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Ce chemin de Damas semé d’embûches (Asia Times)

La question à un demi-billion de dollars dans l’ « Hiver arabe » : qui va ciller le premier dans le scénario de l’Occident pour aller traîner jusqu’à Téhéran, via Damas ?

Alors qu’ils font le point devant l’échiquier régional et le formidable déploiement des forces alignées contre eux, le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et la dictature militaire du mullahtariat à Téhéran voient à quoi ils doivent simultanément faire face : à la superpuissance de Washington, aux va-t-en-guerre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à la puissance nucléaire d’Israël, et à toutes les monarchies absolues arabes sunnites, et même à la Turquie laïque à majorité sunnite.

Alors que de son côté, la République islamique ne peut compter que sur Moscou. Une carte moins mauvaise qu’il n’y paraît.

La Syrie est l’allié majeur incontesté de l’Iran dans le monde arabe, pendant que la Russie, avec la Chine, en sont les principaux alliés géopolitiques. La Chine, pour l’instant, a laissé clairement entendre que quelle que soit la solution pour la Syrie, elle doit être négociée.

La seule et unique base navale de la Russie en Méditerranée est le port syrien de Tartous. Ce n’est certes pas par hasard que la Russie y a installé son système de défense anti-aérienne S-300 - l’un des meilleurs systèmes de missiles sol-air (toute altitude) au monde, comparable à l’American Patriot. Son perfectionnement vers un système S-400 bien plus sophistiqué est imminent.

Du point de vue de Moscou - aussi bien que de Téhéran -, un changement de régime à Damas est hors de question. Cela signifierait quasiment l’éviction des navires russes et iraniens de la Méditerranée. (*)

Pourtant des mouvements latéraux importants sont déjà engagés par l’Occident. Des diplomates à Bruxelles ont confirmé à Asia Times Online que les anciens « rebelles » libyens - qui tentent en ce moment de se trouver un gouvernement crédible - ont déjà donné le feu vert à l’OTAN pour la construction d’une base militaire tentaculaire en Cyrénaïque (province au nord-est de la Libye).

Ce n’est pas l’OTAN qui a le dernier mot pour de telles questions. C’est décidé par le grand patron - le Pentagone -, intéressé à stimuler l’Africom (commandement militaire US pour le contrôle de l’Afrique - ndt) en coordination avec l’OTAN. Au point qu’on s’attend à ce que 20 000 hommes de troupes soient déployés sur le terrain en Libye - dont au moins 12 000 Européens. Ils seront responsables de la « sécurité intérieure » en Libye, mais aussi sur le pied de guerre pour toutes campagnes militaires ultérieures éventuelles sur - qui d’autres ? - la Syrie et l’Iran.

Écraser ces chiites

Autant la dernière « coalition de la volonté » (Coalition of the willing est le nom que G. W. Bush a donné aux États qui ont accepté de participer à la guerre américaine en Irak en 2003 - ndt) - qui, soit dit en passant, répète le modèle libyen - autant cette coalition est dirigée contre le régime de Bashar al-Assad en Syrie, autant elle représente aussi une guerre chrétiens-sunnites contre chiites, que ce soit la minorité alaouite de Syrie ou les majorités chiites d’Iran, d’Irak ou du Liban.

Cela s’intègre totalement dans l’ « opportunité stratégique » déterminée par le puissant lobby pro-israélien à Washington : si nous frappons l’axe Damas/Téhéran, nous portons un coup fatal au Hezbollah au Liban. Cela, pensent les idéologues, pourrait passer maintenant dans l’opinion publique mondiale sous couvert d’ex-Printemps arabe - aujourd’hui « Hiver arabe » après métamorphose, avant d’être l’ « Été arabe », dans les contre-révolutions arabes.

Comme Téhéran l’observe, ce qui se passe réellement pour la Syrie, est une couverture « humanitaire » pour cacher une opération complexe anti-chiite et anti-Iran.

La feuille de route est d’ores et déjà claire. Un Conseil national syrien non représentatif, acrimonieux - du style libyen - est déjà en place. Idem pour une « insurrection » sunnite armée de pied en cap et quadrillant les frontières du Liban et de la Turquie.

Les sanctions frappent déjà essentiellement la classe moyenne syrienne. Une campagne internationale implacable de dénigrement du régime Assad a été déployée. Et les opérations psychologiques abondent, avec l’objectif de persuader des éléments de l’armée syrienne de déserter (ça ne marche pas).

Un rapport (1) d’un chercheur basé au Qatar pour l’Institut international d’Études stratégiques n’est même pas loin d’admettre que la soi-disant « Armée libre syrienne » n’est surtout qu’une bande d’irréductibles islamistes, plus quelques réels transfuges de l’armée, mais pour la plupart des Frères musulmans radicalisés achetés, payés et préparés à des fins militaires par les États-Unis, Israël, les monarchies du Golfe et la Turquie. Il n’y a rien de « pro-démocratie » dans tout cela - comme rabâché sans cesse par les médias privés occidentaux et les médias à capitaux saoudiens.

Comme pour le Conseil national, basé à Washington et à Londres et saupoudré de ces habituels exilés douteux, son programme appelle à gouverner la Syrie aux côtés de l’armée, de cette même armée - comme la junte militaire égyptienne - qui a tiré sur les civils qui manifestaient. Cela nous rappelle que la seule solution sensée pour le peuple de Syrie est de faire tomber le régime de l’État policier d’Assad, tout en étant farouchement opposé au douteux Conseil national syrien.

Le modèle (de dictateur) de cette année

Et puis il y a l’Occident, comme toujours malavisé et mal informé, qui croit que la Ligue arabe - qui n’est aujourd’hui rien de plus qu’une marionnette de la politique étrangère US - partage les aspirations démocratiques du peuple syrien. Le blogueur arabe en colère, As’ad Abu Khalil, a raison quand il dit qu’après la chute du président Hosni Mubarak en Égypte, « la Ligue est devenue désormais une extension du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ».

