RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibeseBuzz
 

CHAREST ET LE BONNET D’à‚NE - LA GRàˆVE ÉTUDIANTE

Il ricanait jaune le transfuge du parti Conservateur-Progressiste devenu Libéral-Répressif. Juché derrière son lutrin, face aux grimaces de ce parterre de ploutocrates, d’hommes d’affaires, de démarcheurs et lobbyistes prévaricateurs, de constructeurs contributeurs aux caisses électorales occultes.

JAUNE RICANEMENT MÉPRISANT

Il ricanait jaune le transfuge du parti Conservateur-Progressiste devenu Libéral-Répressif. Juché derrière son lutrin, face aux grimaces de ce parterre de ploutocrates, d’hommes d’affaires, de démarcheurs et lobbyistes prévaricateurs, de constructeurs contributeurs aux caisses électorales occultes. Quelques collaborateurs amérindiens étaient venus de la case de l’oncle Tom du lointain Nord canadien accréditer cet atelier totalement déconnecté.

Et cette assemblée s’évertuait à encenser leur porte-faix au rire niais, totalement dépassé par les événements qui se déroulaient au même instant juste à côté, sur la chaussée, hors de ce palais d’assiégés.

Un vendredi particulier, ce 20 avril au centre-ville de Montréal occupée, des centaines de policiers surexcités, armés de pied en cap, casqués, bardés de boucliers et de vestes blindées - on était en droit de se demander pourquoi, puisque ce sont eux qui portaient pistolets, gaz et boucliers -. Alignée en rangées, la piétaille protégeait cette assemblée de célébrités enfermée dans ce palais des congrès pour fêter la braderie des ressources spoliées aux premières nations autochtones.

Charest, le Premier ministre du Québec, descendu de son strapontin, proposa aux jeunes révoltés, scandant devant les portes scellées, d’abandonner l’université et de monter vers le Nord travailler dans les nouveaux chantiers de misère comme au temps du « retour à la terre », du curé (Labelle) et du chanoine (Groulx), deux idoles éventées des opportunistes dissimulés parmi les invités.

Au risque de se répéter, il faut écrire que les sommes en jeu dans l’agression en cours contre les étudiants sont peu importantes pour le gouvernement, mais significatives pour les étudiantes qui sont 80 pour cent à travailler à temps partiel ou à temps plein afin de payer leur scolarité. Il s’agit de 325 $ de hausse des droits par année pour chacun des 260 000 étudiants et étudiantes universitaires soit 85 millions $ de revenu supplémentaire par année pour le gouvernement, une fraction de un pourcent du budget déposé par le ministre Bachand dont le budget provincial total est de 70 milliards de dollars. Déjà quelques journalistes soulignent que la grève étudiante a fait perdre davantage au gouvernement que la somme espérée (1).

Une modeste réduction de l’un quelconque des cadeaux fiscaux offerts aux multinationales milliardaires pourrait mettre fin à ce soulèvement. Le gouvernement Charest subventionne la multinationale RIO TINTO ALCAN à hauteur de 75 millions de dollars par année après qu’elle ait imposé un lockout aux ouvriers québécois de la ville d’Alma. Couper cette subvention d’électricité à cette entreprise milliardaire fournirait l’argent requis pour ne pas hausser les frais de scolarité.

A l’évidence, le véritable objectif de cette hausse des droits de scolarité est d’amener le plus grand nombre d’étudiants à abandonner les études universitaires. C’est la raison pour laquelle Charest et sa mégère du ministère ne souhaitent pas régler ce conflit. Cyniques, la grève les arrange, car de nombreux étudiants abandonneront l’université puisqu’ils ne pourront prolonger leurs études pendant l’été tellement ils sont nombreux à devoir travailler pendant la saison estivale pour payer leurs études automnales. Étudier pour récupérer leur session perdue n’est pas compatible avec les longues heures où ils devront s’esquinter pour des « jobs » mal payés.

LE BONNET D’à‚NE

Depuis ce vendredi 20 avril, quelques oligarques libéraux annoncent que Charest n’est plus l’homme qu’il faut à la barre de leur rafiot. Le pauvre Charest esseulé ne connait qu’une seule option : toujours frapper et agresser davantage les étudiants jusqu’à les faire plier. Mais que faire pour faire taire ces insoumis ? Plus l’antiémeute frappe fort, moins les étudiants s’écrasent. A l’évidence ils ont décidé de continuer d’étudier sans s’endetter.

