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Auteur : René NABA

Interview : « En à peine un an, la perception de la Russie a changé au Moyen-Orient »

René NABA

Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP, René Naba vient de publier un ouvrage sur l’Arabie saoudite (1). Il y décrypte les enjeux du prochain déplacement, prévu fin mars, de Barack Obama au « royaume des ténèbres », dans un contexte tendu par les crises syrienne et ukrainienne.

HD. Dans quel contexte Barack Obama effectue-t-il sa visite en Arabie saoudite ? RENÉ NABA. Ces dernières semaines, la conjoncture internationale s’est considérablement modifiée au détriment de ce que j’appelle « l’islamoatlantisme », c’est-à-dire l’alliance de l’islam wahhabite et des pays de l’OTAN. La rébellion syrienne, soutenue par l’Arabie saoudite, a subi d’importants revers en perdant, par exemple, la ville de Yabroud. Toute la région côtière va être sécurisée au profit du gouvernement syrien. S’y ajoutent le camouflet diplomatique en Crimée et la guerre qui couve entre les Saoudiens et les Qataris. HD. La Russie joue-t-elle un rôle plus important au Moyen-Orient ? R.N. Mahmoud Abbas, président de I’Autorité palestinienne, a déclaré récemment : « Ne faites jamais confiance aux Américains. Si vous voulez récupérer vos droits, adressez-vous aux Russes. En moins d’un an, il y a eu une modification de la perception de la Russie au Moyen-Orient. En Égypte, le général Al Sissi renoue actuellement avec Moscou, (...) Lire la suite »

Golfe : La révolte oubliée du Bahreïn

René NABA
Dawwar al Lou’lou’a (Rond-point de la Perle), équivalent bahreïni de la Place Tahrir au Caire, a été le haut lieu de la contestation à Manama contre le pouvoir de la dynastie Al Khalifa. Le célèbre monument qui symbolise la traditionnelle culture de la perle du Bahreïn a été rasé par l’armée en mars 2011. I – Une conjonction maléfique Paris – Pas de chance, triplement malchanceux ce pays, Bahreïn, archipel d’entre deux mers, coincé entre les chefs de file des deux branches rivales de l’Islam, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, voué à constituer une des premières cibles iraniennes en cas d’attaque israélienne ou américaine. Pas de chance, non plus, que la révolte des Bahreïnis soit survenue un mois jour pour jour après le dégagement de Ben Ali, et, pire, à la date commémorative du 3eme anniversaire de l’assassinat du premier ministre milliardaire saoudo libanais, Rafic Hariri, le 15 février 2005, l’homme lige des Saoudiens au Liban, propulsé au rang de « martyr absolu » du camp occidental au Moyen orient. (...) Lire la suite »

« La bataille de Syrie marque la fin de l’unilatéralisme occidental »

René NABA
France-Arménie : Comment qualifieriez-vous la nature actuelle de ce conflit ? En quoi la Syrie est-elle un front de la guerre froide entre « arc chiite » (Iran) et « bloc sunnite » (saoudo-turc) ? René Naba : Cent ans après les accords Sykes-Picot (2) portant partage du Moyen-Orient en zones d’influence, la bataille de Syrie apparaît comme un conflit pour une nouvelle détermination de la hiérarchie des puissances dans l’ordre international et régional. Le péril chiite succède ainsi au péril rouge, au péril vert, en attendant le péril jaune dans la fantasmagorie occidentale et son instrumentalisation au bénéfice de la stratégie saoudo-atlantiste. En quoi la Syrie est-elle devenue le cœur du Djihad régional et international ? La Syrie de la décennie 2010 remplit une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980. Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille. Dans la pure tradition de la guerre froide (...) Lire la suite »

Qatar-Hamas, un an après : Hamad du Qatar en rade et le Hamas en panade

René NABA

Paris – Un an après la visite de l’Émir du Qatar à Gaza, le 24 octobre 2012, Hamad du Qatar est en rade et le Hamas en panade.

Qualifiée d’« historique » [1] par la presse atlantiste et célébrée par les intellectuels organiques français et leurs affidés qatarologues comme « le triomphe du soft power » de la principauté pétrolière, cette visite a pris la dimension d’un effroyable gâchis. Un an après que sont donc devenus les protagonistes de cette mascarade (de l’arabe maskhara) au goût de sang et de cendres ?

