La mutation du système d’intervention militaires des Etats-Unis.

L’illusion de la maïtrise impériale du chaos* (2ème et dernière partie) (Rebelion)

Dépenses militaires

les dépenses militaires des Etats-Unis semblent sous-estimées par les statistiques officielles. En 2012 les dépenses du Département de la Défense atteignaient 700 000 millions de dollars. Si nous y ajoutons les dépenses qui apparaissent intégrées (diluées) à d’autres lignes budgetaires (Département d’Etat, USAID, Département de l’ !Energie, CIA et autres agences de sécurité, paiement d’intérêts, etc...) ce chiffre atteint les 1,3 billions (millions de millions) de dollars (18). Ce chiffre équivaut à quasiment 9 % du PIB, à 50% des revenus fiscaux prévus, à 100 % du déficit fiscal.

Ces dépenses militaires réelles représentent quasiment 60 % des dépenses militaires mondiales. Si nous y ajoutons les dépenses militaires des pays alliés de l’OTAN et de quelques pays vassaux hors-OTAN comme l’Arabie Saoudite, Israël, ou l’Australie, on arrive à un minimum de 75% .(19)

A partir du grand essor du début, lors de la Deuxième Guerre Mondiale, et de l’accalmie de l’immédiat après-guerre, les dépenses militaires américaines réelles ont oscillé autour d’une tendance ascendante en traversant quatre grandes vagues bellicistes : la guerre de Corée au début des années 50, la guerre du Vietnam des années 60 à la moitié des années 70, la "guerre des étoiles" de l’époque Reagan dans les années 80 et les "guerres humanitaires" et "guerres contre le terrorisme" d’après la Guerre Froide.

Le keynesianisme militaire appartient au passé mais l’idée que guerre extérieure et prospérité intérieure sont liées continue à dominer l’imaginaire de vastes secteurs aux Etats-Unis. Ce sont des reliquats idéologiques sans fondements réels dans le présent mais bien utiles pour donner une légitimité à des aventures guerrières.

Néstor Kirchner, ancien président de l’Argentine, a révélé lors d’une entrevue avec Oliver Stone pour son documentaire “South of the Border” que l’ex-président des Etats-Unis George W. Bush était persuadé que la guerre était la façon de faire croître l’économie des Etats-Unis. La rencontre entre les deux présidents se produisit lors d’un sommet à Monterrey, au Mexique ; en janvier 2004, et la version de président Argentin est celle-ci : "J’ai dit que la solution aux problèmes du moment, je l’ai dit à Bush, c’est un Plan Marshall. Et il s’est mis en colère. Il a dit que le Plan Marshall est une idée déraisonnable des Démocrates et que la meilleurs façon de revitaliser l’économie, c’est la guerre. Et que les Etats-Unis sont devenus plus forts avec la guerre." (20).

Récemment, Peter Schiff, président de la société de conseils financiers "Euro Pacific Capital” a écrit un texte délirant, amplement diffusé par les publications spécialisées, et dont le titre dit tout : "Pourquoi pas une autre guerre mondiale ?" (21). Il commence son article en signalant que les économistes sont tous d’accord sur le fait que la Deuxième Guerre Mondiale a permis aux Etats-Unis de surmonter la Grande Dépression et que si les guerres d’Irak et d’Afghanistan ne parviennent pas à ranimer de manière durable l’économie américaine c’est du à ce que ("les conflits en question sont trop petits pour être économiquement importants".

Si nous nous centrons sur l’analyse de la relation entre dépenses militaires, PIB et emploi, nous constatons que :

- les dépenses militaires sont passée de 2 800 000 000 de dollars en 1940 à 91 000 000 000 en 1944
- cela a fait grimper le PIB de 101 000 000 000 de dollars en 1940 à 214 000 000 000 en 1944 (le PIB a doublé en seulement 4 ans)
- le taux de chômage avait à peine baissé de 9 % à 8 % entre 1939 et 1940, alors qu’en 1944 il avait chuté à 0,7 %

Le premier bond important dans les dépenses militaires s’est produit entre 1940 et 1941 quand celles-ci passèrent de 2 800 000 000 de dollars à 12 700 000 000, ce qui équivalait à 10 % du PIB (22), proportion assez semblable à celle de 2012 (1,3 billions de dollars, soit approximativement 9 % du PIB).

Cela veut dire que les dépenses militaires de 1944 étaient 7 fois plus élevées que celles de 1941. Si on transcrit ce bond en chiffres actuels, cela signifie que les dépenses militaires réelles des Etats-Unis devraient atteindre en 2015 quelques 9 billions de dollars, l’équivalent par exemple de 7 fois le déficit fiscal de 2012.

Une succession de bonds dans la dépense publique entre 2012 et 2015 serait cause d’une accumulation gigantesque de déficits que ni les épargnants américains ni le reste du monde ne seraient à même de couvrir en achetant des titres à un empire devenu fou.

Schift rappelle dans son texte que les épargnants Américains ont acheté pendant la Deuxième Guerre Mondiale 186 000 000 000 de dollars en bons du trésor, ce qui constitue l’équivalent de 75 % de la totalité des dépenses du gouvernement fédéral entre 1941 et 1045, concluant qu’une telle "prouesse" est impossible aujourd’hui.
C’est simplement, nous explique Schift en poussant à l’extrême son raisonnement sinistre, qu’il n’y a pas où obtenir l’argent qu’il faudrait pour mettre en œuvre une stratégie militaire-réanimatrice analogue à celle de 40 - 45.

