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Hillary est la candidate de la Machine de Guerre

A propos des élections présidentielles aux Etats-Unis, l'attention médiatique se concentre sur les frasques de Donald Trump. En face, dans le camp démocrate, Hillary Clinton se pose comme un rempart. Mais qu'en est-il réellement ? Jeffrey Sachs, économiste et consultant spécial du secrétaire général des Nations Unies, récapitule l'expérience et le bilan en politique étrangère de la candidate démocrate (Collectif Hasta Siempre - Suisse).

Il ne fait aucun doute que Hillary est la candidate de Wall Street. Cependant, plus dangereux encore, elle est la candidate du complexe militaro-industriel. L’idée qu’elle est mauvaise sur les questions d’entreprise mais bonne sur la sécurité nationale, est erronée. Sa soit-disant expérience en politique étrangère a servi à soutenir chaque guerre exigée par l’Etat profond dirigé par les militaires et la CIA.

Les relations proches de Hillary et Bill Clinton avec Wall Street ont aidé à alimenter deux bulles financières (1999-2000 et 2005-2008) et la Grande Récession suivie de l’effondrement de Lehman Brothers. Dans les années 1990, ils ont poussé à la déréglementation financière au profit de leurs bailleurs de fonds qui, en retour, ont lâché les pires démons de la manipulation financière, les actifs toxiques, la fraude financière et finalement l’effondrement. Dans l’opération, ils ont gagné les élections et sont devenus plus riche.

Pourtant, les connexions d’Hillary avec le complexe militaro-industriel sont également alarmantes. On croit souvent que les républicains sont les néo-conservateurs et que les démocrates agissent comme des remparts au bellicisme. Cela est inexact. Les deux partis sont divisés entre les faucons néo-conservateurs et les réalistes prudents qui ne veulent pas conduire les Etats-Unis dans une guerre sans fin. Hillary est une néoconservatrice dont le bilan des aventures guerrières explique une grande partie du danger sécuritaire en cours.

Tout comme la dernière présidence Clinton a défini le scénario pour l’effondrement financier, elle a aussi défini le scénario pour la guerre sans fin. Le 31 octobre 1998, le président Clinton a signé l’ Iraq Liberation Act qui inscrivit le « changement de régime » en Irak comme la politique officielle des États-Unis.

Ce devait être la politique des États-Unis pour soutenir les efforts pour renverser le régime dirigé par Saddam Hussein en Irak et promouvoir l’émergence d’un gouvernement démocratique pour remplacer ce régime.

Ainsi furent jeté les bases de la guerre en Irak en 2003.

Bien sûr, en 2003, Hillary était une sénatrice et une fervente partisane de la guerre en Irak, qui a coûté des trillions de dollars américains, des milliers de vies, et fait plus pour la création de ISIS et l’instabilité du Moyen-Orient que toute autre décision de la politique étrangère contemporaine. En défendant son vote, Hillary ressassa la propagande mensongère de la CIA :

« Au cours des quatre années écoulées depuis le départ des inspecteurs, les rapports de renseignement indiquent que Saddam Hussein a travaillé pour reconstruire le stock d’armes chimiques et biologiques, sa capacité de livraison de missiles et son programme nucléaire. Il a également apporté de l’aide, des commodités et le refuge aux terroristes, y compris les membres d’Al-Qaïda ... »

Après l’ Iraq Liberation Act est venue la guerre du Kosovo en 1999, dans laquelle Bill Clinton a appelé l’OTAN à bombarder Belgrade, au cœur de l’Europe, en déclenchant une autre décennie de troubles dans les Balkans. Hillary, en voyage en Afrique, a appelé Bill : « Je l’ai encouragé à bombarder » a-t-elle dit à la journaliste Lucinda Frank.

Le bilan de Hillary comme secrétaire d’État est parmi les plus militaristes, et désastreux, de l’histoire moderne des États-Unis. Quelle expérience. Hillary fut une ardente défenseure du complexe militaro-industriel et de renseignement à chaque instant, contribuant à répandre le chaos en Irak sur une bande de violence qui s’étire maintenant du Mali à l’Afghanistan. Deux catastrophes pèsent le plus : la Libye et la Syrie.

Hillary a été beaucoup attaquée pour le décès des diplomates étasuniens à Benghazi, mais sa promotion inlassable pour le renversement de Mouammar Kadhafi par les bombardements de l’OTAN est la catastrophe la plus grave. Hillary a fortement encouragé le changement de régime en Libye sous la conduite de l’OTAN, non seulement en violation du droit international mais à l’encontre du bon sens le plus basique. Après le bombardement de l’OTAN, la Libye est tombée dans la guerre civile tandis que les paramilitaires et les cachettes d’armes de Libye se sont propagés rapidement à travers le Sahel et vers l’est de la Syrie. La catastrophe libyenne a donné naissance à la guerre au Mali, nourri Boko Haram en armes au Nigeria et alimenté ISIS en Syrie et en Irak. En attendant, Hillary a trouvé hilarant de déclarer à propos de Kadhafi : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort. »

Peut-être la catastrophe qui couronne cette longue liste de catastrophes a été la promotion incessante de Hillary pour le changement de régime dirigé par la CIA en Syrie. Encore une fois, Hillary a vendu la propagande de la CIA prétendant que le changement de régime pour supprimer Bashar al-Assad serait rapide, sans coût et certainement couronné de succès. En août 2011, Hillary a conduit les Etats-Unis vers le désastre en déclarant que Assad doit « dégager du chemin » balisé par les opérations secrètes de la CIA.

Cinq ans plus tard, aucun autre endroit sur la planète n’est plus ravagé par la guerre sans fin et ne constitue une plus grande menace pour la sécurité des Etats-Unis. Plus de 10 millions de Syriens sont déplacés et les réfugiés se noient dans la Méditerranée ou érodent la stabilité politique de la Grèce, la Turquie et l’Union européenne. Dans le chaos créé par les opérations secrètes de la CIA et de l’Arabie Saoudite pour renverser Assad, ISIS a comblé le vide et la Syrie est utilisée comme base pour des attaques terroristes à travers le monde.

La liste de ses incompétences et de son bellicisme continue. Le soutien de Hillary pour l’expansion de l’OTAN, y compris en Ukraine et en Géorgie contre tout bon sens, était un fil de détente pour violer l’accord d’après-Guerre froide en Europe en 1991, ce qui a conduit à de violentes contre-réactions de la Russie en Géorgie et en Ukraine. Comme sénatrice en 2008, Hillary a co-parrainé la résolution 2008-SR439 pour inclure l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN. En tant que secrétaire d’Etat, elle a présidé à un redémarrage de la Guerre froide contre la Russie.

Il est difficile d’identifier les raisons de ce dossier de catastrophes. S’agit-il d’un mauvais jugement chronique ? Est-ce sa foi surnaturelle dans la machine de la CIA ? Est-ce une tentative répétée de montrer que comme démocrate elle peut être plus belliciste que les républicains ? Est-ce pour satisfaire ses bailleurs de fonds extrémistes ? Qui sait ? Peut-être qu’il s’agit de tout ce qui précède. Mais quelles que soient les raisons, c’est un dossier désastreux. Peut-être plus que toute autre personne, Hillary peut prétendre avoir attisé le plus la violence qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Asie centrale et qui menace la sécurité des Etats-Unis.

Jeffrey Sachs
Directeur de l’Earth Institute de l’Université de Columbia

Traduction : Collectif Hasta Siempre (Genève, Suisse)

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