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Finkielkraut, le FN, et les plages accueillantes de la Méditerranée

Qui peut prétendre s’être choisi lui-même ? Personne… Parce que personne ne se choisit. Ne choisit son sexe, sa couleur de peau, d’yeux, de cheveux, sa date de naissance, son lieu ni son époque, son environnement, sa famille et donc, sa culture… Tout cela survient par hasard, sans que nous n’ayons aucun mérite ou démérite à ce qui nous arrive. Quand j’entends des gens dire qu’ils sont fiers d’être ceci ou d’être cela, ça me fait sourire… avant de grincer des dents. Quelle bêtise, quel ego et surtout, quelle prétention ! Mais le pire, c’est quand tant de bêtise se mire, se complaît, puis s’organise et proclame comme valeur suprême ses critères d’appartenance à une même communauté repliée sur elle-même, un même destin qui serait coupé des autres, une même race définitivement supérieure… « La France aux Français », « Priorité aux Grecs », « Les Russes d’abord », « Les juifs, peuple élu »,… comme tonitruent de plus en plus d’abrutis. Causez toujours… Ceux-là n’ont définitivement rien compris au monde qui change, qui s’ouvre, qui se transforme. Et en réalité, ils ont la trouille. Ils se racrapotent sur eux-mêmes et leur idéologie puante, pensant échapper ainsi à l’évolution qui tend vers toujours plus de métissage et toute sa richesse, pour qui n’a pas peur de voir autre chose que son nombril et pense malheureuse - voire dangereuse - toute identité multiple…

Il y a quelques années, au retour de plusieurs voyages en Palestine occupée où j’aurais aimé vivre si les conditions le permettaient, profondément dégoûté par la politique européenne dans ce dossier, j’ai décidé de partager mon temps de vie entre l’Europe et un pays arabe. Mon choix m’a amené dans un village du sud marocain où je séjourne de larges périodes de l’année, vivant au cœur de la population. J’y côtoie l’amère vérité des conditions de vie de l’écrasante majorité du peuple marocain. A peine éloignées de quelques kilomètres d’Agadir et de ses luxueux hôtels où les buffets regorgent trois fois par jour de mets savoureux, vivent des familles dans des conditions que les touristes n’imaginent même pas. Au bout d’une semaine ou maximum deux, ceux-ci rentreront chez eux, pensant connaître le Maroc à travers les quelques excursions choisies que le tour-opérateur leur aura concoctées, mais la réalité du pays leur aura complètement échappée. Comme d’ailleurs à ceux qui se rendent en Egypte, en Tunisie, ou ailleurs en Afrique pour quelques aventures ou découvertes exotiques…

Malgré des progrès sensibles ces dernières années, l’éblouissant pays qu’est le Maroc, miné par une administration souvent incompétente et la plupart du temps corrompue, reste un pays où subsiste une grande pauvreté. Et hélas, le roi qui portait tant d’espoirs lors de son intronisation, semble avoir été bien vite appâté par le gout empoisonné de l’argent. Cette pauvreté omniprésente, peut pourtant être appréhendée sans peine, à condition de quitter les sentiers touristiques balisés… Je pourrais narrer des histoires quotidiennes, banales, vécues, mais qui en réalité, n’intéressent personne. Parce qu’elles diraient cette pauvreté. Au jour le jour. Et que définitivement, la pauvreté n’intéresse personne…

Or en Afrique, le Maroc n’est certainement pas le pays le plus à plaindre. N’est certainement pas le pays où la pauvreté revêt les signes de la misère extrême. Du dénuement total. De la famine, parfois. Que dire alors de ces pays situés plus au sud ? Que dire des pays africains sub-sahariens ? De ceux déchirés par des conflits permanents ? Comment en parler sans trembler, sans être effaré des conditions souvent infrahumaines dans lesquelles survivent des millions d’individus, de familles tout au long d’une vie ? Comment détourner le regard et ne pas voir ? Comment choisir de ne pas savoir ? Comment faisons-nous pour éteindre l’émoi que de telles conditions suscitent en nous ? Comment ne pas vouloir que cela change radicalement ? Par quel réflexe réussissons-nous à étouffer nos cris de colère et à nous bâillonner face à tant d’iniquités ? Sommes-nous définitivement amortis ? Sommes-nous encore des êtres humains capables de compassion et d’empathie ? Sommes-nous à ce point encombrés, paralysés, sclérosés par nos biens matériels que nous en avons perdu tout sens d’humanité et de solidarité ? Ou sommes-nous tellement manipulés que nous ne voyons plus-là que les dangers d’un islamisme conquérant qui attenterait à nos si précieuses valeurs – et quelles valeurs !? Incapables désormais de secourir les âmes humaines en détresse qui implorent, supplient qu’on leur vienne en aide…

