3 commentaires 

Naomi Klein. La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre. Leméac/Actes Sud, 2008.

Bernard GENSANE

Il s’agit là d’un des deux ou trois livres les plus importants de l’année.

Cet ouvrage (fort bien traduit) explique comment et pourquoi, depuis le début des années soixante-dix, les classes dirigeantes mondiales mènent une véritable guerre – il n’y a pas d’autre mot – contre les peuples en utilisant une stratégie du désastre. Elles tirent profit des catastrophes naturelles (vagues géantes, tremblements de terre, ouragans) ou provoquent des catastrophes humaines (conflits militaires, exploitation artificielle du “ terrorisme ”) pour renforcer leur pouvoir aux dépens du domaine public et de la société civile, et imposer, par la violence et la sidération, le modèle d’une société capitaliste toujours plus réactionnaire.

Naomi Klein appelle“ capitalisme du désastre ”ce type d’opération consistant à lancer des raids systématiques contre la sphère publique au lendemain de cataclysmes et à traiter des derniers comme des occasions d’engranger des profits. Le capitalisme du désastre détruit aussi pour reconstruire : 30 milliards de dollars ont été investis en Irak, 13 milliards pour le tsunami, 100 milliards pour La Nouvelle-Orléans.

Si cette stratégie est mondiale, son centre se situe à Washington. Chez nous, les obsédés de l’Atlantisme du style Kouchner ou Sarkozy sont évidemment les complices de ce fléau à échelle historique. Pour le moment, il n’est pas possible de prévoir si la crise financière actuelle, dans laquelle certains voient une implosion du système, mettra un terme à ce que l’on peut qualifier sans emphase de crime contre l’humanité. On peut donc douter que l’argent public injecté dans la sphère privée par le gouvernement français (alors que les caisses étaient prétendues vides) débouche sur plus de justice sociale, sur un partage plus équitable des richesses. On peut craindre, en revanche, que ces sommes considérables redonnent du tonus à ce système inique et lui permettent d’une part d’élargir davantage encore le fossé entre les riches et les pauvres et, d’autre part, de restreindre le champ de la démocratie. Selon l’École de Chicago, s’il peut provoquer une révolution à gauche, l’effondrement du marché peut aussi déclencher une contre-révolution de droite.

Lors de l’ouragan Katrina, raconte Naomi Klein, le représentant républicain de La Nouvelle-Orléans Richard Baker déclara : « Nous avons enfin nettoyé les logements sociaux de La Nouvelle-Orléans. Dieu a réussi là où nous avions échoué. » Kenyon, division du conglomérat funéraire Service Corporation International (important cotisant à la caisse électorale de Bush), fut chargé de recueillir les morts dans les maisons et les rues. Le travail s’effectua avec une extrême lenteur. Des cadavres croupirent sous le soleil pendant des jours. On interdit aux secouristes et à des entrepreneurs de pompes funèbres bénévoles de donner un coup de main sous prétexte qu’ils empiétaient sur le territoire commercial de Kenyon. La société, qui factura à l’État 12500 $ par cadavre, a depuis été accusée d’avoir mal identifié de nombreuses dépouilles. Pendant presque un an après l’inondation, on découvrit des corps en décomposition dans des greniers. L’administration Bush refusa d’allouer des fonds d’urgence pour payer les fonctionnaires ; la ville dut congédier 3000 employés au cours des mois qui suivirent l’ouragan.

Pour Milton Friedman, le grand idéologue (après von Hayek) de l’ultralibéralisme, l’État a pour unique fonction de « protéger notre liberté contre ses ennemis extérieurs et contre nos concitoyens eux-mêmes. Il fait régner la loi et l’ordre, il fait respecter les contrats privés, et il favorise la concurrence. » En d’autres termes, il s’agit de fournir les policiers et les soldats – tout le reste, y compris l’enseignement public gratuit, n’est qu’ingérence au sein des marchés.

La guerre contre les peuples et contre la démocratie doit être éclair. Selon Friedman, « un nouveau gouvernement jouit d’une période de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S’il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus. » On comprend pourquoi un dirigeant comme Sarkozy a lancé des dizaines de contre-réformes dès son accession à l’Élysée. Tout était prêt, bien avant son succès électoral.

Naomi Klein consacre de longs développements aux agressions du système contre le psychisme et le corps des individus. L’idée qu’un changement de politique doit être menée comme une offensive militaire surprise est un thème cher aux apôtres de la thérapie de choc économique. « L’envahisseur doit investir l’environnement de l’adversaire et paralyser ou surcharger ses perceptions et sa compréhension des événements pour le rendre incapable de résister. »

Après le tsunami de 2004, des investisseurs étrangers et des prêteurs internationaux s’étaient ligués pour exploiter le climat de panique et céder le littoral à des entrepreneurs qui s’étaient empressés d’ériger de vastes stations balnéaires, empêchant ainsi des centaines de milliers de pêcheurs de reconstruire leurs villages au bord de l’eau. Le projet d’éviction massive datait d’avant la vague géante, mais on utilisa le tsunami pour faire avancer un programme refusé par l’ensemble de la population. En Thaïlande, on vit des gardiens privés, armés jusqu’aux dents, empêcher d’anciens résidents de chercher les dépouilles de leurs enfants. Le capitalisme du désastre climatique et ses relais dans les classes politiques s’étaient fait la main en 1998 avec l’ouragan Mitch qui avait dévasté le Honduras, le Guatemala et le Nicaragua, causant au moins 9000 morts. Le Congrès du Honduras adopta des lois de privatisation des aéroports, des ports et des autoroutes, du téléphone, de l’électricité et d’une partie de la distribution de l’eau. Le Congrès des États-Unis abrogea la réglementation environnementale en vigueur sur la côte du golfe du Mexique et autorisa la construction de nouvelles raffineries de pétrole. Halliburton, la firme longtemps dirigé par le vice-président Cheney, reçut 60 millions de dollars pour la reconstruction des bases militaires du littoral.