Le CCG est en réalité le Club de la Contre-révolution du Golfe. Leur sport favori au CCG est de privilégier un certain « modèle » de dictateurs - à commencer par eux-mêmes, mais aussi en incluant Ali Abdullah Saleh, du Yémen, et les petits rois de Jordanie et du Maroc, qui seront annexés au CCG car ils souhaitent s’intégrer au Golfe persique (ce que contredit la géographie). D’un autre côté, le CCG abhorre les « mauvais » dictateurs, comme Mouammar Kadhafi qui est éliminé et Assad, lesquels, et non par hasard, sont de républiques laïques.

La Maison des Saoud, la Jordanie et le Qatar en pleine ascension sont plus qu’à l’aise en travaillant pour les USA et Israël. La Maison des Saoud - élément de pointe du CCG - a envahi le Bahreïn avec 1500 hommes de troupe pour écraser les manifestations pro-démocratie, absolument les mêmes manifestations qu’en Égypte et en Syrie. La Maison des Saoud a aidé la dynastie sunnite régnante al-Khalifa, dans un Bahreïn à 70 % chiite, à pratiquer la torture généralisée ; des Bahreïnis confirment que tous ceux qui ont été torturés ont été contraints d’avouer des liens directs avec le « diable » de Téhéran.

En Égypte, la Maison des Saoud a soutenu Moubarak même après qu’il ait été destitué. Maintenant, elle soutient - jusqu’ici à hauteur de 4 milliards de dollars US - une junte militaire qui veut essentiellement garder le pouvoir, sans contrôle, derrière une façade « démocratique ».

La Maison des Saoud ne pouvait pas coexister avec une Égypte démocratique victorieuse. Tous ceux qui croient la Maison des Saoud quand elle prétend défendre les droits humains et la démocratie au Moyen-Orient devraient aller passer des tests dans un asile.

La Ligue arabe - et par extension, la Maison des Saoud - a donné une carte verte à l’OTAN pour bombarder un de ses États membres. Elle a suspendu la Syrie le 12 novembre - comme elle l’avait fait pour la Libye le 22 février - parce que, contrairement à ce qui s’est passé pour la Libye, les conceptions US et européennes au Conseil de Sécurité des Nations-Unies se sont heurtées aux veto de la Russie et de la Chine.

Bienvenue à la « nouvelle » Ligue arabe dans laquelle, si vous ne vous prosternez pas devant l’autel du GCC, vous êtes condamné à un changement de régime.

Adorer le CCG n’est pas la même chose qu’adorer le Pentagone et l’OTAN. La Jordanie et le Maroc sont membres du Dialogue méditerranéen de l’OTAN, et le Qatar et les Émirats arabes unis (EAU) sont membres, eux, de l’Initiative de coopération d’Istanbul. En outre, la Jordanie et les EAU sont les seules troupes de Nations arabes contribuant à l’OTAN en Afghanistan.

Ivo Daalder, ambassadeur de l’Administration Obama à l’OTAN, a déjà donné l’ordre à la Libye d’entrer dans le Dialogue méditerranéen, aux côtés du Maroc, Jordanie, Égypte, Tunisie, Algérie, Mauritanie et Israël. Et plus tôt ce mois-ci, il a déclaré au Conseil de l’Atlantique qu’il était nécessaire d’attaquer la Syrie ; une « nécessité urgente » (donnant l’impression qu’Assad allait raser la ville d’Homs) ; un « soutien régional » (qui viendra en un éclair de la Ligue arabe/CCG) ; et un mandat de l’ONU (qui n’arrivera pas, comme l’ont laissé clairement entendre la Russie et la Chine).

C’est donc à cela qu’on peut s’attendre exactement de la part de la « coalition de la volonté » : quelques sombres cabales accusant le régime Assad, un soutien immédiat de la Ligue arabe/CCG, et, probablement, une action unilatérale parce que, en passant par l’ONU, ça ne marchera pas.

Le rêve du Grand Moyen-Orient

Pas étonnant que certains esprits sains à Damas, lisant dans le marc de café, aient décidé de certaines actions. Damas a envoyé des messagers secrets pour sonder l’humeur de Washington. Le prix à se retrouver seul : couper tous liens avec Téhéran, pour de bon. Le régime Assad continue de se demander ce qu’il obtiendrait en retour.

Les alaouites, environ 12 % de la population et faisant partie de l’élite dirigeante, n’abandonneront pas le régime Assad. Les chrétiens et les Druzes ne s’attendant qu’au pire de la part d’un nouvel ordre dominé par les irréductibles Frères musulmans. Idem le voisin crucial, le gouvernement Nuri al-Maliki à Bagdad.

La Russie sait que si le modèle libyen actuel est reproduit en Syrie - et avec le Liban déjà de facto sous blocus de l’OTAN - la Méditerranée deviendra ce rêve, un lac OTAN, nom de code pour le contrôle américain absolu.

Moscou voit aussi que, dans le Grand Moyen-Orient de conception US - quand on dit « Grand », ça va de la Mauritanie au Kazakhstan -, les seuls pays qui ne sont pas engagés avec l’OTAN par une myriade de « partenariats » sont, en dehors de la Syrie, le Liban, l’Érythrée, le Soudan et l’Iran.

Comme pour le Pentagone, le nom du jeu est « repositionnement ». Donc, si vous êtes en Irak et que vous le quittez, vous pouvez aller partout ailleurs dans l’ « arc d’instabilité », de préférence dans le Golfe. Il y a déjà 40 000 soldats US dans le Golfe - dont 23 000 au Koweït. Une armée secrète du Pentagone et de la CIA est entraînée par les anciens de Blackwater (société militaire privée américaine) « renommée » Xe, dans les Émirats arabes unis. Un OTAN dans le Gulf est en train de voir le jour. OTAN/CCG, qui dit mieux ?

Quand les néoconservateurs US régnaient sur l’univers - c’était seulement il y quelques années -, la devise était « Les vrais hommes vont à Téhéran ». Il faut la revoir. Elle devient « Les vrais hommes vont à Téhéran en passant par Damas mais seulement s’ils ont assez de couilles pour faire plier Moscou ».

