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La Zad et la guerre civile mondiale

L’offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives. Et s’inscrit dans une tendance mondiale des classes dirigeantes néo-libérales à imposer un pouvoir fort.

2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères... ainsi que quelques centaines de CRS à Nantes et à Rennes, pour couvrir l’arrière... la France sera lundi 9 avril en guerre. Contre qui ? Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent, vont et viennent. L’appareil militaire de la France, qui intervient au Mali, en Syrie, en Irak - sans que le Parlement en débatte, contrairement à ce que prescrit l’article 35 de la Constitution -, s’apprête donc à se déployer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

On sait la logique apparente de cette opération que tout être sensé considérerait comme la manifestation la plus aigüe d’un grand délire : après avoir cédé devant une lutte populaire en abandonnant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement veut signifier sa force en expulsant des « occupants illégaux ». Il méprise les procédures qui encadrent rigoureusement la procédure d’expulsion, il rejette sans discussion la proposition de gestion collective de terres entretenues depuis dix ans par ces occupants, et il n’a pas le moindre projet concret d’utilisation de cette zone à l’écologie unique et préservée précisément grâce à celles et ceux que MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot veulent chasser.

Ce brillant quatuor pourra ainsi, grâce aux images et aux commentaires complaisamment relayés par les médias de MM. Niel, Drahi, Bolloré, Dassault, Lagardère, Bouygues, et tutti quanti, montrer à l’opinion ce que signifie « l’ordre » et indiquer aux divers mouvements sociaux qui bouillonnent dans le pays ce à quoi ils peuvent s’attendre.

Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops, c’est la possibilité de vivre autrement

Mais ce n’est pas ce seul effet politique que cherchent M. Macron et ses sbires. La disproportion des moyens employés indique que ce que qui se vit à la Zad menace l’ordre néo-libéral dont ils sont les chantres brutaux : la possibilité d’exister autrement, de chercher la coopération plutôt que la compétition, de s’organiser sans hiérarchie entre les êtres, de régler les conflits sans police ni justice, de partager le commun en harmonie avec ce qu’on appelle la nature, de subsister sobrement, de sortir de l’assujettissement de l’argent... Y arrive-t-on sur la Zad ? On ne peut le dire. Mais on essaye vraiment, et de nombreux faits attestent qu’il y a bien là une magnifique alternative, une fenêtre ouverte dans le mur asphyxiant du capitalisme. Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops envoyés par le président banquier, c’est la possibilité de vivre autrement.

Il faut aller encore plus loin. Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes s’inscrit dans une guerre générale menée par l’oligarchie contre les peuples. L’actualité la plus immédiate vient de nous montrer comment le porte-parole des pauvres du Brésil, Lula, a été emprisonné au terme d’une ahurissante procédure, ou comment l’État israélien tue des manifestants et des journalistes dans la bande de Gaza. Ce ne sont que les derniers éclats d’une vague mondiale continue d’autoritarisme de la part des classes dirigeantes. Presque toute l’Amérique latine (Brésil, Chili, Argentine, Pérou, Guatemala,...) est passée sous la coupe de régimes durs qui appliquent la recette néo-libérale. En Chine, le président Xi Jinping a récemment renforcé son pouvoir. En Russie, Poutine règne en étouffant toute opposition. Aux Etats-Unis, Trump poursuit sa politique de dérégulation financière et environnementale sans contre-pouvoir réel. En Egypte, aux Philippines, en Pologne, en Inde, dans des dizaines de pays, on retrouve cette combinaison d’un pouvoir fort, défendant les intérêts de l’oligarchie, et détruisant l’environnement au nom de la croissance. De plus en plus, l’Europe évolue vers ce nouveau modèle d’oligarchie autoritaire. C’est en fait une guerre civile mondiale qui se déroule, une guerre que mènent les classes dirigeantes contre des peuples hébétés par la mondialisation, et contre les fractions qui parviennent encore à s’opposer à la stratégie du choc suivie par les capitalistes.

