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Echos, petits potins et faits divers politiques

Dans les coulisses du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Toulouse

Organiser un meeting, c’est facile : vous trouvez un micro, une sono, vous collez des affiches et vogue la galère. Sauf que ce n’est pas ça.

Organiser un meeting de gauche dans une ville socialiste, là , ça roule tout seul. Sauf que...

Le plus dur, en fait, c’est d’organiser un meeting et de se dire deux heures avant qu’ils vont être trop nombreux.

Et puis il y a les médias dont on se demande parfois, à les lire, s’ils étaient bien là ou s’ils en ont envoyé un seul, les autres recopiant ses notes.

En tout cas, voici le récit d’une journée d’une petite souris qui a vu, entendu, et qui raconte.

LGS

Quand les Espagnols de la «  retirada » eurent fait de Toulouse «  la Capitale de la République espagnole », ils prirent l’habitude de se réunir en palabres sur la place Wilson bordée d’immeubles de briques qui tournent autour de la statue de Goudouli, poète occitan, dans l’hypercentre de Toulouse.

Les Toulousains, poètes, au moins depuis que l’Académie des jeux floraux décerna son premier prix à un adolescent nommé Victor Hugo (à Paris, d’aucuns, crurent longtemps qu’il était Toulousain), surnommèrent la place «  l’enclave de Llivia », nom d’une terre espagnole de 13 km2 plantée en plein milieux des Pyrénées Orientales.

Ce préambule pour réunir quelques ingrédients du parfum du meeting du 5 avril à Toulouse : l’Espagne, partout l’amour de la République, l’évocation des combats solidaires, la fraternité des hommes, loin du sentiment que nous éprouvons parfois et qui nous pousse à paraphraser Villon : «  En Sarkozie, suis en terre lointaine ». Sarkozie du Fouquet’s, de l’Atlantisme, de l’égoïsme et de l’argent.

Le meeting devait commencer à 19 H, place du Capitole, par un spectacle des «  Grandes Bouches » suivi d’interventions : Nicole Borvo, sénatrice communiste, Christian Piquet (Gauche unitaire) venu du NPA et Myriam Martin, également du NPA dont elle est une dirigeante nationale et la tête de liste habituelle dans la région.

Jean-Luc Mélenchon était annoncé pour 20H.

L’après-midi la température était douce, place du Capitole. Et même, on avait chaud. La pluie était annoncée, mais le soleil brillait dans un beau ciel bleu. Parfois, les Toulousains ironisent sur la Météo (dont ils sont fiers qu’elle soit installée à Toulouse) en répétant la phrase sarcastique des vieux : «  Ils auraient plus vite fait de mettre la main dehors » (sous-entendu : pour voir s’il pleut, avant de nous le dire).

A 15 H, la Salle du Sénéchal, à deux pas de là s’est remplie. Jean-Luc Mélenchon, ? Pour une répèt ?

Il était déjà venu dans cette salle le 9 octobre 2008 pour disserter sur le thème de «  Choc de civilisations et laïcité ». La salle alors était comble ; la presse avait annoncé 300 personnes.

Arnaud Montebourg la connaît aussi. Il y a parlé le 26 septembre 2011 comme candidat aux primaires du PS. La salle était comble ; la presse avait annoncé 500 personnes. Après, il avait voulu haranguer les passants, place du Capitole, mais il n’y avait pas un chat. Passons, c’est juste pour dire...

Bon, là , la salle était remplie aussi, mais par des volontaires pour assurer «  le service d’ordre et la sécurité ». Pas de gros bras, mais des gens du peuple, des amateurs  : jeunes vieux, femmes, hommes décidés à aider au bon déroulement de la soirée. L’organisateur les a répartis en groupes avec un «  chef de groupe » qui sera muni d’une oreillette pour communiquer avec les autres groupes. A chacun fut fourni un brassard rouge. L’organisateur a indiqué à chaque groupe l’endroit où il devra se trouver. Il n’était pas Toulousain, ne connaissait pas le nom des rues qui débouchent place du Capitole et il palliait ses lacunes par des gestes qui finirent par faire rire des volontaires-bénévoles : «  Quelle rue ? Celle où il y a une boulangerie ? Celle où on a vu un chien passer ? ».