Pepe Escobar

24 novembre 2011 - article original en anglais Asia Times -

traduction : JPP, Info-Palestine

COMMENTAIRES  

03/12/2011 15:49 par AP Kotchik

"Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei and the military dictatorship of the mullahtariat in Tehran (…)"

(Pourquoi pas de majuscule à "Chef suprême" dans la traduction ????)

Derrière un discours bon marché singeant un Noam Chomsky fustigeant l’impérialisme US, supposé "progressiste" , Pepe Escobar véhicule des clichés de la propagande hasbariste "neocon" la plus réactionnaire.

La République islamique d’Iran serait donc d’après lui une "mollahcratie" ?

N’importe quel constitutionnaliste rirait de cette proposition grotesque. N’en déplaise aux "neocon" , déguisés ou pas, c’est bien une République avec tous ses attributs, le Président y est élu au suffrage universel, le Parlement - qui n’est d’ailleurs pas un parlement Godillot - l’est également tout comme les représentants locaux.

Quant à dire que ce serait une théocratie, ce serait également absurde et factuellement faux, car les minorités religieuses, chrétiennes et hébraïques par exemple, bénéficient d’office de représentants au Parlement, que leur nombre ne leur permettrait pas sinon.

Dire qu’il s’agirait d’un système ecclésiastique serait également faux, car les laïcs bénéficient des mêmes droits politiques que les ecclésiastiques, la preuve en étant l’actuel Président de la République et le courant laïque qui le soutient.

S’agissant de la supervision du Leader Suprême de la Révolution, irait-on dire de même du Royaume Uni où le Roi possède des pouvoirs de contrôle en dernier recours équivalents ? Restons sérieux !

C’en est assez de lire tout et n’importe quoi à propos de la république d’Iran et venant de la bouche ou la plume de scribouillards prétendument "de Gauche" , je trouve que cela sent particulièrement mauvais !

04/12/2011 09:14 par emcee

Je constate que les commentateurs-trices du GS sont devenus très pointilleux et pointus quant à l’orthographe du français, ce qui est fort louable, mais que certain-e-s oublient de consulter les règles de base et tendent à imposer leurs propres règles.
On a pu assister récemment à un échange de commentaires peu rigoureux sur l’emploi des majuscules en français, et en voici un autre exemple (Pourquoi pas de majuscule à "Chef suprême" dans la traduction ????).

Alors, petit rappel des usages

Pour les titres et appellations honorifiques, c’est la règle suivante qui prévaut :

S’il s’agit d’une fonction unique (président de la république, premier ministre, roi du Maroc, reine d’Angleterre, pape …), il convient de mettre une majuscule au titre quand :
- on s’adresse à la personne par courrier (Monsieur le Président, je vous fais une lettre. ...") - majuscule dite "de révérence" ou de "déférence".
- le titre se substitue au nom de la personne ("Nicolas Sarkozy a prononcé un discours ... Le Président a, alors, déclaré …") .
On peut retrouver ainsi, par exemple, cet usage dans les textes officiels, le nom du président en exercice étant secondaire, car connu de tous à la date de la publication.
Contrairement à l’anglais, le français, plutôt avare de majuscules (pas de majuscules aux adjectifs, aux noms de religions et à leurs adeptes, par exemple) n’impose, donc, pas de majuscules lorsqu’on ne s’adresse pas directement à la personne ou lorsque ces mots sont employés dans un sens général, ou pour en préciser la fonction. Dans ce dernier cas, les majuscules indiqueraient, alors, que l’auteur tient à exprimer une déférence particulière pour le personnage cité.
Ex :
La reine Élisabeth et le président Bush étaient présents. ("reine" et "président", qualifiant, en quelque sorte les noms propres).
Le président de la république est élu au suffrage universel.
Le président de la république, Nicolas Sarkozy,.. ".

Dès que le sujet n’est pas un cas unique, la minuscule est de rigueur : l’académie (30 en France), le recteur, le proviseur, le ministre, l’archevêque, etc. ne sont pas censés comporter de majuscule.
On écrira ainsi : le ministre de la Santé (ministère unique)

Et donc, si on écrit la reine Élisabeth et le président Bush, il n’y a aucune raison de mettre des majuscules à "le chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei". Sauf à insister sur l’importance de ce personnage et le placer au-dessus des autres dirigeants de ce monde.

En revanche, un puriste, soucieux de lire une traduction soignée, noterait que les termes de « chef » et, a fortiori de « Leader », qui est un double anglicisme, ne sont pas les termes appropriés utilisés en français pour indiquer le titre de l’ayatollah Ali Khamenei, habituellement qualifié de « guide suprême ».
Avec ou sans majuscules.
Et donc, si on suit les règles d’usage du français, il est incongru d’écrire :
"… Royaume Uni où le Roi possède des pouvoirs de contrôle en dernier recours équivalents".
A moins, évidemment, que le royaume d’Angleterre soit désormais dirigé par un roi et que la Reine ait abdiqué. Mais je n’en ai rien su.

04/12/2011 12:10 par Palmer

@04/12/2011 à 09:14, par emcee

Et mis à part enculer les mouches, (pauvres bêtes) à propos des clichés propagandistes visant l’Iran, puis que c’était de ça dont l’intéressée parlait si j’ai bien compris, vous en pensez quoi ?

Je signale en outre que la monarchie britannique a bien des prérogatives de veto de fait sur la législation publique, quiconque suit un minimum les actualités du RU ne peut l’ignorer. On peut lire par exemple :

Prince Charles to retain his right of veto

En l’occurrence il ne s’agit là ni d’un roi ni d’une reine mais d’un prince, n’en déplaise au tortionnaires de mouches ! ;-)

Ceci dit concernant l’auteur de l’article, je trouve aussi sa réputation surfaite et ses intensions parfois peu claires, mais c’est souvent le cas avec les intellectuels américains. Gilad Atzmon considère par exemple les positions d’un Noam Chomsky comme étant sionistes de fait, et j’en suis assez d’accord, alors que presque tout le monde le décrit comme un critique du régime sioniste....