80 tonnes de CO2 par an : les vrais criminels

Un chiffre indique l’enjeu de ce qui n’est pas seulement une lutte sociale, mais bien une guerre à propos de l’avenir de l’humanité sur une planète en proie à une crise écologique historique : les membres du groupe des 1 % les plus riches du globe émettent en moyenne chaque année 80 t de CO2, soit neuf fois plus que la moyenne de la population mondiale (6,2 t). Autrement dit, les plus riches sont les plus pollueurs. Et vue la gravité du changement climatique et de ses impacts prévisibles, on peut dire que ces émetteurs de 80 t de CO2 par an sont véritablement des criminels.

Ce que promeuvent les oligarchies, c’est la possibilité de maintenir un système où elles nuisent à l’intérêt général. Car le coeur de l’intérêt général, en ce début du XXIe siècle, est la question écologique, dont l’issue commande les conditions d’existence de l’humanité. Il est presque ironique que leur attaque du moment vise un lieu où précisément on cherche à trouver des voies pour - entre autres - vivre d’une façon qui n’altère pas le climat.

Voilà pourquoi MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot, qui préservent les intérêts des membres des 80 tonnes par an, sont eux aussi criminels, et voilà pourquoi il faut défendre la Zad.

Hervé Kempf

 https://reporterre.net/La-Zad-et-la-guerre-civile-mondiale

COMMENTAIRES  

09/04/2018 21:32 par Georges SPORRI

Pour compléter cet article, lire " NDDL : Abjecte, débile et brutale, la FRANCE sous Macron..."

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1504

09/04/2018 21:45 par Feufollet

« "En Russie, Poutine règne en étouffant toute opposition. Aux Etats-Unis, Trump poursuit sa politique de dérégulation financière et environnementale sans contre-pouvoir réel. En Egypte, aux Philippines, en Pologne, en Inde, dans des dizaines de pays, on retrouve cette combinaison d’un pouvoir fort, défendant les intérêts de l’oligarchie, et détruisant l’environnement au nom de la croissance". »
Tout cela me semble imprégné de bon sens. De là à mettre tout le monde dans le même panier, il y a un pas
que je n’arrive pas à faire. Et je ne suis pas sûr que H. Kempf soit en mesure de contextualisé toutes ces situations différentes
et les nuancer un peu.
Ouais, c’est un exercice d’indifférenciation s’il en est.
Note : Peut faire mieux

09/04/2018 21:45 par Assimbonanga

Toute la journée, les journalistes de Reporterre étaient parmi les zadistes et ils ont envoyé au fur et à mesure le fil de l’info. https://reporterre.net/La-Zad-de-Notre-Dame-des-Landes-sous-le-choc-de-l-evacuation . Un sacré travail et qui rend service. Macron a dépassé les bornes, faisant évacuer tout ce qui ne ressemble pas à la norme de la beaufitude. C’est à la ferme des Cent Noms qu’il y a eu dépassement de limites car les occupants de ce lieu sont déclarés et ont un projet. C’est révoltant. Ça donne des idées de vengeance.

09/04/2018 22:19 par Assimbonanga

Attention, ceci pourrait bien ne pas être un détail. Il y a une nouvelle association sur NDDL, l’amelaza : agriculteurs qui avaient vendu leurs terres et qui veulent les récupérer. Court reportage de là-bas si j’y suis. Vidéo 2 minutes. https://www.youtube.com/watch?v=NWIXPH9zSQA On imagine assez que ces agriculteurs sans esprit qui ont vendu et n’ont jamais lutté, pourraient bien désormais pousser la chambre d’agriculture à les rendre prioritaires pour récupérer les terres. J’espère me tromper. Ce serait le désastre des désastres.Et Macron le diable.