Aujourd’hui, au fil des infos, en voyant régulièrement ces tas d’hommes, de femmes et d’enfants entassés dans des embarcations de fortune, jetés les uns sur les autres au gré des flots, avec le fol espoir de fuir la misère, je me dis que si j’étais né Africain, si j’étais jeune et si comme la plupart de mes frères j’essayais de survivre tant bien que mal à cette misère quotidienne, omniprésente, continuelle, obsédante, je tenterais sans aucun doute de faire pareil et de rejoindre les rivages de l’Europe… Même au péril de ma vie. Parce que je n’aurais plus d’autre choix. Parce que tant d’injustice entre pays riches et pays pauvres me révolterait. Parce que tant d’égoïsme des nantis plus préoccupés par leurs loisirs, leurs matchs de foot, leurs régimes caloriques et leur confort douillet que par nos détresses m’indignerait. Parce que tant d’argent jeté dans des campagnes de pub pour des produits inutiles me choquerait. Parce que je serais poussé en mon for intérieur à tenter quelque chose plutôt que rien. Parce que je n’aurais plus rien à perdre. Et parce que tant que les pays riches auront la politique étrangère qui est la leur en ce qui concerne les échanges avec nos pays pauvres pillés depuis des siècles, il n’y aura pas d’alternative, pas d’avenir pour nous. Notre jeunesse et avec elle, l’avenir de nos pays sont condamnés par ces politiques assassines. Et je hurlerais, je gueulerais de toutes mes forces pour dénoncer tant d’injustices, tant d’égoïsmes, tant d’hypocrisies ! Et risquerais donc l’impossible…

Face à cette immense détresse, quand j’entends les mesures prises par cette grise Europe de misérables technocrates – ceux-là mêmes qui revendiquent leurs valeurs chrétiennes (!) et nous expliquent statistiques à l’appui que l’Afrique connaît une progression remarquable – allant toujours dans le même sens d’un accroissement des contrôles, des murs, des barrières et des barbelés pour se défendre et se protéger toujours plus des quelques milliers de pauvres hères atteignant leurs côtes, ma rage ne fait que décupler. M’ébouillante la tête et me noue le ventre, m’amenant à plus de détermination encore. Vous nous pillez nos richesses et avez bâti vos empires depuis des lustres, mais ne voulez pas de nous !? Sauf pour une poignée afin de réaliser vos besognes les plus détestables. Sachez donc, que cela vous agrée ou non, que le cours de l’Histoire est irréversible. Que les flux et les échanges entre pays et continents ne s’arrêteront pas, malgré les obstacles que vous multiplierez sur nos routes. Et qu’in fine, si vous ne vous décidez pas à prendre le problème à sa racine, à savoir une plus juste répartition des richesses que vous n’avez de cesse de nous voler et continuez à accaparer sur notre dos, sachez que ce que vous ne voulez pas partager avec nous aujourd’hui, nous viendrons vous le prendre demain. De force s’il le faut ! Et nous sommes nombreux, déterminés, quoi que vous fassiez et malgré toutes les mesures de dissuasion que vous inventerez contre nous !

En attendant, après les images insupportables de ces vies damnées, ruinées, sacrifiées à l’approche des côtes de la Méditerranée, quand le choc émotionnel sera bien vite retombé, il sera temps de penser aux prochaines vacances d’été, « le long des golfes clairs… » et des plages accueillantes du cimetière-sud de la riche Europe, si fière d’elle-même…

Daniel Vanhove –
Observateur civil -
Auteur -
13.11.13

COMMENTAIRES  

17/11/2013 18:37 par Hervé

"c’est quand tant de bêtise"... La bêtise de qui ?