Avant le 11 septembre, explique Naomi Klein, guerres et catastrophes offraient des débouchés à un secteur restreint de l’économie – les fabricants d’avions de chasse par exemple, ou encore les entreprises de construction chargées de rebâtir les ponts bombardés. Les guerres avaient pour rôle principal d’ouvrir de nouveaux marchés jusque-là inaccessibles et, une fois la paix revenue, de générer des booms économiques. Depuis, les interventions en cas de guerre sont à ce point privatisées qu’elles constituent en soi le nouveau marché. Pour le boom, inutile d’attendre la fin de la guerre.

La logique guerrière du système capitaliste est diabolique, implacable et, dans l’état actuel des choses, en tout cas, durable. On appelle aujourd’hui “ guerre contre le terrorisme ” des coups d’État, des massacres qui n’ont pour but que d’installer et de maintenir en place des régimes favorables à la libre entreprise. Le capitalisme du désastre s’est habitué au terrorisme : après le 11 septembre, le Dow Jones perdit 685 points, mais le 7 juillet 2005, le jour où quatre bombes explosèrent dans les transports londoniens, le Stock Exchange et le Nasdaq grimpèrent en flèche.

Naomi Klein s’attarde donc longuement sur Milton Friedman et l’École de Chicago, ces théoriciens, instigateurs et praticiens de la violence capitaliste depuis une quarantaine d’années. Pour eux, la prémisse de départ, c’est que le libre marché est « un système scientifique parfait dans lequel des particuliers agissant dans leur propre intérêt créent pour tous le plus d’avantages possibles. » Voir la logique du bouclier fiscal sarkozyen pour les plus riches des Français. Toute défaillance – inflation élevée ou chômage en hausse – vient du fait que le marché n’est pas entièrement libre.

Le premier laboratoire friedmanien fut l’Indonésie. Ralph McGehee, l’un des agents principaux de la CIA en poste à l’époque du coup d’État, déclara qu’il s’était agi « d’une opération modèle. […] Ce sont les grands événements sanglants orchestrés depuis Washington qui ont permis l’arrivée au pouvoir de Suharto. Cette réussite signifiait que l’expérience pourrait être répétée, encore et encore. »

Au Chili, Pinochet et les siens évitèrent toujours l’expression “ coup d’État ”, à laquelle ils préféraient le mot “ guerre ” (guerre contre le marxisme, contre l’anarchie etc.). Au cours de la première année d’application de la thérapie de choc prescrite par Friedman, l’économie du Chili régressa de 15% et le taux de chômage – qui n’avait été que de 3% sous Allende – s’éleva à 20%. En 1988 45% des habitants du pays vivaient sous le seuil de la pauvreté.

Dans un article d’août 1976 pour The Nation, Orlando Letelier (ancien ambassadeur du Chili aux États-Unis, écrivit que « la vision particulièrement commode d’un système social dans lequel la “ liberté économique ” et la terreur politique coexistent sans jamais se croiser permet aux partisans du régime financier de soutenir leur idéal de “ liberté ” tout en feignant de défendre les droits de l’homme. » Moins d’un mois plus tard, Letelier était assassiné en plein centre de Washington par des agents de la DINA, la police secrète chilienne.

Au Brésil, les grandes entreprises mirent sur pied leurs propres escadrons de tortionnaires privés. La junte militaire créa un corps de policiers extrajudiciaire, financé par diverses multinationales, dont Ford et General Motors. À la fin de la dictature, la quasi-totalité des délégués d’usine des grandes sociétés avaient disparu. Au Brésil, comme dans tout le cône latino-américain, selon le triste constat de l’écrivain Eduardo Galeano, « les citoyens étaient en prison pour que les prix fussent en liberté. »

Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher lança des “ réformes ” multiples en appliquant à la lettre la pensée friedmanienne. Après trois ans de gouvernement, sa cote de popularité passa sous la barre des 25%. Elle fut sauvée par le gong de la guerre des Malouines, tout comme, provisoirement, la dictature de Galtieri en Argentine. Cette guerre donna à Thatcher le prétexte politique dont elle avait besoin pour introduire le tout premier programme de transformation capitaliste radicale d’une démocratie libérale occidentale. Lorsque les mineurs de charbon déclenchèrent la grève en 1984 (le gouvernement voulait fermer les puits non rentables pour ne garder que les rentables dont certains furent exploités jusqu’en 2007), Thatcher fit comme si le conflit était le prolongement de la guerre des Malouines et exigeait la même brutale détermination. Elle eut alors cette formule mémorable : « Nous avons dû nous battre contre l’ennemi extérieur ; nous devons maintenant nous battre contre l’ennemi intérieur, qui est beaucoup plus coriace, mais tout aussi dangereux pour la liberté. » Contre les mineurs, elle employa la manière forte : au cours d’une seule confrontation, 8000 policiers anti-émeute chargèrent (certains à cheval) en laissant 700 blessé sur le carreau. Dans les quatre années qui suivirent cette attaque directe contre la classe ouvrière, le gouvernement privatisa British Telecom, British Gas, British Airways, British Steel etc. Dans plusieurs petites villes minières (dans le sud du Yorkshire en particulier), le chômage frappa 50% de la population.

