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L’Euro : Ce lit de Procuste... (Russia Today)

Adrian Salbuchi

Les efforts des leaders européens pour faire rentrer une série de pays différents dans une cage financière rigide sont voués à l’échec. Mais cela fait partie d’un plan sur le long terme pour instaurer une super-monnaie mondiale qui ne pourra qu’apporter plus de souffrances aux travailleurs ordinaires.
L’on se demande de plus en plus aujourd’hui "Pourquoi grands dieux les Européens ont-ils accepté de mettre en place une seule monnaie pour toute l’Europe ?"

Dans la mythologie grecque, Procuste était le fils de Poséidon, le dieu des profondeurs marines. Il avait construit un lit de fer à sa taille et il forçait tous ceux qui passaient chez lui à s’y coucher. Si la personne était plus petite que le lit, Procuste l’étirait, brisant ses os, ses tendons et ses veines, jusqu’à ce que la victime soit à la "bonne" taille ; si elle était plus grande, Procuste lui coupait les pieds et les membres.

Ce récit ancien sur le thème de la "taille unique" semble s’être matérialisé à nouveau au 21ème siècle quand les Européens se sont laissés convaincre de s’imposer à eux-mêmes un oxymore ; une contradiction conceptuelle flagrante appelée "l’euro".

La monnaie supra-nationale commune inventée par les Français et les Allemands, boycottée par les Anglais, ignorée par les Suisses, dirigée par les Allemands et acceptée par le reste de l’Europe dans sa bienheureuse ignorance, a finalement tombé le masque et montré son horrible visage : celui d’un système impraticable au service des seuls banquiers au détriment des classes laborieuses.

Il masquait de grossières contradictions aussi larges, profondes et diverses que les tailles, forces, profils, styles, histoires, paramètres économiques, politiques de l’emploi, retraites, industries et ressources humaines et naturelles des 17 pays de la zone euro, de l’Allemagne et la France à une extrémité du spectre, à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande à l’autre.

Comme nous l’avons noté dans un article précédent, l’euro a une date d’expiration ; peut-être les eurocrates,qui le mirent au monde il y a 10 ans, espéraient-ils le voir durer un peu plus longtemps, peut-être même atteindre sa majorité... Mais ils savaient certainement que tôt ou tard l’euro allait périr ; qu’il était destiné à périr.

Parce que l’euro n’est pas une fin en soi, mais plutôt une transition, un pont, un essai d’utilisation d’une monnaie supranationale destinée à être remplacée par une monnaie beaucoup plus ambitieuse et plus puissante qui sera mise en circulation par une banque centrale mondiale contrôlée par un groupe de banquiers privés dont la mission sera d’instaurer un Nouvel Ordre Mondial dirigé par l’Elite du Pouvoir Mondial privé.

Le problème aujourd’hui est que l’onde du choc financier qui a frappé l’Europe en 2008 s’est transformée en un véritable tsunami financier qui menace de balayer tous le système de l’euro... Et on n’a encore rien vu !

En fait les problèmes actuels de l’euro ne sont rien d’autre qu’une des nombreuses variantes des problèmes de souveraineté. Parce que, quand des dirigeants irresponsables cèdent la souveraineté entière ou partielle d’un pays —que ce soit sur le plan monétaire, politique, financier, économique, judiciaire ou militaire— ils feraient mieux de bien faire attention à ce qu’ils font et aux implications d’une telle décision sur le moyen et le long terme.

Céder la souveraineté nationale signifie que quelqu’un d’autre, dans un autre endroit, prendra des décisions basées sur les intérêts d’autres personnes. Tant que les intérêts de tous coïncident, tout va bien. Mais dès que les intérêts des différentes parties divergent, il s’ensuit une lutte de pouvoir. Et les luttes de pouvoir ont une chose en commun : le plus fort gagne ; le plus faible perd.

Aujourd’hui nous assistons à une énorme lutte de pouvoir dans la zone euro. Qui va la gagner à votre avis ? Qui va imposer de nouvelles politiques —l’Allemagne ou la Grèce ? la France ou le Portugal ? L’Angleterre ou l’Espagne ? L’Allemagne ou l’Italie ?

Et ça c’est seulement le devant de la scène, ce qu’on montre au public. Il faut aussi regarder derrière, dans les coulisses, où en privé, à l’abri des médias, le vrai pouvoir mondial prend les décisions plus subtiles.

Le nouveau premier ministre italien Mario Monti va-t-il se mettre au service du peuple italien ou des méga-banquiers qui siègent à la puissante Commission Trilatérale* dont il est lui-même le président européen ? La même question se pose pour le président grec, Lucas Papademos, qui fait aussi partie de la Trilatérale. Et elle se pose pour tous les gouvernements des états membres de l’Europe dont les vrais dirigeants sont les principaux banquiers, industriels et magnats de la presse appartenant à la Trilatérale, au club Bilderberg, au Forum Economique Mondial, aux think tanks de Chatham House et aux lobbys privés.

