Encore pire que ce que Sarkozy avait osé faire !

Contre l’assassinat du code du travail, déclenchons l’insoumission !

Danielle Simonnet

C’est le code du travail qu’ils assassinent ! Exploiter plus, licencier plus vite et payer moins…

Voilà les grandes victoires patronales offertes par la Ministre El Kohmri. Comme pour la loi Macron, le gouvernement a annoncé tout de go qu’il n’hésitera pas une fois de plus à utiliser le 49-3 avant même de présenter le contenu détaillé du projet de loi aux députés ! Qu’elle est bien pratique cette constitution de la 5ème République pour contourner les représentants du peuple souverain et engager la grande régression sociale pour l’intérêt des puissants, la monarchie présidentielle est toujours au service du Medef !

Le texte compte notamment plafonner les indemnités prud’hommales de licenciements, augmenter la durée maximale du travail à 60 heures par semaine, étendre les forfaits jours sans accord collectif, faciliter les licenciements économiques, mettre fin aux paiements des heures d’astreinte, autoriser l’employeur à baisser les salaires sans l’accord des salariés concernés et sans raison économique, etc.

Alors que depuis un siècle le mouvement progressiste et les luttes sociales visaient à encadrer et réduire la durée légale du travail, augmenter les salaires, renforcer les droits des salariés face au rapport de subordination constitutif du contrat de travail avec l’employeur et contre les arbitraires, établir une hiérarchie des normes qui protège, étendre le rôle des syndicats, etc… tout est désormais détricoté de façon déterminée !

Derrière la novlangue en faveur du “dialogue social”, de la “flexisécurité”, l’offensive contre les droits des salariés et l’action syndicale est totale : les accords d’entreprise primeront sur les accords de branches et la loi, en défaveur des salariés, et pour éviter tout “risque” de blocage, les syndicats représentant au moins 30% des salariés pourront proposer un référendum sur les accords collectifs, qui seront désormais valides dès lors qu’ils auront été acceptés à la majorité des salariés, quand bien même les syndicats majoritaires les auraient rejetés !
Ce gouvernement n’hésite pas à devancer les injonctions de réformes structurelles de Bruxelles, au point que certaines de leurs mesures contreviennent à la directive européenne sur le temps de travail ! Quant à la mesure sur le forfait jour, elle est tout simplement contraire à la convention de l’OIT sur le temps de travail ratifiée par la France en…. 1927.

Cette casse du code du travail est aussi absurde économiquement et n’aura aucun impact positif en faveur de l’emploi. Pour lutter contre le chômage, il faut au contraire réduire le temps de travail, lutter contre la précarité, renforcer les droits des salariés dans l’entreprise contre les diktats des actionnaires et non s’attaquer à ceux qui ont un emploi en dégradant leur vie et en fragilisant leur situation. Le nouveau code du travail proposé sécurise les employeurs pour flexibiliser et donc fragiliser plus encore les salariés.

Voilà donc ce que réserve le gouvernement Valls remanié. La soumission totale du monde du travail au patronat ! Encore pire que ce que Sarkozy avait osé faire !

Si Hollande et Valls ont su ouvrir l’appétit aux affamés des postes sans principes, les citoyens ne se laisseront pas berner. Alors que dans le même temps la droite et l’extrême droite sont en campagne,

l’heure doit être à l’action. Quel autre choix ? Participer à des primaires avec le parti même qui soutient cette politique gouvernementale que nous contestons ? C’est une voie sans issue !

Ce débat traverse toutes les formations de “l’autre gauche”. Poursuivons-le, avec nos convictions, avec nos arguments, avec la volonté de convaincre et de permettre à toutes les énergies, toutes les disponibilités de pouvoir s’inscrire dans la nouvelle étape et y être utile.