Bon, ils ont fini par s’entendre et la suite prouvera qu’il le fallait. La consigne n’était pas sarkoziste, genre : «  Avec tes gros biscottos, tu me fous à plat ventre les récalcitrants ». C’était : «  Les gens derrière les barrières vont peut-être s’énerver, ils voudront avancer. C’est normal. Soyez patients, polis, calmes ». Le message passait bien.

Faisant les cent pas entre cette salle et la place du Cap’, Jean-Christophe Sellin, élu municipal, responsable départemental du PG et chef d’orchestre du concert politique de ce soir, avait tout l’air de se faire du souci.

Les tractations se passaient moyennement bien avec la mairie et, deux jours avant, François Delapierre, Directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon avait publié un vigoureux communiqué de presse visant à recadrer les choses.

Une scène de 9 x 7 mètres avait été prévue sur la place, devant l’entrée du Capitole, lequel devait abriter dans sa cour intérieure un PMA (poste médical avancé). C’était aussi un bon emplacement qui permettrait à Jean-Luc Mélenchon d’accéder au micro sans risque d’être étouffé par la foule compacte. Et puis, pour les médias, c’était super, cet édifice symbolique au fronton marqué «  Capitolium ».

Les autorités locales l’auraient bien vue ailleurs, cette tribune. Où ? Devant le mythique café «  Mon caf ’ » au décor Belle Époque ? (démoli), devant la célèbre librairie Castèla ? (liquidée). Devant le marchand de journaux qui recevait la livraison du Monde le jour même de sa parution ? (fermé) ? Devant le Mcdo ? (ouvert).

Les organisateurs, prudents, avaient demandé aux militants d’être sur les lieux dès 6 H du matin pour veiller à ce que la scène trône au bon endroit.

16H. Au milieu de la place, on confectionnait des pancartes et banderoles à même le sol, près du bronze de l’immense croix occitane encastrée dans le pavement de la place et représentant les 12 signes du zodiaque. L’oeuvre avait été commandée à Moretti par le maire d’alors : Dominique Baudis. Certains autochtones avaient trouvé qu’elle coûtait très cher et d’autres (les laïques) qu’elle n’avait rien à faire là . La branche portant le signe du bélier est dirigée vers l’entrée de la mairie. Le maire était bélier. C’était une attention délicate, tout de même.

Confection des pancartes

Les voitures de presse, bardées de matériel et surmontées de paraboles étaient en place depuis le matin. Tout près, un chapiteau abritait les journalistes. Une table leur offrait des douceurs peu dispendieuses : jus de fruits, eau, thé, gâteaux secs salés et ships. Les journalistes étaient à l’oeuvre, concentrés sur leurs ordinateurs portables. Je me demandais ce qu’ils écrivaient. La trame où il suffira, pour aller vite, parce que c’est la règle, de greffer quelques mots de l’orateur et des infos sur la foule ? Beaucoup étaient très jeunes, souvent des jeunes filles. Pigistes ? CDD ?

Chapiteau de la presse

Jean-Luc Mélenchon parle de «  précariat », mot fait avec «  précaire » et «  prolétariat ». Il propose de mettre fin à cet état. Combien de ces jeunes-gens nous feront un compte-rendu où se lira en filigrane que leur préférence, ou celle de leur employeur, va à d’autres candidats qui ne leur permettront pas de se sortir de cet servage moderne ? En les lisant sur Internet, j’ai eu la réponse.

L’après-midi avançait, la foule commençait à affluer, maintenue à l’écart derrière des barrières. Elle patientera, bon enfant, plusieurs heures. La récompense sera au bout : les premiers rangs.

