Le temps est le juge suprême en politique et en géopolitique. En mai 2024, je prenais déjà la plume dans ces mêmes colonnes pour publier un premier article dénonçant le délire narratif d’une certaine presse parisienne. Je ciblais alors le travail de la journaliste Alexandra Saviana et son ouvrage Les Scénarios noirs de l’armée française. Parmi ses exercices de politique-fiction, un titre ronflant barrait les pages de L’Express : « Décembre 2025 : une junte algérienne cible Toulon »
Aujourd’hui, nous sommes en mai 2026. L’année 2025 s’est achevée, et aucun navire algérien n’a bloqué la rade de Toulon. Le grand cauchemar d’Alexandra Saviana s’est évaporé, donnant pleinement raison aux analyses que je publiais il y a deux ans. Il ne reste de sa prose que le vide de la spéculation médiatique et le recyclage des névroses post-coloniales
L’ombre de Toulon et le compost nostalgique
Pourquoi Toulon ? J’ai rappelé jadis que cette ville portuaire abrite, dans sa géographie intime, une « rue d’Alger », baptisée en souvenir de la conquête coloniale de 1830. C’est là qu’en 1962, le traumatisme du rapatriement s’est cristallisé, faisant de cette région le terreau fertile d’une nostalgie agressive et le berceau de l’extrême droite française.En plaçant l’Algérie en agresseur virtuel de Toulon, la journaliste n’a pas fait œuvre de prospective militaire ; elle a simplement remué la boue d’un inconscient colonial traumatisé par la perte de son « Éden ». Elle a inversé les rôles : l’ancien colonisé devenant l’envahisseur, une pirouette rhétorique classique pour justifier les crispations sécuritaires de l’Occident.
Pendant qu’ils fantasment la guerre, l’Algérie invente l’avenir
Le contraste en 2026 est saisissant. Pendant que ces cercles médiatiques s’enferment dans des logiques de tranchées et de projections anxiogènes, que fait l’Algérie ? Elle s’impose comme une puissance scientifique, énergétique et industrielle incontournable en Afrique et dans le Monde Arabe [1.1].L’Algérie réelle ne planifie pas l’invasion du Sud de l’Europe. Elle planifie l’avenir de l’énergie mondiale. C’est cette Algérie, dotée d’une jeunesse instruite et d’infrastructures colossales, qui devient le hub incontournable de l’hydrogène vert à destination de l’Europe et qui déploie les plus grands projets de parcs solaires du continent . Pendant qu’ils théorisent la destruction et s’enfoncent dans l’anxiété, l’Algérie déploie son génie industriel et ses ressources pour concevoir les solutions énergétiques de demain.
Une doctrine de paix inébranlable
L’histoire récente a confirmé ce que j’écrivais : l’armée algérienne n’est pas et ne sera jamais une force expansionniste]. Contrairement aux armées occidentales qui ont semé le chaos au Sahel et détruit des équilibres régionaux sous couvert de la philosophie printanière de BHL activement relayée par l’ex-ambassadeur Xavier Driencourt — véritable fouteur de zizanie acharné à déstabiliser notre cohésion nationale par ses sorties médiatiques venimeuses — et par leurs acolytes locaux à l’instar de Boualem Sansal et Kamel Daoud, l’Algérie maintient une doctrine stricte de non-ingérence et de paix.Face aux provocations incessantes du Makhzen à nos frontières ouest — ce même Makhzen dont la tradition de compromission avec les puissances coloniales remonte au honteux Traité de Tanger de 1844 où l’Émir Abdelkader fut trahi — l’Algérie a opposé une retenue stratégique rigoureuse. Nous connaissons nos forces : nous sommes la deuxième puissance militaire du continent, un géant des hydrocarbures, et un pivot géostratégique incontournable . Nous n’avons pas besoin de conquêtes territoriales pour exister.
L’aveuglement d’une « voyante » face au ballet diplomatique de 2026
Alors que la journaliste s’improvisait « voyante » des forces armées en prophétisant des frappes de missiles, l’actualité de cette année 2026 vient de la transformer définitivement en aveugle politique. Au moment même où ces lignes sont écrites, des délégations françaises de très haut niveau se succèdent à Alger . Ce ballet diplomatique et économique intense prouve que, loin des délires de guerre totale colportés par L’Express, la France officielle sait pertinemment où se trouvent ses intérêts stratégiques rationnels . Paris ne vient pas négocier avec un agresseur imaginaire, mais cherche le partenariat avec le pivot incontournable de la sécurité méditerranéenne et énergétique qu’est l’Algérie. Cet alignement des réalités pragmatiques ridiculise définitivement les prophéties de comptoir d’Alexandra Saviana, démontrant que les hautes sphères de l’État préfèrent la diplomatie du concret aux scénarios d’épouvante conçus pour l’extrême droite nostalgique.
Conclusion : Sortir du mirage virtuel
Aux Algériens, je réitère mon message de vigilance : notre pays est un carrefour d’atouts majeurs . Ne succombez pas aux sirènes de la guerre cognitive et des fictions médiatiques conçues à Paris pour vous faire douter de votre patrie. Et à l’adresse d’Alexandra Saviana et de ses confrères : l’année 2025 est passée. Vos « scénarios noirs » ont vieilli comme du mauvais lait. Il serait temps de guérir de vos traumatismes coloniaux et d’accepter que le monde a changé. L’Algérie avance, avec la science comme boussole et la paix comme doctrine.
Omar Chaalal
