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Critique du discours de la "révolution" syrienne (1) : L’Hétérogénéité culturelle de la Syrie

Toute l’histoire des interventions impérialistes au Proche-Orient, au cours des XXe et XXIe siècles, ne montre aucune campagne, aucune alternance aussi frappante entre la force armée et la diplomatie que celle que nous offre actuellement la guerre impérialiste contre la Syrie !

Du discours misérable du Conseil national syrien

L’Empire étatsunien dont les legiones trébuchent partout en Irak et en Afghanistan ; l’Union européenne se précipitant derrière les ambitions impériales de Napoléon le Petit [1] , Nicolas Sarkozy ; la Turquie du nouveau sultan ottoman, Erdogan Pacha, voulant exporter, aux Pays des Arabes, ses nouvelles explorations dans le domaine de droits de l’Homme et de l’humanisme cosmopolite, une sorte d’amalgame alchimique du laïcisme d’Atatürk et de l’Islamisme des Frères musulmans ; les émirats et sultanats arabes connus par leur despotisme absolu, leur racisme, leur système social discriminatoire et leur mépris pour toute valeur humaine ; sans oublier, évidemment, le nouveau-né à la Frankenstein, le Conseil national syrien (CNS), dont les membres se déguisent en costume de la première Révolution française (1789), et dont le président, monsieur Burhan Ghalioun, se précipite sur la scène de l’Histoire en réverbérant Camille Desmoulins : « Peuple, pauvre peuple, on te trompe, on tue tes amis » [2] ; tout ceux-ci jouent, à l’heure présente sur la scène des grands événements de l’Histoire et sous les éclats de rire sonores de l’impérialisme entier, la comédie de la Sainte-Révolution syrienne [3] , dont le thème principal se résume en « Démocratie, Liberté, Justice » ; dont les scénaristes portent plusieurs appellations, Obama, Cameron et Sarkozy, et le metteur-en-scène s’incarne en Erdogan ; dont les comédiens enfin, ou plutôt les farceurs, se reconnaissent réciproquement sous le nom des Quarante-quatre d’Ali Baba et du Conseil national syrien.

Face à cette réalité tragique, notre but fut fixé dès le premier article que nous eûmes publié sur Le Grand Soir en deux points précis : 1) contrecarrer les mensonges de la campagne impérialiste ; 2) démasquer la nature contrerévolutionnaire du discours dit « révolutionnaire » du Conseil national syrien (CNS). Pour rappel, monsieur Ghalioun, grâce à des vieux documents de la première Révolution française, qui sentent encore le renfermé, déclara le deuxième jour du mois d’octobre 2011 un jour « historique » ; car selon lui, aux premières lueurs de ce jour est né le Conseil national syrien (CNS), regroupant une foule de messieurs gentilshommes, opposants au régime du président syrien Bachar al-Assad. C’était un nouveau pas de la part de la prétendue « révolution » syrienne pour rendre les puissances impérialistes, surtout l’Empire étatsuniens, la France et la Turquie, encore plus ravies qu’elles ne l’étaient avant le 2 octobre 2011.

Quant à nous, nous conseillons à ces messieurs gentilshommes de prendre un brevet pour leur nouvelle déclaration, avant que les foules « révolutionnaires » du présumé Printemps arabe ne leur arrachent l’invention miraculeuse ; ce qui pourrait, en tout cas, être d’un très bon rapport. En plus, pour ce qui est de notre travail, la fidélité au but que nous eûmes mis dès le début de la campagne impérialiste contre la Syrie exige un effort énorme visant à ré-informer l’opinion publique scientifiquement et objectivement de la nature du conflit au Proche-Orient, surtout au Levant ; car à notre avis, la preuve du véritable caractère « social » ou, plus exactement, du véritable caractère « démocraticiste » de la prétendue « révolution » syrienne, ne réside évidemment pas dans les slogans et les réclamations que soulèvent des manifestants « réels » dans des régions rurales, ni encore, dans le discours désinformatif, produit et propagé par des manifestants « virtuels » sur des réseaux sociaux, tels que Tweeter et Facebook, mais dans l’analyse de la situation objective 1) des composants internes de la société syrienne, et 2) du rôle de l’Empire étatsunien et ses intérêts stratégiques dans la région.

Dans ce sens, nous trouvons indispensable de faire un rapide survol présentant les moments les plus marquants de l’histoire des interventions coloniales et impérialistes, au début du XXe siècle, dans cette région stratégique du Proche-Orient qu’est le Levant. Un tel survol sera indispensable, dans ce contexte, pour ré-informer l’opinion publique, déjà vulnérable et soumise à la manipulation des médias de l’ordre. Cependant, la nature contradictoire du paysage syrien nécessite une certaine présentation des différents composants culturels de la société syrienne ; ce que nous appelons, ici, l’hétérogénéité syrienne, faisant partie intrinsèque de l’hétérogénéité levantine, primo, et proche-orientale, secundo.

A notre avis, un tel survol nous semble utile à former, plus tard dans des prochaines critiques, des questions objectives menant à une reconstruction du paysage syrien, telle que déterminée par l’analyse objective des données réelles sur le terrain, et non pas telle désirée par la manipulation subjective des données virtuelles sur internet, et dans le discours misérable du Conseil national syrien.

Examinons brièvement la mosaïque composante du paysage syrien.

Des composants internes de la société syrienne

La Syrie a toujours représenté, selon les époques, des réalités bien différentes. Sur sa terre, se mêlèrent de différentes cultures. Berceau des grands polythéismes antiques, elle donna naissance aux grandes mythologies humaines. Aussi sur sa terre, s’épanouirent le judaïsme et le christianisme ; la Syrie resta toutefois jusqu’au IVe siècle, environ, la terre de multiples dieux, de nombreux cultes, même si le même dieu se cachait souvent sous plusieurs appellations ; Adonis, Tammuz, Baal, Melkart, Ishtar s’identifiaient parfois avec Isis, Osiris, Aphrodite, Zeus, Apollo, Marduk, Venus ; dieux phéniciens, araméens, arabes, grecs, romains cohabitaient et se mêlaient, sans qu’il fût toujours possible de les identifier correctement.

La Syrie constitue aussi le berceau du christianisme primitif, et les chrétiens furent un élément important de la société syrienne à partir du second siècle. C’est à Jérusalem que se crée la première communauté chrétienne. C’est à Antioche (de nos jours en Turquie) que le nom de « chrétiens » est donné pour la première fois aux disciples de Jésus. Ce sont les villes de Syrie qui abritent les premières communautés hors de Jérusalem : Césarée, Antioche, Damas.

La Syrie demeurait le centre de la culture chrétienne orientale et mashréquine [4] pendant presque trois siècles de rayonnement culturel byzantin. A la suite de la victoire à Yarmouk (636 àˆ.C) sur les troupes d’Héraclius I, les Arabes s’assurèrent le contrôle de la Syrie, qui s’islamisa et s’arabisa. Par conséquent, la dynastie omeyyade (661-750), fondée par Muawiya [5] , exerça son rayonnement depuis Damas, sa capitale. A Damas, l’administration fut réorganisée, les sciences se développèrent, les mosquées et les palais se multiplièrent. Ainsi, la Syrie devint le berceau de la culture et de la civilisation musulmane, qui est, en effet, une synthèse de plusieurs processus d’acculturation. Parmi ces différentes acculturations, nous soulignons, d’abord, l’acculturation arabo-syriaque, sous la dynastie omeyyade à Damas, première et seule dynastie purement arabe en islam, ensuite l’acculturation arabo-persane, sous la dynastie abbasside à Bagdad, et arabo-berbère, en Andalousie omeyyade.

De l’hétérogénéité syrienne

En effet, la multiplicité des invasions étrangères demeure traduite notamment dans le domaine religieux. La Syrie est un pays majoritairement musulman. Les musulmans comptent 90 % de la population, et les chrétiens 10 %. Parmi les musulmans, 70 % des Syriens sont sunnites, et les 20 % restants sont membres d’autres groupes musulmans, principalement les chiites alaouites et les druzes, mais également un nombre restreint de chiites ismaéliens et duodécimains. De leur côté, les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : des grecs orthodoxes, composant la moitié de la population chrétienne, des syriens maronites et des catholiques (15%), mais également des chrétiens assyriens, des arméniens vivant principalement à Alep et des orthodoxes Jacobites. Il existe aussi une minorité juive en Syrie, qui vit principalement à Damas. Leur nombre fut estimé à 40 000. En plus, il existe une autre minorité religieuse, dans le nord-est du pays : les yézidis, d’ethnie kurde [6].