04/12/2011 12:36 par AP Kotchik

@04/12/2011 à 09:14, par emcee

Tout le monde aura compris que mon commentaire n’avait pas pour objet de pinailler ni d’ergoter sur la forme, mais de m’exprimer sur le fond du texte.

Je pourrai ajouter que les médias qui raffolent de cet auteur ne sont pas non plus n’importe lesquels et sont pour le moins controversés, tel al-Jazeera par exemple...

05/12/2011 00:19 par emcee

D’abord, je ne m’adressais pas à vous directement (sauf que vous faisiez partie de la clique des coupeurs de cheveux en quatre sur un autre fil de discussion pour savoir s’il fallait ou non une majuscule à « juif ») et ensuite, je ne vous permets absolument pas d’être grossier et vulgaire à mon égard. Pour qui vous prenez-vous donc ?
Je suis même étonnée que le Grand Soir laisse passer des propos pareils sans réagir.
Mon commentaire s’intéressait à la forme parce que je vois de plus en plus des commentateurs qui s’attachent à des détails insignifiants et inutiles pour justifier d’un commentaire péremptoire.
Ce que j’en pense ? Il faut que je vous le dise ? Mais, vous qui avez un avis sur tout, avez-vous seulement besoin de connaître celui des autres ?
Vous citez le prince Charles, Gilad Atzmon et Chomsky, je vois que vous avez de grandes connaissances. Je suis impressionnée.
Je vais me plonger immédiatement sur un site de références pour savoir au moins qui sont les deux derniers.
Pour le Prince Charles, ça va aller. J’ai entendu parler de lui, mais il ne m’a jamais paru bien intéressant. J’espère que les deux autres le seront.

@ APkotchik

Pareil. Que peut-on dire devant tant de discernement.
Je préciserai tout de même que le président iranien est chargé de l’exécutif sous la supervision du Guide de la révolution, un religieux obligatoirement, qui a le pouvoir de démettre le président de ses fonctions ;
Que c’est le Guide qui est le chef de l’Etat et qu’il a les pouvoirs absolus ;
Que si le président est bien élu au suffrage universel, il doit en tant que candidat être approuvé par le Conseil des gardiens de la révolution, constitué pour moitié de religieux chargés spécifiquement de veiller à ce que les lois votées sont compatibles avec la Constitution et l’islam ;
Que les lois et règlements de tous ordres sont basés obligatoirement sur la loi coranique ;
Que l’Iran se proclame « République islamique » ;
Et qu’enfin, une théocratie, même républicaine, est un système de gouvernement dans lequel l’autorité est exercée par les religieux.
Cela semblerait être le cas ici.
Mais, je dois me tromper.

05/12/2011 00:33 par legrandsoir

emcee a raison, il y a un certain relâchement en ce moment sur les forums du Grand Soir.

Merci à tous de redresser la barre.

05/12/2011 01:39 par Palmer

05/12/2011 à 00:19, par emcee

(...) le président iranien est chargé de l’exécutif sous la supervision du Guide de la révolution, un religieux obligatoirement, qui a le pouvoir de démettre le président de ses fonction (...)

Le souverain britannique a également comme prérogative de pouvoir dissoudre le parlement et donc de faire tomber le Premier ministre et son gouvernement.

Que le Guide suprême iranien ait des pouvoirs absolus est un pure jugement de valeur, ce n’est pas constitutionnellement un fait. Il a un pouvoir qui pourrait être comparé au Conseil constitutionnel en France, il n’a aucun contrôle direct du pouvoir. Ceux du Président de la République sont en outre limités par le parlement, qui doit par exemple approuver ses choix de ministres, ce qui n’existe pas en France que je sache.

Plutôt que de reprendre des clichés, (Parler de théocratie par exemple !!!!) il me semble plus judicieux d’étudier sur pièce leur constitution ou au moins d’en lire ce qu’en disent des constitutionnalistes. Les Iraniens se sont en outre pas mal inspirés de la constitution turque qui présente des caractères nettement plus démocratiques que la constitution française par exemple sur certains points. On se souvient par exemple que lors de la guerre d’Irak (la 1ère si je me souviens bien ?) le parlement turc avait refusé aux Américains l’utilisation du territoire turc et ce contre l’avis du gouvernement de l’époque....

05/12/2011 02:14 par AP Kotchik

05/12/2011 à 00:19, par emcee

une théocratie, même républicaine, est un système de gouvernement dans lequel l’autorité est exercée par les religieux.

Eh bien ce n’est pas le cas justement comme je l’ai déjà précisé… La plupart des parlementaires ne sont pas des religieux et l’actuel Président de la République non plus, la plupart des ministres non plus, je crois qu’il n’y en a qu’un, celui qui s’occupe des affaires religieuses : Seyyed Mohammad Hosseini.

05/12/2011 09:01 par rouge de honte

Et c’est pour ça, entre-autre, que le monde peine à aller dans le bon sens. Plutôt que d’unir vos forces, vous qui avez été instruit, vous laissez sans trop lutter, parler votre égo.
J’apprends beaucoup avec vous et je vous en suis reconnaissant.
Le manque de respect est la conditio sine qua non à l’exclusion sociale.
L’exclusion est le ferment du fascisme.
Et puis, je suis content que emcee soit de retour.

05/12/2011 11:19 par emcee

A APK,

Vous voulez absolument retomber sur vos pattes, ça je l’ai déjà constaté sur les fils de discussion. Mais, je déteste la partialité et la désinformation - qui ne sont pas plus nobles que celles que nous servent les médias dominants. . Alors, je poursuis donc.

