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Monsieur le Président Tunisien, l’extradition de Baghdadi signe votre échec en matière de Défense des Droits Humains !

Monsieur le Président, c’est, surtout, en tant qu’adepte des droits-de-l’hommisme que je m’adresse à vous, vous qui fûtes un "Défenseur acharné des droits humains", comme l’a affirmé Mokhtar Trifi, Président de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) de 2001 à 2011, Ligue que vous avez intégrée, dès votre retour au pays en 1979, et dont vous êtes devenu Président en 1989, alors que la répression allait s’abattre sur les militants du Parti Islamiste Tunisien Ennahdha, votre allié d’aujourd’hui dans la Troïka au pouvoir. Monsieur le Président, cette alliance contre-nature entre un droit-de-l’hommiste acharné et un Parti Islamiste pourrait surprendre plus d’un lecteur non averti. Aussi, permettez-moi, Monsieur le Président, d’exposer, en quelques lignes, à l’attention de tels lecteurs, le pourquoi de cette alliance.

Lors des élections d’octobre dernier pour l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), organisées neuf mois après la chute du Régime Ben Ali, le Parti Islamiste Tunisien Ennahdha fut le premier vainqueur, mais sans obtenir la majorité absolue. Pour pouvoir former un Gouvernement de coalition majoritaire (i.e. jouissant d’une majorité absolue de sièges à l’ANC), il s’est allié à deux formations, dont le positionnement idéologique se situe au centre gauche, qui sont le Congrès pour la République (CPR), votre formation, Monsieur le Président, et le Forum Démocratique pour les Libertés et le Travail (FDLT), mieux connu sous le nom de Ettakatol, formation de Mustapha Ben Jaâfar, actuel Président de l’ANC. Ce qui a conduit au Gouvernement dit de la Troïka, dominé par Ennahdha, qui a raflé tous les postes de souveraineté, présidé par son Secrétaire Général, Hamadi Jebali, le véritable chef de l’exécutif.

Monsieur le Président, contrairement à la position adoptée par les Autorités Tunisiennes, la grande majorité des observateurs et analystes politiques, toutes les Organisations de Défense des Droits Humains, qui se sont prononcées contre l’extradition de Baghdadi Mahmoudi(dernier Premier Ministre du Régime Kadhafi, réfugié en Tunisie) en raison des risques encourus, s’accordent à dire que l’Etat Libyen d’aujourd’hui est inapte à juger les collaborateurs dudit Régime, dans le respect de tous leurs droits et de leur intégrité morale et physique, que les garanties, concernant Baghdadi Mahmoudi, promises par la Lybie, demeurent illusoires, d’autant plus que la peine de mort et les liquidations politiques sont encore applicables dans ce pays. Ainsi, la LTDH a dénoncé, violemment, dans un Communiqué, dès le 9 novembre 2011, la décision de la Cour d’Appel de Tunis, autorisant l’extradition de Baghdadi Mahmoudi, en affirmant que cette décision"est contraire à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, aux Pactes Internationaux, aux Conventions Bilatérales conclues entre la Tunisie et la Libye, ainsi qu’aux dispositions de l’Article 313 du Code de Procédure Pénale qui interdit l’extradition de toute personne pour des crimes ou délits à caractère politique, ou bien quand l’extradition est demandée dans un but politique". La LTDH vous a demandé, Monsieur le Président, "de ne pas signer le Décret d’extradition de Baghdadi Mahmoudi", en affirmant qu’elle craint "l’exécution de Baghdadi Mahmoudi et sa privation, dans les conditions actuelles que vit la Libye, d’un procès équitable offrant des garanties liées aux Droits de Défense". En outre, Abdessattar Ben Moussa, Président de la LTDH, a affirmé, le samedi 9 juin 2012, lors d’une conférence de presse tenue à Tunis, que "Baghdadi Mahmoudi risque la torture et même la liquidation physique, en cas d’extradition vers la Libye ". Des avocats du Comité de Défense de Baghdadi Mahmoudi ont même dénoncé, Monsieur le Président, lors de cette conférence de presse, "une manipulation du gouvernement tunisien et un marché douteux pour justifier la remise de Mahmoudi aux autorités libyennes".

