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Les métropoles globales, la finalité de la mondialisation capitaliste !

Michel MENGNEAU


On en parle peu, cependant à l’Assemblée les discussions sur la réforme territoriale avancent. Enjeu important qui va « recentraliser » les compétences afin de donner plus de pouvoir à l’état. C’est là un pas de plus vers une autocratie voulue par l’actuel chef de l’Etat.

Mais il y a aussi la volonté de donner plus de force à l’imprégnation capitaliste en favorisant les métropoles, c’est le second aspect du projet, et non le moindre.

Métropoles technocratiques dont la compétitivité mondialisée devrait servir de pôle d’attraction aux multinationales. Compétitivité, concurrence libre et non faussée sont des critères dont se gargarisent les capitalistes, les spéculateurs, mais qui font très souvent mauvais ménage avec les avancées sociales. On connaît le résultat puisque rentabilité et productivisme sont synonymes de baisses des salaires, exploitations outrancières, esclavagisme moderne. Donc, les métropoles favorisant ces principes sont au cœur du débat ainsi que l’a rappelé Jean-Jacques Candelier, lors de la 1ére séance à l’Assemblée Nationale le mercredi 26 mai 2010 :

« La métropole se substituera aux communes en matière de développement et d’aménagement économique, social et culturel, d’aménagement d’espace métropolitain, de politique locale de l’habitat, de gestion des service d’intérêt collectif et de protection de l’environnement. »

Il est inutile de citer plus longtemps les propos de ce Député particulièrement perspicace puisqu’en quelques lignes il a tout résumé. C’est-à-dire que la partie de la France qui va se trouver hors des zones d’influence et d’expansion des métropoles va se trouver au second plan des aménagements, si elles ont la chance d’avoir quelques subsides dus à quelques intérêts particuliers ce sera alors un peu comme une aumône, sinon ce sera la précarité. On va donc voir des secteurs du territoire suréquipés tandis que d’autre vont tomber à l’abandon. D’autant que les métropoles vont pouvoir se substituer aux régions dans plusieurs domaines comme par exemple, la construction, l’aménagement des lycées, etc.

La désertification rurale existante des zones éloignées va s’en trouver accentuée. Beaucoup de villages de nos campagnes ne seront que des pôles d’attraction touristiques, ceux qui naturellement ont un caractère particulier auront au moins cette chance (si l’on peu considérer cela comme une chance !), quant aux autres, lorsqu’ils seront dans des campagnes moins spectaculaires, on peut imaginer aisément quel sera leur destin !

Pourtant la relocalisation dans nos communes permettrait de reconstruire un tissu social différent, mais, sans doute, les capitalistes pressentent-ils le danger de telles initiatives puisque l’on pourrait y voir fleurir des petites unités de fabrication autogérées. Et pourquoi pas, la reprise en main de la gestion de l’eau par les communes, la méthanisation locale de nos déchets, les exemples ne manquent pas d’initiatives tournées vers l’usage qui serait le moteur de la localisation, le tout géré par une démocratie directe, active et locale.

Et bien non, on nous propose déjà de diminuer de moitié le nombre d’élus locaux en regroupant les collectivités. Des prérogatives plus fortes seront aussi données aux Préfets afin de rationaliser les cartes intercommunales, c’est-à-dire que ce sont eux qui décideront des associations intercommunales. Il est évident que ceci sera sous la tutelle toute puissante de l’Etat, un renforcement du centralisme décisionnaire en quelque sorte. Ce ne sera même pas un centralisme démocratique car la démocratie directe et active semble totalement absente de ce projet. D’autant qu’il y a aussi un aspect auquel on ne pense pas, c’est que l’on va favoriser encore plus la professionnalisation des élus.

Des élus qui se trouveront décalés du peuple qui devrait être souverain, des élus qui vont être de fait simplement les gestionnaires du capitalisme en favorisant plus un aménagement qu’un autre, ainsi que cela a déjà commencé avec les projet intempestifs d’aéroports, ou de ligne pour le TGV ; Notre-Dame-Des-Landes étant le meilleur symbole de la futur "métropolisation" du territoire, et ceci avec le concours de socialistes qui font un accompagnement parfait à l’hégémonie capitaliste.

