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Les prémices d’une crise financière internationale : le prix de la déréglementation financière ! par Attac.








Les prémices d’une crise financière internationale : le prix de la déréglementation financière !


Attac France, Montreuil, le 8 août 2007.


Les marchés financiers sont le théâtre de soubresauts dangereux depuis plusieurs mois. Les places financières perdent confiance, ce qui entraîne une grande instabilité des cours. Cette situation de crise était prévisible. Elle résulte des prises de risque excessives et des comportements spéculatifs des principaux acteurs financiers dans le contexte d’argent facile et à bon marché de ces dernières années.


Cette crise a débuté aux États-Unis et tend à se généraliser à l’ensemble des places financières de la planète. Les difficultés ont commencé au printemps 2007 avec la crise du marché du crédit immobilier américain (subprime) qui a entraîné des faillites en chaîne, dont celle de l’un des plus grands établissements américains, l’American Home Mortgage (AHM). La crise américaine reflète bien la situation très particulière des États-Unis, émetteurs du dollar, principale monnaie internationale. Ce pays enregistre des déficits extérieurs depuis deux décennies, accumulant une dette internationale énorme estimée à 3000 milliards de dollars. Cette dette est portée par des créanciers étrangers, qu’il s’agisse des bons du Trésor américains détenus par la Banque centrale chinoise, ou de la dette immobilière des ménages américains rachetée par les banques et les investisseurs étrangers, européens notamment.

Conséquence de la mondialisation financière, la crise américaine s’est propagée aux pays dont les banques ont participé au financement très rentable de l’immobilier aux États-Unis. Ainsi en Allemagne, la banque IKB, acteur majeur du financement des petites et moyennes entreprises (PME), s’est trouvée piégée par son exposition aux risques du marché immobilier américain. Elle a dû faire l’objet d’un sauvetage en urgence par les autorités allemandes, pour éviter une contagion aux systèmes bancaires allemand et européen, ce qui ne s’était pas vu depuis la grande crise des années 1930 !

La crise financière s’intensifie désormais avec la débâcle des Hedge Funds (fonds spéculatifs) et des Private Equity Funds. Bénéficiant de taux d’intérêt très bas, d’une fiscalité très favorable et d’un grand laxisme des autorités financières, ces acteurs ont pris une place centrale sur les marchés financiers. Empruntant massivement auprès des banques, les Private Equity Funds ont racheté de nombreuses entreprises en pratiquant des opérations de leverage buyout (LBO). En d’autres termes, avec un apport de fonds propres réduit à 10%, ces investisseurs ont acheté à crédit des entreprises dans le seul but de les revendre rapidement en réalisant d’appréciables plus-values.

Cette technique du LBO est doublement scandaleuse. D’une part, ces acquisitions à crédit, ou par effet de levier, permettent aux fonds et aux dirigeants de s’enrichir rapidement sur le dos des entreprises et de leurs salariés en faisant rembourser par la société rachetée, via le versement de généreux dividendes, l’essentiel du coût de son acquisition. D’autre part, les LBO ont contribué à gonfler d’une manière excessive les crédits bancaires, ce qui est un des facteurs actuels de déstabilisation des systèmes bancaires. Le resserrement du crédit consécutif à la crise financière actuelle, ainsi que la hausse des taux d’intérêt décidée par les banques centrales, mettent en difficulté ces prédateurs financiers dont certains ont déjà fait faillite. Ce qui risque d’entraîner la fermeture des entreprises contrôlées par ces investisseurs, avec d’importantes destructions d’emplois à la clé.

Les comportements de spéculation et de prédation des principaux acteurs de la finance internationale (Hedge Funds, Private Equity Funds et banques) sont largement responsables de la crise financière actuelle, encouragés par le laxisme des autorités financières et monétaires. Celles-ci n’ont pas voulu s’opposer aux pratiques irresponsables qui mettent aujourd’hui en danger la stabilité des systèmes financiers. Cette crise, qui risque de s’étendre, menace la pérennité des entreprises victimes des acteurs de la finance dont le seul objectif est de réaliser des gains à court terme.

Seul un contrôle étroit des marchés financiers et de leurs acteurs est de nature à prévenir des crises financières, dont l’expérience récente a montré qu’elles pouvaient avoir un coût économique et social élevé. Parmi les mesures qu’il est urgent de prendre pour mettre la finance au service de l’économie, Attac propose :

- d’instaurer un contrôle des mouvements de capitaux permettant de limiter les phénomènes de contagion entre les pays en proie à des crises financières ;

- d’imposer des règles strictes aux investisseurs tels que les Hedge Funds et les Private Equity Funds pour limiter les prises de risques excessives qui mettent en danger la stabilité financière ; par exemple, il devient nécessaire de mettre fin aux effets de levier (LBO) qui permettent aux Private Equity Funds d’acheter des entreprises en finançant à crédit 90% de la valeur de l’entreprise ;

- d’exiger des Banques centrales qu’elles incluent la stabilité des marchés financiers parmi leurs objectifs prioritaires. Il est anachronique que la BCE exerce une vigilance étroite sur l’évolution des prix des biens et services, alors que celle-ci est aujourd’hui largement maîtrisée, et que la même BCE ne cherche pas à intervenir pour lutter contre l’instabilité parfois dévastatrice des prix des actifs financiers et immobiliers.