La grande tâche de “la France insoumise et fière de l’être” sera de s’organiser, de se mettre en mouvement, et de faire échouer cette casse du code du travail !
D’ores et déjà plus de 43 000 citoyen-ne-s ont appuyé la proposition de candidature de Jean Luc Mélenchon sur le site jlm2017.fr. Contribuons à créer des groupes d’appui dans chaque commune, dans chaque quartier. Soutenons l’appel des syndicalistes insoumis. Amplifions notre implication dans les luttes locales et nationales. Nul part un service public ne doit fermer, des salariés licenciés ou syndicalistes criminalisés, des locataires expulsés, un projet inutile imposé sans une mise en mouvement des citoyens, syndicalistes, associatifs insoumis ! Soyons celles et ceux qui aident aux mobilisations contre les fermetures de classe qui tombent en ce moment sur tout le territoire, contre les fermetures des Pôles emploi, contre les nouveaux compteurs ERDF Linky imposés aux communes et citoyens sans concertation…

En avant les déclencheurs d’insoumission, en avant les insoumis !

Danielle Simonnet

Edito, 19 février 2016 blog de Danielle Simonnet, conseillère PG de Paris (20ème).
Les illustrations de cet article sont du GS.

 http://www.daniellesimonnet.fr/contre-lassassinat-du-code-du-travail-declenchons-linsoumission/

COMMENTAIRES  

01/03/2016 07:20 par calame julia

Vous voudriez dire que la phrase d’Aristote s’applique au gouvernement actuel ?

C’est une casse qui, ainsi que vous le soulignez, n’aura aucun effet sur le chômage...c’est d’ailleurs
pour cela qu’ils auraient pu utiliser le 49.3.
Madame El Khomri se présente dans la boîte à images comme une "LouRavicelle" féminin de
Lou Ravi de la crèche évidemment !
Cependant la soi-disant reculade est à surveiller de très près... on a appris à débusquer les coups
tordus genre attendre le début de l’été pour tout faire passer ... et j’arrête la pour ne pas donner des
idées.

01/03/2016 17:36 par pauvred'eux

Aujourd’hui à 17 heures nous sommes 70810 soutiens sur le site jlm2017.fr et 600 groupes d’appui. Allez Mr Ortiz, plus qu’un pas pour franchir le Rubicon.

01/03/2016 21:36 par Geb.

Des idées ils en ont déjà à la pelle faut pas nous même se faire des idées sur le sujet .

C’est plutôt nous qui en manquons, d’idées.

On en revient à une chose qui me trotte dans l’esprit depuis quelque temps...

Les actifs, dans le contexte actuel ont beaucoup de difficulté à mettre en pratique une activité militante et le maintien d’une activité professionnelle bien souvent précaire et aléatoire.

Pour l’instant nous avons en France, (Merci qui ?), quelques 5 000 000 de retraités pensionnés dont au moins 2/3 ne sont quand même pas dans la misère, qui sont en général encore un peu valides, et qui utilisent leur retraite bien gagnée à enrichir les agences de voyage, à "aider" les enfants et petits enfants à s’en sortir plus ou moins, à faire les nounous, et pour les moins chanceux à réussir à manger chaque jour sans trop de peur du lendemain.

Je parle ici de ceux qui ont eu a chance d’y arriver vivant et qui devraient se rendre compte que leurs enfants et petits enfants eux n’auront pas cette chance même si on les aide financièrement de notre vivant.

Qu’est-ce qui peut les empêcher dans ce contexte de s’occuper de mettre le bordel ? Personne ne risque le licenciement, l’estime aléatoire du patron, vu qu’on n’en a plus de patron on n’en a rien à foutre, les promotions sont loin derrière, l’avenir personnel est derrière nous, et même si on y perdait notre vie physique ça ferait pas lourd à perdre. On a des moyens de locomotion, quelques fonds, des ordinateurs pour communiquer, et pour un bon nombre de militants et d’ex-militants on maîtrise la com’ et la politique... La vraie !.

Et on a même les "réseaux dits sociaux" de nos ennemis qu’on peut transformer en bombes à retardement pour les tacler.

Quant à savoir comment on pourrait s’y prendre je pense que notre génération a quand même démontré qu’elle n’était pas dénuée d’imagination lorsqu’il s’agissait de faire chier le pouvoir. A preuve qu’aujourd’hui les nouveaux en sont à utiliser les mêmes recettes bonnes ou mauvaises alors qu’elles sont éculées depuis longtemps et qu’il faudrait en imaginer de nouvelles.

Vous croyez pas que nos enfants et petits-enfants apprécieraient mieux qu’on les aide à moins morfler plutôt qu’on leur achète la dernière play station ou qu’on garde les petits enfants ?