Sans nul doute possible, le point le plus important à noter, ici, concernant l’hétérogénéité levantine, de laquelle l’hétérogénéité syrienne constitue une partie intrinsèque, c’est qu’elle se forme non pas de groupes ethniques et religieux, mais plutôt de groupes ethnico-religieux, qui se diffèrent aussi dans le domaine linguistique ; étant donné que les membres de chaque groupe parlent, à côté de l’arabe, langue officielle, leur propre langue ethnique, telles que kurde, arménien, turkmène, araméen, syriaque et hébreu. Cela veut dire qu’en Syrie, comme au Levant, le vrai déterminant d’un groupe quelconque se présente dans l’appartenance de ce groupe à une religion précise - ou même à une confession - déterminée, à son tour, par une appartenance ethnico-linguistique, d’où la corrélation cum hoc ergo propter hoc semble, ici, plus ou moins justifiable, telle qu’elle est illustrée dans l’exemple suivant : je suis assyrien, arménien ou syriaque, donc je suis chrétien ; de même, je suis arabe, kurde ou turkmène, donc je suis musulman.

Les Sunnites

Les Sunnites sont majoritaires en Syrie. Ils comptent 75% des Syriens, et pratiquent un islam orthodoxe. Du point de vue ethnique, les Sunnites de Syrie ne se limitent pas à une seule ethnie. La majorité d’eux sont arabes, kurdes et turkmènes. Cette diversité ethnique se justifie par le fait que le monde musulman est majoritairement sunnite (environ 90 %) ; seulement 10 % sont Chiites. Il n’est pas secret qu’entre Sunnites et Chiites se trouve un conflit historique, violant et sanglant, datant du lendemain de la mort du Prophète. L’exemple des attaques presque quotidiennes contre la communauté chiite d’Irak par des groupes salafistes wahabistes constituent l’exemple le plus pertinent du conflit sanglant entre les deux sectes.

Les Arabes : environ 88 % de la population sont arabes, parmi lesquels des bédouins. Les Arabes sont arrivés massivement en Syrie avec la victoire militaire des musulmans contre l’armée gigantesque des Byzantins à Yarmouk en 636 (àˆ.C).

Les Kurdes : la minorité kurde, habitant essentiellement le long de la frontière turque, forment 8 % de la population. Les Kurdes constituent d’ailleurs la seule grande minorité ethnique à assise territoriale en Syrie. Il existe trois petites régions kurdes au nord de la Syrie. Ces régions sont séparées les unes des autres, mais toutes limitrophes du Kurdistan turc et iranien dont elles constituent en quelque sorte un prolongement. La plupart des Kurdes sont des musulmans de rite sunnite, mais quelques-uns sont chrétiens ou alaouites. Ils constituent un des peuples les plus anciens de la région.

En plus, l’installation des Kurdes en Syrie est ancienne ; elle s’est amplifiée avec l’établissement de l’État ayyoubide au Caire et à Damas sous le règne de Saladin (1138 - 1193). Bien que beaucoup de Kurdes habitent la Syrie depuis des générations, un grand nombre est venu de la Turquie entre 1924 et 1938, après la tentation d’Atatürk d’imposer sa politique assimilatrice aux Kurdes turcs. Ajoutons que la majorité des Kurdes de Syrie parlent le kurde septentrional ou kurmandji (kurmancî), une langue indo-européenne non apparentée ni à l’arabe ni au turc.

Les Turkmènes : les Turcomans de Syrie ou Turkmènes sont d’origine turque oghouz. Leurs ancêtres se sont installés en Syrie au temps de l’Empire ottoman avant sa dissolution en 1918 et la création de la Syrie moderne. Peu d’études sérieuses ont été consacrées à leur situation actuelle. Les démographes spécialistes de la région estiment leur nombre à environ 0,6% de la population totale de la Syrie [7], ce qui rend leur nombre largement inférieur à celui des Kurdes, des chrétiens et des alaouites.

Les Circassiens : approximativement 100 000 Circassiens ou Adyguéens, qui sont les descendants des nomades musulmans ayant émigré de Russie au XIXe siècle , habitent en Syrie [8] . Près de la moitié se concentrent dans la province d’Al-Quneitera. Les Circassiens ne représentent qu’une faible partie de la population syrienne. Bien que minoritaires, ils ont cependant conservé leur propre langue et s’attachent à leur culture et traditions. Ils ont assez bien résisté à l’assimilation, car ils ont conservé leur langue caucasienne, le circassien, mais s’ils parlent également l’arabe. Ils sont de confession musulmane de rite sunnite.

Les Chiites

Les musulmans chiites et hétérodoxes de Syrie se divisent en plusieurs sectes : les alaouites, les ismaéliens, les duodécimains et les druzes.

Les Alaouites : les Alaouites, également appelés Nusayris, font un groupe ethnico-religieux issu du djebel Ansariya au nord de la Syrie ; ils forment une secte musulmane chiite hétérodoxe, initiatique et ésotérique influencée par le chiisme ismaélite. Au début du XXIe siècle, ils forment environ 20 % de la population de la Syrie. Aussi, une communauté alaouite existe au Liban et en Turquie [9] , en particulier à proximité de la frontière syrienne. Les intellectuels alaouites développèrent, avec les intellectuels chrétiens, les principes fondamentaux du nationalisme panarabe. En effet, le positionnement des alaouites face au mandate français (1920 - 1946) et leur résistance aux projets de démembrement de la Syrie, imposés par les autorités françaises, gardent leurs remarquables traces dans l’histoire moderne de la Syrie. Cela entraina les vrais nationalistes panarabes sunnites, qui considéraient l’appartenance à la Nation panarabe supérieure à toute autre appartenance, surtout religieuse, à accepter les alaouites comme leurs compatriotes arabes.

A fortiori, la Syrie constitue, aux yeux des Alaouites, plus qu’un pays ; elle est leur patrimoine historique et leur lieu d’origine, pour la simple raison que les alaouites sont uniquement originaires de la région côtière s’étendant du Nord du Liban jusqu’à l’Alexandrette en Turquie , en passant par les régions côtières de la Syrie.

Les Ismaéliens : apparentés aux musulmans chiites, les Ismaéliens comptent 200 000 ou 1% de la population de Syrie. Dans le monde, les Ismaéliens se divisent en deux groupes majeurs, les Bohras et les Nizarites ; ceux de Syrie sont majoritairement nizarites. La secte ésotérique fut au XIe siècle fondée par un Persan. Ils croient en la réincarnation, ne vont pas dans les mosquées mais prient dans des maisons particulières. Ils ont créé la célèbre secte des Assassins au Moyen-âge, dont le siège persan était Alamut et le siège syrien le château de Qadmous. Ils sont aujourd’hui de paisibles citoyens dans les pays d’accueil et ont pour chef l’Agha Khan. La plupart d’eux se concentrent à SalamÄ« yah à l’Ouest.

Les Duodécimains : ils comptent environ 5% des musulmans dans le monde. La séparation avec les sunnites s’est opérée dès le début de l’islam. Ils habitent à Damas et la banlieue de Sayyidah Zaynab. Les Chiites duodécimains comptent environ 100 000 ou 0,5 de la population syrienne.

Les Druzes : les Druzes comptent environ 3 % de la population. Ils habitent la région montagneuse du Jabal al-Arab, au Sud-ouest de la Syrie. L’origine de la secte des druzes remonte au Xe siècle. Les Druzes font partie des groupes et sectes hétérodoxes de l’islam. La doctrine des Druzes par la majorité des musulmans, surtout l’islam orthodoxe sunnite, comme une sorte d’hérésie.

Les Chrétiens

Les Araméens : ou Assyriens constituent, en effet, la majorité des chrétiens orientaux du Levant et de la Mésopotamie. Leur présence au Levant et aussi ancien que celle du christianisme. Ils sont les indigènes du Levant précédant à la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des Araméens sont originaires de Turquie et d’Irak. Ils ont quitté leur pays respectifs pendant l’ère du mandat français en Syrie. Les différents termes utilisés pour nommer les Araméens, ne donnent qu’une différence religieuse, mais pas ethnique. Leur territoire ancestral est divisé entre plusieurs pays : Turquie, Syrie, Iraq ; et les différents termes utilisés pour les Araméens sont : Assyriens, Assyriens jacobites, Assyriens orthodoxes, Assyriens catholiques, Chaldéens, Nestoriens, Maronites, Melkites catholiques et Melkites orthodoxes. Au Levant, ils sont reconnus par l’appellation locale Siryani qui dérive du turc Süryani.

Les Arméniens : la plupart des Arméniens sont arrivés en Syrie par vagues successives en tant que réfugiés fuyant la Turquie entre 1925 et 1945. Environ 75 % des Arméniens vivent dans la province d’Alep. Les autres sont dispersés dans Hayy al Arman (Quartier arménien), près de Damas, et dans quelques autres villes du pays. Les Arméniens appartiennent généralement à l’Église orthodoxe arménienne, mais environ 20 000 relèvent de l’Église catholique arménienne. Ils constituent l’un des grands groupes importants non assimilés en Syrie. Comme partout à la diaspora arménienne, Ils conservent de leurs coutumes, maintiennent leurs propres écoles et fondent des journaux dans leur langue. Les Arméniens refusent l’assimilation et veulent maintenir leur identité culturelle, linguistique et religieuse.