Certes, il y a un parlement élu démocratiquement, mais, comme pour le président, les candidatures doivent être approuvées par le Conseil des gardiens, 6 religieux et 6 juristes proposés par le pouvoir judiciaire qui dépend du Guide.
D’autre part, si les lois ne sont pas compatibles avec la loi coranique (ou la Constitution), elles sont rejetées par le Conseil des gardiens et il n’y a aucune possibilité de contourner leur veto.
Quant au président, il met en application les lois qui ont été votées au parlement et visées par les religieux.
Le Guide, qui plus est, est également, accessoirement, le chef des armées ; c’est, donc, à lui que revient la responsabilité de déclarer la guerre ou la paix.
TOUT est verrouillé par les religieux. Quoi que vous disiez.
Et il est évident que tous ceux, même laïques, qui souhaitent rester à leurs postes n’ont pas intérêt à braver la politique des religieux. Ils s’en tiendront à ce qu’ils savent pouvoir faire.
C’est pour cela que ce brave Pépé parle du « chef suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et la dictature militaire du mullahtariat à Téhéran ».
Il a tout à fait raison : ce sont les religieux - et plus spécifiquement le Guide - qui détiennent le pouvoir sur l’armée. Les laïques peuvent toujours s’égosiller : ce sont les religieux qui décident, en dernier ressort, si besoin est, de la politique intérieure et extérieure de l’Iran.
Ce qui veut dire que, sur le fond, P. Escobar a raison, mais c’est sur la forme que l’on pourrait trouver à redire.
Quant à comparer avec d’autres pays, c’est clair : ni la France, ni les US, ni la Grande Bretagne ne sont mieux lotis question démocratie, mais ce n’est pas le sujet, me semble-t-il.
Alors, si on demande de la rigueur aux uns, autant se l’appliquer aussi à soi-même.

@ rouge de honte : merci ;-) Mais je ne suis pas sûre d’y rester longtemps.

05/12/2011 11:33 par Palmer

05/12/2011 à 09:01, par rouge de honte
(...)
Le manque de respect est la conditio sine qua non à l’exclusion sociale.
L’exclusion est le ferment du fascisme. (...)

Ah on ne saurait mieux dire en effet ! Les clichés et contre-vérités propagandistes visant l’Iran sont un manque de respect inqualifiable envers les Iraniens et leur culture multimillénaire. Les exclure de la scène internationale n’est rien d’autre qu’une guerre économique et diplomatique injustifiable et l’abrutissement des masses occidentales par une propagande xénophobe et belliciste n’est en effet pas sans rappeler les procédés fascistes !

05/12/2011 12:44 par AP Kotchik

05/12/2011 à 11:19, par emcee

A APK,

Vous voulez absolument retomber sur vos pattes, ça je l’ai déjà constaté sur les fils de discussion. Mais, je déteste la partialité et la désinformation - qui ne sont pas plus nobles que celles que nous servent les médias dominants. (...)

N’est-ce pas amusant que vous me reprochiez ce que vous pratiquez vous-même ?

Vous confondez allègrement pouvoir de contrôle et pouvoir tout court, dans le système iranien il y a bien des contre-pouvoirs qui sont là pour poser des limites éthiques au pouvoir exécutif et au pouvoir judiciaire et c’est un signe de bonne santé démocratique.

Libre à vous d’acheter la propagande grossière ant- iranienne, mais elle ne tient pas la route, elle est basée sur des interprétations abusives et subjectives des faits et non des faits eux-mêmes.

Vous parlez par exemple de guerre, mais dans l’esprit de la constitution iranienne et des Iraniens eux-mêmes la guerre est une chose tout à fait inconcevable, cela fait plus de trois siècles que l’Iran n’a pas provoqué de guerre, dans leur mentalité c’est quelque chose de tout à fait exclu, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils nomment la guerre Irak-Iran "la guerre imposée.

Quoi qu’il en soit les faits démontent vos propositions saugrenues, le fait que l’avant-dernier Président iranien, Mohammad Khatami, était un ecclésiastique - très étrangement considéré par l’Ouest comme étant un progressiste - et qu’il y ait eu une alternance vers un pouvoir exécutif quasi exclusivement laïque le démontre bien.

Il est de notoriété publique en Iran aujourd’hui que le Président, son gouvernent et sa majorité ne sont pas du gout de certains religieux qui le jugent trop laïque et surtout trop pointilleux quand aux prérogatives de certains d’entre eux et aux bénéfices personnels qu’ils en retirent.

Si vos affirmations surréalistes étaient fondées, eh bien tout ceci ne pourrait pas avoir lieu, car à vous en croire les religieux seraient au pouvoir ce qui est faux ne vous en déplaise !

05/12/2011 18:19 par emcee

Je vous parle de l’organisation politique de la société iranienne à partir de la Constitution Iranienne, qui est claire, si on se donne un peu de mal pour chercher les références, vous me parlez de "faits". Les faits ? lesquels, vous avez des sources ? Quelles sont vos références pour affirmer ce que vous dites ? Parce que je ne suis pas obligée de vous croire sur parole. Et les autres lecteurs non plus.
Vous pensez peut-être que les "progressistes" vont pouvoir avancer comme ils veulent ? Pfff !
Avec une contre-propagande telle que vous la faites, les partisans des bombardements sur l’Iran, ne peuvent que se réjouir.
Ne me répondez pas, je ne répondrai plus. Je déteste discuter en vain. Je vous laisse à vos délires.

05/12/2011 20:05 par mandrin

Fethi serait le bienvenu aussi...

06/12/2011 04:44 par AP Kotchik

05/12/2011 à 18:19, par emcee

(...) Vous pensez peut-être que les "progressistes" vont pouvoir avancer comme ils veulent ? Pfff ! (...)

Je ne vois pas de qui ni de quoi vous parlez, désolée...

Ce que je pense, c’est que les Occidentaux "durs" - pour paraphraser Candido Mendès - ont une fâcheuse tendance à condamner ce qui n’est pas homothétique - pourrait-on dire - à ce qu’ils ont conçu pour eux-mêmes, vous êtes manifestement de ceux-là et c’est dommage.

