Les plus éminents stylisticiens ne peuvent que s’incliner face à la beauté de l’oxymore que vient de nous tricoter le chef du gouvernement tunisien, Hamadi Jebali…de quoi faire mourir de jalousie un fin prestidigitateur de l’envergure de Silvio Berlusconi.
Une chose évidente mais souvent éludée : le monde arabe est gouverné dans sa totalité par des régimes monarchiques. Si les uns comme ceux du Maroc et du Golf s’assument en tant que tels, d’autres se griment lamentablement en se prenant pour ce qu’ils ne sont pas : des républiques. Les monarchies , les vraies, ont si l’on peut dire le mérite d’éviter à leurs sujets les énormes dépenses consacrées aux fausses campagnes électorales et aux élections truquées.
Berceau de l’humanité... l’admettent sans trop y croire tous ces pyrrhoniens opiniâtres, honteux d’une aussi sombre ascendance. L’Afrique n’est pas loin de nous rappeler le destin cruel des héros de la tragédie grecque. Mère désavouée, elle continue de subir les assauts enfiellés d’une progéniture renégate, outrée, semble-t-il, par une filiation aussi peu glorifiante. Des siècles durant, la génitrice noire ne cesse d’être saignée à blanc , déchiquetée par la fureur vampirique d’une descendance matricide.
La postmodernité s’affirme comme le lieu privilégié de la destruction de la structure politique et juridique de l’état. Le paradoxe est que l’abolition de l’état que Marx considérait comme l’aboutissement de la révolution prolétarienne est en train de se concrétiser plutôt sous les coups de boutoir incessants du néo-libéralisme. C’est ainsi que, contre toute attente, la disparition des classes a fait place à la déliquescence de la conscience de classe et l’avènement du communisme s’est dissout dans le flou uniforme de masses d’individus quasi-autistiques sans appartenance aucune et sans projets.
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