Klein détaille par ailleurs longuement le rôle des institutions financières internationales, relais, bras armé du capitalisme guerrier. Le FMI accoucha de son premier programme d’ajustement structurel complet en 1983. Pendant deux décennies, nous dit l’auteur, « on informa tous les pays qui demandaient un prêt conséquent qu’ils devaient remanier leur économie de la cave au grenier. » Davison Budhoo, économiste principal du FMI qui prépara des programmes d’ajustement structurel pour l’Amérique latine et l’Afrique tout au long des années 1980 admit plus tard que « tout le travail que nous avons accompli après 1983 reposait sur le sentiment de la mission qui nous animait : le Sud devait privatiser ou mourir ; à cette fin, nous avons créé le chaos économique ignominieux qui a marqué l’Amérique latine et l’Afrique de 1983 à 1988. »

La solution polonaise fut encore plus radicale : outre l’élimination immédiate des contrôles des prix et des coupes sombres dans les subventions, le FMI imposa la vente au secteur privé des mines, des chantiers navals et des usines de l’État. C’était contraire au programme économique d’origine de Solidarité, fondé sur la propriété par les travailleurs.

En Chine, Deng Xiaoping était si enthousiaste et si déterminé à l’idée de convertir la Chine à l’économie privée qu’en 1980 son gouvernement invita Milton Friedman à venir initier des centaines de hauts fonctionnaires, de professeurs et d’économistes du Parti (“ communiste ”) aux rudiments de l’économie néolibérale. Lorsque Deng ouvrit le pays aux investisseurs étrangers et réduisit les protections dont bénéficiaient les travailleurs, il ordonna la création de la Police Armée du Peuple, escouade antiémeute comptant 400000 membres chargés d’écraser tous les signes de « crimes économiques », c’est-à-dire les grèves et les manifestations. Les “ réformes ” de Deng débouchèrent sur la mobilisation sociale de 1989. Le 20 mai, le gouvernement proclama la loi martiale. Il y eut entre 2000 et 7000 morts sur la Place Tienanmen. Le gouvernement, comme en Amérique latine, réserva son châtiment le plus dur aux ouvriers. La plupart des personnes arrêtées et exécutées furent des ouvriers. La politique de Deng fit de la Chine l’atelier de misère du monde, l’eldorado des usines de sous-traitance de presque toutes les multinationales de la planète. En 2006, 90% des milliardaires chinois étaient les enfants de cadres du Parti “ communiste ”.

Comme la Chine, la Russie fut contrainte de choisir entre un programme économique inspiré de l’École de Chicago et une révolution démocratique. Pour que le programme friedmanien fût appliqué, il fallait interrompre de manière violente le processus progressif impulsé par Gorbatchev. En août 1991, Le Washington Post (qui n’est pas le plus réactionnaire des quotidiens étatsuniens) expliqua, rappelle Klein, que « le Chili de Pinochet pourrait servir de modèle pratique à l’économie soviétique. » Suite aux “ réformes ” de Eltsine, la consommation du Russe moyen en 1992 avait diminué de 40% par rapport à 1991. Pour asseoir son pouvoir, Eltsine avait aboli la Constitution et dissous le Parlement. Le Parlement vota à 636 voix contre 2 la destitution de Eltsine qui envoya l’armée contre les parlementaires. 500 personnes furent tuées. Comme en Chine, un club limité de Russes, dont bon nombre d’anciens apparatchiks du Parti communiste et une poignée de gestionnaires de fonds communs de placement occidentaux obtinrent des rendements faramineux en investissant dans des entreprises russes nouvellement privatisées. En 1989, la Russie comptait deux millions de pauvres. 74 millions en 1995, selon les chiffres de la Banque mondiale. Le capitalisme avait régressé jusqu’à sa forme la plus sauvage.

La crise financière qui frappa l’Asie dans les années 1990 créa 24 millions de chômeurs. Les femmes et les enfants furent les grands perdants de la crise. De nombreuses familles vendirent leurs filles à des trafiquants d’êtres humains qui les firent travailler comme prostituées en Australie, en Europe et en Amérique du Nord. Ces victime pouvaient dire merci au FMI et à son directeur Camdessus qui avaient imposé une chirurgie radicale à ces pays en crise.

Aux États-Unis, le trio Bush-Rumsfeld-Cheney appliqua à la lettre les principes friedmaniens selon lesquels le gouvernement, afin de transformer l’État en coquille vide, se ligue avec les grandes entreprises pour « redistribuer la richesse vers le haut après avoir réduit les dépenses affectés au personnel. » Une part toujours plus grande des fonds publics va alors directement dans les coffres des entreprises privées. L’État a les signes extérieurs d’un gouvernement, « mais il n’exécute plus les véritables tâches de la gouvernance, pas plus que les employés du campus de Nike à Beaverton ne fabriquent eux-mêmes des baskets. »

Les entreprises qu’a dirigées Donald Rumsfeld misent depuis une trentaine d’années sur un avenir apocalyptique, fait de maladies endémiques qui obligeraient les gouvernements à se procurer au prix fort les produits indispensables brevetées par elles. La société Gilead Sciences (que Rumsfeld dirigea de 1997 à 2001), titulaires de brevets pour quatre médicaments antisida, dépense beaucoup d’énergie pour empêcher la distribution, dans les pays en voie de développement, de versions génériques moins coûteuses (les brevets expireront à partir de 2016).