Ou cela devient aussi insoutenable, voire aberrant, c’est lorsque dans le projet du Grand Paris on a la stupeur de découvrir que la future « Société du Grand Paris » sera conçue en société anonyme avec la possibilité d’expropriation et d’urbanisation sur quatre fois la surface de Paris, c’est ni plus ni moins que la privatisation de l’espace publique qui se met en place à la façon des villes privées étasuniennes, rappelons qu’elles sont déjà environ 20 000.

Cette réforme territoriale sera donc la sublimation du système capitaliste par la mise en concurrence des territoires et des métropoles laissant un espace de liberté encore plus fort à l’exploitation consumériste et aussi au déséquilibre dans la diversité territoriale.

Et n’oublions pas que la biodiversité en sera aussi l’une des grandes perdantes de cette ineptie. Expansionnisme tentaculaire, transports et déplacements augmentés, individualisation trop éparses de l’habitat en zone péri-urbaine grignotant inlassablement l’espace cultivable, prolifération des grandes surfaces de consommations, usines surdimensionnées, tout un panel de perspectives allant à contre-courant d’une consommation d’espaces et d’énergies moindre.

Seul sera gagnant le productivisme capitaliste !

Exigeons un référendum sur cette réforme…

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URL de cet article 10778
http://www.legrandsoir.info/Les-metropoles-globales-la-finalite-de-la-mondialisation-capitaliste.html
 
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« Le capitalisme n’est et ne sera pas là de toute éternité. » Cet Abrégé, rédigé en 1878, nous livre l’essentiel de l’analyse contenue dans le Livre I du Capital de Karl Marx. Ce compendium de la critique du système capitaliste – « où ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service du travailleur, mais bien le travailleur qui se trouve au service des moyens de production » – a été rédigé à destination d’un public populaire. Écrit dans un style simple et sans l’appareil scientifique qui rend (...) Lire la suite »
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Les métropoles globales, la finalité de la mondialisation capitaliste !
17/06/2010 à 09:07, par Yves 93

Bonjour,

Dans un jeu d’echecs, celui qui commence avec les blancs a toujours un coup d’avance et est pratiquement sûr de gagner.

La situation que nous vivons, en France et ailleurs, est telle que ce n’est pas 1 mais plusieurs coups d’avance que possèdent les "blancs".

Aussi, si nous voulons gagner, nous n’avons d’autre choix que de "tricher" pour rééquilibrer les forces.

Et tricher signifie dans ce cas donner un grand coup de balais, mettre hors d’état de nuire ces prédateurs qui nous dirigent, bref, prendre le pouvoir et l’assumer...

Mais combien sont prêts à faire le grand saut ?

Bien cdt.

#62041 
Les métropoles globales, la finalité de la mondialisation capitaliste !
17/06/2010 à 13:40, par vieux jade

On sait où ça commence, mais pas où et comment ça finira. La SF l’a fait pour nous.

#62044 
@vieux jade
17/06/2010 à 16:22, par RedGuff

Bonjour.

Sur LCI, Christophe Barbier, peu soupçonnable d’être gauchiste, ce 17 juin 2010, a prononcé cette phrase prophétique : "la révolution commence lorsqu’on ne peut plus l’arrêter" !

#62047 
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Jolie-môme

Il n’y a pas de moyen plus violent de coercition des employeurs et des gouvernements contre les salariés que le chômage. Aucune répression physique, aucune troupe qui matraque, qui lance des grenades lacrymogènes ou ce que vous voulez. Rien n’est aussi puissant comme moyen contre la volonté tout simplement d’affirmer une dignité, d’affirmer la possibilité d’être considéré comme un être humain. C’est ça la réalité des choses.

Henri Krazucki
ancien secrétaire général de la CGT
Extrait sonore du documentaire de Gilles Balbastre "Le chômage a une histoire",

#544
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