- d’organiser la fermeture des paradis fiscaux par lesquels transitent près de 50% des mouvements internationaux de capitaux, et d’instaurer la levée du secret bancaire dans ces zones de non-droit de manière à permettre aux autorités d’y mener des contrôles fiscaux et judiciaires.

Dans cette situation, les gouvernements ne doivent pas fuir leurs responsabilités. En particulier, il est du rôle de l’Union européenne de prendre les initiatives appropriées pour que cette tourmente ne se transforme pas en crise financière majeure.

Attac France


- Source : ATTAC www.france.attac.org



Spéculation internationale : l’heure de vérité ?


Le Monde Diplomatique, mercredi 8 août 2007.


Les crises économiques se succèdent, presque toujours nourries par des engouements spéculatifs. La déréglementation financière lancée au cours des années 1980 ainsi que la fin des parités fixes de change ont déjà provoqué le scandale des « junk bonds » (affaire Michael Milken [1]), le krach de Wall Street en octobre 1987, la (longue) agonie des caisses d’épargne américaines, la crise du système monétaire européen de 1993, la débâcle russe ainsi que celle de nombreux Etats d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine (1997-1998), enfin l’éclatement de la « bulle Internet » en 2001-2002. La faillite de l’immobilier aux Etats-Unis annonce-t-elle de nouvelles secousses pour l’économie mondiale ?

Chaque fois, le mécanisme semble identique. Pour pallier le risque de crise systémique et préserver le taux de croissance économique sans rien remettre en cause d’essentiel, les gouvernements et les banques centrales alimentent une bulle spéculative ; ils encouragent les prêts les plus risqués, en particulier grâce à des taux d’intérêts exagérément attractifs.

Un jour, le risque, qui a contaminé des secteurs toujours plus étendus de l’économie et de la société (aux Etats-Unis, l’université Harvard vient de perdre 350 millions de dollars après avoir investi une partie de ses énormes actifs dans un fonds spéculatif), se retourne contre elles à mesure que les dettes impayées s’empilent. Les propriétaires de logements qui se sont endettés inconsidérément (conformément aux encouragements des banques et des entreprises de prêts qui prolifèrent) font faillite, ils revendent leurs logements au moment où leur valeur se tasse ou s’écroule, les institutions financières ne savent plus comment récupérer leurs créances, les taux d’intérêts se tendent pour apprécier plus justement les risques encourus, la facture des propriétaires d’immobilier qui ont souscrit des emprunts à taux variables s’alourdit...

Bien sûr, dans une première période, tout allait bien : les prêts les plus irresponsables alimentaient l’inflation immobilière ou le rachat spéculatif d’entreprises, ce qui nourrissait la hausse des cours. Aujourd’hui les bulles (immobilière, boursière) éclatent.

Il ne manque pourtant pas de précepteurs d’économie, d’experts et de responsables du lobby immobilier qui, semblables à Pangloss (le spécialiste de métaphysico-théologo-cosmolonigologie précepteur de Candide), professent un optimisme d’autant plus béat qu’il est intéressé [2]. Ailleurs, l’inquiétude grandit.

Le Monde Diplomatique


- Source : Le Monde Diplomatique www.monde-diplomatique.fr




L’univers impitoyable du Subprime mortgage, par Vincent Présumey.


Immobilier : Bulle, Krach, Boum !


Immobilier France : Y aurait-il péril en la demeure ? par Immonot.



Pays riches dans le piège global : Le déclin du dollar... et des Etats-Unis, par Jorge Beinstein.






[1Michael Milken, coupable de délits d’initié et d’extorsions qui ont ruiné nombre de caisses d’épargne et de fonds de retraite, a été condamné en 1990 à dix ans de prison (lire Ibrahim Warde, « Michael Milken, ange et martyr », Le Monde diplomatique, août 1993).

[2Comment ne pas mentionner, dans le cas de la France, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) toujours présente pour expliquer aux journalistes (bien accommodants) que les prix de l’immobilier vont continuer à augmenter, mais à un rythme plus raisonnable, que le marché du logement est sain, que la pratique des prêts risqués (ces fameux taux de « subprime » concédés à des emprunteurs insolvables) ne concernerait que les Etats-Unis (là -bas, ils étaient au départ destinés aux acheteurs de caravanes...). Seul problème de ces ritournelles apaisantes destinées à soutenir les cours (et les affaires des agences immobilières) : l’île heureuse abritée des vents contraires n’existe guère dans un marché financier - mais aussi immobilier - mondial parce que largement décloisonné au cours des ans. Les prix des appartements français ont d’ailleurs baissé de 1,5% en juillet et, le 9 août 2007, la BNP-Paribas a annoncé qu’elle suspendait la cotation de trois de ses fonds, victimes de la crise du « subprime ». En Allemagne, la déroute de la banque IKB a déjà été assimilée par le régulateur boursier lui-même à la « plus grave crise bancaire depuis 1931 ».


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