Les Juifs

Les Juifs habitent la Syrie depuis l’antiquité. Leur nombre était estimé à plus de 40 000 avant 1990. Depuis, ils ont presque tous quitté la Syrie pour Israël. Aujourd’hui, ils comptent une centaine d’individus et sont aujourd’hui concentrés dans la province d’Alep et dans la ville de Damas (Hayy al-Yahud ou Quartier juif). La plupart des Juifs de Damas sont des colporteurs, des commerçants, des changeurs ou des artisans ; quelques-uns sont d’importants professionnels, en particulier des médecins. Comme les Juifs syriens parlent l’arabe, ils sont tenus comme une minorité religieuse et non linguistique.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

En guise de conclusion, nous trouvons utile de raconter, ici, une petite anecdote. Un jour, en essayant de demeurer fidèle à l’héritage intellectuel marxiste-léniniste, nous tombâmes par hasard sur un des Cahiers rouges occupant notre chambre. C’était un Cahier rouge de Lénine intitulé Un pas en avant, deux pas en arrière. En fouillant ses pages jaunies, nous fûmes attiré par le paragraphe suivant :

« Lorsqu’une lutte prolongée, opiniâtre et ardente se poursuit, il arrive d’ordinaire un moment où les points litigieux, centraux et essentiels, commencent à apparaître, dont la solution déterminera l’issue définitive de la campagne, et auprès desquels les menus et insignifiants épisodes de la lutte sont de plus en plus reculés à l’arrière plan » [10]

Certainement dans ce cahier, Lénine analysait la situation en Russie à la veille de la première révolution de 1905. Pourtant, ce beau paragraphe nous ouvrit les yeux à la réalité des composants contradictoires du paysage syrien, en premier lieu, et de celui levantin, en second lieu.

Ce que nous voulons dire par tout cela, c’est que le point principal, et central à la fois, de chaque analyse portant sur le paysage syrien, et qui se prend objective, doit prendre au sérieux ce que nous appelons, ci-dessus, l’hétérogénéité syrienne, issue de celle levantine ; ajoutons que cette hétérogénéité ne se présente jamais, dans la réalité, comme si elle formait un modèle raffiné du multiculturalisme canadien ; ce que les médias de l’ordre essayent toujours à faire, et à désinformer, tristement, l’opinion publique ; au contraire, elle se présente dans son propre contexte culturel, et selon les conditions historiques qui la créèrent.

Par conséquent, les conflits politiques au Levant sont souvent la manifestation symptomatique de conflits plus profonds, plus enracinés dans le substrat culturel de la région, donc de conflits religieux s’habillant en costume politique. De surcroit, les conflits politiques au Levant passent, rapidement, en conflits religieux, plutôt confessionnels ; et les réclamations sociales, qui servent au début d’un conflit quelconque, comme une vitrine politique derrière laquelle se cache les déterminants réels du conflit, se réduisent, malheureusement, en tueries tribales. Une vérité amère, mais elle nous offre, au moins, une meilleure lecture de la soi-disant « révolution » syrienne ; une lecture qui se met, naturellement, à distance des fanfaronnades des hâbleurs du Printemps arabe écourté, à bride abattue, en Hiver étatsunien très funèbre !

Somme toute, nous nous demandons en chuchotant à voix basse : est-ce que monsieur Burhan Ghalioun, président du CNS, a-t-il jamais lu l’Histoire du Levant ?

Fida Dakroub, Ph.D

[1Le titre d’un pamphlet politique de Victor Hugo, condamnant le règne de Napoléon III.

[2Citation de Camille Desmoulins.

[3Voir l’article de l’auteur sur Le Grand Soir « Le 11-Vendémiaire de la Sainte-Révolution syrienne ou l’Échec du Conseil national syrien » : http://www.legrandsoir.info/le-11-vendemiaire-de-la-sainte-revolution-syrienne-ou-l-echec-du-conseil-national-syrien.html

[4L’auteur utilise le terme mashréquin dans un sens très spécifique, signifiant un espace culturel précis, celui du Levant et de la Mésopotamie, donc de la Syrie naturelle), face au terme maghrébin indiquant l’espace de l’Afrique du Nord (Lybie, Tunisie, Algérie et Maroc).

[5Né en 602 à La Mecque et mort en 680 à Damas, il est le premier calife omeyyade. Fils d’Abu Sufyan, l’un des plus farouches adversaires du Prophète de l’islam, Mahomet, se convertit à l’islam avec sa famille lors de la conquête de La Mecque en 630.

[7Youssef Courbage, "La population de la Syrie" in Y. Courbage, B. Dupret et al., La Syrie au présent. Reflets d’une société (Paris, Actes Sud, 2007), p. 189.

[8Après sa victoire militaire sur les Caucasiens, qui mit fin à la Grande révolte de 1825 - 1864, le Tsar russe Alexandre II s’adressa à la délégation des tribus circassiennes, alors sujets de l’Empire turc ottoman, en ces termes : « Vous vous installerez à l’endroit qui vous sera indiqué ou bien vous émigrerez en Turquie. » Un petit groupe de Circassiens s’installa suivant l’ordre russe dans les plaines de la rivière Kouban tandis que la majorité se regroupa par centaines de milliers sur les rives de la mer Noire pour un exil dans d’autres régions de l’Empire ottoman. Ils s’installèrent dans les pays nommés aujourd’hui : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie et Israël.

[9Il se trouve une certaine différence entre les Alaouites de Syrie et les Alevis de Turquie.


COMMENTAIRES  

14/11/2011 15:57 par yapadaxan

Bravo et merci pour ce texte explicatif. Il est rare, de nos jours, de pouvoir lire la complexité et la sensibilité inhérentes à un pays, à son Histoire et à ses peuples.

La culture, et même l’érudition, sont le préalable à l’approche curieuse des populations "lointaines". Cela nous change des descriptions sommaires entendues au JT ou lues dans la presse. Comme les puissances coloniales ont taillé aux ciseaux les pays colonisés, les discours aujourd’hui désinforment à la louche, faisant un grossier grosso-modo. Et c’est ainsi que meurent les langues et disparaissent les cultures. Le but proclamé de l’impérialisme étant Coca Cola et Harry Potter.

On comprend mieux que la révolution syrienne, supportée par nos banquiers militaires, fasse dans le simplisme du tout-démocratique assené par Wall-Street et l’OTAN.

14/11/2011 17:52 par williamoff

@ yapadaxan

J’abonde dans votre sens. Ainsi par exemple sur le même sujet de l’ingérence Occidentale dans les affaires intérieures d’un état arabe, voici la conclusion de l’article consacrée à la Libye dans le "Dictionnaire de Géopolitique" ( éditions Bordas, page 920), sous la plume du Géographe Yves Lacoste :

"Il faut tenir compte des relations des islamistes avec la confrérie des Sénoussi *, dont les réseaux clandestins existent encore, y compris sans doute leurs connexions (qui remontent à la seconde guerre mondiale) avec les services secrets anglais et américains. Kadhafi sera-t-il remplacé par un leader Senoussi plus ou moins islamiste ?"

Alors que le texte date de 1993, c’est pourtant exactement le dénouement des derniers évènements de Libye.
Yves Lacoste n’est pas un devin, mais simplement il sait de quoi il parle.

C’est là toute la différence avec le Bla Bla médiatique où l’on invite de préférence des "experts", qui au mieux ne savent pas grand chose, et au pire rien du tout. Eux-mêmes interrogés par des journalistes qui ne prennent pas la peine de lire au moins quelques éléments scientifiques fondamentaux sur les sujets qu’ils abordent.

On pourrait en rire si cela n’engendrait pas tant de souffrances de dévastations et de crimes. Le tout commis en notre nom qui plus est !

*le roi Idriss1°, détroné par Kadhafi était le chef de cette confrérie, (dont tout le monde connait le drapeau aujourd’hui mais pas forcemment l’origine)

14/11/2011 19:31 par AP Kotchik

Article pertinent et intéressant, merci !

Une petite observation orthographique malgré tout, tous les groupes ethniques et religieux, lorsqu’il s’agit de noms et non d’adjectifs bien entendu, devraient avoir leur première lettre en majuscule, tant dans les titres que dans le texte afin que ce soit cohérent. (Et que cela ne puisse pas être jugé comme étant déplaisant ou malvenu...)

