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PARIS - Démocratie, mondialisation, peuple : vers quelles dynamique et expériences des acteurs dans les sociétés du Sud ? (XXème-XXIème siècles) - Jean-Jacques Cadet et Jacques Nési

Appel à contributions

Colloque

(Université Paris 8, Université D’Etat d’Haïti, FOKAL, Université des Antilles, IHEAL)

« Démocratie, mondialisation, peuple : vers quelles dynamiques et expériences des acteurs dans les sociétés du Sud ? (XXème-XXIème siècles »
(En hommage à l’action de Daniel Fignolé, homme politique haïtien : 11 nov.1913-27 Août 1986)

La rhétorique sur les modalités d’application de la démocratie dès la fin des années 1970, dans les sociétés du Sud, s’est accompagnée de la diffusion et de l’imposition d’une doxa économique qui combine le dosage du libéralisme et l’inscription de ces sociétés dans la mondialisation. Dans ce contexte, la libéralisation politique associée à la libéralisation économique s’est traduite, certes par l’émergence des régimes démocratiques, mais également par l’apparition des forces d’apprentissage de la politique, de nouvelles sociabilités qui témoignent de l’appropriation du concept « peuple ».
Ainsi, en Amérique latine, par exemple, des innovations politiques sont observées en faveur du renforcement de la démocratie participative, de la citoyenneté et d’enrichissement du modèle démocratique. En Afrique, les élections concourent à la participation politique, s’adaptant à des mécanismes transparents, selon des tempéraments spécifiques, des contextes, des modalités différentes ; néanmoins, elles n’aboutissent pas dans tous les cas, à l’alternance et aux limites des mandats ; elles se traduisent par l’appropriation des formes d’invention de la tradition démocratique. Puis, des mouvements de jeunesse (Sénégal, République Démocratique du Congo, Burkina Faso…) tendent à revitaliser la participation citoyenne. Tandis qu’en Libye, en Egypte, en Tunisie, derrière l’effervescence populaire apparaissent des pratiques, des représentations politiques de « restaurations autoritaires ».
Au-delà des dynamiques observées et des expérimentations démocratiques, les contributions des citoyens ne peuvent être comprises sans une interrelation avec la mondialisation qui, assortie d’un programme de nivellement et d’uniformisation , suscite des peurs, angoisses ; la déstabilisation des régimes et des défis insurmontables auxquels la démocratie semble impuissante : la migration, l’islamisme radical, la crise des réfugiés associée à celle des frontières et des identités, l’apatridie, le racisme, le terrorisme, la pauvreté, le crime organisé, le chômage…Cet état des lieux sur la démocratie, le libéralisme et la mondialisation, dans les sociétés du Sud a déjà mobilisé la « communauté scientifique ». Néanmoins, il est nécessaire de poursuivre les travaux interrogeant le lien entre la mondialisation, la démocratie et les phénomènes liés à la migration et à la fuite, aux peurs, aux désenchantements de la démocratie au Nord –Etats-Unis d’Amérique et en Europe-dont les effets se font sentir au Sud.
Par son emprise sur les spécificités locales, la mondialisation confrontée à la démocratie peut- elle favoriser l’émergence de nouvelles cultures spécifiques, à l’initiative des acteurs infra- populaires (les masses, les analphabètes, la sans-terre, les exclus) et ceux de la société civile ? La mobilisation des acteurs infra-populaires se propose-telle de renouveler le contenu vertueux de la démocratie ?

Quelles sont les métamorphoses de la démocratie ? Quel « modèle de gouvernance traditionnel » ? D’où vient le renouveau démocratique ? La démocratie peut-elle prétendre à l’universalité ? La pauvreté, l’analphabétisme rendent-elles fragile, non viable la démocratie ?
La mondialisation qui n’ignore pas les identités et le maintien des frontières nationales génère-t-elle une démocratie intégrant des droits spécifiques pour les divers groupes de la société ?
Ce colloque vise à rendre compte des changements, des résistances, des déviations créatrices, des expérimentations dans les démocraties des pays du Sud cinquante ans après la vague de démocratisation qui les a marqués, par une compréhension des différents types d’acteurs, leurs logiques d’engagement, les illusions et les acquis.
L’ambition de ce colloque est aussi de penser, de comprendre l’évolution de la démocratie dans une interaction constante avec la mondialisation, d’identifier et de décrypter les pratiques politiques réelles se gardant de toute démarche stigmatisante, d’interroger les soupçons et les incertitudes que font peser les effets de la mondialisation sur la démocratie, de comprendre l’émergence dans les sociétés du Sud, des figures éminentes, pourvues de charisme pour les uns, jugées dangereuses par les autres , s’appuyant sur les couches sociales « subordonnées » mises hors-jeu, ont tenté de construire des dynamiques majoritaires de nature à rompre avec les rigidités imposées, de construire des paradigmes, des théories, des hypothèses qui tentent de rendre compte des expériences extérieures au « monde développé ».
Le colloque vise également à faire un point par des approches croisées sur les différentes évolutions politiques, économiques, perspectives et paradigmes, problématiques de nature à cerner les innovations, les recompositions et les analyses qu’elles soulèvent.
Les contributions touchant au droit, à l’histoire, à la science politique, à la géographie, la philosophie, l’anthropologie du droit, de l’économie, des relations internationales, de l’économie de la santé, des sciences de l’éducation…présentant un caractère empirique pertinent sont attendues.