Monsieur le Président, les transactions vénales concernant le financement de la campagne présidentielle en 2007 de Nicolas Sarkozy, divulguées par Médiapart, avant les élections présidentielles françaises de 2012 [et confirmées, de sa prison en Tunisie, le 3 mai 2012, par Baghdadi Mahmoudi, qui a reconnu les avoir supervisées], les secrets des comptes à l’étranger du Régime Kadhafi dont Baghdadi Mahmoudi est censé être le détenteur et les sympathies qui relient le nouveau régime libyen, à la fois, à Nicolas Sarkozy et au Parti Islamiste Tunisien Ennahdha au pouvoir ont fait deBaghdadi Mahmoudi "The Man Who Knew Too Much" , l’homme qu’il faut faire taire, pour les uns , et faire parler, pour les autres : dans ce cadre, je vous invite, Monsieur le Président, à consulter l’Article de Médiapart, intitulé"Chantage d’Etat autour des fonds secrets libyens" , sur le Lien suivant :

http://www.mediapart.fr/journal/international/240512/chantage-d-etat-a...

Monsieur le Président, vous, dont l’aura et la carrière politique doivent beaucoup à votre incessant combat pour le respect des Droits de l’Homme, vous, pour qui la lutte pour le respect de ces Droits fut, pendant des années votre raison d’être, vous, une des figures emblématiques de la défense des dits Droits en Tunisie, dans le monde Arabe et bien au-delà , vous, Monsieur le Président, maintenant que vous avez atteint la Magistrature Suprême, que vous arpentez, tous les jours, les couloirs de ce majestueux Palais imaginé, voulu et réalisé par votre illustre prédécesseur, le Président Bourguiba, à la mesure du culte de sa personnalité , que, lors de tous vos déplacements vous vous faites entourer de la plus fine fleur des gardes du corps chargés d’assurer votre sécurité, qu’à chaque départ ou retour de voyage par avion, vous foulez les tapis rouges et vous êtes accompagné ou accueilli , au pied de la passerelle, par les plus hauts dignitaires de l’Etat, du moins par de jolies demoiselles, au sourire éclatant, portant de jolis bouquets de fleurs,…, vous, Monsieur le Président, en remettant Baghdadi Mahmoudi aux autorités libyennes, le dimanche 24 juin 2012, vous vous êtes laissé désorienter par ce nouveau faste dû à votre nouvelle fonction, faste qui a rendu amnésique plus d’un Chef d’Etat en leur faisant oublier leurs fondamentaux initiaux , vous vous êtes laissé influencer, Monsieur le Président, par vos nouvelles fréquentations politiques jusqu’à renier vos principes d’antan qui ont fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui !

A moins que le pacte passé par les deux composantes de centre-gauche ( le CPR et le FDLT) de la Troïka avec Ennahdha ne soit qu’un marché de dupes, on est plutôt tenté de croire, Monsieur le Président, que la composante dominante de la Troïka, à savoir Ennahdha, pense que l’intérêt du pouvoir libyen actuel [qui lui est, idéologiquement et dogmatiquement, très proche] est plus important que les fondamentaux humanistes et démocrates partagés par les deux dites composantes.

En conclusion, permettez-moi, Monsieur le Président, de vous informer, qu’à ce jour, aucun pays au monde n’a extradé un ancien collaborateur de Kadhafi vers la Libye. Il est donc déshonorant pour la Tunisie d’aujourd’hui, de la Liberté, de la Dignité et des Droits Humains, d’avoir été, devant l’Histoire, le premier pays à le faire !

Salah HORCHANI

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On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

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