Chez les organisateurs, la nervosité ne baissait pas. On pouvait les comprendre, à ce moment-là . Car il était évident que la place du Capitole est trop petite et que, s’ouvrant chichement sur des rues étroites du Toulouse historique, elle pouvait se transformer en nasse. Or, la mairie freinait pour donner son autorisation définitive à l’ouverture au public de la place Wilson «  par mesure de sécurité » . Deux écrans géants y avaient été installés malgré tout par le Front de gauche, des barrières posées, mais il n’était pas dit que cela pourrait servir. Pire, encore : il avait été envisagé par les organisateurs d’installer des écrans dans l’Avenue Alsace-Lorraine, large artère rectiligne qui sépare les deux places. Paf ! elle fut décrétée «  axe rouge » par la Préfecture (qui obéit à qui ? A S... Sar.., Sark...). En clair, elle était réservée au passage des pompiers.

18 H. La foule devenait plus nombreuse. Des personnalités arrivaient, cernées ou pas par les médias. On pouvait voir Pierre Laurent (PCF), Christian Piquet (G.U), Pierre Lacaze, (adjoint communiste au maire socialiste Pierre Cohen), responsable fédéral du PCF, un autre communiste, Charles Marziani, du Conseil régional, Corinne Darleux-Morel qui est «  Madame Ecologie » du PG (dont je vous recommande le blog (www.lespetitspoissontrouges.org/ ), des militants du NPA qui ont fait le choix de l’union...

Trois heures avant...

Le ciel virait au gris. La rumeur disait que la place Wilson serait finalement autorisée. Elle le sera effectivement, par bonheur.

La société de transport Tisséo (bus, métro, dont le président est le député-maire) avait déployé des moyens humains importants pour réguler les entrées et sorties de métro : Capitole, Jean-Jaurès, Jeanne d’Arc, Esquirol et Marengo (la gare SNCF).

18H45. Sous un ciel qui charriait des nuages pansus, la place du Capitole était bondée, rougie par des nuées de drapeaux. Beaucoup de jeunes, à croire qu’on avait réquisitionné une fac. Le concert allait commencer un peu en avance.

Le réseau téléphonique saturait, les communications passaient mal.

Les «  Grandes Bouches » ont fait chanter la place avec des chants qui parlent à l’intelligence politique, suivis des interventions de Nicole Borvo, Christian Piquet, et Myriam Martin (qui se dit étonnée de parler devant une telle foule).

Les rues débouchant sur la place du Capitole étaient à présent fermées.On pouvait sortir mais plus entrer. Il était temps. Les rues adjacentes se remplissaient, la place Wilson débordait.

Vous avez prévu trop petit, les amis. Ne l’avais-je pas prédit bien avant ? Mais qui me lit, moi, scribouillard, grand Maître de mon Personal Computer ? Passons. Oubliez ça et revenons à l’essentiel.

Alors qu’une pluie fine s’était mise à tomber, Jean-Luc Mélenchon arriva. Un quart d’heure plus tôt que prévu. A cause d’un risque de déluge ? De la situation dangereuse créée par l’entassement sur deux places et dans près d’une dizaine des rues dont certaines ne méritent que le nom de ruelles ?

En tout cas, retenez seulement ceci avant d’aller voir (pour le discours) la vidéo sur le blog du Jean-Luc Mélenchon : il arriva et, en deux phrases, d’emblée, après avoir salué son auditoire, il souleva la foule, fit jaillir d’enthousiastes vivats (avec un «  t », j’y tiens) par un «  salud a vosostros d’Espana tambien » (ovation), «  y con respeto a la bandera gloriosa de la Republica ! » (ovation).

Le peuple de Toulouse se la jouait enclave de Llivia. Ollé !
Se la jouait même doublement, par cette impression d’apporter une douce étrangeté rougeoyante en ces terres où la mairie, le conseil général, le conseil régional et la plupart des communes avancent au pas d’un PS qui n’a renoncé à sa ferveur militante envers DSK que grâce aux injonctions d’une lointaine femme de chambre de couleur (comme quoi, aux States, tout n’est pas mauvais).