14/11/2011 19:59 par Senelbi

Très instructif, mais est-ce à dire que la tour de Babel Syrienne ne peut être maitrisée que par un pouvoir dictatorial s’appuyant sur une minorité ? Il faudrait être singulièrement naïf pour ne pas voir les appétits impérialistes sinon comme moteur, du moins comme accompagnateur intéressé du printemps arabe. A vouloir cependant voir le diable occidental partout, ne fait-on pas le jeu des dictatures en place ? Chaque fois qu’un pouvoir dictatorial arabe est défié par ses "sujets" il crie au complot et à la main de l’étranger. Le peuple est réputé débile et manipulé dès lors qu’il réclame ses droits élémentaires et remets en cause la sainte oligarchie au pouvoir.
Bachar et ses sbires assassinent des Syriens par milliers sans se soucier de leur appartenance ethnique ou religieuse. Vous devriez garder vos savantes élucubrations pour l’après -Assad, ce qui ne saurait tarder. Il appartiendra ensuite aux Syriens de dire de quoi sera fait leur avenir.

14/11/2011 23:24 par legrandsoir

Vous devriez garder vos savantes élucubrations pour l’après -Assad, ce qui ne saurait tarder. Il appartiendra ensuite aux Syriens de dire de quoi sera fait leur avenir.

Parlant d’élucubrations, parlons des votres : l’après-Assad sera comme l’après-Kadhafi. Rien. Des photos, des hommes en costume qui se serrent la main devant des crépitements de flashs. Ca sera beau et bref. Je veux dire : dans les médias.

15/11/2011 02:00 par Safiya

@ Senelbi

C’est presque du BHL, il manquerait juste que vous rajoutiez comme il le fait : Kadhafi a fait jurisprudence...

15/11/2011 05:54 par Byblos

Pauvre Bourhane Galioun ! Quelle erreur d’avoir cherché à établir un parallèle entre son petit comité commandité par Sarko sur les directives d’Obama et constitué et manoeuvré conformément au « pattern » libyen ! S’il fallait poursuivre ce parallèle, son petit comité ne serait rien d’autre que le parti des émigrés.

Vous savez, cette noblesse vermoulue, remise à sa juste place par la Révolution ; et dont beaucoup de membres se sont enfuis en Autriche ou en Angleterre pour y chercher, et y trouver appuis et prébendes en vue de déstabiliser la Révolution.

15/11/2011 08:16 par CN46400

Je ne connais presque rien aux peuples "musulmans" sauf que les classifier en fonction de leur obédience micro religieuse (variantes des pratiques religieuses) me parait aussi grotesque que de classer chez nous les gens en fonction de leur allégeance ou non au catholicisme. Par contre il existe en Syrie, comme en Irak, en Iran, en Azerbahjan et en Turquie, une minorité kurde (8% soit 5 Millions rapporté à la population française actuelle) qui aspire à redevenir ce que le traité de Sèvres (1920) lui avait reconnu, un peuple, une nation. C’est là un des pb de la Syrie et du MO en général.

Ceci étant, même si la Syrie des Assad, a joué un rôle plutôt positif au MO, les tension internes, ici comme partout, ne peuvent être durablement maitrisées que par la démocratie et pas par la domination, éternelle, d’une minorité sur toutes les autres. Evidemment, l’empire utilise la situation mais le statut quo est-il encore un remède valable ?

15/11/2011 08:19 par Palmer

14/11/2011 à 19:31, par AP Kotchik
(...)
Une petite observation orthographique malgré tout, tous les groupes ethniques et religieux, lorsqu’il s’agit de noms et non d’adjectifs bien entendu, devraient avoir leur première lettre en majuscule, tant dans les titres que dans le texte afin que ce soit cohérent. (Et que cela ne puisse pas être jugé comme étant déplaisant ou malvenu...)

Très juste ! Soit on en met pour tout le monde, soit on en met pour personne !

Nos amis du GS devraient corriger quand ils auront un moment.

15/11/2011 08:55 par Palmer

S’agissant du vote inique de la League Arabe visant la Syrie, quand on connait la liste des pays qui la constitue on peut sourire, en matière de répression et d’abscence de démocratie certains ne manquent d’air, seul le Yémen a eu au moins le courage de le reconnaitre. Quelle belle bande de faux-culs :

Algeria
Bahrain
- Comoros
- Djibouti
- Egypt
- Iraq
Jordan
Kuwait
- Lebanon
- Libya
- Mauritania
Morocco
- Oman
- Palestine
Qatar
Saudi Arabia
- Somalia
- Sudan
- Syria
- Tunisia
United Arab Emirates
Yemen

15/11/2011 09:32 par yapadaxan

L’auteur du texte ne se livre pas à une "classification" ethnico-religieuse, mais à un résumé historique de la Syrie.

Il se trouve que le territoire qui compose la Syrie actuelle fut à l’origine de la 1ère civilisation : Sumer/Akkad : 1ère agriculture, 1er commerce, 1ère écriture, cela réparti globalement sur l’Irak, une partie de l’Iran et la Syrie. C’est en Syrie que Jean Bottéro et son équipe découvrit les 1ers textes de l’humanité, parmi lesquels, mais pas seulement, L’Epopée de Gilgamesh.

En outre, la Syrie fait partie des 3 berceaux des 3 religions monothéistes. L’auteur en décompose les strates historiques et géographiques. Non seulement les 3 religions mais encore les différents courants qui les composent, par ex mais pas seulement, la coexistence Chiites/Sunnites.

Ce qui devrait révolter le lecteur, c’est de constater que ces communautés ont été enfermées dans des frontières tracées par la colonisation, au mépris des populations concernées. Sans que celles-ci aient jamais eu le droit de se prononcer. L’idée qu’on ont les Occidentaux, c’est qu’il s’agit, en gros d’Arabes et de Musulmans. Point. Du coup, ils sont rendus incapables de comprendre l’origine des dissensions qui "travaillent" et opposent ces différents groupes humains.

Et il se trouve qu’en effet ces situations échoient à des "dictateurs" qu’on considère comme tels. Pourtant, ces dictateurs héritent de pays jeunes (leur indépendance remonte aux années 50/60), composés d’ethnies et de communautés religieuses, culturelles, ayant un très long passé historique au cours duquel elles se sont formées et que la moindre des choses est d’en connaître et d’en comprendre l’existence.

Saddam Hussein était confronté à la situation créée par l’existence de 3 entités régionales : Kurdes, Sunnites et Chiites. Il lui fallait faire coexister ces 3 communautés à seule fin de former un seul peuple, une seule nation et un seul Etat. D’autant que la réalité des populations en Irak est, là encore, bien plus riche et bien plus délicate.

Allons plus loin : tous les territoires anciennement colonisés ont connu peu ou prou le même problème : les pays ont été tracés par les puissances coloniales en fonction de leurs intérêts et au détriment de ceux des pays et des peuples concernés. Il n’est pas rare d’entendre ironiser des conflits ethniques comme preuve que les Indigènes sont restés des sauvages. Jamais au grand jamais quelqu’un ne vient expliquer HISTORIQUEMENT la formation de ces peuples ni de leurs pays. Et du reste, que savons-nous des religions africaines pré-chrétiennes ou pré-musulmanes ? Rien et tout le monde s’en fiche. Que savons-nous de l’antique civilisation amérindienne, de ses composantes, de leur HISTOIRE, de leurs différences, de leur organisation sociale et de leurs représentations au plan philosophique, religieux et linguistique ? Qui s’en soucie ?

Nos démocraties, ex puissances coloniales, qui ont envahi, occupé, spolié et massacré, continuent à faire de même : toutes les nations et tous les peuples n’ont qu’un choix et qu’un droit : le dieu unique, coca-cola, des élections et le chômage. Parce que notre mode de vie, s’il est bon pour nous, il DOIT l’être pour tout le monde et UNIVERSELLEMENT.

Et voulez-vous que je vous dise ? Le premier citoyen occidental venu en est parfaitement convaincu. L’idéologie colonialiste (et donc raciste), c’est ça.

15/11/2011 10:18 par AP Kotchik

15/11/2011 à 09:32, par yapadaxan

L’auteur du texte ne se livre pas à une "classification" ethnico-religieuse, mais à un résumé historique de la Syrie.

Effectivement mais cela n’empêche pas de respecter l’orthographe ! :-)

15/11/2011 10:27 par lisa

Les problémes qui frappent cette région sont intiment lié aux découpages géographiques et ethniques coloniaux ! On sait que les "alaouites" sont une création française sur laquelle leur colonialisme s’est appuyé ! Le cas tragique du Rwanda est là pour attester des méthodes de découpages et de formatage du diviser pour régner !

Aprés le départ physique des armées coloniales, est resté la psychologie, les situations bloquées conséquences de la mise en place d’outils d’asservissement invisibles (cia, connivences avec les dictatures, trafics d’influence).