06/12/2011 10:14 par emcee

Votre commentaire prouve bien que vous n’avez rien compris à ce que j’ai écrit. Avez-vous seulement cherché ? J’en doute fort.
Pourtant, j’ai fait des efforts d’explication, mais c’est peine perdue. Votre discours est sans nuances, comme tous les propagandistes de tous bords. Et donc, pas crédible.
Vous m’accusez de me laisser enrégimenter par la propagande occidentale, cela montre que vous n’avez aucune notion de qui je suis, et, surtout, que peu vous chaut, car ce qui compte pour vous, c’est vous opposer à ce qui ne correspond pas à vos schémas.
D’ailleurs, répondre à côté de ce qui est dit pour faire passer son propre discours, noyer et discréditer les propos de l’autre est une technique omniprésente dans les médias occidentaux, mais pas que.
Je ne comptais pas écrire de nouveau commentaire, mais je reviens sur mon premier com’, car c’est la réflexion de départ sur la minuscule à "chef" qui m’a fait bondir.
Cela vous a paru anodin, à moi pas. Parce que je n’écris pas les choses "en passant", mais après réflexion. Ce qui ne m’empêche pas de me tromper, certes, mais qui peut limiter les dégâts.
En faisant, d’entrée, un procès d’intention au traducteur (parce qu’il s’agit de cela, quoi que vous vous en défendiez), vous montrez bien que vous foncez tête baissée sans réfléchir, simplement dans le but de faire passer votre propre message et votre subjectivité. Pourquoi un traducteur prendrait-il délibérément position dans un texte en apportant subrepticement sa touche personnelle ? C’est particulièrement ridicule si on sait que le travail d’un traducteur consiste, justement, à s’effacer devant l’auteur et rapporter le plus fidèlement possible ce qu’il dit. Et qu’il est malintentionné et ridicule de penser qu’il cherche à faire le contraire.
Il peut se tromper, certes, mais ce n’est certainement pas de façon volontaire. Cela n’a pas de sens.
Demandez donc aux traducteurs/trices du GS, dont VD, qui fait le plus gros du boulot.

06/12/2011 19:37 par AP Kotchik

@06/12/2011 à 10:14, par emcee
Je ne fais de procès à personne, vous divaguez ! Je répète que mon commentaire portait sur les clichés de l’auteur visant l’Iran et les Iraniens et rien d’autre, je n’ai aucune envie d’ergoter sur autre chose, ce n’est pas dans mes habitudes, désolée.

06/12/2011 21:58 par rouge de honte

Je pense que vous pourriez vous entendre. Il y a là deux discours pour la recherche d’une vérité. APK fait, il me semble, ce que nous pratiquons tous (ou presque) : de la partialité. Que celle-ci soit intentionnelle ou pas, je la comprends en regardant l’horizon qui s’enflamme. C’est une réaction que beaucoup d’entre nous ont quant il faut défendre des opprimés.
Plutôt que de s’affairer sur une majuscule qui ne devrait être employée uniquement sur le mot Amour, ne serait-il pas plus sage de concentrer cette énergie sur le moyen d’éviter ces guerres à venir et le pourquoi de ces guerres ?
Il me semble que ce qui a peut-être choqué quelques lecteurs se trouve au début du texte, au-delà d’une majuscule, qui est l’emploi du mot dictature. Il me semble que qualifier l’Iran ou une partie de ses chefs de dictateurs n’est pas correct et pousse peut-être le lecteur à une mauvaise appréhension du texte. J’ai été, dès les premières phrases, pris d’a priori. Puis le texte m’a semblé juste.
L’Iran est, il me semble, une forme de théocratie. Un cadre stricte est posé : les savants religieux décident après étude ce qui cadre ou ne cadre pas avec les lois de l’Islam. Ces savants, de même, décident devant leurs lois qui peut être éligible ou pas, si j’ai bien compris.
On ne peut, il me semble, dire que la politique en Iran soit une dictature puisqu’elle est soumise aux lois divines.
C’est le même schéma que dans nos ploutocraties si on y remplace la religion par les banques et les savants par les riches. On ne peut parler là non plus de dictature puisque en définitif, c’est l’argent qui a valeur de loi.
Un autre débat est de savoir si la religion ou l’argent peuvent s’immiscer dans la politique…Bien que presque tous nos agissements aient été conditionnés… par la religion et par l’argent.

06/12/2011 23:42 par legrandsoir

L’Iran est, il me semble, une forme de théocratie

et pourtant, d’après Hugh ROBERTS :

la légitimité populaire ressemblait à celui de Khomeini pour qui les intérêts de l’Iran révolutionnaire primaient sur les préceptes de la Charia - en clair, que les considérations politiques avaient priorité sur le dogme islamique

http://www.legrandsoir.info/qui-a-dit-que-kadhafi-devait-partir-the-london-review-of-books-1-3.html

07/12/2011 09:25 par rouge de honte

Cette phrase remise dans les lignes de son auteur ne veut-elle pas laisser penser que le gouvernement de M. Kadhafi était une dictature au même titre que celui de Khomeini ?
Je ne suis pas d’accord : qu’il y ait parfois des dictats dans une politique naissante ou en difficulté n’est pas nouveau et même fréquent. Le cas de l’europe l’illustre parfaitement mais cela n’en fait pas une dictature au sens strict.
Mais il est difficile d’avoir une opinion claire puisque notre appréciation est soumise à notre objectivité.
Par exemple sur l’emploi du mot dictature qui résonne dans ma tête comme une grossièreté...pareil pour théocratie ou même démocratie.
Tout est confus.
Mais imaginons un conseil de sages, meilleurs parmis les meilleurs, donner la direction à un peuple devenu anarchiste serait-ce une dictature ?
Si au lieu d’indiquer une direction, ils l’obligeaient pour le bien de tous ?
Si ils imposaient des choix pour un idéal que eux seuls estiment être la direction du bien commun ?
La solution n’est pas politique, elle est dans la raison de chacun.
L’appel pour un autre monde ne doit pas s’adresser aux peuples de la terre, il doit s’adresser à la raison individuelle.
Me voilà démuni !

