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Le sort de la présidence d’Obama se décidera dans les jours qui viennent. (The Independent)

Rupert CORNWELL

Out of America : Une horrible vidéo de rebelles islamistes assassinant des soldats syriens suscite de nouvelles questions sur la position des Etats-Unis.

Une bonne photo, comme on le sait, vaut tous les discours. Celle qui a fait la une du New York Times, jeudi dernier, pourrait aussi valoir des centaines de votes au Congrès.

Extraite d’une vidéo sortie secrètement de Syrie, elle montre des combattants qui se préparent à tuer sept soldats syriens prostrés et terrifiés, les dos nus et striés de coups, les mains attachées derrière le dos, pendant qu’un commandant rebelle profère des cris de vengeance. Voilà les extrémistes islamistes que les Etats-Unis soutiendraient, semble dire cette photo avec une crudité qu’aucune parole ne pourrait égaler, si l’Administration Obama mettait à exécution sa menace de frapper le régime d’Assad. Qui sait si cette photo n’aura pas le pouvoir de faire pencher la balance dans les prochains débats au Congrès ; qui sait si elle n’aura pas pour conséquence de saper non seulement la politique étrangère d’Obama pendant le reste de son mandat, mais le rôle même des Etats-Unis dans l’ordre mondial existant ?

J’exagère ? je ne crois pas. Le sommet sous tension du G 20 de la semaine dernière près de Saint Pétersbourg en Russie - pendant lequel il a passé plus de temps au téléphone avec les Sénateurs et les membres du Congrès qu’avec les autres dirigeants présents sur place - n’a été que le début. Il ne fait pas de doute que les jours qui viennent seront les plus importants de la présidence d’Obama. Demain, le Sénat ouvre son débat sur la résolution autorisant les frappes pour punir le régime d’Assad pour son utilisation présumée d’armes chimiques contre ses propres citoyens. Mardi soir, dans un discours à la télévision, Obama tentera de convaincre le pays du bien fondé des frappes, et d’ici là la Chambre des Députés pourrait avoir pris sa propre décision sur la question.

Deux votes sur lequel il a parié, semble-t-il, toute sa présidence et ce qu’il en restera dans l’histoire. Il aurait pourtant pu en être autrement. Quand Obama a annoncé la semaine dernière qu’il avait décidé de procéder à des frappes ciblées d’installations gouvernementales syriennes, mais qu’auparavant il rechercherait l’approbation du Congrès, il mettait la charrue avant les boeufs.

Les déclarations de guerre formelles sont exceptionnelles dans l’histoire étatsunienne ; les dernières ont été contre le Japon, l’Allemagne et l’Italie pendant la seconde guerre mondiale. En réalité, un commandant en chef n’a nul besoin de la permission du Congrès pour utiliser la force. Ce qui se passe généralement - comme ce fut le cas pour la résolution fatale du Golfe du Tonkin en 1964 qui a conduit à la guerre du Vietnam, et plus récemment de la résolution autorisant George W Bush à envahir l’Irak - c’est qu’une autorisation de portée générale est donnée quelque temps avant l’opération.

Deux ou trois fois (lors des frappes aériennes de 1999 contre la Serbie et lors de l’extension de l’implication étatsunienne dans la campagne de 2011 contre Mouammar Kadhafi en Libye) le Congrès a voté contre des opérations militaires. Mais Bill Clinton, dans le premier cas, et Obama, dans le second, l’ont fait quand même. Cette fois, cependant, Obama cherche à obtenir un soutien précis et spécifique d’une brève campagne largement symbolique, une campagne qui n’est pas destinée à renverser le régime d’Assad mais simplement à "donner un coup de semonce", sans envoyer un seul Etatsunien sur le terrain en Syrie.

Ou plutôt c’est comme ça que ça devrait se passer. Mais un pays qui en a assez des guerres - en particulier des guerres par choix dans un Moyen-Orient déloyal et ingrat où les Etats-Unis n’ont aucun intérêt direct - ne croit plus à cette rhétorique. Comme en Angleterre, l’Etatsunien moyen n’a pas oublié le fiasco des services secrets à l’origine de la guerre d’Irak. Et que se passerait-il si Assad ou ses alliés ripostaient ? Les Etats-Unis ne seraient-ils pas entraînés dans un conflit plus important qui verrait la menace de désintégration régionale devenir réalité ?

Obama lui-même est conscient que, malgré ses talents oratoires, il lui sera difficile de vaincre le scepticisme de la population. Au Capitole, le compte des votes n’est pas plus rassurant. Au Sénat, traditionnellement la chambre la plus modérée, et que les Démocrates contrôlent, les chances sont de 50-50, peut-être un peu meilleures, d’obtenir un vote favorable. Mais la Chambres des Députés, c’est une autre paire de manches.