I – Le Qatar, la poisse En un an, Gaza a fait l’objet d’une sévère offensive israélienne en toute impunité, un mois après la visite de l’Émir, et, en réplique, le Hamas a remercié précisément les deux meilleurs alliés d’Israël dans la zone, le Qatar et surtout la Turquie, c’est-à-dire l’unique pays musulman, qui plus est sunnite, membre de l’Otan et meilleur allié d’Israël dans la zone, oubliant au passage de remercier ses anciens frères d’armes, les artisans de sa victoire, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais. L’Émir, lui, a été destitué par ses tuteurs américains par évacuation sanitaire ; Le chef néo-islamiste Mohamad Morsi dégagé sans ménagement du promontoire égyptien, levier de la conquête du pouvoir dans le Monde arabe, et embastillé ; L’homme du Qatar au Liban Ahmad Al Assir, le cheikh salafiste qui devait pointer la dague pétro-monarchique sur le flanc du Hezbollah et lui couper la voie du ravitaillement stratégique vers la zone frontalière libano-israélienne, s’est, lui, dissipé dans les ténèbres de la (...) Lire la suite »

Le Bougnoule, sa signification étymologique, son évolution sémantique, sa portée symbolique

René NABA

En ces temps là, « la chair à canon » carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins les présupposés d’un peuple, les ressorts psychologiques d’une nation et la complexion mentale de ses dirigeants, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul », apporte l’alcool- finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs.

En guise de commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale (1914-1918) En signe solidarité avec Christine Taubira, grande dame de la justice française, victime d’un méprisable délit de faciès En pièce jointe : « Les dogues noirs de la République » selon l’expression du sénégalais Léopold Sedar Senghor, dont le sacrifice a contribué à la grandeur de la France. Tableau des pertes coloniales, nom du fichier : tableau-pertes-coloniales.pdf (249 kB)Le contexte historique À l’assaut des tranchées adverses, ployant sous un déluge d’obus, suffoquant sous l’effet des gaz mortels sur les champs de bataille brumeux et venteux du Nord-est de la France, sous la glaciation hivernale des nuits noires de novembre, à des milliers de kilomètres de leur tropique natal, les grandes rasades d’alcool galvanisaient leurs ardeurs combatives à défaut d’exalter leur patriotisme. En ces temps là, « la chair à canon » carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins (...) Lire la suite »

Géopolitique du Moyen-Orient : Le Liban et le salafisme-wahabisme

René NABA

Interview de cccc par RPL (Rassemblement pour le Liban), la branche française du Courant patriotique Libanais du Général Michel Aoun. Propos recueillis par Mohamad Ezzeddine

RPL- Le rigoriste Ahmad Al Assir a ruiné Saida pendant deux ans et l’a détruite. Qui finançait et armait ce terroriste et son groupe ? RN : AL-Assir n’est pas le fait du hasard. Nullement. Certainement pas un phénomène de génération spontanée. Certainement pas une icône révolutionnaire du calibre de Mohamad Bouazizi. Son surgissement a été programmé. Depuis 2006, en pleine guerre de destruction israélienne du Liban, l’Arabie saoudite et l’Egypte de Moubarak n’avaient de cesse d’entraver le Hezbollah, projetant de créer une milice sunnite au Liban, non pour participer à la guerre contre Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe, mais une milice sunnite qui fasse contrepoids au Hezbollah, sur une base sectaire, en vue de faire de l’ombre à la milice chiite. Un pion dans une éventuelle négociation visant à désarmer le Hezbollah. Wikileaks a fait état des entretiens à ce sujet de Saoud Al Faysal, ministre saoudien des Affaires étrangères, avec David Satterfield, sous-secrétaire d’état américain, sur suggestion de (...) Lire la suite »

Egypte : Le rêve fracassé du Califat.