Jean-Luc Mélenchon parlait-il devant 70 000 personnes répartis sur deux places et dans les ruelles du centre ville ? 40 000 a compté la Préfecture (celle qui a décrété l’ «  axe rouge »).

Quand le réseau téléphonique consentait à fonctionner, on recevait des appels d’amis qui étaient rentrés chez eux : trop de monde, trop serrés, et la pluie qui grossissait ses gouttes.

Le discours de Jean-Luc Mélenchon a été plus bref que prévu et s’est terminé sur un cri d’amour et d’espoir (tu entends ça, Marine ?) : « Nous sommes au mois de Germinal, les bourgeons gonflés de vie s’annoncent déjà et dans cette France belle et rebelle, vienne le temps des cerises et des jours heureux ».
Ovation, chant de l’Internationale et de la Marseillaise, et puis, en suivant, le bouquet : les nuages, longtemps patients, ont ouvert leur ventre d’un seul coup et vidé de solides paquets d’eau froide sur 70 000 têtes (dont 40 000 seulement furent mouillées selon la police).

Juste après, notez bien.

Pas une seconde avant.

Comme quoi, ils sont forts au Front de gauche ! Ou bien, ou bien, ou bien, Dieu, dont on a tout dit, et même qu’il n’existe pas (mais jamais que c’est un pétochard), Dieu a voulu faire savoir pour qui il va voter. Bon ne prenez pas ça au pied de la lettre, non plus. Quoique...

Maxime Vivas

NB. Pour ceux qui savent transformer leurs colères en rire, voir sur le site du Nouvel-obs un article signé «  Lucien Pambou Professeur d’Economie » :
«  Mélenchon, l’homme qui ne voulait pas présider, mais faisait peur à Sarkozy et Hollande ».

«  Professeur d’Economie », ça en jette, ça valorise.

Sauf si l’on apprend que le monsieur est un élu UMP d’Alfortville (94). Un modeste qui, ayant affiché son diplôme, répugne à nous bassiner avec l’usage qu’il en fait.

COMMENTAIRES  

07/04/2012 00:28 par julie

votre récit est très bien ressenti , restitue bien l’émotion contenu que nous avons je crois tous ressenti.
Quant au questionnement de la fin : on sait bien que Jean-Luc Melenchon a une vénération particulière pour l’ancien président Mitterand, qui lui avait des préoccupations spirituelles concernant l’au-delà , la conclusion va de soi, non ?

07/04/2012 08:25 par gabriela

J’ai adoré ton récit ! Sur la pluie d’après : mais c’est ça la planification écologique !!! :)))
Une toute petite correction à toi et à jean Luc : on ne dit pas "respecto a la bandera" on dit "respeto" sans la "c" parce qu’avec, cela veut dire une autre chose.
Charmante article !

07/04/2012 08:33 par Maxime Vivas

C’est vrai. Le pire c’est que j’y a pensé et que je l’ai laissé, distrait par d’autres corrections de mon texte.

Merci. Je corrige

07/04/2012 09:10 par kuira

Grand ! Emouvant au possible.
Tous les vieux d’origine espagnole que je connais et qui ont vu leurs drapeaux ondoyer à Toulouse en ont pleuré de joie (et pas que les vieux).

Habitué à parcourir la presse "alternative" espagnole sur le net, car j’y trouve des infos notamment sur l’amérique latine qu’on a moins en France (LGS comble en partie cette lacune mais ne peux être partout) je m’étonne qu’en deçà des Pyrénées on n’a pas encore saisi ce qui se passe ici avec la campagne du FDG (alors qu’on peut y trouver des infos pas croyables à des "années lumières" d’ici - et c’est tant mieux. Même les drapeaux républicains du capitole (et deBorredon ne sont pas encore parvenus à insurgente, kaos, lahaine, nodo50 etc. Publico en ligne (la version papier a disparu depuis peu) pousse la plaisanterie jusqu’à informer d’une alerte à la bombe place du capitole après le meeting, ce qui nous vaut tout un article qui ne donne aucune info sur le rassemblement, la campagne, les drapeaux de la république, mais cite les évènements sanglants d’il y a dix jours...
Si quelqu’un connaît des sites espagnols qui ont une idée plus claire de ce qui se passe chez leurs voisins merci pour les liens.