Les élites internationales feront tout leur possible pour maintenir l’euro car il sert de monnaie de transition vers une monnaie mondiale qui remplacera alors l’euro et le dollar américain. La stratégie consiste à organiser la chute contrôlée des deux monnaies tout en préparant une route de pavés jaunes** au "dollar mondial" ou à quelque nouvel oxymore de ce genre.

Il sera facile de faire s’effondrer le dollar : il suffira que les médias dominants se mettent à hurler tous en choeur "Il y a une hyper-inflation du dollar !!!" et le roi nu Dollar, s’effondrera vite. L’euro, de son côté, se dissoudra tout simplement quand ses états membres retourneront a leurs anciennes monnaies, les pesetas, lires, francs, escudos et drachmes.

Est-ce que ce moment est arrivé ? Peut-être pas... encore. Et par conséquent nous allons assister à plus de "traitement d’urgence", de "chimiothérapie financière", pour "aider l’euro" exactement comme nous les avons vus "aider les banques" même si la plupart des banques et l’oxymore euro ne peuvent être sauvés mais maintenus artificiellement vivants comme les "morts-vivants..."

Voilà la question qui se pose aux Grecs, Italiens, Espagnols, Portugais, Irlandais, et même aux Français et aux Allemands : allez-vous accepter l’invitation de vos leaders de Bruxelles, émules de Procruste, de vous coucher sur leur lit ?

Adrian Salbuchi

­Adrian Salbuchi est un analyste politique, auteur, conférencier et commentateur de TV et radio argentin. Son site est : www.asalbuchi.com.ar

Pour consulter l’original : http://rt.com/news/euro-doomed-global-currency-413/

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note :

* La Commission Trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973 à l’initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus distinguées et influentes - hommes d’affaires, politiciens, décideurs, « intellectuels » - de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l’OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade. A l’instar du groupe Bilderberg, il s’agit d’un groupe partisan de la doctrine mondialiste, auquel certains attribuent, au moins en partie, l’orchestration de la mondialisation économique.

** Référence au Magicien d’Oz.

COMMENTAIRES  

13/12/2011 00:43 par Bonjour

Faites-nous peur…

Encore une fois je ne suis pas d’accord avec cette position contre l’euro, et encore moins avec la campagne de dramatisation reprise par un grand nombre de médias :

1. L’euro, c’est l’arbre qui cache la forêt : la finance mondiale ne cherche pas seulement à s’emparer de l’euro, mais aussi :
a. des appareils d’Etat
b. des postes-clés
c. du patrimoine public revendu progressivement au privé
d. d’un grand nombre d’infrastructures stratégiques
e. des services publics privatisés et des emplois associés
f. de la dette publique privatisée sur les marchés (qui, au travers de la dépendance financière, « imposent leur pouvoir au-dessus des Etats » comme le fait remarquer très lucidement un participant du forum LGS).
g. des médias
h. des télécommunications
i. la défense
j. etc.

2. La Trilatérale et le Bildenberg convoitent l’euro - mais ne sont en aucun cas les créateurs de l’euro. La création de l’euro a été décidée démocratiquement et librement, dans le cadre d’une coopération souveraine et pacifique entre la France, le Bénélux, l’Allemagne, l’Italie, etc. dans le but de disposer d’une monnaie stable, ainsi que pour des raisons pratiques (coûts de change, etc.).
3. L’éclatement de l’euro est un objectif avoué - en paroles et en actes - de la finance de Wall Street en particulier.
4. L’euro est un simple instrument monétaire et n’a rien à voir avec la couleur politique des gouvernements en place. La politique menée par les Etats dépend du choix des citoyens et des représentants qu’ils mandatent.
5. Croire que l’éclatement de l’euro permettra de rendre la France plus "concurrentielle" est un leurre. La France sera encore plus soumise au jeu de la finance mondiale qui consiste à mettre les Etats et leurs économies en concurrence.
6. Si l’euro éclate, les monnaies nationales seront beaucoup plus vulnérables aux pressions spéculatives, et risquent fort d’être tentées par le projet bancor des néo-conservateurs, une forme d’absorption d’autres devises par le dollar qui souffre aujourd’hui d’un grave problème lié au gonflement de sa masse monétaire. Ainsi revigoré grâce aux devises européennes absorbées, le dollar retrouverait alors de la consistance aux yeux des marchés mondiaux.

Et toujours la tactique des néo-conservateurs visant à effrayer - ici par l’entremise de PROCUSTE - , ou en affirmant avec certitude que les efforts « sont voués l’échec » - (tout comme le thème de « l’insécurité » qui devrait ressurgir lors de la campagne (en présentant soit les bons résultats obtenus par la droite, soit les risques d’une gauche « laxiste » au pouvoir).

L’euro est loin d’être sauvé, les spéculateurs sont parvenus à le fragiliser en instaurant un système de différenciation de taux (mise en concurrence des Etats) et en dramatisant la dette publique des Etats que les financiers ont eux-mêmes alourdie (ex. Grèce) entre les différents pays de la zone euro pour les diviser. Mais tout n’est pas perdu, il est encore possible d’uniformiser ces taux.