Depuis des millénaires, l’homme essaye d’acquérir des richesses et de les garder. Cela n’a jamais été équitable, "parce que que personne ne se choisit". Mais de tout temps, ceux qui sont tombés du bon côté essayent de le préserver. Et pour cela, "il s’organise et proclame comme valeur suprême ses critères d’appartenance à une même communauté repliée sur elle-même", celle des riches... contre les pauvres...
"Ceux-là n’ont définitivement rien compris au monde qui change, qui s’ouvre, qui se transforme" : de quel changement et de quel transformation parlons-nous ? Je ne vois pas de changement, toujours des riches d’un côté et des pauvres de l’autre, une classe moyenne qui lèche le cul des riches... des guerres, des crises... pour que ceux qui ont les richesses puissent les garder ou les augmenter...

Homo-sapiens est homo-sapiens et le gène de la sagesse n’en fait pas parti... Cela doit être une erreur de dénomination. Il faut arrêter de rêver... et admettre que nous sommes des êtres humains, pas des dieux.

C’est à ce prix que peut être nous arriverons à faire mieux...

17/11/2013 20:48 par bolivarien

"Personne ne se choisit. Tout cela survient par hasard, sans que nous n’ayons aucun mérite ou démérite à ce qui nous arrive. "

Vous soulevez le problème de la "non responsabilité" des humains .
Constat qui finira un jour par être enfin admis .
Ces prétentieux qui brandissent un : " j’ai réussi par la force de ma volonté", n’ont pas compris que c’est la petite fée qui a balancé sur leur berceau la qualité "volonté" .
Et le crétin fier d’avoir combattu ses défauts, n’a toujours pas réalisé que la petite fée ou l’ expéience lui ont donné la capacité de combattre.
Comme vous, je souris puis je m’énerve quand j’entends par exemple, ces faux débats juridiques sur la responsabilité d’un meurtrier.

Personne n’est responsable de ce qu’il est : ni le migrant, ni le "misérable technocrate" de Bruxelles.
La petite fée a doté quelques humains d’un sens aigu de l’équité et c’est à eux de prendre le pouvoir pour "imposer" leur convictions . Le problème, c’est que bien souvent, la petite fée ne leur a pas donné le goût du pouvoir.

Sauf peut-être dans quelques pays d’Amérique du Sud ?

17/11/2013 22:31 par Dominique

Je crois plutôt comme le dit l’article que la classe moyenne a peur, qu’elle préfère regarder ailleurs, ce qui revient au même, comme le dit Hervé, de lécher le cul des riches. Et même leurs bottes si l’occasion se présente. Quand au Venezuela, ce n’est pas le putsch de quelques personnes mais bien une révolution populaire. C’est sur qu’au départ il y a la volonté de leaders comme Chavez et Maduro, mais il y a aussi l’asservissement depuis des siècles de la majorité de la population du pays. En Europe, on a eu l’illusion qu’un vélo nous donnait la liberté. Puis on a remplacé ce vélo par une voiture. Et dernièrement par Internet. Mais tout cela ne nous donne que l’illusion d’être libre. Malheureusement, la majorité de la classe moyenne se contente de cette illusion.

Mais avec la politique de nos élites qui ne savent faire qu’augmenter les injustices et faire qu’elles touchent de plus en plus de monde, cela ne saurait durer encore bien longtemps. La grande question est donc de savoir si les salauds qui nous gouvernent vont réussir une fois de plus à nous précipiter dans une dernière boucherie, où si les peuples des pays riches vont oser surmonter leur peur de l’inconnu et dire stop. Comme l’a très bien dit Reich, nous sommes nos propres argousiers, et tant que nous ne prendront pas nos responsabilités pour être nos propres libérateurs, rien de fondamental ne changera.