10/04/2018 00:04 par Georges SPORRI

@Assimbonanga / Bien sûr que le gouvernement, certaines communes et les élus locaux aidés par la préfète la plus servile de France vont jouer à fond la carte d’un retour aux activités agricoles ... C’est pour ça que les partis de gauche, extrême gauche et les associations doivent démasquer la bêtise abjecte de cette option et son illégitimité dans le contexte actuel marqué par des atteintes majeures contre la diversité biologique, la disparition des abeilles, ...etc. L’article de mai68.org, peut être trop court et pas assez explicite, indique une direction que les ZADistes seuls ne pourront pas faire aboutir !

10/04/2018 09:25 par Assimbonanga

@Georges, "et voilà pourquoi il faut défendre la Zad !"

11/04/2018 03:14 par Dominique

Bien dit. Je trouve la formule de parler de guerre civile mondiale particulièrement juste.

@ Feufollet
Le problème de base est que nous vivons dans une dualité constante : civilisation contre Nature et êtres humains (oui, les sauvages sont des êtres humains, et pour les riches, les sauvages c’est nous, le peuple), riches contre pauvres, capitalisme contre marxisme, chrétiens contre musulmans, etc., etc., etc.

Et pourtant ce n’est pas si compliqué que cela car mis-à-part quelques rares peuples qui vient encore et de plus en plus difficilement dans les rares forêts humides pas encore transformées en cures-dents, tous les autres sont progressistes, c’est-à-dire que tous les autres veulent raser les forêts pour y construire la civilisation. Avec l’industrialisation et la globalisation de ce processus civilisationnel, c’est la mort assuré du vivant, et de nous avec. Et pourtant ils sont tous progressistes, et plus que jamais aujourd0hui. Comme dans la pub ils veulent plus ! plus ! plus ! Même les écolos le disent : Consommez vert, c’est bon pour le business (ils n’osent plus dirent que c’est durable car ils savent bien que cela ne le sera jamais).

Quand à ceux d’en haut, les élus qui tirent parti de cette gabegie et polluent comme le dit très bien cet article, ils ne faut pas rêver : sauf pour les autres ils n’ont jamais été adeptes de la non-violence et ils ne le seront jamais.

Par contre ce que cet article ne dit pas est que la principale cause de destruction du vivant n’est ni la pollution ni le réchauffement climatique, c’est notre mode de vie en tant que tel, l’emprise qu’il représente pour la Nature sous forme de routes, de constructions, de destructions physiques et irréparables de toutes natures et partout. Cette guerre civile mondiale est d’abord la guerre d’un concept suprématiste de civilisation envers le vivant : un être humain civilisé ne supporte pas la vie, il perd son humanité en se civilisant. C’est malheureusement aussi simple que cela, et c’est bien pourquoi nous sommes très mal barrés et dans ce nous j’inclus même les riches.

11/04/2018 08:10 par Toff de Aix

Très bel article qui résume bien l’enjeu : ou les peuples relèvent la tête ou bien ils finiront tous enchaînés. Dans cette optique la zad est bien le symbole parmi les symboles, et effectivement ces camarades qui luttent à leur façon méritent tout notre soutien. Contre macron et son monde...

11/04/2018 09:08 par Assimbonanga

@Toff de Aix... surtout qu’il y a fort à parier que Macron veut remettre les terres aux gros bonnets encartés JA ou FNSEA. Le président des riches rend la terre aux capitalistes. Avec son coming-out catho auprès des évêques, il dévoile sa culture profonde et ses conceptions éducatives acquises pendant sa jeunesse en établissement privé catholique. Après les bases réac’ initiées par Sarko, on s’enfonce vers le retour monarchique. La nomination de Stéphane Bern semble ne pas être anodine.