07/04/2012 10:17 par Bernard Gensane

Merci Maxime. Je devais être à 20 mètres de toi mais on ne s’est pas vu car on était serré comme des sardines.
Quelquefois, on assiste à un événement qui est ensuite relaté par les médias et on se dit : non, ça ne s’est pas passé comme cela. Mais là , je dirai qu’en tant que souris observatrice, tu as rapporté l’essentiel, la substantifique moëlle.

Je me permets un bref témoignage :

Selon les habitués des grandes manifs’ toulousaines (dont je suis), nous étions bien 45000 au meeting du Front de Gauche de ce jeudi 5 avril. Chiffres de la Préfecture. 150 cars en provenance du Tarn (5 en provenance du Gers : alors les Gersois, on dormait ?). Sous un ciel gris et une pluie menaçante. J’ai bien dit : « meeting du FDG » et non meeting de Mélenchon. Il y a désormais chez lui ce souci (cette « problématique » comme on dit dans les grands médias) de ne pas personnaliser sa démarche à outrance. Son discours de 30 minutes fut précédé par des interventions riches et variées d’autres responsables du FDG. Il fut sobre quant à la forme, mais radical quant au contenu. Il ne parla pas de Le Pen, et quasiment pas de Hollande. Il fut, comme à l’habitude, pédagogique. Grave aussi. Il s’affirma comme le seul vrai opposant à Sarkozy. Il demanda au kleiner Mann des « comptes » sur le « malheur » qu’il a répandu depuis cinq ans, sur sa manière « vulgaire » de présider notre République.

La réplique au raz-de-marée de la Bastille a bien eu lieu Place du Capitole. Pas de " bobos " , quoi qu’en disent les médias parisiens. Une assistance très variée. Beaucoup d’ouvriers, d’employés, d’enseignants. Énormément de moins de 25 ans. Juste derrière moi, un couple d’octogénaires (nés en 1926). Socialistes depuis toujours. Ils étaient venus faire nombre pour « gauchir le discours de Hollande », persuadés comme tous les participants que le seul vote utile de gauche au premier tour est celui pour Mélenchon.

Dans cette ambiance parfois lyrique, mais toujours sérieuse, quelques slogans décalés. L’un d’entre eux m’a rajeuni de quarante ans, quand une jeune femme superbe s’était dépoitraillée devant Royer, le père-la-rigueur de Tours :

SI TU VEUX VOIR MES NICHONS
VOTE MÉLENCHON

PS : à écouter ce billet très subtil de François Morel sur les ondes de France Inter :
http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-francois-morel-hugo-melenchon-et-le-troisieme-homme-0

PPS : restons vigilants. Comme tout le monde, Morel parle de Mélenchon comme "troisième homme". Souvenons-nous de la surprise Le Pen en 2002 : Le Pen (père ou fille) sont TOUJOURS sous-évalués dans les sondages.

07/04/2012 11:49 par CN46400

@ B Gensane

Attention à ton clavier, c’est 150 cars au total, par que pour le Tarn (10 pour le Lot)

07/04/2012 14:49 par en passant

Ah, Toulouse...
Votre article me replonge dans ses rues et ruelles dans lesquelles je me promenais de manière plus ou moins aléatoire il n’y pas si longtemps encore, étudiant parmi tant d’autres dans ce cadre fort agréable. Cette ville, par les gens que j’y ai rencontrés, les moments que j’y ai vécus, a sans aucun doute contribué a ancrer mes idées bien à gauche (trop peut-être ?).
Seulement voila,il y a environ 2 ans, le cours de la vie - tantôt calme comme le canal du Midi, tantôt turbulent comme la place Saint-Pierre un soir de beau temps - m’a entrainé vers d’autres horizons. C’est donc à distance, depuis l’étranger, que j’écris ces quelques lignes et que je lis les vôtres, qui me permettent un peu de ressentir l’ambiance du meeting.
Je dois avouer que j’éprouve tout de même une légère frustration de ne pas pouvoir assister "en vrai" à tous ces événements que je suis attentivement par le biais d’internet, voire même de la culpabilité de ne pas être "au pays" au bon moment.
Toujours est-il qu’un vent de d’espoir s’est levé et souffle de plus en plus fort, ce genre de phénomène météorologique ne connait pas de frontière !

