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Auteur : Fethi GHARBI
Hamadi Jebali ou le triomphe de l’échec
Fethi GHARBI

Les plus éminents stylisticiens ne peuvent que s’incliner face à la beauté de l’oxymore que vient de nous tricoter le chef du gouvernement tunisien, Hamadi Jebali…de quoi faire mourir de jalousie un fin prestidigitateur de l’envergure de Silvio Berlusconi.

Cela a cloué le bec à toutes ces mauvaises langues qui veulent nous persuader que le parti intégriste d'Ennahdha n'est qu'un conglomérat de salafistes obscurantistes et violents et de voyous habités plus par le mercenarisme que par une quelconque idéologie. Grâce à ce tour de passe passe, Jebali et son parti islamiste nous prouvent une fois pour toute qu'ils maîtrisent aussi et surtout l'art du discours. L'opposition tunisienne a compris un peu tard et à ses dépens, du moins je le suppose, qu'Ennahdha compte plus sur une élite de fins sophistes que sur son armada de gros bras qu'il met en scène de temps à autre rien que pour intimider…du moins pour le moment. Faut-il rappeler que le soir même de l'assassinat du très populaire leader de l'extrême gauche Chokri Bellaïd, alors que le pays entier était (...) Lire la suite »
 
Les civilisations meurent-elles par suicide ?
Fethi GHARBI
"Quand une civilisation arrive à relever des défis, elle croît. Sinon elle décline. Les civilisations meurent par suicide, non par meurtre" Arnold Joseph Toynbee Si l'on s'en tient à la vision de Toynbee, l'histoire se présente comme l'essor et la chute des civilisations et non comme les péripéties vécues par des État-nations ou des groupes ethniques. Pour définir une civilisation, le culturel l'emporte sur tous les autres critères. Toynbee considère que la "civilisation occidentale" embrasse toute l' Europe occidentale et se distingue à la fois de la "civilisation orthodoxe" de Russie et des Balkans et de la civilisation gréco-romaine qui a précédé. Cet historien se dissocie de la représentation que se font les idéologues de la modernité inscrivant la civilisation occidentale née à la renaissance et (...) Lire la suite »
 
Libye : « L’aube de l’Odyssée », une contrefaçon de l’épopée homérique
Fethi GHARBI
Ulysse, épuisé par la guerre de Troie, mais assoiffé du désir de retrouver sa douce Pénélope, embarque et entame dans la précipitation un long et périlleux périple. Sa dulcinée lui est apparu e en rêve...majestueuse...son corps élancée, couleur d'ébène, était paré d'or...des diamants atournaientde manière exquise ses cheveux et son cou... ses pieds baignaient dans un parfum enivrant aux senteurs étranges... On est en l'an onze du vingt et unième siècle. « L'aube de l'odyssée » s'annonce tumultueuse. Déjouant le courroux de Poséidon, notre héros loue les services d'Harmattan (*), un vent violent et poussiéreux venant des pays des francs. Un souffle dévastateur pousse le nef vers le sud... vers les rivages de la terre natale...Ulysse n'a qu'une idée en tête : pourfendre tous ces prétendants frustes qui (...) Lire la suite »
 
Où va la Tunisie ?...
Fethi GHARBI

Une chose évidente mais souvent éludée : le monde arabe est gouverné dans sa totalité par des régimes monarchiques. Si les uns comme ceux du Maroc et du Golf s’assument en tant que tels, d’autres se griment lamentablement en se prenant pour ce qu’ils ne sont pas : des républiques. Les monarchies , les vraies, ont si l’on peut dire le mérite d’éviter à leurs sujets les énormes dépenses consacrées aux fausses campagnes électorales et aux élections truquées.

En destituant le Bey en 1957 et en proclamant la république, Bourguiba n'a été pendant tout son long règne que le digne héritier du régime qu'il venait de renverser. Trônant à la tête de sa république en monarque absolu, il a vidé les institutions de toute leur substance. Aucune comparaison avec le présidentialisme gaullien. Quand on reprochait à la Vème république de n'être qu'une sorte de monarchie, De Gaulle la qualifiait d'élective. Si le présidentialisme en France dérive actuellement vers un hyper-présidentialisme asphyxiant, il n'en demeure pas moins que l' institution judiciaire et le pouvoir législatif gardent l'essentiel de leur autonomie face à l'exécutif. Dans un pays comme la Tunisie tout comme en Afrique noire et dans le monde arabe l'empire a imposé des pouvoirs absolus déguisés en (...) Lire la suite »
 
Ben Ali, l’arbre qui cache la forêt
Fethi GHARBI
Frappé d'anathème, le clan Ben Ali va jusqu'à susciter l'opprobre des dirigeants français et étasuniens ! Après quelques semaines d'hésitation, les chefs d'états occidentaux se rendent à l'évidence et tournent subitement le dos à leur protégé. "La révolution du jasmin" comme on se plait à la nommer les a désarçonné à tel point qu'ils se mettent à applaudir à l'unisson le soulèvement du peuple tunisien. Voila qu'Obama en personne félicitant ce peuple qui vient de déposer un despote ami du "monde libre" ! Cet étonnant élan pro-démocratique ne peut dénoter qu'une vision confuse des évènements qui ont lieu en Tunisie. Beaucoup confondent ce soulèvement avec les révolutions colorées de l'Europe de l'Est. Certains vont jusqu'à comparer la révolution tunisienne aux manifestations d'une partie des iraniens pendant les (...) Lire la suite »
 
Ma douce, ma brune Afrique...
Fethi GHARBI

Berceau de l’humanité... l’admettent sans trop y croire tous ces pyrrhoniens opiniâtres, honteux d’une aussi sombre ascendance. L’Afrique n’est pas loin de nous rappeler le destin cruel des héros de la tragédie grecque. Mère désavouée, elle continue de subir les assauts enfiellés d’une progéniture renégate, outrée, semble-t-il, par une filiation aussi peu glorifiante. Des siècles durant, la génitrice noire ne cesse d’être saignée à blanc , déchiquetée par la fureur vampirique d’une descendance matricide.

« Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. » Montesquieu « Pour les intérêts de notre pays, il ne faut pas avoir peur de mettre la main dans celle du diable » Jacques Foccart Qu'il est loin le temps où, crédules mais généreux, croyant à la fin du colonialisme, des visionnaires de l'envergure d'Amed Sékou Touré, de kwamé n'krumah, de Modibo Keita, de George Padmore, de Patrice Lumumba,de Jomo Kenyatta ou d'un Léopold Sedar Senghor rêvaient d'une Afrique renaissant de ses cendres, chacun s'ingéniant à l'atourner au gré de son imagination. Senghor peinait à concilier sa "négritude" révoltée et son fédéralisme candide, lui qui ambitionnait la création d'un Commonwealth à la française. Pour ce poète, l'âge des empires est (...) Lire la suite »
 
De l’esplanade David Ben Gourion à la place Mahmoud Darwich
Fethi GHARBI
Bertrand Delanoë, dit « assumer » et « revendiquer » la création d'une promenade Ben Gourion à Paris, inaugurée le jeudi 15 avril en présence de Shimon Pérès. « Oui, Ben Gourion a été un chef de guerre, pour que cet État puisse vivre, pour qu'il puisse survivre », a déclaré fièrement le maire de Paris. Le lundi 14 juin, c'est le même Bertrand Delanoë qui inaugure en présence de Mahmoud Abbas une place au nom du célèbre poète palestinien Mahmoud Darwich. Étrange coïncidence ; c'est en avril dernier que cette décision a été votée par le Conseil de Paris Mahmoud Darwich, chantre de la paix mérite bien cet honneur posthume. Son oeuvre lui a déjà valu de nombreuses distinctions, dont l'Ordre national du Mérite (1993), le Prix de la liberté culturelle de la Fondation Lannan (2002) et le Prix Prince Claus (2004). Ses (...) Lire la suite »
 
"SALAM GAZA" ou l’aguerrissement d’un poète
Fethi GHARBI
Deux mois après le massacre perpétré à Gaza par l'armée sioniste, Tahar Bekri, avec ses poèmes en bandoulière, s'engage sur les chemins escarpés de la Terre Sainte. Invité à Ramallah, Naplouse, Jérusalem-Est et Bir Zeit pour un cycle de lectures,. le poète réalise à quel point les mots sont dérisoires et impuissants face à la dure réalité du vécu en Palestine occupée. Une dialectique s'opère alors et la poésie détrônée se laisse transcender par l'expressivité des êtres et des choses et s'imprègne, muette, de l'éloquence de leur souffrance. Maniant admirablement cette langue de Molière devenue outil d'asservissement colonial et instrument d'acculturation d'un Magreb profondément arabophone et berbère, des écrivains comme Kateb Yacine ou Rachid Boujedra s'en sont emparé comme d'une arme, " un butin de guerre " dira (...) Lire la suite »
 
L’émiettement de l’humain
Fethi GHARBI

La postmodernité s’affirme comme le lieu privilégié de la destruction de la structure politique et juridique de l’état. Le paradoxe est que l’abolition de l’état que Marx considérait comme l’aboutissement de la révolution prolétarienne est en train de se concrétiser plutôt sous les coups de boutoir incessants du néo-libéralisme. C’est ainsi que, contre toute attente, la disparition des classes a fait place à la déliquescence de la conscience de classe et l’avènement du communisme s’est dissout dans le flou uniforme de masses d’individus quasi-autistiques sans appartenance aucune et sans projets.

Le néo-libéralisme se présente aujourd'hui comme une caricature de la pensée libérale, parce qu'il ne se croit plus l'héritier d'une histoire. Si le libéralisme s'est toujours inscrit dans une démarche philosophique née des Lumières du 18ème siècle et s'est évertué à démontrer sans y parvenir les vertus de la concurrence, le néo-libéralisme, renonçant à toute démonstration, totalitaire, affirme avec arrogance la supériorité systématique du marché concurrentiel présenté comme la voie unique vers le bien-être social et le bonheur universel. L'implosion de l'URSS a beaucoup joué en faveur de cette cristallisation néo libérale qui tend à se transformer en dogme à l'allure téléologique. Francis Fukuyama dans son livre 'La fin de l'histoire et le dernier homme' illustre de la manière la plus parfaite ce délire néo (...) Lire la suite »
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L’occident ou la fixation narcissique
Fethi GHARBI
Notre espèce semble atteindre son apogée, position privilégiée pour celui qui se donne la peine d'observer son parcours. Il ne peut alors que constater l'amorce de son déclin et l'approche probable de son éclipse. Obnubilé par son narcissisme, l'homme moderne, ayant détrôné les dieux, s'est cru être en mesure de jouir de leurs privilèges. Ce nouvel homme-dieu aveuglé par l'illusion de l'éternité et de la sur-puissance, ne se rend même pas compte qu'il ne fait que rendre plus imminente sa propre extinction. Si quelqu'un à travers l'histoire doit être qualifié de déicide c'est bien tous ces bâtisseurs de la modernité. Cependant, la mort de dieu n'a pas eu pour résultat la naissance de l'homme nouveau tant escompté, du surhomme dont rêvait tant et tant Nietzsche. En mimant grossièrement les divinités qu'il a (...) Lire la suite »
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