Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


La suffocante étreinte vaticane

Au Vatican, ces jours ci, avec l’inhabituel double baiser à l’anneau pontifical par Berlusconi et, toutes proportions gardées, la tout aussi inédite promenade des deux amis, Ratzinger et Bush, dans les Jardins vaticans avec prière finale -privilège jamais concédé jusque là à un chef d’Etat - s’est consommée de façon ostentatoirement provocatrice l’alliance stratégique mondiale entre la domination impériale ancrée aux USA et la domination du sacré éthico-sirituel-religieux incarné par le sommet de l’Eglise catholique.

Il s’est agi de l’acte final d’un processus qui vient de loin, de l’après-guerre, quand le sommet du Vatican a su remplacer l’alliance avec la dictature fasciste et nazie, ruineusement défaites, en s’ouvrant au système de la domination occidentale libérale ou démocratique glorieusement triomphant et porteur d’avenir. La parenthèse conciliaire semblait avoir interrompu ce processus de compactage du système de domination pour ouvrir l"Eglise à un horizon prophétique de libération de toute aliénation. La politique vaticane de l’après-concile a refermé la lézarde de l’espoir. Et nous sommes maintenant dans la toile de l’araignée qui, avec de robustes fils, enveloppe le monde et toute existence humaine sans voies d’issue apparentes. Nous suffoquons sans arriver à voir d’ouvertures. La laïcité est à son minimum historique. « Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle laïcité » sentence Aldo Schiavone, en hissant le drapeau blanc de la reddition. Et elles ne servent pas à grand-chose les souffrances et les pleurnicheries d’un certain monde catholique disons ouvert, qui parfois deviennent même des critiques ouvertes voire criées mais seulement à l’égard de faits particuliers. Elles ne servent pas parce qu’elles poursuivent de façon pérenne les épiphénomènes sans entailler la racine. La symbiose avec la domination impériale est enracinée au plus intime du catholicisme. C’est une connotation génétique depuis ses origines au quatrième siècle. Catholique de fait signifie, littéralement, universel au sens précis de l’universalisme impérial. Le christianisme des deux premiers siècles n’était pas catholique. Au début il n’était même pas proprement une religion. Le choix de l’universalisme impérial à l’époque de Constantin et Théodose ne fut pas indolore. Il créa une profonde cassure interne au christianisme. Et fut une cassure verticale. Les strates du christianisme les plus éloignées du centre impérial et ecclésial, et socialement les plus humbles, en particulier les paysans pauvres de l’Eglise africaine avec certains de leurs évêques, perçurent cette alliance entre l’Eglise et l’Empire comme une trahison radicale du prophétisme évangélique. Leur christianisme rebelle fut brutalement réprimé. Il devint cependant cette bourrasque de vent de l’Esprit, ou, si l’on veut, ce ferment qui inspira de nombreuses poussées de rébellion créative et de libération de la domination du sacré dans l’histoire du christianisme. A bien y regarder il souffle aussi aujourd’hui. Plus que pleurer il faut savoir risquer en se fiant à ce souffle.

Enzo Mazzi a été un des principaux animateurs de la Communauté de l’Isolotto, à Florence, quartier dont il avait été le curé jusqu’en 1968 (où il a en a été expulsé par la hiérarchie post-conciliaire). Il a toujours été engagé dans la défense des communautés chrétiennes de base ; il est l’auteur de Christianesimo ribelle.

Voir aussi : http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/150941?&fr=y

Edition de samedi 14 juin 2008 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/14-Giugno-2008/art6.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Une promenade idyllique

FILIPPO GENTILONI

Cela vaut la peine de réfléchir encore sur l’étreinte entre le pape et Bush : une étreinte « suffocante » comme l’a écrit hier Enzo Mazzi dans nos pages.

Comment donc le Vatican a-t-il abandonné sa prudence traditionnelle et sa réserve ? Comment donc cet enthousiasme pour le monde riche et dominateur ? Et cette étreinte avec Bush ne peut pas ne pas être rapprochée de l’enthousiasme pour le triomphe de Berlusconi.

Le Vatican cherche à l’évidence à se ranger de manière voyante du côté du vainqueur. Il est rescapé de quelques défaites, plus ou moins bruyantes, et il veut les oublier. Et surtout faire oublier.

Aux Usa le scandale de la pédophilie et la baisse manifeste des adhésions. D’autre part le succès des églises « self-service », même chez les catholiques. Chez nous le risque d’une religion réduite au privé : la nécessité de ce fait, d’un état qui aide (et finance, surtout les écoles). Bienvenues, alors, les génuflexions de Bush, de Berlusconi et des mas medias du monde entier.

Très significative cette promenade des deux grands dans les jardins du Vatican. Ce n’était jamais arrivé. Les commentateurs de la Rai, pendant ce temps, parlaient d’une conversion possible de Bush au catholicisme. Oui, peut-être, mais en tout cas après la fin de la présidence.

Dans tous les cas une promenade idyllique, dans un très bel environnement, surréel. Lointaines, très lointaines toutes les tragédies. Les échos de la guerre et le désespoir des affamés ne parvenaient pas jusqu’à l’entretien « familier ». Ni les disputes entre les chrétiens et les musulmans. Physiquement proches mais spirituellement très lointains - presque comme à Guantanamo- les camps de roms à la périphérie romaine.

Pour le Vatican, un virage en quelques décennies seulement : du Concile, avec l’église « des pauvres » et de la théologie de la libération qui ne faisait pas la génuflexion, loin de là , ni devant le pape ni -surtout- devant le président des Etats-Unis. Peu de décennies sont passées, mais le panorama a changé : pas tant à Washington qu’à Rome. Le pape semble être redevenu, comme on disait, l’ « aumônier de la Maison Blanche ».

Edition de dimanche 15 juin de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/oggi/art55.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

URL de cet article 6804
   
Communication aux lecteurs
24 février : Tous ensemble à Londres pour soutenir Julian Assange

La date du 24 février ouvre le départ des dernières audiences d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange sur la demande des Etat-Unis. Sur le territoire américain Julian risque jusqu’à 175 années de prison pour avoir diffuser des documents sur la guerre en Irak et en Afghanistan dévoilant ainsi au grand jour tortures et exactions de l’armée américaine, pour avoir fait son travail de journaliste. S’il est jugé par un tribunal fédéral dans un état où la peine capitale est autorisée, il risque la peine de mort pour espionnage et divulgation de secrets d’Etat .

Nous organisons ce 23 février un départ de Paris en Bus pour Londres. Nous arriverons le 24 au matin pour commencer la manifestation et repartirons le soir afin d’être de retour le 25 au petit matin sur Paris.

Au nom de la Liberté de la presse, de la Liberté d’expression, de la Vérité nous demandons l’arrêt immédiat de la procédure d’extradition et la libération de Julian Assange.

Informations/contacts : https://www.facebook.com/events/467998704155446/

Réservations : https://yurplan.com/event/Tous-ensemble-a-Londres-pour-Julian-le-24-fe...

15 
Les 7 péchés d’Hugo Chavez
Michel COLLON
Pourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ? Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux. Au Venezuela, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Le capitalisme est le génocide le plus respecté dans le Monde.

Ernesto Che Guevara.


Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
42 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.