Dans le « jeu » politique des riches, les représentants pragmatiques des capitalistes doivent apprendre à manier la carotte et la matraque, un exercice subtil d’équilibriste qu’apparemment Charest ne maîtrise pas. Il lui faudrait apprendre à doser avec soin les coups bas et les flagorneries sournoises. Les puissants sont déçus de leur porte-faix embourbé de la tête aux pieds qu’ils ont coiffé du bonnet d’âne bien mérité.

« Comment sortir cet écervelé de ce guêpier ? », s’interrogent Castonguay ainsi que d’autres conseillers ameutés au chevet de l’encerclé. « Jeter du lest », propose un affidé. « Jouer l’esquive et palabrer pour gagner du temps », recommande le plus futé. « Frapper, toujours frapper plus fort », propose Mario le matamore. « Négocier pour sauver les pots cassés », suggère l’éditorialiste avant de se récuser.

Charest se sacrifie donc au service de sa classe. Il sait que sa carrière politique s’achève, qu’il ne sera pas à la barre du paquebot des libéraux à la prochaine élection tout comme il sait que son parti doit se résigner à passer la main à son équivalent péquiste pour quelques années du moins (blanc-bonnet et bonnet-blanc).

D’ici là Charest se planquera dans quelques conseils d’administration bien rémunérés mais auparavant il veut remplir sa mission - couper et couper dans les services destinés à la population et préparer les prochaines négociations avec les employés de l’État. Une victoire étudiante n’est pas au programme de ses patrons. Et la dame patronnesse du ministère a reçu mandat de palabrer-discutailler à condition que les associations étudiantes renoncent à leurs moyens de pression - concession que les partisans étudiants ne doivent pas accepter au risque de se discréditer et de démobiliser leurs troupes aguerries et motivées (2).

CA FLEURAIT BON LA PRÉ-INSURRECTION

Vendredi le 20 avril un vent de fronde flottait dans l’air de la métropole et dans plusieurs villes du Québec. Que chacun en prenne de la graine, et que tous apprennent les manoeuvres des jeunes dans les rues de Montréal, c’est ainsi que se déroulera un jour la révolte urbaine.

Que chacun observe bien l’échauffourée des étudiants contre les forces du désordre de ce gouvernement et que chacun comprenne que si ces partisans étudiants finissent par être cassés, brisés, alors dans un mois, dans une année, par la droite, par la gauche ou par derrière, le mouvement ouvrier sera lui aussi écrasé lors de ses prochaines négociations avec le pouvoir d’État et avec les compagnies privées. Alors que si les étudiants continuent à riposter, et à chaque coup reçu rendre un coup de plus, l’exemple sera contagieux pour vous camarades qui, peut-être, aurez le courage d’en découdre avec la loi et l’appareil répressif d’État. C’est exactement ce que vous devez penser, car sachez que ceux qui gèrent le Québec et qui règnent en coulisse y ont déjà songé, et ils en sont effrayés (3).

Ouvriers, travailleuses, infirmières, enseignants, manoeuvres, fonctionnaires, professionnels du gouvernement et les autres, tous ont intérêt à la victoire étudiante et devraient porter assistance aux jeunes matraqués, arrêtés, emprisonnés, judiciarisés mais toujours révoltés.


(1) http://les7duquebec.com/2012/03/28/le-recent-budget-de-letat-quebecois/
(2) http://www.ledevoir.com/societe/education/348328/finalement-beauchamp-...
(3) http://www.alterinfo.net/RESISTANCE-ETUDIANTE-A-LA-HAUSSE_a73426.html http://www.legrandsoir.info/cinquante-mille-manifestants-ca-change-le-monde.html

URL de cet article 16508
Cuba Miracles
Ramon CHAO

(précipitez-vous pour acheter Cuba Miracles, cet "objet -livre", merveille de couleurs, d’odeurs et de musiques)
Le « dictateur » cubain Fidel Castro vient de passer les rênes de l’Etat à son frère Raúl. C’est bien la première fois qu’un chef d’État abandonne ses fonctions motu proprio. Un certain nombre d’hommes politiques n’ont pas, eux, daigné se démettre de leur fonction avant de mourir. Souvenons-nous par exemple des longues agonies des entubés Georges Pompidou, François Mitterrand, ou Jean-Paul II, (...)

Agrandir | voir bibliographie

 

Sous une dictature, il y a une chose pour laquelle nous avons plus de chance que vous en Occident. Nous ne croyons à rien de ce que nous lisons dans la presse, à rien de ce que nous voyons à la télévision, parce que nous savons que c’est de la propagande et des mensonges. Contrairement aux Occidentaux, nous avons appris à voir au-delà de la propagande et de lire entre les lignes et, contrairement à vous, nous savons que la vérité est toujours subversive.

Zdener Urbanek

Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
20 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
17 
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où il s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
32 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.