Dick Cheney (je ne sais si des sociolinguistes se sont penchés sur cette manie qu’ont les étatsuniens de diminuer leurs prénoms de manière puérile : Cheney s’appelle Richard Bruce, Clinton s’appelle William etc.), protégé de Rumsfeld au sein de l’administration Ford dans les années 1970, fit également fortune en misant sur la perspective d’un avenir sombre. Lui qui avait bénéficié, dans les années 1960, de six mesures de sursis pour ne pas partir au Vietnam (tout en étant favorable à la guerre), réduisit, en tant que secrétaire à la Défense de Bush père, le nombre de soldats actifs et confia aux entrepreneurs privés un rôle de plus en plus déterminant. Sa société Halliburton (gains estimés : 13 milliards de dollars en 2007) parvint à élargir la signification des mots “ soutien logistique ” à un point tel qu’elle eut bientôt pour tâche, explique l’auteur, « de créer l’infrastructure tout entière des opérations militaires à l’étranger. L’armée n’avait qu’à se charger des soldats et des armes – elle agissait en quelque sorte comme fournisseur de contenu, tandis que Halliburton était aux commandes. »

Autre exemple de contiguïté : John Ashcroft, ancien Procureur général et instigateur de la Loi sur le patriotisme, préside depuis 2005 l’Ashcroft Group, dont la mission consiste à aider les entreprises spécialisées dans la sécurité intérieure à obtenir des contrats fédéraux. Son groupe a tellement de succès qu’il refuse deux clients quand il en accepte un. Tom Ridge, premier directeur du secrétariat à la Sécurité intérieure de 2003 à 2005, a fondé Ridge Global et agit comme conseiller auprès de Lucent, société de communication œuvrant dans le domaine de la sécurité. C’est un acharné de la peine de mort : en tant que gouverneur de Pennsylvanie, il laissa exécuter 224 condamnés et assista en personne à trois supplices. James Woolsey, directeur de la CIA jusqu’en 1995, est désormais conseiller de Paladin Capital Group, société privée qui investit dans la sécurité intérieure (1 milliard de dollars). Rudy (en fait, Rudolph, voir plus haut) Giuliani, ancien maire de New York, a créé Giuliani Partners quatre mois après le 11 septembre et vend ses services comme expert-conseil en gestion de crises. Gains de sa société : 100 millions de dollars entre 2002 et 2007. La pratique de ces hommes est, explique Klein, de « rester au gouvernement ou élu juste assez longtemps pour obtenir un titre impressionnant au sein d’un secrétariat qui octroie des contrats d’envergure et recueillir des informations privilégiées sur les produits recherchés, puis démissionner et vendre l’accès aux anciens collègues. Servir dans la fonction publique, c’est effectuer une mission de reconnaissance en prévision d’un bel avenir dans le complexe du capitalisme du désastre. Ce capitalisme de copinage est l’aboutissement de la philosophie de l’École de Chicago et de sa triple obsession : privatisation, déréglementation et antisyndicalisme. »

Du point de vue militaire, soutient Klein, la guerre contre le terrorisme est impossible à gagner. « Du point de vue économique, en revanche, elle est impossible à perdre : en effet, on a affaire non pas à un conflit éphémère susceptible d’être gagné, mais, au contraire, à un élément nouveau et permanent de l’architecture économique mondiale. » La guerre n’est plus, comme le disait Clausewitz, « la continuation de la politique par d’autres moyens », c’est la politique et l’économie en elles-mêmes, les guerres et les catastrophes étant par conséquent des fins en elles-mêmes.

En Irak, Saddam Hussein ne représentait nullement une menace pour la sécurité des États-Unis, bien au contraire, étant, à sa manière dictatoriale, un facteur de stabilité. Le problème est qu’il menaçait les entreprises énergétiques étatsuniennes : il avait conclu une entente avec une grande entreprise russe et entamé des négociations avec Total. Le renversement de Saddam Hussein ouvrit la porte à Exxon, Chevron, Shell et BP qui, toutes jetèrent les bases de nouveaux accords en Irak, de même qu’à Halliburton qui, ayant installé son siège social à Dubaï, était idéalement située pour vendre des services énergétiques à ces sociétés. On a pu comparer les liens unissant Halliburton à Cheney (qui quitta la société en 2000 avec un parachute doré de 34 millions de dollars) aux liens qui unissaient, pendant la guerre du Vietnam le Président Johnson à Brown and Root, société de forages pétrolifères.

Pour assommer l’Irak, l’impôt sur les sociétés, qui était d’environ 45%, fut remplacé par un impôt au taux uniforme de 15% On autorisa les compagnies étrangères à détenir des entreprises irakiennes à 100% pour éviter le scénario russe d’oligarques qui s’étaient réservé des morceaux de choix. Les investisseurs purent sortir d’Irak la totalité de leurs profits. 8,8 milliards de dollars disparurent en 2004 des ministères contrôlés par les Etats-Unis. « What does it change ? », fut le commentaire d’un proche de Bremer, le gauleiter du pays occupé.

Tout comme Johnson et Nixon qui avaient bombardé le Vietnam pour le ramener à l’âge des cavernes, Bush bombarda l’Irak de manière terroriste et terrorisante pour le seul profit de la machine de guerre capitaliste. Entre le 20 mars et le 2 mai 2003, l’armée lança 380 missiles de croisière Tomahawk en un jour (contre 300 en cinq semaines pendant la Guerre du Golfe). En cinq semaines, les Irakiens reçurent 30000 bombes et 20000 missiles à guidage de précision, soit 67% de la production totale de tels engins depuis leur invention. Pour Rumsfeld et Cheney, il s’agissait de faire un exemple, d’effrayer les populations, de faire réfléchir ceux qui oseraient défier l’autorité des États-Unis. Le ciblage des centraux téléphoniques dura jusqu’à ce que plus un seul téléphone ne fonctionne dans le pays. Le but était de s’en prendre au moral des civils qui ne pouvaient plus prendre des nouvelles de leurs proches. Pas à Saddam Hussein, qui, pensant que les téléphones étaient espionnés depuis des années dans son pays, n’avait utilisé le téléphone qu’à deux reprises au cours des treize années précédentes.