D’abord il y a une majorité républicaine, opposée par principe à tout ce que fait le Président. Mais en plus les partis politiques sont divisés sur la question, et on voit les Démocrates libéraux et pacifistes s’allier avec les Libertariens et les membres du Tea Party America-First républicains. Vendredi soir, selon le Washington Post, 22 sur les 433 membres de la Chambre étaient opposés à l’intervention militaire étatsunienne et à peine deux douzaines en sa faveur, en dépit des pressions de toutes sortes de la Maison Blanche. Et l’hostilité grandit plutôt qu’autre chose. On entend dire que la résolution ne sera même pas présentée au vote de façon à épargner non seulement Obama mais surtout l’institution présidentielle et la crédibilité des Etats-Unis dans les affaires mondiales.

On pourrait dire que le Président n’a qu’à faire comme il y a deux ans et ignorer purement et simplement l’opinion du Congrès. Mais comme il a lui-même lié sa décision à l’approbation du Congrès, il serait inconcevable, pour ne pas dire politiquement suicidaire, qu’il s’en passe. Une chambre dédaignée serait encore moins encline à faire des compromis au moment où on craint une nouvelle épreuve de force sur le budget, un éventuel blocage des institutions et le renouvellement du plafond de la dette fédérale. Une procédure de destitution n’est pas à exclure. Elle n’aboutirait certainement pas, mais elle serait très embarrassante et humiliante pour Obama.

Et, dernier point, mais non des moindres, le Pentagone lui-même est opposé à la guerre. Cela est ressorti de manière évidente du témoignage (ou plutôt de l’absence de témoignage) au Sénat, la semaine dernière, du premier soldat du pays, le général Martin Dempsey, président du comité des Chefs d’Etat-major. Et voilà la synthèse de ce que pensent des commandants en service, selon Robert Scales, un général à la retraite bien au fait de ce qui se passe dans l’armée. Les hauts gradés, a-t-il écrit dans le Post, étaient "embarrassés d’être associés à l’amateurisme des efforts de l’Administration Obama pour mettre sur pieds un projet qui ait le moindre sens au niveau stratégique", et à une entreprise guerrière qui "viole tous les principes de la guerre". Ils étaient, ajoute-t-il, "indignés" à la perspective d’un acte de guerre destiné uniquement "à donner du crédit à la mention irréfléchie de ’lignes rouges’". Tout cela est sinistre. A la différence du Congrès, l’armée obéit aux ordres, même si elle n’est pas d’accord. Quoiqu’il arrive, en tous cas, la sort de la présidence se joue cette semaine.

Traduction : Dominique Muselet

 http://www.independent.co.uk/voices/comment/beyond-doubt-these-next-few-days-will-be-the-most-crucial-of-the-obama-presi

COMMENTAIRES  

09/09/2013 22:41 par Dwaabala

Quelle que soit la suite des évènements il y a sans doute beaucoup de choses, au delà du sort personnel d’Obama, qui se jouent dans cette affaire.

09/09/2013 23:30 par résistant

Le lien vers l’article original ne fonctionne pas. Erreur technique ou l’article a-t-il déjà été retiré ?

10/09/2013 08:47 par Altau

Cet article laisse entendre que Obama veut lâcher les chiens pour une question d’honneur. On ne peut croire à une telle futilité en la matière. Le contrôle de la région par l’Empire me paraît être une raison bien plus pertinente. Que le Pentagone émette des réserves parce que ça colle mal avec d’autres projets, c’est possible, voire que des intérêts électoraux soient en jeu, c’est possible aussi, mais pas plus.

Ce que l’auteur de l’article ne pouvait connaître au moment où il l’a écrit, c’est la proposition russe de contrôler l’armement chimique syrien. Et là, je parie que l’idée a été soufflée à Poutine par Obama dans un objectif gagnant/gagnant : Poutine, tu gagneras ainsi un statut enviable, et moi je pourrais faire marche arrière proprement.

10/09/2013 11:53 par legrandsoir

Il me semble que vous sous-estimez "l’honneur" d’un empire (ici, honneur=crédibilité). Si on commence à ne plus faire cas au voyou de la planète, où va-t-on ? Quant à avoir soufflé l’idée à Poutine, ce n’est pas très gentil pour la diplomatie russe qui, sur ce coup, s’est montrée à la hauteur de la situation (elle).