Par ailleurs, les termes « d’indépendance des Banques centrales » et de « dette souveraine » relèvent de la falsification terminologique :
"¢ La Banque centrale perd en réalité son indépendance de gestion parce qu’elle ne peut plus recourir au Trésor, mais seulement aux marchés privés (elle est désolidarisée de l’Etat).
"¢ La dette « souveraine » est un terme alléchant pour les investisseurs dans le sens où les créanciers bénéficient d’une garantie de l’Etat (il est en effet très rare qu’un Etat fasse défaut contrairement aux dettes privées qui sont sans recours en cas de faillite) ; le terme « souveraine » perd ici tout son sens pour l’Etat qui perd ses privilèges souverains quant à sa gestion.

En résumé, le plus grave est ceci :

En privant les Etats de patrimoine, de moyens monétaires et financiers, la finance mondiale prive les Etats des moyens nécessaires pour la protection sociale, réduit l’emploi public, et aggrave la dépendance des citoyens.

Nota Bene - je viens de parcourir le site d’Adrian Salbuchi abondamment rédigé en anglais. La littérature sur laquelle il se base ne me semble pas être celle de la gauche argentine. Sans être néo-conservateur, ses références sont majoritairement celles de la gauche des Etats-Unis. Par exemple, un de ses articles pris au hasard « MACRI SE UNE A LOS KIRCHNER COMO GERENTE DE ISRAEL Y ESTADOS UNIDOS EN LA ARGENTINA » me semble contraire à la réalité du terrain, surtout connaissant les campagnes médiatiques (voire les écoutes téléphoniques prouvées) organisées par Macri contre les partisans de Kirchner et les âpres batailles juridiques en cours. Si Macri, « Jefe de gobierno de la ciudad de Buenos-Aires », bosse clairement à droite toute pour les Etats-Unis, ce n’est pas le cas de Cristina la Présidente qui a bien d’autres préoccupations.

13/12/2011 15:25 par E.W.

La création de l’euro a été décidée démocratiquement et librement, dans le cadre d’une coopération souveraine et pacifique entre la France, le Bénélux, l’Allemagne, l’Italie, etc. dans le but de disposer d’une monnaie stable, ainsi que pour des raisons pratiques (coûts de change, etc.).

A moins que la démocratie se limite à un droit de vote pour des représentants pré-désignés, que la liberté se résume à un devoir de rendre des comptes, que la souveraineté puisse venir d’en dehors de soi-même et que le pacifisme tolère désormais la violence ; les termes "démocratiquement", "librement", "souveraine" et "pacifique" ne s’appliquent ici à aucune réalité. Ca ne change peut-être rien au but de la création de l’Euro mais ça laisse de la marge pour s’interroger à ce propos.

La politique menée par les Etats dépend du choix des citoyens et des représentants qu’ils mandatent.

Jerry

Croire que l’éclatement de l’euro permettra de rendre la France plus "concurrentielle" est un leurre. La France sera encore plus soumise au jeu de la finance mondiale qui consiste à mettre les Etats et leurs économies en concurrence.

Faites nous peur ?

Si l’euro éclate, les monnaies nationales seront beaucoup plus vulnérables aux pressions spéculatives

Merci.

14/12/2011 09:42 par gérard

@13/12/2011 à 00:43, par Bonjour

Question : mis à part l’inflation qui est une bénédiction pour les spéculateurs, rentiers, etc... qui détestent ça, pour laquelle donc l’Euro a été bénéficiaire, que nous a apporté cette monnaie sur le Chômage par exemple ?
Même l’Allemagne compte en réalité bien plus de chômeurs que ceux déclarés. Il y a beaucoup de petits boulots excessivement mal payés, des chômeurs déguisés en réalité.
Et sur les salaires ?Bloqués même encore en Allemagne !
L’Euro, montrée comme la panacée à sa création, a eu quand même 10 ans pour faire ses preuves !
Résultat ?
Désolé, mais c’est un fiasco !...L’Europe n’est même pas capable de se défendre contre les marchés financiers !
Résultat, les Banques, par l’intermédiaire d’anciens de Goldmannsachs, entre carrément aux gouvernements de la Grèce et de l’Italie, et aux manettes dans d’autres pays de l’unionhttp://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6337
On en revient sur le même débat : "l’accord gouvernemental, vous allez aimer", ici même !
Bien sûr je me suis fait avoir par la vidéo de Charles Gave : http:http://www.youtube.com/watch?v=Sn4izrORf5A&feature=player_embedded.
On n’est jamais assez vigilent, vérification faite : sa famille de pensée est très... douteuse !...Désolé !

Le programme du Front de Gauche, pour lequel je ne vais pas cacher mes sympathies, c’est justement et paradoxalement parce qu’il n’est pas réalisable dans l’état actuel des traités de l’Union Européenne, qu’il est lui Réaliste, et qu’il soulève les vrais problèmes, et apporte les vraies solutions.

J’ai suivi depuis assez longtemps J. Généreux, http://www.dailymotion.com/video/xday9w_j-genereux-l-esprit-de-munich-a-env_news, cette vidéo a un an et demie, et rien n’a évolué si ce n’est en pire !