En fin de compte, le statu quo et le vieillissemt des dictatures a amené un pourrissement sur lequel jouent les vautours impérialistes. Donc, ceci n’a rien à voir avec ces diverses populations qui ont toujours cohabité ensemble !
Le probléme c’est l’état statique des régimes arabes qui n’ont pas eu le courage d’évoluer et de souder le peuple autour d’un projet commun. Ainsi ces dictatures gardent le pouvoir et les intéréts des impérialistes qui les font et les défont !

15/11/2011 10:58 par legrandsoir

Problèmes d’orthographe, de majuscules dans le texte.

On a corrigé, au moins en partie. On ne fera pas ça tous les jours.

Que les auteurs sachent que nous corrigeons avant publication quand nous le pouvons des textes mal relus par les auteurs.

Mais il nous arrive aussi de renoncer et de ne pas publier en dépit de la qualité de l’article.

Donc, amis auteurs, merci de vous relire et vous relire encore et d’user du correcteur d’orthographe et de grammaire.

Signé : L’esclave (à mi-temps) du GS chargé de la rubrique "Perfection".

15/11/2011 11:19 par Palmer

@15/11/2011 à 10:58, par LeGrandSoir

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15/11/2011 12:16 par Senelbi

Laissez-moi comprendre : au nom de l’anti-impérialisme militant nous devons fermer les yeux sur les ignominies commises par un dictateur contre son peuple. Voilà une notion nouvelle que j’ai du mal à assimiler, de même que celle de la diversité culturelle et cultuelle avérée de la Syrie comme alibi pour un régime assassin.
La situation de la Libye et de la Syrie n’ont rien de commun. Autant je rejoins votre analyse dans le premier cas où il s’agit d’une agression caractérisée de l’occident contre un pays souverain, autant il s’agit ici d’un soulèvement populaire contre une caste régnante dépourvue de scrupules.
Défendre ce pouvoir criminel au nom de l’anti-impérialisme c’est faire bon marché des 3500morts et des milliers de blessés et d’emprisonnés, même Israël n’a pas fait mieux en matière de tueries, et pourtant...

@ Safiya
BHL (que je n’aime pas plus que vous) a sur vous un avantage, il ne fait pas que des discours creux, il agit au service des siens,efficacement. Vous en avez la preuve en Lybie.

15/11/2011 12:19 par williamoff

Ces histoires d’orthographe et de grammaire sont mortifères pour beaucoup de personnes qui finissent par renoncer à vouloir s’exprimer par crainte de ce genre de remarques.

C’est une façon élitiste de réserver le débat à une catégorie d’intervenants, où les connaissances et la pertinence du propos comptent moins que le style et la forme. Un excellent exemple dans ce domaine est BHL qui "écrase" plus ses contradicteurs par la qualité de sa prose ou de son verbe que par ses arguments. Mais c’est vrai que cela fait bien. Tout dans le paraitre.
Ou alors payez-vous un "négre" à la façon de Mr Minc et beaucoup d’autres.

Ne retenir d’un texte, qui pour le moins est très instructif, qu’un manque de majuscules, c’est réducteur et peut-être même offensant pour l’auteur. Surtout que Fida DAKROUB s’exprime très bien et qu’il est fort possible, de surcroit que le français ne soit pas sa langue maternelle.
Pour ma part, je serais très heureux d’écrire en ne me trompant que sur les majuscules. Je m’estimerais même en gros progrés, et pourtant ce ne serait pas encore assez pour certains, et je sais par expérience que ce n’est jamais assez.
Cela se résume un peu à "Exprimez-vous correctement sinon ....taisez vous !"

Le langage et l’écriture sont bien des instruments de domination.

15/11/2011 12:32 par Palmer

@15/11/2011 à 12:16, par Senelbi

Quand on parle du loup...

(Pardon à nos amis Canis Lupus pour l’insulte)

15/11/2011 13:03 par Palmer

15/11/2011 à 10:27, par lisa

(...) On sait que les "alaouites" sont une création française (...)

Non ! On ne sait pas !

Car votre proposition est historiquement fausse, les Alaouïtes sont les premiers à s’être oposés manu militari aux Français alors qu’ils débarquaient sur la côte syrienne en mai 1919, c’est un fait historique ne vous en déplaise et l’histoire ne se travestit pas au dernières nouvelles !

15/11/2011 13:12 par Palmer

@15/11/2011 à 12:19, par williamoff

Les remarques (sympathiques) concernaient l’article & non les commentaires...

15/11/2011 15:00 par Fida DAKROUB

Chers lecteurs,

J’ai mis les noms de religions ainsi que de leurs membres en minuscule car la règle grammaticale l’exige !

Seuls les noms de nationalités, afin qu’ils ne soient pas des adjectifs, prennent une majuscule.

En ce qui concerne les Juifs, cela est différent un peu. Quand on veut dire par "juif" le peuple, alors "juif" prend une majuscule et on dit " les Juifs" en tant que peuple et ethnie. En le mettant en minuscule, nous indiquons les membres d’une religion.

Cela justifie par le fait que le judaïsme signifie une religion, une ethnie, un peuple et une histoire.

Cette exception ne s’applique pas, naturellement, aux membres d’autres religions.

Lisons ce paragraphe que j’ai tiré de "Usage des majuscules en français" :

« Noms de religions et leurs membres

Les noms de religions ainsi que leurs membres prennent toujours la minuscule :
le bouddhisme, le catholicisme, l’islam, le judaïsme ; les bouddhistes, les catholiques, les musulmans, les protestants, les juifs (juif s’écrit en minuscule quand on parle de la religion, mais avec une majuscule quand on parle du peuple juif : les Juifs) »

Voici la référence : http://fr.wikipedia.org/wiki/Usage_des_majuscules_en_fran%C3%A7ais

@Williamoff

Comme Williamoff l’a bien exprimé dans sa remarque, et l’a bien mis dans son contexte culturel :

Surtout que Fida DAKROUB s’exprime très bien et qu’il est fort possible, de surcroit que le français ne soit pas sa langue maternelle.

Oui, je ne suis pas français, je suis francophone ! Mon français est celui des Périphéries et non pas celui du Centre. Je m’exprime en français des prolétaires et sous-prolétaires des Périphéries ; le français des colonisés, des opprimés, des damnés et des déshéritiers ; autrement dit, le français militant tel que acquis à la maison de mes parents prolétaires, ex-colonisés !

Somme toute, comme l’a exprimé Williamoff d’une façon sous entendue, la langue n’est qu’un véhicule de la pensée ; c’est ça qui compte !

Merci à vous tous et à très bientôt !

Fida DAKROUB

15/11/2011 15:20 par yapadaxan

Un intervenant s’indigne qu’on "soutienne" un/des dictateur(s). Non, monsieur, on ne "soutient" pas des dictateurs. Des contributeurs expliquent l’historique du passé syrien et questionne, à la lumière de ce passé, la pertinence du mot "révolution" tel qu’on l’applique à ce que d’aucuns appellent le printemps arabe.

Car sous prétexte de printemps arabe, et je dis bien : sous prétexte, l’impérialisme a détruit complètement la Libye, massacré son peuple et assassiné son dirigeant. Car sous prétexte de printemps arabe, les mêmes s’apprêtent à en faire de même en Syrie. La mode, venue des milieux ultra gauchistes, réformistes et révisionnistes, veut que désormais les puissances impérialistes volent au secours des révolutions.

Ainsi nous avons des trublions qui agitent des drapeaux rouges ou noirs, chantent des antiennes du corpus révolutionnaire, et en appellent aux forces les plus capitalistes. Sous prétexte de laïcité, d’athéisme, de liberté d’expression, ils en viennent à des caricatures ridiculisant l’Islam.

La France est un pays de civilisation judéo-chrétienne, comme d’autres le sont de civilisation arabo-musulmane. On prend prétexte, pour caricaturer l’Islam, de ce qu’on a fait de même pour caricaturer le christianisme. Or il se trouve, que cela plaise ou non, que l’Histoire du christianisme remonte à 2000 ans. Déjà , au Moyen-Age des chansons grivoises, en latin, ironisaient à l’endroit de la religion. Parmi les esprits forts du XVIIème, certains furent brûlés en Place de Grève. Des auteurs ont dû déployer des trésors d’imagination pour dénoncer l’Eglise et ses préceptes. De Cyrano de Bergerac jusqu’au marquis de Sade, la littérature s’est essayée à la caricature, à l’ironie, à la dénonciation. Pourquoi tout cela ? Parce que, dans notre Histoire, nous eûmes à souffrir, au plus profond de nous, de l’Inquisition. Non pas celle dont parle les manuels d’Histoire, mais de celle qui s’empare de toute l’Europe dès l’avènement du christianisme. Cette religion n’autorisait pas qu’on en eût une autre. La conversion était dictatorialement la norme. Ce durant 18 à 19 siècles. Cela passa y compris par les guerres de religion et la Saint-Barthélémy : on assassina à grande échelle des chrétiens. Des chrétiens, oui, mais pas catholiques. C’était là le crime. Pendant ce temps, on colonisait avec la croix. De gré ou de force. Les caricatures qui ont croqué Dieu et la religion s’inscrivaient dans une longue Histoire des idées contre l’obscurantisme où la religion était le plus souvent un système crédule de superstitions. Au point de dégénérer, comme à Toulouse, jusqu’à l’affaire Calas.