10/09/2013 08:54 par Quidam

Cameron, Hollande & Obama se fichus eux-mêmes dans un sacré guêpier, Cameron est celui qui s’en sort "le moins mal", sauvé par le rude mais prompt placage de son parlement, quant aux 2 autres la sortie de jeu risque de plus en plus de s’avérer catastrophique, en politique c’est comme au poker, quand on a rien en main & que l’on fanfaronne on a toute les chances se retrouver en caleçon !

10/09/2013 10:24 par domi

Pour Philippe Grasset sur Dedefensa, "Les commentaires généraux de la presse-Système, surtout et principalement en France, montrent une orientation faussaire et une déformation à mesure qui tiennent du prodige, mais du prodige inverti tant l’orientation est systématiquement à la réduction et à l’ignorance des événements
[...]
Par contraste, les commentateurs anglo-saxons, et britanniques pour ce cas, sont beaucoup plus lucides que leurs compères français de plusieurs classes en-dessous, là où les seconds ne voient rien par lâcheté de jugement et ignorance des situations"
http://www.dedefensa.org/article-la_crise_d_en-dessus_09_09_2013.html

Dans le même article, Grasset analyse cet article de the Independent et la situation crisique générale.

10/09/2013 14:29 par Altau

Tout laisse penser que prendre le contrôle de la Syrie est un objectif essentiel pour l’impérialisme occidental, avant l’Iran. Si je dis que Obama a encouragé Poutine à faire sa dernière proposition, c’est tout simplement parce que certains stratèges américains estiment que les conditions ne sont pas réunies à ce jour pour que cela leur soit bénéfique et qu’ils pourront ainsi se vanter d’avoir fait bouger les russes grâce à leurs menaces afin de justifier leur recul. Gagnant/gagnant disai-je.

10/09/2013 15:54 par eric

Excusez moi mais et le droit international dans tout ça !??
Près de 180 pays soutiennent le conseil de l’ONU et on est tous en train de regarder les atermoiements d’un président, rien à foutre que Obama se fasse éjecté ! on lui a déjà donné le prix NOBEL on sait même pas pourquoi ! qu’es-ce qu’il a fait ce type pour mériter ça !!? une aberration ...
Faut mettre la pression sur l’ONU le conseil de sécurité et ne pas faire confiance à l’OTAN.
fraternellement

10/09/2013 16:48 par Dwaabala

@ Altau
Vous sous-estimez la capacité de ceux qui ne sont pas intégrés dans le camp de l’impérialisme et surestimez au contraire la puissance actuelle de celui-ci en voulant faire passer à tout prix que c’est un scénario qui se déroule, et qu’il est voulu de bout en bout par les Nord-américains qui, par constitution, ne sauraient donc que garder la main dans toutes leurs entreprises, et n’en sortir que grandis !
En tous cas, pour le moment, le but recherché n’est pas encore atteint : le dépeçage de la Syrie, via le renversement de son gouvernement... Et toute cette histoire est intervenu au moment où il apparaiit clairement aux yeux de tous qu’avec son armée ce pouvoir est en train de mettre à mal l’intervention terroriste (usage des gaz récemment provocateur en particulier) soutenue par l’étranger sur le territoire national.
Maintenant si vous trouvez que la France et les USA ont quand même marqué un point, ce n’est pas la peine de vous fatiguer pour le démontrer : le gouvernement et les médias s’en chargent.

11/09/2013 09:03 par Altau

@ dwabala
J’ai dû mal m’exprimer...
Je voulais dire que Obama, en suggérant à Poutine de proposer un désarmement chimique en Syrie, pouvait sauver la face (de l’impérialisme) après avoir un peu vite manigancé une intervention militaire forte avec une partie de l’opposition syrienne, qui ne semble plus aussi facile à faire passer ces derniers jours. Sinon, pourquoi les russes auraient attendu si longtemps avant de faire une telle proposition qui, de fait, aide l’occident à faire machine arrière sans trop de dégâts ?