11/04/2018 09:13 par Assimbonanga

Freud, Onfray, tous les gens sont intéressants, tous apportent leur part. Là où ça ne va plus, c’est quand on se met à les idolâtrer et ne plus penser que par eux. Ils sont comme nous. Le matin quand ils se lèvent, ils font les mêmes gestes que nous. La psychanalyse apportent des clés et permet de décoder pas mal de trucs. Là où ça devient embêtant c’est quand on s’imagine que ça marche comme un petit mécanisme de serrurerie : on se plante lamentablement.
Sur la grande table du banquet intellectuel, ne mangeons pas que les mets gras et lourds. Sachons déguster ce qui nous fait grandir.

11/04/2018 11:29 par Assimbonanga

Des soutiens internationaux parviennent à la Zad : zapatistes, palestiniens.
Un message de solidarité qui fait particulièrement chaud au cœur, aux vues de sa provenance : camp de Deisha, Laylac, Palestine.
Paysans en résistance de Palestine, de Syrie, du Liban et de France. De Crète.
https://zad.nadir.org/spip.php?article5409

11/04/2018 13:20 par Georges SPORRI

Le crétinisme plat et la cupidité sans imagination sont les 2 diagnostics à poser pour qualifier Macron - Hulot - Collomb ... Lorsqu’on a la chance de disposer une friche de 16,8 km2 = 1680 hectares on peut faire/accepter 168 projets de 10 hectares, ou 84 projets de 20 hectares, ou 42 projets de 40 hectares, ou 21 projets de 80 hectares ... ça c’est quand on est une sorte d’épicier cupide pressé de vendre son stock pour compter les bénéfices . Vendre ces 16,8 km2 à des entrepreneurs FNSEA qui vont y foutre des vaches, des rectangles de colza, de tournesols et de maïs, est la plus médiocre des options, pire d’ailleurs que l’aéroport qui aurait au moins eu un impact démographique positif ... On nous dit ( monsieur Julliard ) que Macron est aussi génial et visionnaire que Saint-Simon mais la stupidité des options choisies à NDDL prouvent une médiocrité particulièrement répugnante .

12/04/2018 22:22 par François de Marseille

@ Assim : "La psychanalyse apportent des clés et permet de décoder pas mal de trucs. "
Je vous met au défis d’en citer 1 seule.
1 clé de la psychanalyse qui apporte une compréhension de la psychologie humaine.
1 seule...
Je me marre d’avance !

12/04/2018 22:48 par nico

A lire :

Bien des aspects de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes vont dans le sens d’une plus grande liberté individuelle. Problème : son modèle économique est insoutenable.
Pour comprendre la philosophie de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, rien ne vaut le rapport tout juste publié par Students for Liberty. Un petit groupe de jeunes libertariens français a passé quelques jours en immersion avec les zadistes et a comparé leurs principes d’organisation avec les critères du Human Freedom Index élaborés par le Cato Institute. En tant qu’expérience d’autogestion et indépendamment de toute considération sur l’aéroport, la ZAD est séduisante. Libéralisme proudhonien, altercapitalisme et panarchisme se rejoignent sur bien des points. Les auteurs du rapport ne cachent d’ailleurs pas leur sympathie pour le « choix de réaliser concrètement un idéal collectif sur un territoire donné ».

Gouvernance décentralisée
En effet, bien des aspects de la ZAD vont dans le sens d’une plus grande liberté individuelle. Une gouvernance décentralisée, avec notamment le « Cycle des douze » qui forme une sorte d’autorité juridictionnelle. Des règles internes et externes fondées sur la libre circulation. Une liberté d’expression totale hors de certaines zones délimitées en « safe space », et dont nos libertariens ont largement profité, en nouant des conversations apaisées avec les occupants. Des projets collectifs tels qu’une bibliothèque. Une volonté de se couper de toute organisation étatique, et en particulier du système fiscal. Enfin bien sûr, une forte tolérance à l’égard des comportements hors norme, en résonance avec l’idéal libertarien : vivre et laisser vivre.