07/12/2011 10:36 par emcee

Je ne comprends pas pourquoi il faudrait trouver un autre terme au système de gouvernement en Iran.
Ceux qui détiennent réellement le pouvoir sont des religieux, qui prétendent gouverner au nom de Dieu et s’appuient sur les textes sacrés (même si ce n’est pas le seul critère, mais la politique menée doit être compatible avec les préceptes religieux).
On parle généralement de "théocratie" quand il y a confusion entre politique et religion.
Le système politique du Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle (ou monarchie parlementaire) dans laquelle le monarque est à la tête de l’État et le Premier Ministre chef du gouvernement. Même si le monarque a moins de pouvoir d’ingérence dans les affaires du pays, pour autant, on définit le régime par le terme de "monarchie".
C’est sans doute parce que le terme de théocratie est devenu péjoratif et n’est employé en général que pour discréditer les pays musulmans qu’on essaie de le balayer sous le tapis (le Vatican, par exemple, est un Etat théocratique, mais on le souligne rarement).
Mais je tiens à ce qu’on conserve les termes appropriés, sinon, on contribue à alimenter le discrédit et à créer des mots tabous.
Dans la mesure où il y a un parlement, un président de la république, etc. on pourrait peut-être parler de "théocratie parlementaire". Mais il n’en reste pas moins que l’islam s’impose en Iran à tous les niveaux de la société, que ce soit en matière de politique, de culture ou de justice, or, la "loi divine" est un moyen de favoriser la censure et de maintenir les peuples dans la soumission.
"La Constitution de 1979 repose sur deux sources de légitimité : la souveraineté du peuple et la volonté divine. La Constitution reconnaît les droits de l’individu - le droit de vote des femmes est maintenu et il est exercé dès l’âge de 15 ans, celui de la majorité - néanmoins elle place les pouvoirs absolus à un Guide religieux" ... http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_l%27Iran
Certes, le système en Iran est un système bien particulier, où se côtoient, voire s’opposent, la souveraineté du peuple et celle de la volonté divine. Mais c’est Dieu qui gagne à tous les coups ;-)
Voir ici un certain nombre de points qui caractérisent une théocratie http://www.helmo.be/tenterplus/Textes/Nos%20productions/Histoire/Lath%E9ocratie.pdf

07/12/2011 12:27 par emcee

@ Rouge de honte : si on se lance dans les définitions de "démocratie" et de "dictature", c’est évidemment la confusion la plus totale. Car, tout est subjectivité.
Et la frontière est d’autant plus ténue qu’il n’y a pas de véritable démocratie, c’est-à -dire un système où le peuple serait souverain.
Peut-on dire que, quand Obama a décidé d’engager son pays dans l’"intervention humanitaire" en Libye sans prendre l’avis du Congrès, comme indiqué dans les textes, on est en démocratie ?
Peut-on parler de souveraineté des peuples quand leur vote est confisqué, comme lors du référendum de 2005 en France, ou quand le président de la "république" décide de cette "intervention humanitaire" tout seul avec un non-élu, et sans consulter ses ministres, a fortiori l’Assemblée Nationale, et, évidemment, encore moins le "peuple souverain" ?
Peut-on parler de principes démocratiques quand un président se mêle des affaires intérieures d’un pays en faisant le coup de poing pour faire arrêter le président qui ne lui convenait pas, comme en Côte d’Ivoire ?
Peut-on parler de "démocratie" quand les grands médias s’acharnent à désinformer le peuple, au profit de multinationales et pour favoriser leurs candidats aux postes-clés ?
Etc. Les exemples sont foison.
Pourtant, on appelle cela la "démocratie". Un terme de propagande servant à justifier la suprématie de ceux qui s’en revendiquent sur les "dictatures" qu’ils jettent en pâture à la vindicte populaire quand leurs dirigeants tentent de se rebeller contre la dictature occidentale ou qu’ils ne sont pas estimés assez serviles.
Ainsi, si la Libye était gouvernée par le même depuis des décennies (ce qui est pareil pour les démocraties, sauf que les dirigeants changent de tête), la population bénéficiait d’avantages certains, le pays prospérait et n’avait pas de dette.
Plus remarquable encore, le cas de Cuba, un pays pauvre qui ne cesse de relever la tête depuis un demi-siècle, malgré les coups de boutoir répétés des US, et où les "dictateurs" (Fidel et aujourd’hui Raul) ont toujours oeuvré pour le bien du peuple, de tout le peuple, avec les succès que l’on sait.
Alors, comment ne pas être troublé quand on voit que les "démocraties" actuelles sont en train de s’emparer ou de supprimer tout ce qui appartient, de fait, aux peuples, pour les livrer pieds et poings liés à la finance internationale ?

07/12/2011 13:15 par rouge de honte

Je suis en accord avec les propos de emcee, qualifier l’Iran de théocratie me semble approprié et de théocratie parlementaire encore mieux.
Ce que j’aimerais, c’est réfuter le terme de dictature et en avoir la raison. Dans mon Larousse de 2006 :o) une dictature est une magistrature extraordinaire exercée par un dictateur. Or Dieu, au travers de la parole des hommes, donne ce que l’on nomme religion. La religion est souvent dogmatique, mais Dieu ne saurait être qualifié de dictateur ! Enfin du moins tant que je ne l’aurais pas vu. La religion peut, s’il faut la qualifier dans son expression la plus triste, facilement devenir tyrannique. C’est ce mot qu’il faudrait employer s’il fallait exprimer quelques réserves quant au comportement du mullahtariat. On peut être d’accord ou pas avec la politique de l’Iran mais en remplaçant dictature par tyrannie dans ce texte, mon imaginaire n’aurait pas été aussi sollicité.
Bien que leur système politique m’intéresse, je suis certain que seul les Iraniens doivent y apporter des changements s’ils le souhaitent ; et ce même par la critique.

Palmer, wikipédia a cette extraordinaire faculté de montrer les choses telles que le monde les ressent et ceci en temps réel. De plus, c’est un outil qui s’accommode très bien d’un dico et d’autres sources.
Il ne vous reste plus qu’à y contribuer pour y apporter les corrections qui s’imposent à vos yeux ;o)

07/12/2011 13:39 par legrandsoir

La religion est souvent dogmatique, mais Dieu ne saurait être qualifié de dictateur !

Votre raisonnement est une plaisanterie ?
Dites-nous que c’est une plaisanterie.