Qu’y a-t-il de tout cela avec l’Islam, Allah et Mahomet pour ce qui nous concerne ? Il se trouve que la majorité des musulmans conçoit la religion à un niveau nettement plus sacré. En quoi ça nous concerne. Et quand bien même ils se tromperaient, qu’avons-nous à dire ? Car, in fine, de qui faut-il donc rire ? D’Allah, de Mahomet ou bien des musulmans ? Ce qui n’est plus du tout la même chose. Que sait l’homme ordinaire, fût-il éduqué, de l’Islam, de son contenu, de son rapport à Dieu et au monde ? Qui en a une connaissance suffisamment fine pour convertir en rire beauf ce qu’il en sait ou croit savoir ?

Du point de vue américain, lequel est imbibé du fait hyper religieux, rien ne vaut à part sa réalité, ses valeurs, sa pensée. Le monde communiste fut constamment sa proie : guerres et dictatures sanguinaires, voilà sa seule approche du phénomène planétaire qui a marqué le monde au XXème siècle. C’est-à -dire des oeillères et un aveuglement sourd. Toute différence était éradiquée par la violence et le crime. Exactement comme le furent les Amérindiens.

Et donc, dictateurs, Kadhafi et Assad ? Ou Ahmadinejad ? Ou Hussein ? C’est tout ce qu’il y a en dire ? Sont-ils ou furent-ils pires qu’Hitler ??? Mussolini ou Franco ? Salazar et Caetano ?

Sont-ils comparables à Pinochet ? Videla ? Peut-on parler des SS, des SA, d’Auchwitz ? Y a-t-il une gestapo ? Des escadrons de la mort ?

Ou sont-ce de ces dictateurs qui ont à diriger non pas un peuple mais des peuples ? Et s’il y a des contentieux parmi ces peuples, la faute leur incombe-t-elle ? Sont-ils responsables de tous ces siècles de rivalités et de conflits ?

L’Histoire exige que l’on connaisse l’évolution des peuples et des sociétés. Des phénomènes nés dans l’Antiquité et même la protohistoire sont encore à l’oeuvre de façon vivace aujourd’hui, sous toutes les latitudes, même les nôtres.

La démocratie est ce système qui veut tout niveler en n’ayant qu’un peuple de citoyens sans mémoire et sans passé. Le pire, c’est que c’est elle, la vraie dictature. Elle banalise l’individu et le rend platement égal à l’autre. Où il est question d’oublier tout ce que nous fûmes. Comprenons : aux USA c’est la norme. Le peuple US n’a pas d’Histoire commune. Il est bien obligé de s’en passer.

Mais ailleurs ?

15/11/2011 15:26 par Fida DAKROUB

Le contexte historique compliqué du Levant élimine parfois toute possibilité de distinguer groupes ethniques de groupes religieux, tel que exprimé dans mon texte.

Nous donnons ici l’exemple de la communauté alaouite en Syrie : fallait-il dire Alaouites ou alaouites ?

Les alaouites, comme membres d’un groupe religieux, se distinguent aussi par leur appartenance ethnique.

Au Liban, les maronites constituent un groupe religieux appartenant à l’Église catholique. Cependant, les membres de ce groupe se considèrent aussi comme ethnie distincte, surtout non arabe.

Dans des cas pareils, laquelle des règles grammaticales s’applique ? Faut-il utiliser la majuscule ou la minuscule ? Faut-il identifier ces groupes par leur appartenance ethnique ou religieuse ; tout en sachant que la spécificité levantine rend toute distinction entre "groupe ethnique" et "groupe religieux" une sorte de "Mission impossible" !

Merci à vous tous et toutes !

Fida DAKROUB

15/11/2011 15:39 par lisa

Madame, personne ne souhaite une guerre en Syrie ou ailleurs. Le cas irakien est là pour attester que les guerres n’ont jamais rien résolu !

Toutefois, le probléme de la Syrie n’est pas sa mosaique d’habitants, mais le pourrissement d’un régime autoritaire qui n’a pas su évoluer, ni grouper TOUS les syriens autour d’un projet commun ! Vous savez bien que le parti du baas encadre les syriens et torture les opposants !

Donc, expliquer ce pourrissement politique par la diversité de la syrie est faux. On a pour exemple le Rwanda qui était composé seulement de deux ethnies qui ce sont sauvagement massacré. L’explication se trouvait dans leur passé colonial et dans les rivalités politiques internes-externes.

Si un gouvernement sait réunir son peuple autour d’un projet, de lois justes, égalitaires, fortes, les gens ne se fixeront plus et ne se définiront plus par rapport à une appartenance, mais par rapport a la syrienneté !

15/11/2011 15:51 par Palmer

@15/11/2011 à 15:00, par Fida DAKROUB

Bien que ce ne soit pas d’une importance particulière, ma professeure de français préférée [1] (Ma 1/2 pour tout vous dire) me suggère de vous conseiller de trouver de meilleures références que Wikitrash, ceci dit en toute sympathie bien évidemment.

365087BPascalPensees.jpg
Fac-simile Blaise Pascal - Pensées, édition de Port-Royal, 1670

Ceci dit, votre article est super intéressant et super bien documenté ! Bravo !

[1] Mon orthographe épouvantable lui fait honte, mais il parait que j’ai des excuses malgré tout...

15/11/2011 16:30 par Palmer

15/11/2011 à 15:26, par Fida DAKROUB
(...)
Nous donnons ici l’exemple de la communauté alaouite en Syrie : fallait-il dire Alaouites ou alaouites ?

Les alaouites, comme membres d’un groupe religieux, se distinguent aussi par leur appartenance ethnique.

Au Liban, les maronites constituent un groupe religieux appartenant à l’Église catholique. Cependant, les membres de ce groupe se considèrent aussi comme ethnie distincte, surtout non arabe.

Dans des cas pareils, laquelle des règles grammaticales s’applique ? Faut-il utiliser la majuscule ou la minuscule ? Faut-il identifier ces groupes par leur appartenance ethnique ou religieuse ; tout en sachant que la spécificité levantine rend toute distinction entre "groupe ethnique" et "groupe religieux" une sorte de "Mission impossible" ! (...)

Dans le fac-similé du texte de Pascal ci-dessus, vous noterez que "les Juifs", "les Chrétiens" et "les Païëns" ont très logiquement droit à une majuscule, tout comme les Marxistes y ont droit aussi bien évidement, s’agissant d’un groupe d’individu. Les règles dont vous parlez n’en sont pas, (des néorègles néosionistes ou néorévisionistes évenrtuellement...) en français un nom de groupe d’individu doit être écrit avec sa 1ère lettre en majuscule.

15/11/2011 16:40 par lisa

@Palmer, le probléme central est que le clan alaouites a le monopole absolu et verrouillé à de tous les postes clés, dans l’armée, l’unique parti baas ect... C’est cela qui est la faiblesse de la Syrie, du monde arabe. Chaque fois qu’un membre d’un clan prend le pouvoir, il le verrouille par le népotisme ! Résultat : Le mécontentement, le repli communautaire, le radicalisme !

Ces pays torturent leurs propres citoyens, comme s’ils ont remplacé le colon et adopté ses méthodes ! Il faut dénoncer cela, méme si on est anti guerre, anti impérialiste. Sinon, on avancera jamais !

15/11/2011 16:51 par lisa

@Yapadaxan, franchement, merci pour tous vos commentaires, si mesurés, argumentés avec sagesse !

L’heure est grave pour la syrien, TOUS les syriens, et là on ergote sur l’orthographe !!!! Le langage est d’abord un moyen de communication et pas seulement des mots prisonniers des régles !

Paix et raison à TOUS les syriens, qui sont d’abord humains, avant d’étre alaouites, ou druzzes, ou que sais-je encore !

La terre est à tous, bien avant l’invention des drapeaux !