Influent banquier israélien, Len Rosen, cité par Klein, est l’auteur d’un nouveau théorème de géopolitique qu’il convient de méditer : « La sécurité compte plus que la paix. » C’est sûrement pourquoi Israël est le quatrième marchand d’armes au monde. La décision d’Israël de situer le “contre-terrorisme ” au centre de son économie d’exportation a coïncidé avec l’abandon des négociations de paix. Le gouvernement ne présente plus le conflit qui l’oppose aux Palestiniens comme une lutte contre un mouvement nationaliste mais comme un des théâtres de la guerre mondiale contre le terrorisme.

Y a-t-il des raisons d’espérer ? En 2005, les Français et les Hollandais se prononcèrent démocratiquement contre l’Europe de la finance, suivis en 2008 par les Irlandais. En 2006, Chavez était réélu pour un troisième mandat avec 63% des voix. Au Brésil, Lula fut réélu en 2006 avec un programme anti-privatisations. La même année, l’économiste de gauche Rafael Correra fut élu à la présidence de l’Équateur contre un magnat de la banane. En 2007, Correra déclara le représentant de la Banque mondiale persona non grata sur le sol de son pays.

Contrairement à ce qu’écrivait Fukuyama en 1989 en proclamant la fin de l’histoire, dans une paraphrase tellement facile de Karl Marx, rien n’est écrit…


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Naomi-Klein-La-strategie-du-choc-La-montee-du-capitalisme-du.html
ajouter un commentaire
auteur   Bernard GENSANE
thème(s)   Capitalisme
rubrique   Actualité
7238

Naomi Klein. La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre. Leméac/Actes Sud, 2008.
11/10/2008 à 03:23, par Anonyme
La crise étant une "belle catastrophe", dont certains gagneront 700 G$, quel nouvel Hitler nous tombera dessus ? Quelle est leur "stratégie du désastre" pour nous ?
83.***.242.***   #50336 
Naomi Klein. La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre. Leméac/Actes Sud, 2008.
13/10/2008 à 10:17, par jipépak
Ce matin, 13 octobre, France Culture annonce que Sarkozy va mettre en œuvre la "Stratégie de choc" préconisée par Friedmann à savoir : profiter de la crise pour accélérer les réformes anti-sociales plus faciles à appliquer lorsque le peuple est en état de choc ! Et plus la crise sera profonde et plus le gouvernement en profitera. Le peuple français va t-il oui ou non se réveiller un jour et sortir du cauchemar néolibéraliste ? Là est la question !
86.***.238.***   #50354 
Naomi Klein. La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre. Leméac/Actes Sud, 2008.
02/03/2009 à 14:33, par J.Kavanamon
Merci pour votre excellent résumé. J’ai également lue ce livre. Je suis ravie de trouver votre résumé clair et précis. Car, je me permet de le transmettre à mes contacts pour leur donner envie de lire ce livre dont je suis prêt à leur prêter. Par ailleurs, pourriez-vous donner les deux autres livres les plus importants de 2008 d’après vous ? Merci, cordialement.
193.***.62.***   #55325 
ajouter un commentaire

préc.

impr.

augm.

dimin.

env.

suiv.
Bernard GENSANE
Attaque sanglante contre les fonctionnaires
Il est enfantin de détruire la fonction publique et les fonctionnaires. D'autres pays l'ont fait avant nous. Si cela passe, Sarko et sa bande s'en prendront aux retraités de la Fonction publique, dont les pensions sont, jusqu'à présent, garanties par l'État. Sur les antennes d'Europe 1, Fillon (...)
Harald Welzer : Les Guerres du climat. Pourquoi on tue au XXIe siècle
Il s'agit là d'un ouvrage aussi important que passionnant. Les conclusions politiques laissent parfois un peu à désirer, mais la démarche sociologique est de premier plan. Et puis, disposer d'un point de vue d'outre-Rhin, en la matière, permet de réfléchir à partir d'autres référents, d'autres (...)
Les Ravages de la LRU - Chroniques 2007/2009
Comme un écrivain que j'aime particulièrement et qui se fantasmait en joyeux vicaire écrivant des poèmes à l'ombre de son noyer, j'aurais tant aimé que mon blog (*), mes écrits de retraité de l'Éducation nationale fussent consacrés à la culture et aux choses de la vie ! Malheureusement, en (...)
Roger Faligot. La rose et l’edelweiss. Ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945. Paris : La Découverte, 2009.
Les guerres exacerbent, révèlent. La Deuxième Guerre mondiale fut, à bien des égards, un ensemble de guerres civiles. Les guerres civiles exacerbent et révèlent atrocement. Ceux qui militent, qui défendent des causes, tombent toujours du côté où ils penchent. Ainsi, le 11 novembre 1940, des (...)

Etre radical, c’est prendre les choses par la racine. Et la racine de l’homme, c’est l’homme lui-même.