18/11/2013 09:22 par Morane

Bonjour et merci monsieur, de cette révolte que je vis également au quotidien, habitant également dans le Souss par choix, je suis dans le même état d’esprit que vous concernant ce que subissent les habitants des bleds et ce qu’on ose faire à ces pauvres hères qui essaient d’échapper à la grande misère qui est leur sort de naissance. Mais une chose me révolte autant...on constate que de plus en plus d’Européens se prennent d’amour pour ces terres belles, arides, ensoleillées, ces oasis qui nous sautent au cœur au détour d’une piste, le "pays du sable et du vent" dans le grand Sud comme disait St Ex, ce peuple accueillant...et que malgré tout ça leurs seuls soucis sont leur partie de golf, les soirées dans les grands hôtels ou entre "amis", le front de mer où on se pavane à la recherche d’"aventure", faire les grands seigneurs en jetant des bonbons aux enfants lors des passages dans les bleds...et de surcroit, ne pas respecter leur culture..."chassez le naturel il revient au galop"...j’en suis arrivée à m’isoler de ces groupes qui se retrouvent entre eux tout au long de l’année et qui n’en savent pas plus sur ce peuple et son histoire pourtant fortement liée à la notre...plus possible de revivre ici ce que j’ai fui en Europe...Certaine qu’il y a ici des gens de bien malgré tout....l’espoir fait vivre, dans le contexte actuel..et .j’espère que nos chemins se croiseront...

18/11/2013 14:00 par Daniel Vanhove

@ Morane : merci pour votre commentaire... Comme écrit dans l’article, je vis au milieu de la population et ne participe pas (comme vous semble-t-il) aux parties de golf (que je ne pratique pas), aux rencontres mondaines (milieu auquel je n’appartiens pas), aux dîners entre expatriés (où je m’ennuierais vite fait), etc... Complètemt bouleversé, transformé par ce que j’ai vécu en Palestine, je vis seul, dans la démarche de réapprendre les choses simples et essentielles que pour bcp nous avons perdues en Europe, au rythme du bled dans lequel depuis bientôt 9 ans je me suis posé discrètement et sans bruit Je me suis fait accepter lentement, pcq ses habitants ont perçu que ma démarche n’a rien à voir avec celles de bcp d’Européens, qui vivent ici ce qu’ils ne peuvent se payer en Europe... et gardent donc au fond d’eux, cette détestable mentalité coloniale, avec ttes ses dérives possibles...

18/11/2013 17:10 par Eyrin

Merci monsieur pour votre texte qui réchauffe le coeur car on se sent un peu moins seul dans notre sensibilité que beaucoup osent qualifier "d’exacerbée"...
Personne n’a de mérites de naitre ceci, cela ou avec tels capacités.
Je me serai bien passé d’être aussi sensible car depuis trente ans cela m’empêche de vivre comme la majorité des mortels, j’en viendrai presque à souhaiter être né en ayant la capacité d’une bonne part des occidentaux qui est de se foutre du sort des autres et en particuliers des plus pauvres tant que mon nombril se porte bien...

Mais non le monde va mal et de plus en plus mal surtout du côté de cet extraordinaire continent qu’est l’Afrique et en très grande partie uniquement à cause de l’Europe ainsi que de l’amérique du nord qui ne sont au final que des descendants de colons européens qui ont massacrés presque entièrement un "peuple" pour s’approprier "leurs" terres ancestrales.

@Bolivarien
— Personne n’est responsable de ce qu’il est : ni le migrant, ni le "misérable technocrate" de Bruxelles.
La petite fée a doté quelques humains d’un sens aigu de l’équité et c’est à eux de prendre le pouvoir pour "imposer" leur convictions . Le problème, c’est que bien souvent, la petite fée ne leur a pas donné le goût du pouvoir.

Sauf peut-être dans quelques pays d’Amérique du Sud ?—

Cela résume toute la situation.
On donne le pouvoir à ceux qui ne reculent devant rien pour se l’approprier, voila le gros problème de nos "démocraties" qui n’ont rien de démocratiques mais tout de ploutocratiques.

Celui qui veut le pouvoir il en abusera presque toujours pour son propre intérêt et ceux de ses "amis" ou plutôt de ceux qui se payeront son "amitié" et jamais il ne s’effacera, il s’y accrochera envers et contre tout.
Malheureusement tout les humains qui seraient bénéfiques pour l’intérêt général, l’humanité et l’avenir du vivre ensemble égaux ne sont presque jamais intéressés par le pouvoir car ils savent que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument sauf à être un très très grand "humain" doté de beaucoup de force, d’humilité, de lucidité et de notion de l’intérêt commun à TOUT les humains.