15/11/2011 17:11 par AP Kotchik

@15/11/2011 à 15:39, par lisa

A mon avis vous inversez les rôles outre les clichés que vous reprenez allègrement dans la foulée. Personne de sérieux ne peut reprocher au parti Baas et à son régime d’avoir exacerbé les tensions ethniques et religieuses, on peut lui reprocher pas mal de choses bien entendu, mais certainement pas cela, c’est bien au contraire tout l’inverse qu’il a fait. N’importe qui s’étant rendu en Syrie jusqu’au printemps de cette année n’a pu que constater que c’était un des rares pays du Moyen-Orient où les diverses communautés ethniques et religieuses vivaient en complète intelligence et sans la moindre tension. C’est tout au contraire l’insurrection téléguidée de l’extérieur qui s’est clairement mise à jouer cette carte incendiaire. Les puissances hégémoniques qui oeuvrent à déstabiliser la Syrie pour mieux la dépouiller dès que possible jouent la carte des radicaux de la pire espèce, les al-Zawahiri et Cie sont des enfants de coeur à côté !

15/11/2011 17:24 par Palmer

15/11/2011 à 16:40, par lisa

@Palmer, le probléme central est que le clan alaouites a le monopole absolu et verrouillé à de tous les postes clés, dans l’armée, l’unique parti baas ect. (...)

Ca c’est un cliché, "le clan alaouite" ça n’existe pas dans le monde réel en Syrie. Contrairement à ce que vous pensez les Alaouites sont une communauté marginale qui a toujours été plutôt martyrisée, pas sunnite, pas vraiment chiite non plus, certains se demandent même s’ils sont vraiment musulmans. A l’époque de l’Empire ottoman ils étaient même très clairement discriminés et pas bien traités du tout, car ils les considéraient comme une espèce de secte hérétique inclassable...

15/11/2011 17:42 par Palmer

15/11/2011 à 16:51, par lisa
(...)
La terre est à tous, bien avant l’invention des drapeaux !

Ouais ! Mais d’après ce que j’ai compris les Syriens préfèrent se contenter des étrangers qui viennent avec de bonnes intensions, les "touristes" sponsorisés par la CIA, le Mossad, les Saouds ou les services secrets turcs, rosbifs ou franchouillards, ils n’en veulent pas et je les comprends très bien ! ;-)

15/11/2011 19:35 par lisa

@Palmer, je vous comprends sur bien des points, mais vous ne me ferez jamais croire que le pouvoir syrien est démocratique . Le pouvoir syrien s’apuie sur un parti unique : baas. La torture est une pratique courante. Le systéme est verrouillée par le népotisme.

En 1982, Assad pére, a déjà commis des massacres pour mater une rebellion dans la ville de Hama !

Tous ces soubressauts trouvent leur origine dans le passé colonial, mais aussi dans l’immobilisme politique. Ce pourrissement est profitable aux vautours qui ont déstabilisé la Syrie. Dommage, Bachar Assad est jeune et dynamique. Il aurait pu étre un Chavez avec un peu d’imagination et beaucoup de courage.

Dénoncer le statu quo et la torture ne sont guére des clichés, mais la réalité. Hélas !

15/11/2011 19:50 par lisa

@ApKotchik, je n’ai pas dit que le pouvoir syrien ou le baas ont "volontairement exacerbé les tensions". J’ai dit que l’immobilisme politique, le népotisme, la torture, bref l’absence de démocratie et de projet ont affaiblit la Syrie qui, on le voit est déstabilisable, et ne faisant pas front commun, précisément à cause de beaucoup de syriens que le manque de démocratie a radicalisé !

15/11/2011 20:55 par Palmer

15/11/2011 à 19:35, par lisa
@Palmer
(...)
En 1982, Assad pére, a déjà commis des massacres pour mater une rebellion dans la ville de Hama ! [1]
(...)
Dénoncer le statu quo et la torture ne sont guére des clichés, mais la réalité. Hélas ! [2]


- 1) Vous croyez qu’avec des dingues du genre d’al-Zawahiri - comme disait AP Kotchik plus haut - on peut leur parler avec des fleurs ?
- 2) Vous connaissez personellement quelqu’un qui a été torturé en Syrie ? Moi pas !

15/11/2011 22:01 par legrandsoir

Vous connaissez personnellement quelqu’un qui a été torturé à Guantanamo ? Moi pas !

15/11/2011 21:04 par AP Kotchik

@15/11/2011 à 19:50, par lisa

Je ne vais pas vous faire de la pub pour le régime syrien, je n’ai rien à vendre. Pour être allée personnellement à plusieurs reprises en Syrie, y compris assez récemment, je n’ai jamais eu l’impression d’être dans une dictature, il n’y avait pas de chars dans les rues et les gens étaient souriants et détendus, ils parlaient très librement. Je ne demande à personne de partager mon sentiment, c’est le mien d’expérience, c’est tout...

15/11/2011 21:19 par Palmer

15/11/2011 à 19:35, par lisa
@Palmer
(...)
Tous ces soubressauts trouvent leur origine dans le passé colonial (...)

Notez que sur point je suis tout à fait d’accord avec vous ! Mais pour ce qui est du rétablissement de la Grande Syrie allant du sud de la Turquie au désert du Négev, (Liban, Palestine et Jordanie inclus) il semble qu’il n’y ait pas de concensus favorable pour l’instant... Mais moi, je suis pour à 100% ! ;-)

15/11/2011 22:13 par Palmer

15/11/2011 à 22:01, LeGrandSoir

Vous connaissez personnellement quelqu’un qui a été torturé à Guantanamo ? Moi pas !

Non ! Moi non plus, mais il y a des photos et des témoignages de militaires qui ont fuité, et on a pu entrendre des interviews crédibles et concordants de plusieurs personnes incarcérées à Guantanamo qui décrivaient par le menu les mauvais traitements qu’ils y avaient subis.

Pour la Syrie je n’ai rien vu ou entendu de tel... Peut-être ai-je raté un épisode ?

15/11/2011 22:36 par Safiya

Merci Yapadaxan..

Vive la culture quand elle est servie avec l’honnêteté intellectuelle !

A bas l’habilité qui travestie !

16/11/2011 02:13 par Anonyme

En passant, et pour mettre toutes les « ethnies » et autres « communautés » d’accord (enfin, espérons) sur le fait qu’elles ne veulent pas être bombardées, ne serait-ce que pour pouvoir continuer à se disputer* :

Ban Ki Moon se prépare et dit être prêt à intervenir en Syrie.

(…) Le gouvernement de Bashar El Assad a dénoncé à plusieurs reprises l’implication des Etats-Unis et de leurs alliés dans la promotion de violences dans le pays.

Un porte-parole de Ban-Ki Moon a dit qu’il appartenait au Conseil de Sécurité (de l’ONU) de décider quand il conviendrait de se pencher sur une résolution contre la Syrie.

Légende de la photo illustrant l’article : « Yankee Moon »

http://www.aporrea.org/tiburon/n192842.html

*paraît-il, et vu de France où l’information est juste et libre comme chacun sait.

16/11/2011 12:26 par lisa

Palmer, la férocité des uns n’excusent pas la férocité, par certains aspects, du régime Syrien !

Votre zéle verbal, limite parti-pris, vous cache la réalité ! Y a pas besoin de connaitre un quelconque pauvre bougre pour étre certain que la torture se pratique en Syrie, comme dans bien d’autres pays environnants, y compris dans la plus grande démocratie du moyen-orient : Israél !

Le régime autoritaire syrien s’appuie sur un parti baas. La torture des opposants, surtout des "islamistes" est connue, dénoncée par les ONG !

Vous connaissez personnellement un opposant torturé sous Moubarak ? Moi, non ! Allez-vous me dire que la torture n’existait pas sous Moubarak ?

Si vous voulez que les choses avancent, il faut établir un bon diagnostic, sinon la maladie risque de durer longtemps .

16/11/2011 12:56 par lisa

Palmer, Le rétablissement de la "Grande-Syrie" ! Ce serait un bon reméde pour recoller l’identité déformée par le colonialisme arrogant de l’époque, qui découpait les territoires des autres, sans égard ni consultation réciproque !

Pour ce faire, il faudrait une prise de conscience commune des habitants de la région, autour de leurs intéréts réciproques, et de leur SURVIE ! L’impérialisme actuel, sous la houlette des USA et des anglais, est pire que le précédent pour plusieurs raisons : Les divisions sont exacerbées, les nations affaiblies, certains états arabes collaborent ouvertement à la destruction des leurs (Quatar, A.Saoudie), l’islamisme est manipulé (Libye), les armes utilisées (uranium appauvri, etc...) laissent des traces indélibiles, les cibles sont des civils, les guerres assymétriques, les impérialistes groupés (OTAN) pour mieux détruire et piller leur forces décuplées.

Donc, les impérialistes retournent groupées et surarmés dans cette région, au lieu de piller et exploiter chacun solo comme au 19iéme siécle !
C’est pourquoi, il s’agit de SURVIE pour les habitants de cette région, et les "printemps arabes" risquent de virer au pire !