Pourquoi, dans ces conditions, ne pas laisser tranquille une communauté qui ne fait de mal à personne ? Pourquoi ne pas invoquer le droit à l’expérimentation dont le présent gouvernement s’est fait le champion, en tolérant des poches d’utopie sur le territoire national ? Il existe à mon sens deux obstacles de taille.

Appropriation illégale
Le premier concerne, bien entendu, l’appropriation illégale des terres. Le deuxième tient à la soutenabilité : les habitants de la ZAD, qui se prétendent autonomes, ne pourraient pas survivre bien longtemps sans toucher le RSA ni détourner l’eau et l’électricité des réseaux publics. Il me semble néanmoins que ces deux obstacles pourraient être levés autrement que par l’usage de la force, en empruntant l’appareil conceptuel de Hernando de Soto, l’économiste péruvien qui a longuement travaillé sur la structuration économique des bidonvilles.

S’agissant des terres, il faut remarquer qu’elles appartiennent aujourd’hui, peu ou prou, à la collectivité. La plupart ont été préemptées par le conseil général puis transférées à l’Etat ; d’autres ont directement fait l’objet d’une procédure d’expropriation ; certaines ont été vendues à l’amiable. Aucun particulier n’est donc volé par la ZAD.

Possession inerte
On se trouve dans la même situation que celle des « pionniers » investissant des espaces publics inoccupés à la périphérie des mégalopoles d’Amérique latine. Au bout de décennies de lutte, leur installation sauvage finit toujours par être régularisée. Non pas, explique Hernando de Soto, par complaisance, mais parce que le droit de propriété est à son origine même un acte d’appropriation de terres vierges (le Homestead Act américain est fondé sur ce principe). Il faut accorder un titre de propriété aux maisons de tôle des collines de Lima comme aux caravanes zadistes afin de transformer une possession inerte en capital vivant, dans l’intérêt même de la société.

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L’absence de soutenabilité s’explique, quant à elle, par les étranges conceptions économiques des zadistes, qui ont posé le principe du « prix libre » en opposition explicite aux lois du marché. Dans la ZAD, un panneau décrit en quelques lignes l’alternative à Adam Smith : c’est le consommateur et non le producteur qui décide du prix. Un tel système ne peut fonctionner qu’à condition d’être alimenté par une source de revenus extérieure (en l’occurrence, le RSA, et donc le travail d’autrui).

Or, si les zadistes ne veulent pas payer d’impôts, il serait logique qu’ils ne perçoivent pas de subventions. Sitôt laissés à eux-mêmes, il ne fait pas de doute que les producteurs voudront rentabiliser leur outil de production, et chercheront naturellement l’équilibre entre l’offre et la demande. Là encore, Hernando de Soto a montré comment la division du travail et l’économie d’échange naissent spontanément de la dynamique de l’auto-organisation.

C’est donc paradoxalement le droit de propriété et l’économie de marché qui pourraient sauver la ZAD. Plutôt que d’envoyer les gendarmes, pourquoi ne pas faire confiance au capitalisme ?

13/04/2018 00:06 par Assimbonanga

@François, ce que je trouve, peut-être que ça ne me vient de Freud après tout ! Mais lire les commentaires des fois... Quant à mes propres découvertes personnelles, imaginez bien que ce n’est pas le lieu pour les déballer.

13/04/2018 02:36 par Georges SPORRI

@ Nico // Un peu de sérieux SVP ! Il y a entre 2,5 et 3 millions de gens au RSA et les 250 ZADistes sont parmi les rares bénéficiaires du RSA qui produisent et s’organisent collectivement ... Alors si j’étais élu d’un canton rural qui a perdu 900 habitants au cours des 25 dernières années j’essayerai de les faire venir pour occuper et chauffer les maisons qui moisissent, transformer les granges qui figurent au cadastre en logements ...etc. et en échange je leur demanderai un minimum de participation à la vie locale ... Alors vois tu l’économie peut consister à déplacer les "assistés" vers des lieux sous peuplés où ils servent à maintenir des commerces et des services publics, des écoles et même parfois des hôpitaux ... Ce n’est pas proudhonien mais je m’en secoue le poireau vu que Marx a détruit les inepties de Proudhon dans " Misère de la philosophie " et que les thèses de Marx ont été largement confirmées, par exemple par le comportement répugnant du collectif autogéré " FAGOR " ...