Karl Marx

#157

Maxime VIVAS
Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.
Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice".
Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je.
Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au (...) Lire la suite »


Cuba, pour réfléchir (Insurgente)
Belen GOPEGUI, Santiago ALBA RICO, Pascual SERRANO, Carlos FERNANDEZ LIRIA
A partir d'une Histoire parfaitement semblable, à base de colonialisme et de sous-développement, le socialisme a fait infiniment plus pour Cuba que le capitalisme pour Haïti ou le Congo. Nous vivons un temps propice à la réflexion économique. Après quelques décennies de prédominance (...)
Chine : le dérangement du monde
COMAGUER
Plusieurs annonces successives sur la belle santé l'économie chinoise ont semé le trouble dans la classe dirigeante occidentale : Le PIB de la République Populaire chinoise a augmenté de 8.7% en 2009, la progression la plus rapide du monde au moment même où les économies occidentales peinent (...)
Causes réelles de la crise et chômage (2/2)
Jacques SAPIR, Pascale FOURIER
Deuxième partie de l'entretien réalisé le 12 janvier avec Jacques Sapir, directeur de recherche à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Je vous rappelle le contexte, j'étais allée voir Jacques Sapir, un an après notre entretien précédent pour faire le point sur la crise, et j'avais (...)
Causes réelles de la crise et chômage (1/2)
Jacques SAPIR, Pascale FOURIER
La crise ? Mais quelle crise ?... Il n'y a plus de crise ou en tout cas on n'en parle peu ou pas... Les banques font des bénéfices pharaoniques... enfin, bref, tout semble aller pour le mieux ! Bon d'accord, le chômage augmente, un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010, mais (...)
La Stratégie du Choc - Documentaire de Michael Winterbottom (d’après le livre de Naomi Klein)
Michael WINTERBOTTOM, Naomi KLEIN
« Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements. Lorsqu'elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées en vigueur. Telle est, me semble-t-il, notre véritable fonction : trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu'à ce que (...)
Derrière la Loi foulardière, la peur.
Alain BADIOU
(Le Monde, édition du 22 février 2004) 1. D'aimables républicaines et républicains arguèrent un jour qu'il fallait une loi pour interdire tout foulard sur les cheveux des filles. A l'école d'abord, ailleurs ensuite, partout si possible. Que dis-je, une loi ? Une Loi ! Le président de la (...)
Etats-Unis : la prise de contrôle de la démocratie par les Corporations (In These Times)
Noam CHOMSKY
Désormais les dirigeants des corporations (*) pourront acheter directement les élections sans passer par des intermédiaires. La Cour Suprême des Etats-Unis vient d'augmenter considérablement le pouvoir d'une petite minorité de la population qui contrôle l'économie. Le 21 janvier 2010 entrera (...)
France : le gouvernement soutient l’occupation américaine de Haïti dévasté par un tremblement de terre
Antoine LEROUGETEL
Après le tremblement de terre du 12 janvier qui a dévasté Haïti, le gouvernement français prend des mesures pour faire cesser en Europe l'opposition politique à l'occupation militaire américaine de Haïti. L'intervention américaine a bloqué les aides essentielles en nourriture et médicaments, y (...)


Thèmes similaires
L’autodestruction du Capitalisme
Michael PARENTI
Après le renversement des gouvernements communistes de l'Europe de l'est, le capitalisme a été brandi comme l'invincible système qui apporte prospérité et démocratie, le système qui allait s'imposer jusqu'à la fin des temps. Cependant, la crise économique actuelle a fini par convaincre même (...)
La fin de la pauvreté, vraiment ?
Damien MILLET
La sortie en France du film « The end of poverty ? » de Philippe Diaz, le 6 décembre, est un évènement majeur pour qui veut mettre en perspective la crise économique et financière actuelle avec cinq siècles de mondialisation. Commencée en 1492 avec l'arrivée des Espagnols en Amérique, cette (...)
Par quoi remplacer le capitalisme ?
Caleb IRRI
Nous sommes nombreux à avoir compris que le capitalisme n'est pas LA solution. Bien. Certains parlent de révolution, d'autres de décroissance, et d'autres encore de moralisation… très bien. Mais rien ne fait taire les contradicteurs qui, très justement, posent la question : on fait quoi, (...)

Cet espace publicitaire était géré par Google

Devant la multiplication de publicités et messages de propagande israeliens affichés ici par Google, le Grand Soir préfère se passer des revenus génerés.

Actualité
OMS-Laboratoires pharmaceutiques : Y-a-t-il Collusion pour la grippette H1N1 ?
Chems Eddine CHITOUR
« La médecine a fait tellement de progrès que plus personne n'est en bonne santé. » Aldous Huxley Une peur rétrospective, qui noue les gorges, est celle provoquée par l'OMS en annonçant en mars 2009 un fléau qui avait un scénario messianique de fin du monde, et qui est déclinée d'une façon (...)
Attaque sanglante contre les fonctionnaires
Bernard GENSANE
Il est enfantin de détruire la fonction publique et les fonctionnaires. D'autres pays l'ont fait avant nous. Si cela passe, Sarko et sa bande s'en prendront aux retraités de la Fonction publique, dont les pensions sont, jusqu'à présent, garanties par l'État. Sur les antennes d'Europe 1, Fillon (...)
Washington ferme la porte aux réfugiés haïtiens
Tom ELEY
L'administration Obama a pris des mesures extraordinaires pour empêcher les Haïtiens désespérés d'entrer aux Etats-Unis depuis que le tremblement de terre du 12 janvier a dévasté la nation caribéenne, tuant environ 200.000 personnes, faisant au moins 1,5 million de sans-abris et faisant 1 (...)
Coupe des Etats Impérialistes - Tournoi des Caraïbes : Match France-USA
COMAGUER
D'après le reporter REGIS DEBRAY sur France-Inter Vendredi 22 Janvier au micro de Nicolas Demorand La France qui a : « deux porte avions dans la zone : La Martinique et la Guadeloupe » (dixit Debray) mènerait donc par deux à un ! Triste discours qui rappelle cruellement l'époque où une (...)

annonces sélectionnées et proposées par Amazon.fr
© LE GRAND SOIR - Diffusion non-commerciale autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.