Je veux qu’on m’explique comment on peut rester dans l’Euro et appliquer les mesures qu’il préconise, mesures et je le redis, dont je suis en parfait accord,... moi je ne vois pas !
Voilà une analyse :http://mpep34.canalblog.com/archives/2011/11/10/22639669.html
C’est un vaste débat !
Non, l’Euro a été créé par la Droite Libérale, pour le libre échange, il faudrait en sortir...mais comment ?

14/12/2011 13:56 par E.W.

@ Gérard

Pour répondre simplement à ta question, il faudrait que l’Europe soit une autre Europe, pas seulement le terrain de chasse de la finance mondiale. Une Europe où les peuples s’entraident et se soutiennent, construisent ensemble sans arrière pensée, bien sûr par un gouvernement fédéral, mais un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Que chacun commence par instaurer un tel gouvernement chez lui.

(oui, vous pouvez faire voter vos enfants à la maison, referendum sur le repas de ce soir, succès garanti :)

14/12/2011 14:11 par yapadaxan

Moi, je me souviens du passage à l’euro, en l’an 2000. Les socialistes étaient au gouvernement et je revois la tête hilare des éléphants, tout réjouis du changement de monnaie.

14/12/2011 17:56 par gérard

De toute façon toute chose dans la nature par exemple va vers la diversité, jamais vers la concentration.Chaque élément possédant alors ses propres caractéristiques.Origine commune de l’homme et les "races"( entre guillemets j’insiste !) qui se sont développées sur tous les continents, le métissage en est l’inéluctable continuité, donc la diversité.
La création de l’Europe est déjà par son essence même un cheminement inverse, pas "naturel". De la diversité (les États), "on" a voulu recréer une unité, ce n’était déjà pas évident.

Historiquement, aucun empire n’a pu subsister très longtemps dès qu’il fallait faire cohabiter différentes cultures ensembles et encore moins sous la contrainte.

Dans quel but a donc été crée l’Union Européenne, (?), sûrement pas pour des avancées sociales, on s’en serait aperçu.
C’est déjà le sujet d’un très gros débat.

L’Europe sortait tout juste du cataclysme que fut la seconde guerre mondiale, où tous les pays se sont déchirés, que "on" a décidé qu’il fallait réunir tout le monde dans un vaste marché, et que c’était ça le progrès,...et surtout la Paix !
C’était l’euphorie générale !

Toujours est-il, que "on"a mis la "charrue avant les boeufs" en créant artificiellement une Communauté Européenne, alors qu’il fallait amener en tout premier les Pays au même stade de développement par l’entraide, AVANT de créer l’Europe, et l’Euro surtout !

Soit dit en passant, les guerres ont toujours été provoquées par des tyrans qui voulaient "réunir tout le Monde", on aurait du se méfier !

La "maladie" couvait depuis la création de l’Europe car des "boutons" apparaissaient régulièrement, tels le "plombier" polonais, la directive Bollkestein, etc, je ne vais pas entrer dans les détails car il y en a une foultitude.
C’était les signaux d’alarme, mais "on" n’a pas voulu les voir.
Pourquoi ?...C’est aussi le sujet d’un très gros débat...

Ce n’est peut-être pas si grave :
http://www.marianne2.fr/Serait-ce-la-catastrophe-annoncee-si-la-France-sortait-de-la-Zone-Euro_a213023.html

14/12/2011 23:40 par Bonjour

@ Gérard et les personnes intéressées par l’euro (ou l’éclatement de l’euro ce qui, à mon avis, augmenterait notre dépendance aux marchés - J : Généreux le rappelle bien, quelle était la position du Franc avant l’euro ???).

Il faut savoir que ni l’Europe ni l’euro ne sont responsables de la privatisation de la dette publique !

A son origine (voir note wikipedia ci-dessous), c’est la droite française qui en est responsable (Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France. Ill serait bon d’ajouter ce point dans l’argumentaire de Jacques Généreux).

Je commence à découvrir Jacques Généreux, je le rejoints sur le fond, en particulier sur la dette publique, la spéculation, le moins-disant social.

J’aime beaucoup son expression "d’ETAT PRIVÉ" (l’expression - pas le résultat nous nous comprenons j’espère).

Il établit très clairement le lien entre dette publique, spéculation, austérité. Bravo.

En plus de J. Généreux, je vois d’autres explications à la crise.

Fondamentalement, il faudrait restituer au secteur public la part qui est la sienne :

Le public au public
Le privé au privé

Il y a aujourd’hui clairement un problème de séparation des pouvoirs (Montesquieu, à l’aide...)

Je ne crois pas que la crise financière soit due au surendettement,

Mais au gonflement de la masse monétaire (dollar principalement aujourd’hui), suite au double phénomène de l’automatisation technologique en production et de la CONCENTRATION du capital, propriété, ressources, production, distribution jusqu’aux points de vente (facturation), et donc, de la concentration des profits.

Des causes multiples s’ajoutent au gonflement de la masse monétaire : planche à billet, spéculation, titrisation opaque, blanchiment, fausse monnaie, inflation, etc...)