07/04/2012 17:57 par mace

Alors, messieurs du Front De Gauche, quoi qu’il arrive, pour continuer à porter l’espoir, aucun d’entre vous ne doit rejoindre un gouvernement socialiste, sinon c’en serait fini des illusions…

Ne nous decevez pas

http://2ccr.unblog.fr/2012/04/06/deuxieme-tour-a-gauche-toute/

07/04/2012 18:04 par anonyme

Merci aux Toulousains ! Merci à Maxime Vivas ! Il est en effet utile à certaines régions de France très éloignées où voter rien que pour le PS paraît être une transgression folle qui mène tout droit à la Révolution, de vivre par sa plume l’enthousiasme qui a animé cette ville…

07/04/2012 21:12 par BlueTak

Bravo pour l’article. Un vrai et bon reportage. On se demandait si la brièveté du discours était due à un incident quelconque.

07/04/2012 22:56 par Anonyme

Merveilleuse description ! Maintenant je pourrais dire que j’y étais aussi malgré la distance....

Romain M.

07/04/2012 23:26 par Anonyme

un grand discours et beaucoup de verite Enfin quelqu un de vrai en politique

08/04/2012 00:00 par Safiya

Je viens de lire un article, plutôt un appel, qui emporte mon adhésion et me fait mieux "voir" Mélenchon, voici :

"(...). Grâce au Front de gauche, la France peut contribuer de manière significative à la construction d’une autre Europe et d’une autre mondialisation. C’est pourquoi l’enjeu d’y construire une autre gauche ayant tiré le bilan de l’échec et de l’écroulement du communisme d’Etat en même temps que celui de la conversion de la social-démocratie à un social-libéralisme d’accompagnement et de rafistologe du système capitaliste globalisé et crucial. Crucial pour la France et l’Europe mais aussi pour le reste du monde.

Nous pensons que la réussite du Front de gauche et de son candidat à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon, peut concourir au renouveau et au renforcement d’un internationalisme de combat contre la finance mondialisée. C’est pourquoi nous souhaitons un plein succès au Front de gauche et exprimons notre solidarité avec son candidat.

Abderrahim, politologue, Algérie"

Suit une longue suite de signataires d’Algérie, du Maroc, Palestine, Italie, Syrie, Royaume-Uni, Egypte, Brésil, Espagne, Chili, Equateur, Venezuela, Tunisie, Argentine, Belgique, Québec, Salvador, France, Suisse, Portugal, Allemagne, Sénégal, Mexique, Grèce, Liban, Corée du Sud, Colombie, Bolivie, Danemark, Uruguay, Hongrie et Haïti.

Génial ! et tellement porteur de belles choses. Et peut-être, sait-on jamais, l’amorce d’un nouveau "genre humain".

Pour lire le tout : http://www.socialgerie.net/spip.php?article808

Je vous embrasse toutes et tous.