Tout ça est entrain de nous projeter dans des haines qui produiront inévitablement des guerres et des révolutions qui seront plus dévastatrices que jamais.

La seule toute petite lueur d’espoir semble provenir des peuples d’amérique du sud, en particuliers du Venezuela et de Cuba.

19/11/2013 06:24 par patrice

Merci pour ce beau texte,
Tout comme vous je suis révolté, révulsé face à la misère entretenue à dessein, chienlit s’étendant à présent aux pays occidentaux, ces peuples indifférents qui vont bientôt goûter aux joies du dénuement le plus total, ces populations qui une fois qu’elles auront tout perdu très prochainement n’auront d’autre alternative que de se révolter contre cette petite caste de parasites financiers qui ont tous les pouvoirs n’en déplaise à nos pantins prostitués politiques, ces eugénistes dégénérés pour qui le diviser pour mieux régner est un principe de gouvernance, une révolte qui je l’espère ne sera pas manipulée comme l’ont été les révolutions de 1789 et de 1917 entre autres et dont nous assistons au dénouement avec ce chaos reconstructif, la naissance de cet insane nouveau désordre mondial !

19/11/2013 09:28 par Morane

@ l’auteur
Non, non, je ne participe pas à tout ça, rassurez vous et vais plutôt à la rencontre des autochtones bien plus intéressants à découvrir !...j’aimerais simplement qu’au lieu de se servir de ce pays, et de ce pouvoir d’achat que les Européens trouvent ici, qu’ils apprécient leur chance de pouvoir y être en, au moins, respectant ceux qui les accueillent...

19/11/2013 12:21 par patrice

@ bolivarien
C’est avant tout le déterminisme, le matérialisme promus par des idéologues stipendiés , relayé par l’éducation nationale qui fait de nous de braves petits moutons, la sociétés du spectacle se chargeant de passer la dernière couche de panurgisation des esprits !
Un homme ça s’empêche comme aurait dit le père de Camus et avec de la morale, de l’éthique, le monde aurait certainement un tout autre visage !
Reste plus qu’à attendre le grand soir n’est ce pas donc !
Nous pouvons être maitres de notre destin nous ne le savons pas toujours pris que nous sommes par cette vie chronophage qui nous empêche bien souvent de penser par nous même, c’est d’ailleurs pour cela que ces ignobles crapules eugénistes dégénérés s’attachent à détruire tout ce qui pourrait nous le rappeler en nous préparant à cette société de zombies qui pointe le bout de son infâme groin !

21/11/2013 18:04 par Bidule

Patrice, le fait que nos vies soient déterminées ne signifie nullement que nous ne pouvons agir. En revanche, cela signifie que si nous avons agi, c’est parce qu’un ensemble de causes et de motivations nous ont contraints à le faire, causes qui ne naissent pas du néant, pas plus que d’un cerveau individuel supérieurement génial. Cette idée du libre arbitre semble être une idée fondamentale de notre société, héritée de Saint-Augustin, toujours bien vivante à l’ère de Descartes, niée en philosophie par Spinoza, et aujourd’hui par les neurosciences (peut-être va-t-on finir par en venir à bout !).
La neurobiologie étant une discipline relativement jeune, ça n’est que récemment que l’on n’a pu commencer à étudier scientifiquement le système nerveux et son fonctionnement précis. Pour faire simple, jusqu’ici, la connaissance des comportements humains était formulée par la philosophie, plus récemment par la sociologie (moins individuelle), la psychologie et la psychanalyse. Et les neurosciences constituent l’une des plus récentes disciplines, unificatrices en plus, à s’atteler à cette étude urgente. Pour une entrée en matière tonitruante, je recommande la lecture de l’Eloge de la fuite de Laborit. Ca n’est pas un livre exposant les résultats des neurosciences de façon scientifique, mais plutôt un essai, imprégné d’arguments de la neurobiologie, et d’autres choses, mais comme c’est concentré, riche et sans compromis, je conseille.

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