Evo Morales et les risques d’empoisonnement des leaders révolutionnaires.

Mercredi, Jean-Luc Mélenchon a rencontré à Paris le dirigeant bolivien Evo Morales qui l’avait invité à l’occasion de son très bref séjour en France, juste avant son rendez-vous avec François Hollande.
Voici un extrait saisissant des propos d’Evo Morales tels qu’on les lit sur le blog de Jean-Luc Mélenchon. Les pseudo anti-conspis vont sauter de joie devant notre imprudence, mais ce n’est pas une raison suffisante pour que nous passions cette conversation sous silence. Les craintes d’Evo Morales méritent au moins qu’on les « donne à lire ».

LGS

« Evo Morales, le président bolivien n’était pas en forme. Pas seulement un peu enrhumé ! Il avait l’estomac très perturbé par son dîner en Autriche, la veille. Quelque chose du repas servi n’était pas bien passé et il ne s’en cachait pas. Cela n’a pas de rapport, mais disons que dans le cadre de notre conversation, cela fit ambiance. J’étais là avec Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste du Sénat.

Je crois pouvoir dire que nous fûmes assez surpris du ton très direct avec lequel le président bolivien résuma le caractère criminel des étasuniens.

- Il dit que les USA essaient d’abord d’avoir des gouvernements démocratiques qui fassent leur politique.

- S’ils ne les ont pas, ils essaient de diviser les peuples entre eux pour justifier des interventions extérieures.

- S’ils n’y parviennent pas non plus ils essaient de diviser les forces de la révolution pour trouver une faille qui déstabilise le processus et permette la revanche de leurs partisans par des coups d’état.

- Enfin, s’ils n’arrivent à rien, ils essaient l’assassinat du dirigeant du processus. Détruire les leaders est une tactique constante des Etats-Unis et de leurs agents locaux. Ce point a son importance. Car si évidemment un processus politique, surtout de nature révolutionnaire, est d’abord un phénomène de masse, le point d’appui que donne une personnalité correspondant au moment politique et le cristallisant est aussi un paramètre fondamental.

Eliane Assassi confirma l’analyse générale en rappelant les innombrables tentatives de meurtres contre Fidel. Elles sont aujourd’hui avérées depuis l’ouverture des archives de la CIA. Elle informa Morales en montrant comment Sarkozy avait joué à fond la carte de la division du peuple et l’opposition permanente entre catégories populaires.

Evo Morales dit qu’il croit à l’empoisonnement d’Hugo Chavez. Il rappelle que Chavez était sur ses gardes, qu’il se déplaçait partout avec une ambulance et qu’il était toujours accompagné de son propre cuisinier. Il raconte comment d’ailleurs l’un des cuisiniers de Fidel fut intercepté au moment même où il s’apprêtait à l’empoisonner. Il nous dit aussi que Fidel et Chavez, les deux, l’avaient mis en garde contre l’empoisonnement et les méthodes des gringos pour assassiner les leaders dangereux à leurs yeux. Evidemment nous n’avons pas parlé que de cela, mais ce moment de la discussion m’a marqué.

A côté de lui, Chokehuanca, son ministre des affaires étrangères, que je connais de longtemps, nous regardait fixement comme pour souligner l’importance de ce que disait Evo et faire comprendre leur méfiance en toutes circonstances. »

Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/03/15/ca-va-mieux-en-le-disant/

COMMENTAIRES  

16/03/2013 14:04 par calamejulia

LGS,
franchement que voulez-vous comme commentaire ?
Que plus rien ne m’étonne de la part des yankees ? Que traiter H. Chavez de "parano"
n’était peut-être pas un hasard ? Je veux dire que lui seul (H. Chavez) pouvait avoir des
doutes au vu de certains comportements ... eu égard à ses responsabilités.
Que les yankees utilisent encore des facilités moyenâgeuses pour supprimer quelqu’un
et que B. Obama après le décès de H. Chavez ait pu dire "un nouveau
jour pour l’Argentine"... et bien sûr personne n’a relevé !
Maintenons les peuples dans l’ignorance...
(Hier ma fille a rencontré un ancien de son collège qui vient de finir une école de journa-
lisme et que lui a-t-il dit, qu’il venait de se rendre compte que même pour lui la libre
expression (libre investigation) serait impossible ! habemus paenkor komprix ?).

16/03/2013 22:50 par Dwaabala

En Autriche on sert des trucs avariés aux dirigeants révolutionnaires, des fois que...
En France, c’est l’idée, pas celle de révolution, mais simplement de prendre des mesures favorables au peuple qui ne se digère pas, à droite comme à son aile gauche PS, haut lieu de la faisanderie.

17/03/2013 10:42 par legrandsoir

En Autriche on sert des trucs avariés aux dirigeants révolutionnaires, des fois que...

C’est quel épisode que j’ai raté ?

17/03/2013 09:51 par Iyhel

Ce qui serait étonnant, ce serait surtout que les services américains ou leurs sbires n’aient pas essayé d’éliminer Chavez ! Vu leurs états de service, particulièrement en Amérique Latine...

Ce qui ne prouve en rien qu’il ait effectivement été empoisonné.

17/03/2013 11:24 par Dwaabala

@ legrand soir

En Autriche on sert des trucs avariés aux dirigeants révolutionnaires, des fois que...
C’est quel épisode que j’ai raté ?

« Evo Morales, le président bolivien n’était pas en forme. Pas seulement un peu enrhumé ! Il avait l’estomac très perturbé par son dîner en Autriche, la veille. Quelque chose du repas servi n’était pas bien passé..

JLM http://www.legrandsoir.info/evo-morales-et-les-risques-d-empoisonnement-des-leaders-revolutionnaires.html#forum92396
Mais Evo Morales n’est peut-être pas assez révolutionnaire, malgré :

les "Réflexions du compañero Fidel" qui, à travers Evo Morales et Hugo Chavez, ne nous parle pas que de l’Amérique latine, mais probablement du monde tel qu’il va...

http://www.legrandsoir.info/+-Evo-Morales-+.html

17/03/2013 15:05 par Anonyme

Il y a de quoi se faire du souci... Evo Morales, lui aussi, a été victime de tentatives pour lui faire perdre la présidence de la Bolivie, si ce n’est davantage.

Un des dernières en date, connue parce qu’elle a tenté d’impliquer la France, est la fameuse "révolte des Indigènes" contre leur président. Sauf que. Les Français ignorent qu’en Bolivie tous les Indigènes n’ont pas été massacrés par les colons venus d’Europe et ne vivent pas comme aux États-Unis dans des "réserves", loin de là , puisque ceux-ci constituent la majorité des Boliviens. Dont leur président.

Ce n’est pas après l’éventuel cancer ou autre maladie qui le contraindrait à abandonner la présidence qu’il sera temps de se rappeler - et ce ne sont pas les ’journalistes’ qui s’en souviendront - qu’Evo Morales a fait une brève apparition en Europe soumise à l’Empire en Mars 2013.

Dès lors, de retour, maintenant, en Bolivie (pas par une compagnie française, si possible), la gauche française (la vraie, pas le PS) espère de tout coeur qu’il "digère" bien son pourtant court voyage.

Le nouveau pape, assis sur son saint siège, soyons en certains, prie pour sa bonne digestion.

02/04/2013 23:21 par Anonyme

Evo Morales suspend son agenda pour "complications d’un problème de santé"

Le 1° Avril 2013. L’information est donnée par le Vice Président à lvaro Garcà­a Linera qui ajoute que ce problème a à voir avec son système respiratoire, et qu’il a bon espoir qu’Evo puisse reprendre ses activités le mercredi 3 Avril.

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