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

HASTA LA VIDA SIEMPRE

HASTA L’AMOR SIEMPRE

08/04/2012 00:37 par martial souchard
08/04/2012 01:28 par chb

Méluche même fatigué ravive la passion, lui rend nos souvenirs, l’emporte en avenirs.
Beaucoup d’émotion dans ces messes laïques, et celle de Toulouse était même hispanique !
Morel, dès vendredi, a louangé la flamme qui réchauffe les hommes qui fait vibrer les femmes : «  C’est aussi voyez-vous un plaidoyer social, mais qui jamais n’oublie de parler d’idéal. Phénomène inouï, le temps de l’éloquence » revit, rassemble, attise, c’est Carmaux c’est la France.
Caractère de cochon ? énergie de typhon ! De Grigny à Limoges, la 6° république ! Vierzon jusqu’à Toulouse, c’est l’espoir qui réplique. Son verbe aux endormis ouvre l’insurrection «  il faut l’Europe sociale, on pique le capital, Marchais et Marx au coeur, dans l’euro y a notre beurre... Prenez l’pouvoir ici car demain est à vous », tonne-t-il en thaumaturge et nous, on rit, comme fous
J’aime moins que les banquiers soient sommes toutes épargnés si l’âpre Commission nous garde en son giron, que Bouygues à Tripoli et Total en Syrie sur des cadavres, assis, singent la démocratie.
Et puis pour quoi tant d’âme, pour qui tout ce vacarme ? Mélenchon parlait clair : il faut battre le fer. Mais le tribun opine, baissez l’adrénaline :
les urnes unique souci, l’émeute est tôt finie. Ne fouettait-il qu’en vain, que pour nos voix demain... vous avez écouté, il suffit, repartez...
Un tour, deux tours, c’est tout ?
Que non, on n’est pas fous. Si on reprend tous le train, c’est pas pour le vieux train train : en mai fais c’qu’il te plaît, demain le peuple est vrai !
Méluche même fatigué ravive la passion, lui rend nos souvenirs, l’emporte en avenirs.

08/04/2012 09:10 par E.W.

Les aléas du direct m’avaient fait manquer le début des réjouissances (les écrans à wilson n’étaient effectivement pas du luxe !), avec ce beau compte rendu nous y étions tous un peu par procuration, merci Maxime :)

08/04/2012 10:23 par Achille

Bon, c’est pas le tout, mais ici, on se prépare à envahir Marseille la semaine prochaine. 3 autobus prévu au départ....d’Antibes ! La petite ville ou le top 10 des yachts les plus grand du monde ont élu domicile*, et ou le maire est ministre de Sarkozy. Ca fait désordre.

ADELANTE, NO PASARAN !

*Celui de Bolloré n’est qu’une vulgaire barcasse à coté.

09/04/2012 00:40 par Chadakine

Je ne comprend pas comment une personne cultivée et au fait de l’histoire puisse croire en cet animal politique qu’est Melenchon.
Il tient pour faits d’armes plus de vingt ans au sein du PS, ancien ministre, Franc maçon, député européen, bref un cumulard de première, plus de 30000 euros de revenus mensuels et un jeu de l’ombre perpétuel avec le ps.

Cerise sur le gâteau : il a d’ores et déjà annoncé qu’il serait derrière Molhande...

Ca c’est de la révolution, celle des cons, désolé mais il n’y a pas d’autres mots.

PS : ça ne m’empêchera pas de revenir sur ce Blog avec plaisir ;)

09/04/2012 10:00 par Alain

J’ai comme l’impression que Melenchon va être au second tour. Il parle bien et haut, et donne de l’espoir, à gauche par le volontarisme, à droite par l’idée d’indépendance et de résistance aux multinationales, comme à l’UE.

09/04/2012 17:52 par Sheynat

Bonsoir,

@ Chadakine du 09/04/2012 à 00:40 :

(...) plus de 30000 euros de revenus mensuels (...)

Mmm... je ne sais pas d’où proviennent de tels chiffres mais il semblerait qu’une grosse erreur se soit glissée dans ces calculs : juste une multiplication par 5 d’un revenu mensuel s’élevant, en fait, à 6200 €.
Et pour qu’il ne me soit pas reproché de ne pas être objective en tirant mes sources d’un site de gauche ou d’un Wikipedia, je peux utiliser l’info d’un journal qui -sauf erreur de ma part- affiche d’autres tendances, mise à jour fin mars
Ou alors, autant multiplier par 5 le revenu mensuel des autres candidats, ce qui donnerait pour le président sortant :
93500 € héhé.