13/04/2018 09:39 par Assimbonanga

« J’annonce la fin des opérations menées par les gendarmes. » C’est ce que, selon Ouest France, Mme Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique, dira lors d’une conférence de presse vendredi 13 avril.
Hé bien, madame Klein, préfète du régime d’emmanuel Macron, vous découvrirez un peu tard que c’est plus facile de lancer une guerre que de la stopper. Cette attaque par 2500 CRS pour sortir 70 projets ruraux d’un territoire ressemble à s’y méprendre à un Vietnam, un Irak, une Syrie : moyens monstrueux pour s’attaquer à un petit David. On est vendredi 13, et ça ne prend pas le chemin de s’arrêter !
Comme l’avait judicieusement écrit notre représentant des Insoumis : un jour ça partira de n’importe où sans qu’on s’y attende, une étincelle mettra le feu aux poudres.
Je ne vois pas comment Macron pourra éteindre l’incendie qu’il a allumé.
Suivez radio klaxon !

13/04/2018 09:48 par Assimbonanga

@Georges, vous dites "Alors si j’étais élu d’un canton rural". Il n’est peut-être pas trop tard ?
Et vous dites : "en échange je leur demanderais un minimum de participation à la vie locale ... " Alors-là, je vous mets en garde : quand c’est parti, c’est parti. Une fois que les gens sont là, on ne peut pas faire de l’autoritarisme. Place à l’inattendu !

13/04/2018 12:38 par Georges SPORRI

@Assimbonanga / Je crois que tu penses toujours que déplacer une population ou faire venir une population = méthodes autoritaires , mais tout le monde sait que ça ne marche pas ... Par contre j’ai vu quelques interviews d’habitants ou de maires des communes de la ZAD pas très sympathiques , c’est peut être des "morceaux choisis" pour nous faire croire que les ZADistes sont des hippies ou des punks qui dérangent. Ces gens là ont utilisé les ZADistes pour faire sauter le projet d’aéroport et préserver leur petite tranquilité, ils doivent renvoyer l’ascenseur !!!

13/04/2018 13:56 par Assimbonanga

@Georges, maintenant on se tutoie ? Je dirais plutôt que c’est ton style écrit qui évoque la directivité...

15/04/2018 03:15 par babelouest

Pas très correct, Georges !

En fait, au départ les maires étaient assez souvent pour l’aéroport, c’est la pression des habitants de leurs communes qui les a fait changer.

La résistance et la reconstruction vont continuer, dès aujourd’hui. Le régime de Paris-VIIIe ne pourra toujours tout bloquer au moyen de 2500 hommes de troupes sans espoir de relève. La solidarité va continuer à jouer, et les comités, eux, peuvent "tourner" pour que la pression ne cesse pas. Ce qui s’est passé à Ploermel est symptomatique de ce à quoi un régime illégitime doit s’attendre. D’une façon ou d’une autre, il craquera le premier. Soit en renonçant, soit en s’enfonçant de façon irréfléchie dans la violence.

Comme disent les Ch’Fakir, « A la fin, c’est nous qu’on va gagner ».

15/04/2018 11:41 par Assimbonanga

Oui, Babelouest ! Macron ne s’est pas figuré que tous les gens ne sont pas comme lui et ses amis facho, pleutres et cupides. De partout s’élève un cri de protestation. Je n’avais pas vu cette page dont tu fournis le lien car il y en a plusieurs à zad.nadir.org sur les soutiens divers. Mis bout à bout, c’est gigantesque. Exceptionnel. Macron peut se vanter d’avoir déclenché l’enthousiasme. Contre lui.

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