Une dictature s’exerce toujours au nom d’une valeur supérieure. Que la valeur invoquée soit Dieu ou la Patrie ou les deux en même temps, qu’est-ce que ça change ?

07/12/2011 17:02 par AP Kotchik

@07/12/2011 à 13:15, par rouge de honte

Puisque vous parlez de dictionnaires - sans vouloir être rabat-joie - je vous rappelle qu’aussi bien en français, qu’en russe, qu’en anglais ou en allemand, aux dernières nouvelles voilà ce que signifie le mot "théocratie" :

théocratie [tekRasi] n. f. Didac. Forme de gouvernement dans laquelle l’autorité est exercée soit par les représentants d’une caste sacerdotale, soit par un souverain, au nom d’un dieu ou de Dieu.
(Hachette)

Par exemple, dans mes autres dicos, c’est la même définition, il n’y a que la langue qui change...

07/12/2011 23:55 par rouge de honte

Aie, est-ce que je me suis embrouillé ? Peut-être…Ce que j’essaie de dire maladroitement c’est qu’un dieu ne peut être considéré comme une valeur supérieure prétexte à une dictature puisque l’existence même de ce dieu prend forme dans une religion.
C’est donc, pour moi, la religion qui est impliquée et à considérer comme une valeur supérieure, pas un dieu puisque jusqu’à preuve du contraire son existence n’est pas prouvée et que personne ne l’a vu ni entendu.
La religion plus que toute autre forme de construction sociale est soumise aux nécessités de l’homme et à son égo car elle a été crée pour y répondre. De fait et pour répondre à votre question qui est :

Une dictature s’exerce toujours au nom d’une valeur supérieure. Que la valeur invoquée soit Dieu ou la Patrie ou les deux en même temps, qu’est-ce que ça change ?

Cela change que si l’autorité s’exerce au nom d’une religion (d’un dieu), c’est une théocratie. Si cette théocratie devient autoritaire tyrannique et insupportable, elle ne devient pas une dictature, elle reste une théocratie car elle ne fait que répondre, par la religion, aux nécessité de l’homme et de son égo.
Une dictature peut avoir le même comportement, certes, mais sans l’aide de la religion et, pour répondre aux nécessités et aux égos, sa béquille serait autre.

Je ne sais pas si j’ai été plus clair ? Mon raisonnement est-il délirant ?

08/12/2011 16:06 par AP Kotchik

07/12/2011 à 23:55, par rouge de honte

Aie, est-ce que je me suis embrouillé ? Peut-être (…)

Embrouillé, je ne sais pas mais vous avez mis de toute évidence la charrue avant les boeufs toujours...

Avant de discuter de n’importe quoi - de la nature du régime iranien en l’occurrence - encore faut-il connaitre de sens des concepts que l’on discute, sinon on en vient à une discussion de café du commerce où l’on ne sait même pas de quoi l’on parle !

Vous avez bien vu que la notion de théocratie ne peut pas raisonnablement s’appliquer à la République d’Iran que l’on aime ou pas ce système, mais qu’elle pourrait par contre très bien convenir au régime monarchique absolu de l’Arabie dite saoudite ou aux autres Califats de la région d’ailleurs. Le pouvoir exécutif en Iran n’est à l’évidence pas entre les mains d’une caste ecclésiastique ni d’un souverain de droit divin, ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un fait.

Pour ce qu’il pourrait s’agir d’une dictature, à l’évidence pas plus :

dictature n. f.
- 1. ANTIQ ROM Pouvoir, dignité du dictateur ; temps pendant lequel s’exerce ce pouvoir.
- 2. Pouvoir absolu, sans contrôle, régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, dans lequel un homme ou un groupe d’hommes détient un pouvoir absolu.
- 3. POLIT Dictature du prolétariat : chez Marx, première étape de l’évolution vers le socialisme, destinée à l’élimination définitive de la bourgeoisie, et pendant laquelle le pouvoir est exclusivement exercé par le prolétariat.
- 4. Fig. La dictature de la mode.
(Hachette)

S’agissant d’une République, avec un président élu au suffrage universel, un parlement élu dans les mêmes conditions, un système judiciaire indépendant de l’exécutif, etc. il est évident que ce n’est pas le cas.

Alors à côté de cela le système iranien possède des spécificités qui peuvent plaire ou non, mais ce n’est pas une raison pour l’accuser de ce qu’il n’est pas et le diffamer ! D’autant qu’à mon avis cela regarde les Iraniens et personne d’autre... ;-)

08/12/2011 22:28 par rouge de honte

APK, je suis heureux que nous soyons en accord sur un point !

Si d’après vous il peut exister une théocratie avec une mécanique monarchique, pourquoi ne pourrait-il pas en être de même avec une mécanique démocratique ou républicaine ?

Wiki (oui je sais...)dit ceci :
Au contraire, depuis le XIXe siècle, le terme théocratie est le plus souvent employé pour désigner des régimes politiques fondés sur des principes religieux ou gouvernés par des religieux. Dans ce cas, certains auteurs préfèrent parler de « hiérocratie », terme proposé par Max Weber et qui désigne spécifiquement le gouvernement des religieux[3]. Cependant l’usage le plus répandu est de parler de théocratie dès qu’il y a confusion entre politique et religion.

Dans cette description le "fondés sur des principes religieux" me laisse songeur...
Et loin de moi l’idée de diffamer qui que ce soit ! Pour moi théocratie n’est pas une insulte, pas plus que dictature ou démocratie. Mais je suis conscient que les mots ont un poids émotionnel qui peut inconsciemment modifier notre perception. Je ne pensais pas que le mot théocratie est porteur d’un tel poids.

Je sais que ça ne va pas vous plaire mais eux-mêmes se disent de la république islamique d’iran.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_l’Iran (Oui je sais)

A quelque part tout ceci m’importe peu, ce qui m’importe c’est qu’il y ait une évolution positive de notre espèce. Même si pour ce but elle doit s’enticher de religion, de politique, ou de je ne sais quoi ; pourvu qu’elle ne s’entretue pas.

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