@ Maxime Vivas : merci pour cet article, c’est un des plus plaisant et réaliste que j’ai pu lire sur la toile à propos du meeting de jeudi dernier ; j’y étais, bien que je préfère en temps habituel éviter les foules.
J’ai eu un petit choc émotionnel : je n’avais jamais vu autant de monde d’un coup et l’ambiance sympa, l’espoir qui se lisait sur des visages de toutes classes et tous âges m’ont touchée et rendue peu attentive au discours de Jean-Luc Mélanchon.
J’ai visionné plus tard le meeting pour être sûre de n’en pas perdre une goutte.
Cet enthousiasme général auquel j’ai goûté, animé précisément par ce candidat, mais pas que par lui, je le porte encore en moi, c’est la première fois que le terme "politique" n’a pas de connotation négative pour moi, c’est dire...

Ceci dit, j’espère que les rouages et mécanismes de l’Elysée ne transformeront pas cet homme en ces drôles de "trucs" qu’on voit trôner aux sommets, bref j’espère qu’une fois président il ne changera pas (ouii je le vois bien président moi !) et je préconise pour cela quelques entrainements quotidiens :
- cuisine + ménage
- étendre son linge + repassage de chemises
- aller à pied faire ses courses et sortir ses poubelles
- sortir lui-même son chien (s’il en a un, évidemment)
- fiesta et fous rires entre copaings le plus simplement possible...

Et je suis très sérieuse : des gestes que font la plupart des gens en plus de leur boulot, pour éviter de prendre la grosse tête et de se retrouver déconnecté des réalités du peuple... sinon, à quoi bon ?

09/04/2012 18:52 par pablo

@Chadakine :

Vous oubliez la dialectique...

C’est la mise en contexte, le temps et l’espace concret dans lequel nous vivons, le moment historique, et non tant la personnalité du candidat, qui expliquent son succès.

Aux élections présidentielles antérieures il n’aurait eu aucune chance, d’ailleurs et de fait il n’y a eu aucun candidat unitaire.
Mais maintenant et ici, la NÉCESSITÉ d’un changement radical fait que n’importe quel individu (pour autant qu’il aie de l’intelligence, du courage et une bonne diction, mais Jean-Luc n’est pas le seul avec ces qualités) serait propulsé par une vague populaire.

Ce qui, moi, m’étonne, c’est que des personnes apparemment cultivées et au fait de l’histoire soient incapables de prendre la mesure de ce qui se passe devant leurs yeux et ne voient pas l’histoire en marche.

... "cumulard" ... "plus de 30.000 euros de revenu mensuels..."

Oh, pardon !
J’ai cru un instant que je m’adressais à quelqu’un de cultivé et connaissant l’histoire...
Je viens de réaliser que vous n’êtes qu’un troll qui reprends, sans utiliser son cerveau, les mensonges grossiers du FHaine.
Et oui, MENSONGES, car Jean-Luc n’a jamais cumulé de mandats de sénateur et de député européen comme le disent les fachistes (il y a eu un chevauchement de mandats, mais l’un deux en suspens, et donc non encore effectif ; dès qu’il le fut, l’autre mandat fut laissé).
C’est d’autant plus un mensonge, que la LOI ne permets pas de cumuler de tels mandats.
Quant aux revenus, je constate que les fachistes ne savent pas faire une addition de niveau école primaire, car même en considérant le supposé cumul de mandats et pensions, le montant ne corresponds même pas !
Donc, mensonge doublé d’ignorance.
Jean-Luc perçoit, comme tout député européen, une indemnité de député européen.

Pour ceux ayant un cerveau, et qui sont capables de s’en servir :
http://page.to/sacremeluche370foislesmic

Et pour monsieur Chadakine : l’atrophie du cerveau n’est, heureusement, pas irréversible ; avec un peu d’entraînement et en cultivant l’esprit critique vous aussi vous serez capable de résister aux manipulations et mensonges, et ainsi échapper à l’emprise du Front National.
Peut-être alors pourrez-vous nous rejoindre dans la construction d’un monde meilleur.

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