16/11/2011 15:00 par Palmer

@16/11/2011 à 12:26, par lisa

Je m’efforce juste d’être pragmatique et rationnel sur la question de la Syrie. Les dits "Syriens" que l’on entend à l’Ouest n’ont généralement plus foutu les pieds en Syrie depuis au moins 30 ans, ils ont eu le temps de faire leurs études supérieures et pour la plupart sont pratiquement en fin de carrière d’universitaires en France, en Turquie, au UK ou aux USA, alors lorsque j’entends des gugus comme ça parler de la Syrie, vous m’excuserez, mais je me marre ! Concernant la volonté des Occidentaux de vouloir exploser la Syrie et d’y mettre le chaos, ce n’est pas un fantasme, c’est écrit noir sur blanc dans les mémos diplomatiques fuités par Wikileaks, dans des conversations entre les hauts dirigeants du Mossad, de l’administration US, des Emirs, etc. je ne les ai pas rêvées ces conversations machiavéliques elles sont sur mes serveurs. Les parlementaires étasuniens allouent publiquement des budgets pour des opérations terroristes en Iran et en Syrie, je ne l’ai pas rêvé non plus, c’est publié sur les sites officiels US. Je n’ai en outre aucun parti prix, je ne suis vraiment pas un supporter de Bachar al-Assad, je peux même vous dire que pour moi il n’a pas volé ce qui lui arrive personnellement, à vouloir souper avec Satan, même avec une grande cuiller, ça lui pendait au nez, il n’aurait jamais dû voir l’Occident comme autre chose qu’un ennemi, il en a bien la preuve aujourd’hui, et à vouloir chercher à jouer au plus malin, on finit toujours pas trouver son maître. S’il s’était comporté fermement et dignement comme les Iraniens, on ne parlerait même pas de la Syrie aujourd’hui. Seulement ça les Syriens n’y sont pour rien, ce n’est pas de leur faute si leur dirigeant a joué au con, et au bout du compte c’est eux qui ont toutes les chances de payer la note et ils la paie déjà d’ailleurs aujourd’hui. Actuellement la majorité des Syriens n’ont strictement rien à faire de Bachar al-Assad et de son sort personnel à venir, ce qu’ils voient, c’est qu’une guerre civile est en train de faire rage dans leur pays, attisée de l’étranger à grand coup de dollars, d’armes et de propagande. Ils voient que mis à part l’Iran et la Russie et peut-être la Chine tout le monde se déchaîne contre eux et souffle sur les braises. La rhétorique "pseudo-humaniste", telle la vôtre, les Syriens s’en contre-fichent, et pardonnez-moi, moi également, les Syriens veuillent qu’on les laisse gérer leurs affaires, et que l’on cesse de mettre le souk chez eux, ce n’est pas sorcier !

16/11/2011 18:43 par Anonyme

Guantanamo : Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, témoigne

S’il existe des témoignages sur les tortures infligées par le "˜régime "˜ Syrien, c’est le moment de les amener. Au moment où l’ONU nous concocte des « bombardements humanitaires », comme en Libye. Car cette accusation, répétée mille fois par nos médias, est très grave, digne du Moyen-à‚ge et de l’Inquisition, et elle se doit d’être étayée. Les affirmation sans autre preuve que les « « on dit » des médias français et « des ONG », sans qu’il soit précisé de quelle ONG il s’agit, ne sont évidemment pas crédibles. Les deux savent en effet très bien mentir et attribuer des « violations des droits de l’homme », afin de traduire devant leur Cour Pénale Internationale à grands renforts bruyants médiatiquement d’Interpol etc., ceux qui les… dérangent.

Mais jamais les « amis », qui, dès lors, torturent tranquillement, non seulement sans être inquiétés par personnes, mais en étant honorés..

Par ailleurs :

Syrie : l’oncle exilé de Bachar Assad se positionne pour prendre sa place

« Le frère cadet de l’ancien président Hafez al-Assad, a pris dimanche dans un hôtel parisien la tête d’un nouveau mouvement d’opposition, le Conseil national démocratique, dont la direction est composée essentiellement de membres de son propre parti l’Alliance nationale démocratique unie et d’ex-membres du parti Baas au pouvoir. »

« Rifaat al-Assad, qui avait tenté un coup d’Etat en 1983, se présente comme la troisième voix entre le Conseil national syrien, "un groupement de Frères musulmans qui se cachent derrière une personne que personne ne connaît en Syrie (Burhan Ghalioune)" et "qui veut le combat", et "l’opposition de l’intérieur qui veut (un) dialogue" qui n’a aucune chance d’aboutir selon lui. »

16/11/2011 18:58 par lisa

Palmer, votre commentaire est tout à fait juste ! Tout comme vous, je n’ignore pas les plans tellement machiavéliques des puissances actuelles au service de l’oligarchie. Tout comme vous Bachar Assad est le cadet de mes préoccupations ! Lui qui a diné avec le diable, qui est venu se pavaner, au coté de Sarkozy, au défilé de notre 14 juillet, lui qui a posé dans "paris match" avec sa dame ! L’erreur est humaine, il a cru qu’une ouverture est possible, tout comme Khadafi ! Un relachement de méfiance, et les vauteurs s’abattent sur le pays !

Tout ceci est favorisé depuis la chute de l’union soviétique et d’un non rééquilibrage de la terreur, comme ils disent...

Bien que mon discours vous semble "pseudo-humaniste", je suis sure, tout comme Chomsky, que chacun peut contribuer aux améliorations si petites soient-elles ! C’est pour cela, que je dénonce la politique violente des puissances, mais que j’insiste aussi sur les aspects négatifs du régime baassiste syrien, tout en sachant que les syriens lambda n’y sont pour rien, mais qu’ils payent cash pour les conneries et incompétences de leurs dirigeants ! Comme nous tous, du reste !

16/11/2011 19:59 par lisa

AP Kotchik, Je confirme : Moi aussi, je suis allée dans les pays du moyen-orient, et jamais, pas le moindre instant, j’ai perçu qu’il s’agissait d’un pays à régime autoritaire ! Bien au contraire, les gens sont détendus, souriants, et on s’y sent bien ! Pardonnez-moi, mais on s’y sent mieux qu’en Europe ! Ceci c’est vrai pour les lambda comme nous, mais pour les opposants et ceux qui veulent "l’ouvrir", ça doit étre autre chose ! J’ai aussi remarqué que les citoyens ordinaires parlaient, se permettaient des critiques !

Notre interprétation des autres sociétés est parfois subjectives. Méfions-nous aussi des médias et des politiques qui diabolisent ceux qu’ils ont dans leur cible !

16/11/2011 21:16 par vagabond

Il serait intéressant d"avoir l’opinion des syriens qui ont la possibilité d’aller sur place plutôt que de ne nous fier qu’aux publications diverses.

Assad est-il oui ou non en train de tirer sur une partie de son peuple ? Y a-t-il eu plus de 3000 morts ?

Al Manar parle de ceux qui ne veulent pas du CNS et de ses employeurs offshore : (http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=38166&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1)

Je ne comprends pas la position de Bashar Al Assad ? Pourquoi ne pas tenter un référendum ? Parce que c’est un dictateur éclairé ?

J’ai commencé à lire un état des lieux concernant les droits de l’homme en Syrie, datant de 2001, la torture y était déjà dénoncée.

A garder en tête qu’une partie de l’ancienne opposition refuse le CNS et surtout l’interventionnisme éhonté occidental.

Je me demande quel est le véritable credo de toutes ces composantes syriennes dont parle l’auteure ?

En attendant, Gaza reste le souffre-douleur d’Israël. Les « damnés » du camp de concentration continuent de supporter les raids courageux de l’armée la plus morale du monde et la course à la colonisation se poursuit de façon effrénée ponctuée d’anathèmes contre l’Iran.

Le dirigeants du Qatar et de la Turquie sont de belles ordures quant à la ligue arabe, elle ne fait que s’étaler de tout son long en parfaite serpillère des USA and all.

(si j’ai fait des erreurs de français, j’espère que Palmer ne m’obligera pas à écrire en vieux françoy : ))

16/11/2011 21:41 par AP Kotchik

@16/11/2011 à 19:59, par lisa

Je peux aussi vous dire que s’il vous prenait l’idée saugrenue d’aller faire un tour au Kazakhstan par exemple, les gens souriants, détendus et loquasses, vous allez avoir du mal à en trouver... La Biélorussie c’est à éviter aussi dans le même registre lugubre...

16/11/2011 22:15 par AP Kotchik

@16/11/2011 à 21:16, par vagabond
(...) j’espère que Palmer ne m’obligera pas à écrire en vieux françoy : ))

C’est moi la coupable, j’avais soulevé cette question des majuscules !

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