René NABA
Paris – Un an de pouvoir a fracassé le rêve longtemps caressé d’un 4eme Califat, qui aurait eu pour siège l’Egypte, le berceau des « Frères Musulmans », devenue de par l’éviction brutale du premier président membre de la confrérie, la tombe de l’islamisme politique. Le Califat est une supercherie lorsque l’on songe à toutes les bases occidentales disséminées dans les monarchies arabes, faisant du Monde arabe la plus importante concentration militaire atlantiste hors des Etats unis. Dans un contexte de soumission à l’ordre hégémonique israélo-américain, le combat contre la présence militaire atlantiste paraît prioritaire à l’instauration d’un califat. Et le califat dans sa version moderne devrait prendre la forme d’une vaste confédération des pays de la ligue arabe avec en additif l’Iran et la Turquie soit 500 millions de personnes, des réserves énergétiques bon marché, une main d’oeuvre abondante. En un mot un seuil critique à l’effet de peser sur les relations internationales. Faute d’un tel projet, en présence (...) Lire la suite »
Egypte-néo-islamiste : Retour sur la séquence Mohamad Morsi et des néo islamistes arabes à l’ombre du « printemps arabe »

La métaphore de Suez

René NABA
I – La signification symbolique de la destitution de la statue de Nasser Paris – La destruction de la statue de Nasser à Benghazi, acte fondateur du pouvoir néo islamiste en Libye, en 2012, a constitué la marque symptomatique du nanisme politique d’une équipe sans légitimité, ni charisme, parvenue au pouvoir à Tripoli sous les ailerons des Tomahawks américains. Indice d’une rare aberration mentale, la destitution symbolique du chef de file du nationalisme arabe a traduit dans le même temps la haine rance que les néo islamistes nourrissent à l’égard d’un homme qui a relevé la tête des Arabes et tenu en respect les puissances occidentales pendant près de deux décennies. Nasser qui a scandé le redressement arabe avec son légendaire cri de ralliement « ارفع رأسك يا أخي » Irfah Ra’sak Ya Akhi- Relève ta tête mon frère », dont le charisme enflammait les foules de la planète bariolée au point de faire peser une menace d’implosion du Commonwealth britannique dans la foulée de l’expédition de Suez. Nasser, l’homme de la (...) Lire la suite »

La fin sans gloire de l’émir du Qatar

René NABA

Ce dégagement sans ménagement constitue une claire démonstration du statut mineur des souverains du Golfe par rapport à leur tuteur américain.

Le dégagement politique de l’émir du Qatar, par voie de l’évacuation sanitaire, a été programmé, contraignant le souverain à céder son trône, en pleine gloire, en pleine force de l’âge, à son fils cadet, le prince Tamim, une transmission de pouvoir inédite dans les annales des pétromonarchies gérontocratiques du Golfe. L’émir, né en 1952, a réuni lundi 24 juin 2013 la famille régnante au lendemain de la « conférence des amis de la Syrie », en compagnie des « sages » de la principauté, pour une mise au point final du dispositif d’abdication. Présentée par ses nombreux communicants comme répondant au souci du souverain de procéder à un rajeunissement du pouvoir dans les gérontocraties du Golfe, cette transition inhabituelle du pouvoir au Qatar, dans un pays théâtre de deux coups d’états dynastiques au cours de ses 40 ans d’indépendance, devrait, dans la foulée du « printemps arabe », servir d’exemple pour les générations futures en matière de transfert de pouvoir dans les monarchies arabes. Une destitution comparable à (...) Lire la suite »

Liban-France : Georges Ibrahim Abdallah : Contre l’oubli.

René NABA

Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 29 ans, Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise...

I – Une justice à la Kafka Paris – Un homme libre en captivité. Tel est le paradoxe de cet homme de conviction et de rare courage, victime des contradictions françaises. Pleinement Libre, mais retenu en otage de considérations politiques françaises où le ministère de l’intérieur fait capoter une remise en liberté, non au nom de la raison d’état, mais pour des considérations électoralistes, où la duplicité tient lieu de posture morale en ce que le principe de la séparation des pouvoirs, hautement proclamé surtout depuis le scandale Jérôme Cahuzac, est subrepticement bafoué par des arguties de basse manœuvres politiques. La Cour d’appel avait ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah en subordonnant sa remise en liberté à un arrêté d’expulsion du territoire du ministre de l’intérieur. Beaucoup y ont vu dans cette décision de justice une double peine déguisée infligée au prisonnier. Un principe prohibé par le droit français. D’autres, tout aussi nombreux, ont considéré que le fait de subordonner, à tout le (...) Lire la suite »
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