Thème Libye

Un État failli... en prélude à l’occupation directe

M. SAADOUNE
Les Occidentaux font mine de s’apitoyer et de s’inquiéter de l’état chaotique de la Libye alors qu’il est, en bonne partie, le produit de leur action. Le Premier ministre libyen Ali Zeidan vient d’essuyer un enlèvement humiliant sur fond de rivalités de pouvoir très confuses même si les médias aiment opposer des « libéraux » présumés à des islamistes qui, eux, font partie du décor. Le rôle – même passif – du Premier ministre libyen dans l’enlèvement d’un présumé djihadiste, à Tripoli, par (…)

La responsabilité des États-Unis dans l’instabilité du monde arabe

Capitaine Martin
Selon le quotidien italien Corriere della Sera, plus de deux cents marines ont été transférés d’une base militaire étasunienne en Espagne vers celle de Sigonella, en Sicile. Ces mouvements de personnel font suite aux tensions survenues entre Washington et la Libye après le raid qui a conduit à la capture d’Abou Anas al-Liby, l’un des leaders d’Al-Qaïda les plus recherchés par le FBI. Ils ont pour but de prévenir toute menace potentielle pour la sécurité de la mission diplomatique étasunienne (…)

La tragédie de Lampedusa : Ce dont l’Italie doit vraiment avoir honte (il manifesto)

Manlio DINUCCI
« Honte et horreur » : ce sont les termes utilisés par le président de la république Napolitano à propos de la tragédie de Lampedusa. Ils devraient plus exactement être utilisés pour définir la politique de l’Italie à l’égard de l’Afrique, en particulier de la Libye d’où provenait le bateau de la mort. Les gouvernants qui aujourd’hui battent leur coulpe sont les mêmes qui ont contribué à cette tragédie, et à d’autres, des migrants. D’abord, le gouvernement Prodi, le 29 décembre 2007, (…)

La Libye : une « success story » de l’OTAN

Abdel BARI ATWAN
Bienvenue dans la nouvelle Libye, un pays « libéré » par l’OTAN qui se retrouve maintenant sans les revenus pétroliers qui pourraient le rendre riche, sans aucune sécurité ni stabilité et avec une criminalité et une corruption à des niveaux sans précédents. Vendredi dernier, le magazine The Economist a publié un rapport sur l’implosion de la Libye. Mon attention a été captée par les photos qui illustraient l’article - en particulier une illustration montrant un graffitti sur le mur d’un (…)

Chaos libyen

M. SAADOUNE
La Libye intéresse les médias internationaux. Pas seulement sous l’angle du premier anniversaire de l’attaque con-tre le consulat américain de Benghazi. L’image générale est celle d’un pays où la production de pétrole est au plus bas et où l’emprise des milices est au plus haut, avec de vastes pans du territoire qui échappent à tout contrôle. Le rapport de la commission indépendante mise en place par Statoil pour enquêter sur Tiguentourine évoque la Libye comme « un vaste territoire non (…)

Nous pensions tous que la Libye avait évolué ; elle a évolué, mais dans l’anarchie et la ruine (The Independent)

Patrick COCKBURN
Bien que l’intervention de l’OTAN contre Kadhafi ait été justifiée comme une réponse humanitaire à la menace que les chars de Kadhafi faisaient peser que la ville de Benghazi, la communauté internationale a ignoré l’escalade de la violence. Que n’a-t-on essayé de nous faire croire à propos de l’intervention occidentale en Libye. Un tyran martyrisant son peuple (tiens, ce discours n’a pas changé), et la nécessité, pour des raisons humanitaires d’intervenir. On nous a vanté cette (…)

Le pétrole à celui qui le garde !

M. SAADOUNE
La violente actualité égyptienne a réduit l’intérêt pour la Libye dont les tumultes sont devenus « secondaires ». On assiste cependant à un regain d’intérêt médiatique en raison de la paralysie du secteur des hydrocarbures. Là, ceux qui sont en charge de la sécurité des sites pétroliers, des miliciens faussement reconvertis, se piquent de vendre « directement » le pétrole sur le marché mondial. Dans une sorte de version révisée de la logomachie kadhafienne de « l’État des masses », ces « (…)

Libye : ces morts qui indiffèrent

Nazim Rochd
Où sont-ils ces « amis du peuple libyen », ces patrons de presse et leurs reporters, ces ONG, qui se sont mobilisés des mois durant pour nous faire croire que les Libyens faisaient une « révolution » ? Où se terrent ces « analystes » de plateaux qui ont fourni au monde l’image de « révolutionnaires » épris de liberté, de démocratie et de justice ? Que peut dire, aujourd’hui, Barack Obama qui a lâché ses vassaux sur la Libye et les a aidés à la détruire, au nom de sa « libération » de la « (…)

La Libye de Lévy

Kamel MOULFI
Dans la Libye de Kadhafi, aucune arme n’était en circulation « libre » et encore moins utilisée par des civils dans des règlements de compte meurtriers, entre clans, tribus, milices, bandes, groupes, individus pour des raisons diverses mais en rapport avec la course au pouvoir central ou local. En ce temps-là, la Libye connaissait la paix, la sécurité, la stabilité. Un jour, Sarkozy s’est laissé convaincre par un aventurier au masque de philosophe, appelé Bernard Henri-Lévy, entraînant dans (…)

Libye : le carnage ne fait que commencer

Chérif ABDEDAIM
Comme anticipé par les analystes avertis depuis le début de l’invasion en Libye, le pays va connaître un chaos à l’irakienne. Les « détériocrates » de tous bords rassuraient les nigauds qu’ils allaient leur offrir un nouvel Eldorado. Avec la complicité des marionnettes qui, pourtant, étaient bien « nourries » sous la gouvernance de Kaddafi, les forces du mal otanesques, à leur tête un certain duo Sarko-Lévy, ont joué le jeu qui leur a été imparti, et ce, comme s’ils allaient jouir d’une (…)

Libye, on n’en finit pas encore

Ahmed HALFAOUI
« La vieille Libye me manque, la Libye qui sait pardonner, la Libye généreuse et unie » a dit, la larme à l’œil, Mohamed Al-Megaryef, le président de ce Congrès général national libyen, élu on ne sait comment et représentant on ne sait qui. Le monsieur a été contraint de démissionner par la force des armes. Les « révolutionnaires » ont jugé qu’il devait s’en aller, parce qu’avant de rejoindre la « révolution », il a occupé un poste sous Mouammar Kadhafi, tout comme ces membres du CNT qu’on (…)

La sémantique libyenne

Ahmed HALFAOUI
La sémantique qui a exprimé la situation en Libye n’a pas fini de mener à l’impasse cognitive. Au tout début, était cette « révolution » atypique que l’armada de l’OTAN faisait, quand les médias mettaient plutôt en scène des « révolutionnaires ». Lors de la « victoire » et de la chute de Tripoli, le même décorum est servi à l’opinion internationale. Le « nouveau pouvoir » à peine installé, les « révolutionnaires » sont passés de leur glorieux statut à celui de milices ou de groupes armés. (…)