Contacts | aide à la traduction | syndication   | site crée avec SPIP  | Hébergé par l'AUTRE.net

Bookmark and Share
Pour soutenir le Grand Soir
Cet espace vous est offert en libre service pour publier des articles et annoncer des événements. Merci de bien mentionner les sources et les références.
AGENDA
mar 09/02 LYON Conf-Débat "Détournement de l’Holocauste à des fins politiques" avec Hajo G. Meyer & Walid Atallah, organisée par UJFP & IJAN
mer 10/02 ALBI Conf-débat "L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat : l’irruption de la morale sexuelle", animée par Nathalie Lutaud, organisée par la Libre pensée du Tarn,
mer 10/02 Nantes Café-débat "Pour ou contre les quotas ethniques ?" au café Malakoff, par Europe Ecologie
ven 12/02 PANTIN Rencontre-débat « Action artistique & Éducation populaire : de nouvelles formes s’inventent ? »
ven 12/02 PARIS Repas de Solidarité aux Déboulonneurs
sam 13/02 PARIS Malaise dans la justice, Les mauvais jours finiront-ils ? Journée d’études Sciences Po Paris
sam 13/02 PARIS Repas/Débat DROIT AU RETOUR DES REFUGIES PALESTINIENS
lun 15/02 BRUXELLES Un gala pour Haïti avec Toots Thielemans, Marie Daulne, Helmut Lotti et bien d’autres, organisé par OXFAM
mer 17/02 Bordeaux Guerre d’Espagne - ciné-débat "La Retirada" racontée par ceux qui l’ont vécue - projection de "Petite rue de Saintonge" en présence de la réalisatrice
ven 19/02 Saint-Denis De Tarnac à Montreuil : l’Etat en spectacle- Les pieds dedans
sam 06/03 PARIS MANIFESTATION NATIONALE POUR LA REGULARISATION GLOBALE DE TOUS LES SANS-PAPIERS !
sam 06/03 LIEGE MANIFESTATION pour l’Abolition de la Viande
mer 24/03 PAU Conf-Débat de Maurice LEMOINE, journaliste au Monde Diplomatique, à Université de Pau
jeu 25/03 PAU Colloque universitaire international "Le Bolivarisme, de Simon Bolivar à Hugo Chavez"
lun 05/04 PERPIGNAN ***ANNULEE*** Exposition Cub@rT avec Antonio Guerrero, Liborio Noval et Milton Bernal
jeu 15/04 Montpellier-Palavas-les-Flots Concerts de soutien aux victimes de l’Agent Orange
Nos lecteurs proposent
Cuba : L’agent “Chris” Sabatini propose d’augmenter l’ingérence
AFIN de commenter et de promouvoir les agressions de l'Agence des États-Unis pour le développement international, (USAID) contre Cuba, la revue Foreign Policy s'est trouvé, pour sa plus récente (...)
Jean-Guy ALLARD
 
Sondage : Etes-vous FAVORABLE à la NATIONALISATION des BANQUES sauvées par l’Etat ?
Elles ont joué, elles ont perdu. Sauvées par l'argent de l'état (donc du contribuable, donc de leurs propres clients). http://www.lepost.fr/sond age/2010/0...
Il fallait le dire
 
La vengeance d’Allah
L'initiateur "anti minarets"… s'est converti à l'islam. Le politicien suisse Daniel streich, qui devint célèbre en raison de son opposition à la construction des minarets dans les mosquées (...)
Morte de rire
 
pressions et oppressions / sur campus
CE MERCREDI 10 FEVRIER 2010 A 18H30 C'EST « L'HEURE DE L'METTRE » Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6 En direct et en archives sur www.campuslille.com « En aucun cas nous ne devons nous fourvoyer (...)
hdm
 
Haïti : les péchés d’Haïti par Eduardo Galeano
Un texte d'Eduardo Galeano paru sur Servindi le 20 janvier dernier, mais qui date de 1996. Galeano revient dans ce texte sur l'histoire d'Haïti. Ou comment l'Occident a construit la malédiction (...)
Eduardo GALEANO
 
L’aliénation linguistique (suite)
Les problèmes culturels ne sont pas secondaires par rapport aux problèmes politiques ou économiques. Tout se tient et les langues, les moyens de communication de masse sont des armes ou des (...)
Bernard GENSANE
2 commentaires 
Eric WOERTH, le classisme et le "politiquement correct".
Eric WOERTH, le classisme et le "politiquement correct". Eric WOERTH vient coup sur coup défendre publiquement les hauts revenus de Proglio et le démantèlement du statut de la fonction publique (...)
Christian DELARUE
1 commentaire 
Jeff Knaebel, un homme libre
En ce début d'année, un ami entrepreneur en Inde du Nord nous informait que Jeff Knaebel, un homme qui tente de réveiller les consciences en diffusant la leçon de Gandhi, était menacé de prison. (...)
Eva Cantavenera
 
Bolivie : les États-Unis terre d’asile des terroristes réactionnaires
Les États-Unis continuent de donner refuge à des fugitifs boliviens malgré leur politique "antiterroriste". Un leader de l'opposition bolivienne, accusé d'avoir des liens avec une groupe (...)
Primitivi
 
Le Monde Diplomatique (février 2010)
Dans sa livraison de février 2010, Le Monde Diplomatique (Serge Halimi) revient sur le « consensus de Pékin » : Paraphrasant une formule célèbre de Mao Zedong du 1er octobre 1949, le président Hu (...)
Bernard Gensane
 
Equateur : Correa met en danger son initiative pour protéger la biodiversité
Le 30 janvier, 2010. - Le fractionnement gouvernemental n'a pas engendré d'opposition de la part de la droite, ni des groupes de la gauche radicale, le président Rafael Correa l'a fait lui-même (...)
Primitivi
 