Parallèlement au gonflement, la concentration s’accélère et s’étend (mondialisation, standardisation, absorption possible de l’euro (qualité) par le dollar (quantité), etc…).

Aux mains d’acteurs de plus en plus restreints (Pareto).

Je suis tout à fait d’accord avec vous Gérard, la concentration n’est pas un phénomène naturel, mais c’est malheureusement elle qui gagne aujourd’hui (pour l’instant).

Pareil pour l’écologie, il suffit de constater la diminution de la variété des espèces animales et végétales suite à l’action artificielle de l’homme sur la nature.

Autre exemple de concentration, mêlant économie et écologie cette fois :
La réduction de la biodiversité, eugénisation des races bovines, standardisation des semences, dans l’agro-production.

A propos de Charles Gave, vous me modérez bien, il ne semble pas faire partie politiquement des néo-conservateurs - mais il défend les mêmes thèses (je lis ce discours chaque jour chez les néo-cons de Wall Street).

En tout cas, son observation sur les différences de coûts d’investissement entre l’Allemagne et la Grèce est très pertinente. A mettre son actif d’économiste (bien vu Monsieur Gave).

Je ne rejoints pas C. Gave sur l’action à mener. Il ne remet pas en cause ces différences de taux (peut-être même est-ce son intérêt [une suggestion peut-être hâtive de ma part ici qu’il est tout à fait en droit de me reprocher]) ?

Le problème lié à l’exacerbation des différences de taux au sein de l’euro est dû à des interventions extérieures, principalement à la dramatisation par les agences de notation, les banques européennes suivent.

C. Gave me semble aller dans le même sens que les agences de notation qui créent une différentiation entre les différents Etats/économies d’Europe (Cette campagne de dramatisation est abondamment alimentée par les médias dominants. Qui voudrait organiser une fuite des capitaux de l’Europe ne s’y prendrait pas mieux !).

Il est soumis à la stratégie permanente du capital (diviser pour exploiter, spéculer - n’oublions jamais cela !!!).

Concentrer au-dessus
Diviser en dessous

Par l’effet de la concentration, les acteurs se raréfient, LEURS profits gonflent, étant moins nombreux, leurs rendements d’échelle explosent, leurs dépenses diminuent, les profits n’ont plus de raison de retourner à l’économie réelle.

Le non-retour des profits dans l’économie réelle explique principalement la crise économique (et non le surendettement des particuliers/états qui en est une conséquence - contrairement a ce que la droite claironne pour culpabiliser la gauche "dépensière avec sa générosité sociale" ce qui "pénalise notre compétitivité").

Ce discours est efficace, la population, "entre deux maux", choisit le moindre, préfère payer moins d’impôts pour sauvegarder la compétitivité, tant pis pour le délitement de l’état et de la protection sociale.

La majorité des gens votent donc à droite.
L’Europe est donc représentée à droite (et dernièrement, l’Espagne, désolant….).

Ce n’est pas en sortant de l’Europe ou en supprimant l’euro que la population votera soudainement à gauche ou décidera de reconstruire l’Etat, la fonction publique et la protection sociale.

Concernant le débat sur la crise, la plupart des gens ont peine à comprendre la situation car, contrairement aux acteurs financiers, ils ressentent les problèmes liés à un manque d’argent, ils ne ressentent pas le problème à l’origine de la crise, l’excès de capital (problème des capitalistes en mal de placement).

Le problème se situe au niveau des placements (comment convertir d’urgence en actifs physiques, or, terres, immobilier, entreprises stratégiques, brevets, propriétés de particuliers dans des régions agréables, services publics, DETTE PUBLIQUE, etc...).

Encore une chose, ces placements (n’ayant souvent rien à voir avec une politique industrielle) sont effectués de manière violente et désordonnée, nous privent de politique industrielle, autre facteur paralysant de la crise économique.

Combien de gens prennent une attitude passive, croyant qu’il faut "attirer les capitaux, savoir se vendre"... au lieu de s’atteler à défendre l’économie locale et à reconstruire l’outil de production.

- Début de citation -
"La Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France est une loi française, qui a régi de 1973 à 1993 l’organisation de la Banque de France.

Élaboration et teneur de la loi

La loi n°73-7 est issue d’un projet de loi déposé par le gouvernement Pierre Messmer, le responsable de l’élaboration du projet étant le ministre de l’Économie et des Finances, Valéry Giscard d’Estaing.

La loi modifie l’organisation de la Banque de France. L’article 25 de cette loi est le suivant : "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France.[pertinence].

La loi a été abrogée par la loi n°93-980 du 4 août 1993, entrée en vigueur le 1er janvier 1994 pour mettre à jour certaines dispositions relatives aux fonctionnement de l’institution dans le cadre du récent traité de Maastricht1.
Autour de 2010, une loi en débat[modifier]

Plusieurs personnalités politiques ont dénoncé cette loi comme un endettement volontaire de la France au bénéfice des banques privées, parmi lesquels on peut citer Nicolas Dupont-Aignan2, Marine Le Pen3, ou encore Jean-Luc Mélenchon [réf. nécessaire].