11/09/2013 09:52 par gérard

« Poutine, tu gagneras ainsi un statut enviable, et moi je pourrais faire marche arrière proprement. »
Mais c’est bien évidemment de cela qu’il s’agit !
Et il ne s’agit pas de « gagner » ou « de ne pas gagner un point », mais de la lutte qui continuerait, ou plutôt qui s’engagerait ENFIN contre les faucons néoconservateurs.
Et si Obama avait "joué" à qui perd gagne...
Et si Obama avait "joué" faucon, persuadé que cette position ne pouvait pas passer au Congrès compte tenu de l’opposition systématique et aveugle des Républicains (sauf les "faucons"), perdre d’un côté en crédibilité, mais gagner sur le fait....de ne pas intervenir en Syrie.
Je reviens sur la question que j’ai, que je me suis posée [article du GS : L’histoire est déjà contre nous, même sans Obama, Assad, etc... (The Independent)] :
Obama a-t-il réellement le Pouvoir, l’a-t-il jamais eu ?
Le Pouvoir étant tellement partagé aux USA, entre le Pentagone, la NSA, les Conseillers, les Lobbies, et les États aussi (j’avais oublié le FBI), quelle est sa véritable marge de manœuvre ?
Le Pouvoir n’a-t-il pas été verrouillé lors du départ de Bush ?
S’il en était ainsi, Obama serait l’homme le plus seul de la planète.
J’en acquiers de plus en plus la conviction.
J’avais écrit il y a 4 ans : Les Républicains à Obama :
« - mais prenez donc le volant,[le Pouvoir] de toute façon nous avons lancé le "véhicule où nous voulions, à la vitesse que nous voulions, le moteur c’est nous, vous ne pourrez ni virer, ni ralentir, ni encore moins faire marche arrière (...) »
Depuis sont élection Obama serait donc dans cette situation...
Le Système avec le 11 Septembre a enclenché un tel chaos qu’il risque maintenant son auto-destruction, mais en attendant les dégâts collatéraux pourraient être énormes.

11/09/2013 13:03 par Leo Lerouge

@altau " Sinon, pourquoi les russes auraient attendu si longtemps avant de faire une telle proposition qui, de fait, aide l’occident à faire machine arrière sans trop de dégâts ?"
Les Russes demandent des négociations depuis des mois, et elles ont été soit ignorées soit repoussées aux calendes par les US, qui ne voulait ni d’Assad, ni de l’Iran. Pareil pour les "rebelles". Ils voulaient juste négocier entre eux pour se répartir le gâteau. Comme s’ils étaient les vainqueurs.

Il est difficile de savoir si c’est la gaffe de Kerry qui a permis aux Russes de prendre l’avantage, ou si c’était une mise en scène, mais cela a peu d’importance en soi. Tout s’est précipité ce lundi parce qu’Obama était dans une impasse dont il lui était impossible de sortir et les divers rebondissements lui ont permis de ne pas perdre la face – ce qui aurait probablement eu pour conséquence également une crise politique grave dans son propre pays (ce que dit l’article).
D’un côté, il pouvait reculer "honorablement", et de l’autre, la Russie et la Syrie prenaient l’avantage.

Retour sur le lundi 9 sept. (mais avant cela, signalons que le dimanche, Assad donnait une interview sur CBS où il expliquait tranquillement que s’il y avait offensive, il fallait "s’attendre à tout" l).

Au cours de la conférence de presse à Londres, le lundi matin, Kerry s’est montré dans l’incapacité de justifier la raison pour laquelle il faudrait aller bombarder la Syrie, tout ce qu’il a su dire, c’est qu’il avait la preuve formelle que c’était Assad qui avait utilisé les armes chimiques.
(Script complet de la conférence).

Ainsi, a-t-il expliqué (sans rire) que les frappes destinées à "dégrader" les stocks d’armes chimiques seraient "incroyablement insignifiantes" ("incredibly small"), auraient lieu dans un laps de temps très bref, comme, a-t-il dit, l’expédition punitive de quelques heures qu’avait menée Reagan en Libye contre Kadhafi (en 1986).
Quand on sait que ces armes sont stockées dans plus de 40 sites répartis sur le territoire, on peut avoir à la fois des doutes sur la rapidité d’exécution de l’objectif et de très grandes inquiétudes quant à la santé mentale d’un ministre qui prêche la guerre en prétendant qu’il a des preuves formelles qu’il ne produit jamais (au moins, Powell avait-il pensé à prendre une fiole de bicarbonate).

Ensuite, il affirme que des gens sont condamnés à la prison à vie sur des preuves moins solides que celles qu’ils ont sur la culpabilité d’Assad.
Ca, c’est vrai. Mais cela "dégrade" largement le système judiciaire US.

Il met l’ensemble des 100.000 morts (dont près de la moitié sont des soldats de l’armée syrienne, tout de même) sur le compte d’Assad et explique que ce dernier "envoie ses avions pour arroser les enfants de napalm", ajoutant : "tout le monde a vu ça".
Au Vietnam ?
Et c’est Kerry qui accuse maintes fois Assad de n’être pas crédible.