Chiapas : Expulsions violentes de communautés zapatistes
La guerre de basse intensité s´intensifie, après l´expulsion de la communauté San Pedro, Base d´appui Zapatiste, deux nouvelles communautés ont été victimes d´expulsion violente, par le (...)
Espoir Chiapas
 
Mexique : des escadrons de la mort à Ciudad Juárez
L'ONG mexicaine "Frente Nacional Contra la Represión" indique que : “Des escadrons de la mort agissent à Ciudad Juárez”. Le porte-parole du Front National Contre la Répression, Carlos (...)
Primitivi
 
Projet citoyen et politique pour les élections régionales en Île-de-France
Île-de-France – Décroissance ! Projet citoyen et politique pour les élections régionales en Île-de-France Dans le cadre des élections régionales, nous proposons une série d'uto-pistes (...)
Île-de-France – Décroissance !
 
Honduras : discours de la résistance pour le départ de Zelaya en exil
Le mercredi 27 janvier fut un jour historique pour le Honduras. Le même jour le nouveau président Pepe Lobo entrait en fonction mais les élections qui l'ont placé à la tête du pays ont enregistré (...)
Primitivi
 
Rencontre des Progressistes d’Amérique latine et d’Europe, Paris, les 29, 30 et 31 janvier 2010
Siège du Parti communiste français, Espace Niemeyer Communiqué du PCF La Rencontre des progressistes d'Amérique latine et d'Europe qui s'est tenue à Paris, à l'invitation du Parti communiste (...)
Communiqué PCF
 
VU SUR LE WEB
« Il n'y a eu aucun changement sur les réformes »
Bastien Cazals est l'invité du Midi Libre lundi 8 février 2010 "Toujours là, toujours dans la lutte. Plus d'un an après sa mise en lumière. Mêmes convictions, même envie de faire bouger et avancer l'école. La tignasse à peine un peu plus fournie, les mêmes cigarettes roulées, le même combi (...)
une ecole pour victor et hugo
Marché du travail pour immigrés
Qu'est-ce donc un immigré aux yeux des dirigeants du pays d'accueil ?, s'interroge le sociologue Abdelmalek Sayad dans une étude consacrée à l'immigration algérienne en France. « Un immigré, c'est essentiellement une force de travail, et une force de travail provisoire, temporaire, en transit. (...)
Le Plan B
Bolivie : Nationalisation des chemins de fer pour 2010
La Bolivie annonce une nationalisation de chemins de fer pour cette année. Cette action compléterait la nationalisation d'autres entreprises dans les secteurs de l'exploitation des ressources naturelles et des télécommunications ainsi que la production d'énergie électrique qui permet de (...)
Primitivi
2ème séance du cycle de formation sur le livre 60 Questions - 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale !
Pour aborder facilement la thématique de la dette, le CADTM organise à Liège et à Bruxelles un cycle de formation sur le livre 60 Questions-60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale. Le cycle comportera 4 séances : (4 samedis de 9h45-16h) L'intitulé des différentes questions peut (...)
CADTM
Au Medef, c’est la lutte finale
Laurence Parisot est de plus en plus contestée au sein du patronat. Au point d'organiser une tournée d'interrogatoires au siège du Medef à cause de la démission de l'un de ses directeurs adjoints. en lire plus
Les mots ont un sens
L'Equateur dans l'ALBA*
*Alliance Bolivarienne pour l'Amérique 1 L'historien Plutarque a écrit sur les Vies parallèles pour démontrer qu'il y a des coïncidences entres des personnages historiques distincts. Il faudrait un autre Plutarque pour narrer les ressemblances entre les pays de Notre Amérique : des histoires (...)
Luis Britto Garcia en frances
Le magistrat Marc Bourragué ne garnira pas son compte en banque à mes dépens
Tout commence par la publication sur plumedepresse, le 13 novembre 2007, d'un billet intitulé Yvan Colonna déjà condamné ? Nous y mettions nommément en cause l'un des magistrats choisis pour faire partie de la Cour d'assises spéciale chargée de juger l'assassin présumé du préfet de Corse Claude (...)
Plume de presse
Trader de vent
On sera sauvés par où on a péché : alors que le marché détruit la planète, comment la préserver ? Par plus de marché !
Fakir
A Gaza, des enfants traumatisés et hantés par des cauchemars
Mona al-Samouni, 12 ans, est déprimée et revit dans ses cauchemars le jour - il y a un peu plus d'un an - où elle a vu ses parents et un certain nombre de ses proches se faire tuer par des soldats israéliens dans leur maison de Zeitoun, au sud-est de Gaza-ville. Comme beaucoup d'autres enfants (...)
Info-Palestine
La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP)
19 h à la brasserie Le Mansard, Place Martin Luther King, Encagnagne, 13100 Aix en Provence - 110. l'agenda militant / AIX EN PROVENCE
Mille Babords
Copenhague, et après ?
Le collectif national Urgence Climatique, Justice Sociale organisait, ce samedi 6 février, une rencontre nationale pour avancer dans la construction d'un "mouvement citoyen" autour des questions de justice climatique. Mouvements en publie le texte de cadrage. Leur échec n'est pas le nôtre. Les (...)
Mouvements
Le bolivarisme : du Libertador à Hugo Chavez
COLLOQUE INTERNATIONAL Le bolivarisme : du Libertador à Hugo Chavez 25-26 mars 2010 UNIVERSITE DE PAU Laboratoire de recherches Arc Atlantique Avenue de l’Université, Pau (amphithéâtre de la présidence) http://www.culturamerica. fr/ Partenariats Universidad de América latina y el (...)
Memoire des luttes