Je dis ça j’ai rien dit.

Mais pour ceux qui "savent", (et y en a encore dans notre génération), une armée de volontaires d’environ 4 à 5 000 000 de militants, (Et même que du tiers ou du quart), ça représente quoi, pour vous et l’avenir des vôtres ?

P.S. Bien sûr on peut attendre d’être comme en Grèce et se pendre lorsqu’on nous coupera les retraites par moitié, mais je penses qu’on pourrait "imaginer" un peu plus constructif avant de se retrouver dos au mur.

02/03/2016 09:52 par calame julia

Geb,
j’ai connu deux personnes dont une connue dans le monde de la mode qui ne rêvaient que d’une chose c’est
de faire la révolution... il y a déjà quelques plombes. Si, elles, en étaient là c’est qu’elles devaient savoir,
sans le dire, où on allait ! car je peux vous dire que ni l’une ni l’autre ne vivaient dans le besoin.
J’avais eu l’occasion d’entendre dire combien rapportait le bénévolat des seniors à l’Etat.
Un chiffre à faire rougir les postulants aux postes à responsabilités.
Alors oui ! Stop aux carnages ! Imaginons toute la génération soixante-huitarde (qui en réalité s’étale
sur une dizaine d’années) se déplacer vers Paris pour bouter dehors les incapables... Ils feraient
bonne figure et pourraient terminer le boulot entrepris en 1968...
On a envie de leur dire : CHICHE.

02/03/2016 22:39 par Geb.

Bon, je suis bien d’accord pour faire quelque chose, c’est ce que j’exprime ici. Mais pour mon compte faut "oublier" 68... Rien que le nom et la date me fait hérisser le poil.

Surtout quand on sait comment ça a été mis au point dans les cuisines de Langley.

Ceci sans mettre en cause la bonne volonté de la plupart des participants de base aux dits "événements".

Donc pour mon compte, avant même de "penser" à faire quelque révolution que ça soit il faut avant tout aussi apprendre à décoder à ne pas la faire pour le compte de nos ennemis.

En bref, ne pas la faire pour remplacer un dirigeant très aristocratique mais essentiellement patriote, même s’il était bourgeois , (DeGaulle), par un mercenaire pourri à la solde de Wall-Street et ex-Fondé de Pouvoir de la Banque Rothschild, (Pompidou), contre quelques augmentations de salaire vite reprises 5 ans après, et quelques avancées sociales, (Contraception et interruption de grossesse légale), qui n’ont rien coûté au Capital sinon d’enrichir Big Pharma.

En 68, s’il n’y avait pas eu un fort Parti Communistes dont les dirigeants (hélas), n’avaient pas vu venir le coup d’état "coloré" de la Faculté d’Assas et des Cohn-Bendit backés par la CIA et les Réseaux Stay-Behind contre l’anti-atlantiste DeGaulle, (Le premier coup du genre en Europe), et qui ont pris et train en marche et joué le jeu afin de tenter de récupérer et driver le mouvement au prix de leur crédibilité et de l’avenir du Parti, on finissait comme en Grèce en 1973 ou comme en Ukraine aujourd’hui.

Voila pourquoi je ne parle même pas de "Révolution". La Révolution, la vraie, politique et sociale, ne se fera pas à mon avis au travers de l’action d’une seule couche du spectre social, fut-il très conséquent comme l’est la couche des seniors.

Ici je parle de démontrer aux actifs qui sont les premières victimes du drame que leurs géniteurs sont capables d’investir le peu qu’ils ont de moyen et la richesse de leur expérience acquise au travers de luttes qu’eux ne peuvent plus se payer le luxe de mener pour l’instant.dans des actions conséquentes. Et surtout de démontrer qu’on peut obtenir des résultats au bout d’actions bien organisées ainsi que bloquer les actions négatives du Pouvoir et de puissances étrangères financières qui nous ont colonisés.

Après la balle sera dans le camp de ceux que ça concerne en premier, CàD les plus jeunes que nous. les actifs et surtout les chômeurs.

En vous lisant je me rend compte que la "légende dorée" des Révolutions à l’envers n’a pas fini de faire des dégâts.

Normal : Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire...

Et c’’est aux victimes de ne plus tomber dans le panneau.

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