Dans ces milieux, la loi est parfois appelée péjorativement, « loi Rothschild »4, allusion au fait que Pompidou fut directeur général de la Banque Rothschild 5.

- fin de citation -

En résumé, pour mener un combat social, il me semble beaucoup plus utile d’exiger l’abolition de cette loi (ainsi que de sa transposition européenne), plutôt que la fin de l’euro qui n’est qu’un instrument et non l’expression d’une politique.

Par ailleurs, je ne lis pas cela dans la presse, cette loi pousse aussi les banques dans la course à la dette publique, ce qui réduit proportionnellement la part de leurs fonds propres et les empêche de respecter le ratio endettement / fonds propres.

Elles sont ainsi fragilisées.

Les banques européennes ne sauront jamais suivre les poids lourds de la finance internationale (pétrodollars, etc. le rapport de force quantitatif est défavorable).

C’est pourquoi il est urgent d’exiger le retour de la prérogative de l’Etat quant à la gestion de sa dette publique.
Cela peut très bien se faire en convainquant nos partenaires européens du bien fondé de cette décision (préfèrent-ils alourdir leurs budgets en payant des suppléments d’intérêts aux investisseurs - dont un grand nombre ne sont même pas européens ?), en faisant appliquer, un taux neutre (inflation par exemple) pour l’ensemble de la zone euro afin d’éviter les distorsions (pas d’inégalités de traitement entre Etats) et la différenciation.

La Grèce pourrait ainsi financer sa nouvelle dette (voire racheter une partie de l’encours) au même taux que l’Allemagne - J’ose à peine imagine la joie des Grecs - , sans pénaliser personne (sauf quelques personnes qui feront tout pour l’empêcher à cause d’un certain manque à gagner).

Oui, l’euro est un instrument merveilleux qui peut servir la cause sociale. Tout dépend des représentants mandatés (je n’en reviens toujours pas pour l’Espagne...) et de l’usage qu’ils en font.

Enfin, un petit commentaire sur cette loi, je ne peux pas m’empêcher de rapprocher Rotschild à l’époque de Pompidou et Goldman Sachs aujourd’hui.

15/12/2011 01:15 par Bonjour

@ 13/12/2011 à 15:25, par E.W. - Concernant la représentation démocratique

Combien de gouvernements de gauche avons-nous encore en Europe ? 2 ou 3 ? Sauf trucage des urnes, il faut reconnaître que la majorité des électeurs votent à droite, en France ou ailleurs. Que s’est-il passé en Espagne alors que tout le monde attendait une montée des indignés ?

Mon explication est que l’électeur place peu d’espoir dans un Etat dépourvu de ressources.

C’est la raison pour laquelle, dans ce monde matérialiste, je crois qu’il conviendrait de présenter de manière chiffrée à l’électeur les gains qu’il peut attendre d’un renforcement de l’Etat. D’abord, en calculant le montant perdu depuis que la dette a été privatisée. Voilà où sont passés nos impôts. Voilà où en est l’état de la fonction publique.

En mettant fin à la privatisation de la dette publique, il est possible de gagner environ 2 à 3 points de PIB. Avec cela, on peut : 1) stopper net l’hémorragie de la dette avec ses ignobles pressions et 2) employer cette différence dans des politiques de relance.

Je crois que le véritable combat est celui-là  : rendre son autonomie à l’Etat.

Comme pivot stable pour les autres domaines : entreprises, fonction publique, enseignement, etc.

15/12/2011 12:24 par E.W.

@ Bonjour

La loi de 73 est certainement une hérésie mais elle ne peut expliquer à elle seule la situation.
Que l’argent soit emprunté à Pierre ou à Paul n’est pas immédiatement pertinent, quand on atteint un taux d’endettement de 85% de son PIB c’est qu’on a vécu largement au dessus de ses moyens. (pour rappel le taux d’endettement maximal pour un particulier est théoriquement de 33%). Avec une telle dette, en ayant emprunté à la Banque de France, l’inflation sur 1700 Md de masse monétaire ne nous aurait pas été plus profitable que nos 50 Md d’intérêts annuels.

Plutôt que de partir dans un débat interminable sur le vrai faux-clivage droite/gauche et le pourquoi du comment, reconnaissons la simple évidence de la domination des intérêts privés sur toutes autres considérations et si nous évoquons la séparation des pouvoirs alors celle qu’il nous faut envisager c’est l’amputation de la finance de l’État.

In fine c’est la corruption légale de nos élus par l’intermédiaire des lobbys, des jeux d’influence, copinage, népotisme & Co qui sont la gangrène de la nation.

Ce n’est pas à vous ou moi de dire ce qui doit être fait, c’est à vous, eux et moi, par chance nous disposons du suffrage universel direct et du référendum d’initiative citoyenne, puisque nous somme dans une réelle démocratie (ya ?).

15/12/2011 15:53 par gérard

@15/12/2011 à 12:24, par E.W.

