, si nous perdons la plupart de nos élus nous faisons comment pour financer la fédération ? payer des permanents ? Ces questions ne sont pas secondaires, même si elles ne peuvent pas surdéterminer la position politique ; et elles se posent dans des termes très différents de la manière dont elles se posent dans les villes de droits communs où la perte d’élus n’est pas si cruciale en terme financiers, (si à Lyon on perd des élus, c’est dommage pour lyon , mais sans grande conséquence pour le fonctionnement de la fédération ; nottament du fait d el’existence de municipalités gérées par le PC dans le Rhone)
Enfin il faudrait s’interrgoer sur la position du PG parisien qui a pris des positions humiliantes envers les communistes ; imposition du la tête de liste (Simonet je la connais depuis 20 ans, donc au moins 15 au PS.. elle va pas nous faire la leçon) et seulement la moitié des candidats pour le pC et que 3 candidats éligibles au conseil de Paris ! qui souhaitait qu’il n’y ait pas d’accord ?

12/11/2013 16:02 par CN46400

Le pb de Mordillat et de tous ceux qui défendent, ou voisinent, avec son point de vue, c’est que, pour eux, le PS c’est Hollande et les premiers cercles qui entourent le président, le reste (26% des français soutiennent encore Hollande) ne comptant pas. De la piétaille, des valets, une cour, bref des gens incapables de faire de la politique à notre niveau. Qui est tellement supérieur....

C’est pourtant, c’est aussi des collègues de bureau, d’atelier, des voisins à la retraite, bref des prolos qui travaillent, ou ont travaillé, pour vivre, comme nous. Et il faudrait , au nom de je ne sais quelle pureté, inventée, et proclamée, la plupart du temps par d’anciens membres du PS, faire une croix sur ces camarades parce qu’ils croient encore à celui pour lequel ils ont voté deux dimanches de suite il y a 18 mois, alors que moi je n’y ai pensé qu’au deuxième ?

Pour rester bien en ligne, il faudrait que je cesse de ne voir en France que 99% de prolos pour 1% de bourgeois ? La vérité, selon les derniers ayatollas, serait que ce pays est devenu, les 11% du FdG mis à part, un conglomérat d’ignares plus ou moins "libéraux" donc de droite, donc infréquentables. Au point qu’il seraient, désormais impossible, de gérer la moindre ville ou village avec eux.

Heureusement que j’ai assez de bouteille pour savoir que la Révolution c’est autre chose que ce sectarisme de séminariste endurci !

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