Ce colloque s’articule autour de cinq axes principaux :

• Les stratégies de prise du pouvoir et de mobilisation collective : des acteurs politiques situés au Sud tentent d’inscrire les masses populaires au cœur d’un projet de transformations de la société. Néanmoins, l’émergence d’une nouvelle communauté politique par une relation affirmée avec les forces dominantes bute sur les peurs que suscite la rhétorique portée par les acteurs. Se gardant d’attribuer des étiquettes à l’engagement par le bas, nous privilégions les analyses qui tentent de le situer dans son historicité, de comprendre ses fonctions protestataire et plébiscitaire, cerner une gémellité, un rapprochement entre les figures des Caraïbes, de l’Amérique latine, de l’Afrique (Thomas Sankara, Daniel Fignolé, Hugo Chavez, Gandhi…) qui malgré les différences de trajectoires ont en commun le projet de recomposition du système politique par la neutralisation de la composition élitiste.

• La mondialisation et ses métamorphoses : La mondialisation ouvre-t-elle la voie à une rupture, une césure entre démocratie et peuple qui produirait une forme de dégénérescence, une perversion démocratique par le triomphe du libéralisme qui semble renforcer davantage l’extraversion des économies locales, leurs vulnérabilités et différer les nouvelles dynamiques favorables à leur développement économique ? Comment résoudre les écueils d’une téléologie démocratique, soulevés par une tension entre l’application des grands principes imposés par le caractère homogénéisant de la mondialisation face aux attentes matérielles du plus grand nombre et aux tensions politiques de divers ordres, aux bouleversements climatiques et géopolitiques des sociétés du Sud ?
• Les mouvements sociaux et la démocratie : Comment la dynamique des mouvements sociaux peut-elle contribuer à la construction de la démocratie dans les pays non occidentaux ? Ne reviennent-ils aux syndicats et aux organisations estudiantines de proposer le modèle démocratique convenable à ces singuliers pays ? Quelle articulation entre ces structures militantes de la « société civile » et les régimes politiques ?
• · La question de couleur et la politique : La question de couleur est-elle soluble dans la démocratie dont le peuple est le vecteur principal ? Dans quelle mesure l’idéologie de couleur serait beaucoup plus compatible avec la dictature qu’avec la démocratie ? Peut-on inscrire l’idée de « pouvoir noir » dans un projet démocratique ? Comment articuler race et classe en politique ?
• Les évolutions politiques au Sud : elles suscitent des interrogations et des doutes, tant elles sont menacées non seulement par les mutations de ces sociétés, par la transformation des religions en acteurs politiques, mais par les déviations de plus en plus affirmées des normes de la démocratie. En effet, des acteurs politiques adhèrent aux institutions démocratiques comme moyen de conquérir le pouvoir mais s’éloignent des normes dès lors qu’ils exercent la charge de titulaires : violations de la liberté d’expression, intolérance de l’opposition et persécution des médias,, explosion de la violence, faible application des normes démocratiques dans l’exercice du pouvoir, occupation autoritaire du pouvoir, malgré la présence, dans certains cas des Casques bleus de l’ONU.

Informations pratiques

Le colloque se déroulera les jeudi 5 juillet et 6 juillet 2018 à l’Université de Paris.

Les propositions de communication sont attendues pour le 15 avril 2018. Elles devront comporter 300-350 mots maximum. Elles sont à envoyer, en format pdf à : cadet.jeanjacques@yahoo.fr et jacques_nesi@hotmail.com
Les réponses seront indiquées en mai 2018.

Les communications complètes seront attendues pour le mois de juin 2018.

Comité d’organisation

Jacques NESI, Docteur en science politique. Université des Antilles. (Laboratoire caraibéen de sciences sociales (LC2S,ex-CRPLC)
Jean-Jacques CADET, Doctorant en philosophie. Université Paris 8. Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie, (LLCP).

Comité scientifique

M. Christian GIRAULT, Professeur, Directeur de recherche au CNRS CREDA-IHEAL. Spécialiste de l’Amérique latine et des Caraïbes, Université Sorbonne Nouvelle.
Monsieur Jean-Paul DURAND, Professeur honoraire et Doyen honoraire op. Institut Catholique de Paris.
Madame Michèle DUVIVIER PIERRE-LOUIS, Economiste, spécialiste de l’éducation.
M. Justin DANIEL, Professeur de science politique, à l’Université des Antilles (UA), Faculté de droit et d’économie de la Martinique et Directeur du Laboratoire Caraibéen de Sciences Sociales (LC2S, ex-CRPLC). Université des Antilles
M. Stéphane DOUAILLER, Professeur des universités en Philosophie et Chercheur au Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie.
M. Odile Jean ETIENNE, Docteur en géographie. Professeur Université d’Etat d’Haïti.
M. Patrice VERMEREN, Professeur des universités en Philosophie et Chercheur au Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie.
M .Georges Eddy LUCIEN, Professeur et directeur du Centre de recherche et d’appui aux politiques urbaines (Crapu) à l’Université Quisqueya (Uniq (Université d’Etat d’Haïti
M. Edlyn DORISMOND, Docteur en philosophie et professeur à l’Université Limonade M.Adler CAMILUS, Docteur en philosophie. Université Paris 8.
M. Fréderic THOMAS, Docteur en Science Politique, chercheur rattaché au Centre Tri Continental (CETRI) Bruxelles
Mme Anne PENE- ANNETTE, Maître de conférences en géographie .Université des Antilles

URL de cette brève 5723
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