Que l’argent soit emprunté à Pierre ou à Paul n’est pas immédiatement pertinent,

Que nenni !
Admettons que la Dette de la France au lieu d’avoir été financée par les Marchés Financiers l’aurait été par sa Banque Centrale.
- Par des taux d’intérêt pratiquement nuls de cette Banque, puisqu’il ne peut pas y avoir de spéculations pour ainsi dire envers soi-même, elle aurait été déjà infiniment moindre !
La Dette d’un Pays si elle est la conséquence des capitaux empruntés, elle l’est aussi dans une très large mesure du cumul des intérêts !
Ramenez la dette de la France en retirant les intérêts cumulés, je n’ai plus les chiffres, mais cela n’a rien d’affolant !
Qu’il faille des "garde-fous" pour éviter que les États, fassent n’importe quoi avec leur Banque Centrale, et fassent tourner la planche à billet...virtuelle, il n’y a aucun problème la-dessus. La balance du Commerce Extérieur est déjà un indicatif. Mais il y a plein d’autres systèmes possibles "d’inter-contrôle" entre les États , car il en faut Chaque État commerçant avec sa propre monnaie, l’état des bilans de financement de sa Banque Centrale est en plus une garantie supplémentaire envers les autres États.

Il faut encore aller plus loin, les grandes réalisations, comme par exemple les autoroutes, ne devraient en aucun cas avoir un financement privé, puisque étant du domaine de la communauté toute entière !

Rothschild
Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois.

D’autres citations :http://www.bankster.tv/ressource.htm

@ 14/12/2011 à 23:40, par Bonjour
On est parti pour écrire un bouquin si je relève en détail chaque point.
Je ne suis pas en total désaccord sur tout d’ailleurs, mais je pense qu’il y a une urgence absolue : arrêter l’Euro tel qu’il existe, on verra le reste par la suite !
Et apparemment ce n’est pas l’usine à gaz qu’on voudrait nous présenter :
http://www.marianne2.fr/Serait-ce-la-catastrophe-annoncee-si-la-France-sortait-de-la-Zone-Euro_a213023.html

Des économies très nettement différentes avec une même monnaie c’est une hérésie absolue ! Il manque des outils de compensation, des barrières douanières en lançant pour ainsi dire.... des "gros mots" !
Voir l’exemple tout bête que j’avais donné, je ne sais plus où maintenant : les producteurs de tomates du sud de la France, soit ils sont en faillite, soit ils "rament" désespérément, soit ils exploitent la main-d’oeuvre. Les salariés sont donc de fait automatiquement les premiers sacrifiés !

16/12/2011 02:11 par Bonjour

@ 15/12/2011 à 12:24, par E.W.

La loi de 73 est certainement une hérésie mais elle ne peut expliquer à elle seule la situation

Comme aux Etats-Unis, cette loi fait de l’Etat un Etat foncièrement capitaliste.

On peut également dire que :

- les dépenses budgétaires seules n’expliquent pas l’endettement (à partir du moment où le taux exigé par le marché dépasse celui de la Banque centrale)
- l’austérité seule ne résoudra pas la crise, tant qu’un terme n’est pas mis à l’hémorragie de l’endettement indu.

Les mesures d’austérité budgétaire sont très coûteuses sur le plan social et économique.
Par contre, la "dé-privatisation" de la dette publique ne coûte rien d’autre qu’un consensus politique.

Dans les conditions actuelles, laisser la dette publique aux mains du privé relève de la négligence.

Que l’argent soit emprunté à Pierre ou à Paul n’est pas immédiatement pertinent

Je crois que si. A partir du moment où la dette publique est privatisée, le privé y voit un intérêt financier (qui devient aussi un moyen de pression) et donc une cible constante du lobbying.

Sans compter les pressions extérieures : pourquoi Obama convoque-t-il nos dirigeants, téléphone-t-il sans arrêt à Merkel et à Sarkozy, pourquoi Geitner s’invite-t-il aux réunions de nos ministres des finances, le FMI devient-il notre créancier (prioritaire), Goldman Sachs place ses hommes aux postes-clés, etc...

Par ailleurs, alors que nous avions supprimé la spéculation entre devises européennes en créant l’euro, les spéculateurs sont parvenus à créer de nouvelles discriminations de taux à l’intérieur de la zone euro. Autrement dit, il n’y a pas de raison que la spéculation s’arrête en cas de suppression de l’euro.

Et, l’intérêt (ou "Yield", rendement, dans le jargon) - qui peut croître fortement en cas d’attaque spéculative - enrichit des spéculateurs au lieu de contribuer à une politique de relance. Une part importante de nos impôts termine dans la poche des spéculateurs, sans compter l’instabilité pour l’économie, et les risques de friction entre les pays adhérents.

Pour ces raisons, il me semble important de redéfinir la séparation des pouvoirs, concernant précisément le rôle des banques centrales et la prérogative de l’Etat sur l’emprunt.

Cette loi a été ensuite transposée comme Art. 108 du traité de Maastricht et Art. 123 du traité de Lisbonne.
Un débat au Parlement européen est donc requis !