D’autre part, sitôt les paroles prononcées par Kerry, le Département d’état envoyait un message pour expliquer que Kerry ne suggérait pas, évidemment, que si Assad remettait les armes, il n’y aurait pas d’offensive aérienne, mais que c’était seulement une façon de parler, et qu’il voulait dire qu’en fait, il n’y avait aucun espoir que le "cruel dictateur" Al-Assad accepte.

Pendant ce temps, le ministre des Affaires étrangères russe ne laissait pas retomber l’ambiance, reprenait au vol la suggestion de Kerry et la soumettait aussitôt à son homologue syrien (pas bien loin de lui). Qui acceptait.
Un timing magistral.

Par ailleurs, Obama, qui s’était démené dans le pays (entre autres, la veille) pour convaincre les élus républicains et démocrates du congrès et avait eu des réponses très mitigées, faisait ce même jour la promotion de sa guerre dans les médias.
Et c’est au cours d’une de ces interviews qu’il a dit que si Al-Assad acceptait de remettre les armes chimiques, c’était une "avancée possible".

Qu’Obama s’en soit remis à Poutine pour lui sauver la mise me semble improbable, mais pas impossible (il y a ce qui est officiel et ce qui se passe dans les coulisses).
Mais qu’il ait sauté sur l’occasion (probablement conseillé par les éminences grises qui gravitent autour de lui) de se sortir de ce mauvais pas, où il se retrouvait non seulement lâché par la plupart des dirigeants de la planète (surtout le fidèle Cameron, désavoué par le parlement), mais, en plus, flanqué des deux bras cassés belliqueux Hollande et Fabius, c’est évident.

Obama savait qu’il allait au casse-pipe et qu’il lui fallait trouver une porte de sortie.
Maintenant, savoir qui de l’œuf ou de la poule, c’est anecdotique. L’important, c’est qu’il ait renoncé – pour l’instant.
Et la population syrienne doit une fière chandelle aux négociateurs russes et à leur persévérance.

Mais ce n’est pas terminé pour autant. Le plus dur est encore à venir. Il s’agit maintenant que toutes les parties se mettent d’accord pour un cessez-le-feu immédiat, le dépôt des armes, des accords de paix et une véritable aide aux Syriens, dont 7 à 8000 sont réfugiés ou déplacés.

Quant aux deux pitres français, s’ils sont frustrés de n’avoir pas pu aller "protéger" les Syriens, ils devraient songer à accueillir les réfugiés syriens ici, ce qu’ils se refusent obstinément à faire. Il y aurait 2 millions de réfugiés actuellement, et la France n’en a accueilli que … 700 au premier semestre.

Dans la lignée de Dubya, Kerry invente un pays.

11/09/2013 13:37 par Leo Lerouge

Erreur de zéro:les réfugiés et déplacés seraient, non pas 8000 ; mais 8 ... millions.

11/09/2013 23:42 par Anonyme

Il y a longtemps, souvenons-nous, que les Etats-Unis veulent la mort - du moins politique, donc la honte et le déshonneur - d’Assad ! Quoi ! John Kerry a déjeuné très aimablement avec lui en 2009 ? Mais ça ne prouve rien, voyons ! Notre Sarkozy a bien très aimablement reçu Kadhafi à l’Elysée.

Il y a longtemps donc. Hillary Clinton a pris quelques années de plus, en a fait un caca nerveux et a été retirée du circuit. John (Kerry) lui aurait dit alors : "T’inquiètes pas, Poupoule et repose-toi d’efforts qui sont méritoires depuis le temps que tu t’acharnes après lui. Car la bête est finalement plus dure à abattre que ne le fut Khadafi ! Surtout que, contrairement à ce que nous avions voulu, elle n’est pas isolée... Si une femme peut venir à bout d’un loup solitaire, c’est autre chose quand il faut affronter toute une meute ! Il faut un homme pour cela. Un homme que l’opinion croît de gauche, comme toi, mais qui a l’expérience de manier les armes à feu, comme un brave cow-boy qui tue des Indiens "sans état d’âme". Heureusement, je suis là." (Pure invention. Jusqu’à preuve du contraire. Et au cas où certains demanderaient des sources d’information !)

En attendant, Assad est plus vivant que jamais ! Plus connu du monde entier qu’il ne l’a jamais été ! Hafez el Assad, loin d’être destitué et traîné dans la boue par des "rebelles" de pacotille, pourrait bien devenir le héros qui a tenu tête à l’Empire...

John(ny) poursuivit : "Obama ? Oui, ça se peut qu’il ait assez servi. Malgré le look qu’on lui a refait en laissant ses cheveux blanchir façon Mandela... S’il le faut, on le remplacera, mais un esclave métissé est quand même assez difficile à trouver et à former pour ce poste, de nos jours."

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