Avec une telle dette, en ayant emprunté à la Banque de France, l’inflation sur 1700 Md de masse monétaire ne nous aurait pas été plus profitable que nos 50 Md d’intérêts annuels

Pour l’instant, parce que la France se fait un honneur de rester un "bon élève" pour garder son triple AAA.
Ce ne sera plus le cas si Wall Street décide d’envoyer Procuste en France après la Grèce et l’Italie.

Plutôt que subir le diktat d’agences extérieures intéressées par le seul profit, pourquoi ne pas instaurer un cadre garant de la sauvegarde budgétaire commune.

Ce serait alors la solidarité de l’ensemble qui deviendrait le frein aux dérapages budgétaires, comme la solidarité qui lie l’équipage d’un navire.

In fine c’est la corruption légale de nos élus par l’intermédiaire des lobbys, des jeux d’influence, copinage, népotisme & Co qui sont la gangrène de la nation.

Entièrement d’accord. Une séparation des pouvoirs, assortie des contre-pouvoirs utiles, clairement établie peut réduire ces pratiques.

Ce n’est pas à vous ou moi de dire ce qui doit être fait, c’est à vous, eux et moi, par chance nous disposons du suffrage universel direct et du référendum d’initiative citoyenne, puisque nous somme dans une réelle démocratie

Un politique m’a répondu un jour "C’est voté. Nous ne savions rien de votre préoccupation. Il aurait fallu vous bouger avant !". Je vois en tout cas LGS comme un lieu fertile au débat, sans autre prétention. Je trouve d’ailleurs votre contribution utile, sinon je ne vous répondrais pas.

Sincèrement, quel citoyen comprend l’impact sur un budget national d’une hausse brutale de taux d’intérêt - de 3 à 15 % par exemple ? Une dette publique - toutes dépenses constantes - peut être multipliée par deux en quelques années.

Globalement, ne perdons pas le contexte de vue, pour les finances publiques comme pour l’économie, la menace - grave et omniprésente - reste le gonflement gigantesque de la masse monétaire dollar et les violentes pressions aux placements qu’elle entraîne.

16/12/2011 02:25 par Bonjour

15/12/2011 à 15:53, par gérard

Des économies très nettement différentes avec une même monnaie c’est une hérésie absolue

Pourquoi ? Voyez les Etats-Unis, les différences entre La Californie, l’Oregon, etc... Pareil en France : prenez les salaires et le coûts de la vie en Ile de France et dans les Ardennes.

Le problème survient quand on laisse s’installer des conditions financières différentes pour les coûts d’investissement - comme le faisait remarquer C. Gave. Cette négligence peut être réparée facilement auprès des institutions bancaires.

Autre désavantage, il est plus facile de mener des attaques spéculatives sur une monnaie isolée que sur une grande monnaie.

Faire jouer l’inflation grâce à un retour au Franc ? Et des frictions avec les partenaires qui rétorqueront ? Sans compter une baisse du pouvoir d’achat.

Je crois qu’il faut peser le pour et le contre.

En tout cas, je vous remercie de m’avoir communiqué J. Généreux - même si la vidéo est longue.
Je trouve son programme cohérent.

Salutations

16/12/2011 15:41 par gérard

@ 16/12/2011 à 02:25, par Bonjour,

Les États Unis ne sont absolument pas comparables à l’Union Européenne. Il y a une cohésion politique, une seule langue même si l’Espagnol prend de plus en plus d’ampleur, un seul et même gouvernement central, une Banque Centrale commune la F.E.D., qui a des pouvoirs de création monétaire bien supérieure que ceux de la B.C.E., et je ne pense pas, mais je peux me tromper, qu’il y ait autant de différences économique entre les États qu’en Europe.
Pour comprendre ce qui se passe il n’y a qu’à se référer à ce qui s’est passé avec l’Immobilier aux USA et les subprimes. C’est exactement la même chose qui est appliqué aux États dans la parfaite logique implacable du Système !
Comme l’endettement des pays du sud de l’Europe devient presque impossible à rembourser, et si, comme il a été fait pour ces crédits immobiliers, les taux d’intérêt augmentent, la solution est toute trouvée : il n’y en a pas !

Depuis assez longtemps je pense sérieusement à "la stratégie du choc" de Naomi Klein, je n’arrive plus à concevoir d’autres explications logiques :
http://www.youtube.com/watch?v=MKeiChMRWTU

La position de l’Allemagne sur la B.C.E. de toute façon tranche tout : elle rend le remboursement des Dettes avec de faibles taux d’intérêt im-pos-si-ble,... comme pour les prêts immobiliers !
C’est curieux non ?
...La réponse est dans cette question : quel est l’intérêt d’un Prêteur de faire tout pour ne pas être remboursé ?

Dans le cas des prêts immobiliers, je veux bien admettre à la rigueur que ce fut une inconscience du Système, mais pas dans ce cas là , ou bien alors c’est que le Système est devenu totalement incontrôlable, et qu’il est entrain de s’effondrer...en nous entraînant avec !
C’est peut-être l’explication (on est alors très mal), ou serait-ce plutôt la "Stratégie du CHOC" (on est très mal aussi !)....mais question : tout ça pour aboutir à quoi ?
Pas de réponses tranchées, quelqu’un en a ?

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