En réalité, cette impossibilité est bien la plus forte. L’économie des Etats-Unis de 1940 était dominée par la production, principalement industrielle, alors qu’actuellement la consumérisme, toute une série de services parasites (à commencer par les "bouquets" financiers), la décadence généralisée de la culture de la production, etc...nous indiquent que même si on appliquait une injection de fonds publics équivalente à celle de 40 - 45, on ne pourrait pas atteindre une réanimation de cette envergure. Le parasite est trop gros, sa vieillesse est très avancée, et aucune médecine keynesienne ne peut le soigner ou faire au moins qu’il soit capable de recouvrer une partie importante de sa force juvénile.

L’illusion de la maîtrise impériale du chaos

On peut établir une convergence entre l’hypothèse de l’ "économie de guerre permanente" et celle du "keynesianisme militaire", cette dernière exprimant la première étape du phénomène (approximativement entre 1940 et 1970). Ce furent les années de la prospérité impériale dont les dernières années déjà mêlées à des symptômes évidents de crise se sont prolongées jusqu’à la fin de la Guerre Froide. A cette période florissante a succédé une seconde, post-keneysienne, caractérisée par la domination financière, la concentration des revenus, la baisse salariale, la marginalisation et la dégradation culturelle en général, période durant laquelle l’appareil militaire a opéré comme un accélérateur de la décadence, provoquant déficits fiscaux et endettement public.

Le choix de la privatisation de la guerre est apparu comme une réponse "efficace" à la baisse de l’esprit combatif de la population (difficultés croissantes dans le recrutement obligatoire de citoyens à partir de la défaite du Vietnam). Cependant le remplacement de citoyens-soldats par des soldats-mercenaires, ou bien la présence prédominante de ceux-ci finit tôt ou tard par provoquer de sérieux dommages dans le fonctionnement des structures militaires : ce n’est pas la même chose que de gérer des citoyens normaux et une troupe de délinquants.

Quand les basses classes, les bandits, prédominent dans une armée, celle-ci devient une armée de bandits, et une armée de bandits n’est pas une armée. Le potentiel de division des mercenaires est à long terme quasiment impossible à contrôler et leur peu d’ardeur au combat ne peuvent être compensées que très partiellement par des déploiements technologiques extrêmement coûteux et aux résultats incertains.

La conformation de forces clandestines d’élite et non-mercenaires , appuyées sur un appareil technologique sophistiqué, capables de porter ponctuellement des coups dévastateurs à l’ennemi, comme c’est le cas du Joint Special Operations Command (JSOC), sont de bons outils terroristes mais ne remplacent les fonctions d’une armée d’occupation et à moyen terme (souvent à court terme), elles finissent par renforcer l’esprit de résistance de l’ennemi.

On pourrait résumer de manière caricaturale la nouvelle stratégie militaire de l’Empire en s’appuyant sur diverses formes de "guerre informelle" utilisant ensemble des mercenaires (beaucoup de mercenaires) et des escadrons de la mort (type JSOC ), des bombardements massifs, des drones, le contrôle des médias, des assassinats de dirigeants technologiquement sophistiqués. La guerre devient celle d’une élite, se transforme en un ensemble d’opérations mafieuses, s’éloigne physiquement de la population américaine et ceux qui la mènent commencent à la considérer comme un jeu virtuel dirigé par des gangsters.

Par ailleurs, l’utilisation majoritaire de structures à la fois mercenaires et clandestines pour les interventions extérieures a des effets contre-productifs pour le système institutionnel de l’Empire, aussi bien du point de vue du contrôle des opérations que du point de vue des changements (et de la dégradation) dans les relations de pouvoir internes. Le comportement de gangster, la mentalité mafieuse, finissent par s’emparer.des hauts commandements civils et militaires et se traduit au début par des actions vers l’extérieur, les autres pays, puis (rapidement) par des règlements de comptes, par des conduites habituelles à l’intérieur du système de pouvoir.

Le but objectif (au delà des discours et prises de position officielles) de la "nouvelle stratégie" n’est pas l’établissement de solides régimes vassaux , ni l’installation d’occupations militaires durables qui contrôleraient les territoires de manière directe mais c’est bien de déstabiliser, de briser les structures de la société, les identités culturelles, de diminuer ou éliminer les dirigeants. Les expérience de l’Irak et de l’Afghanistan (et du Mexique) et, plus récemment, celles de la Libye et de la Syrie confirment cette hypothèse.

Il s’agit de la stratégie du chaos périphérique, de la transformation des pays et des régions les plus vastes en aires désorganisées, balkanisées, dotées d’états-fantômes, de classes sociales (hautes, moyennes et basses) dégradées en profondeur, incapables de se défendre, de résister, face aux pouvoirs politique et économique d’un Occident qui peut ainsi s’emparer impunément de leur ressources naturelles, de leurs marchés et de leurs ressources humaines (de ce qui en reste).

Cet impérialisme fanatique du XXI° siècle correspond à des tendances à la désintégration dans les sociétés capitalistes dominantes, en premier lieu celle des Etats-Unis. Ces économies ont perdu leur potentiel de croissance vers 2012 après 5 années de crise financière. Elles oscillent entre la croissance anémique (Etats-Unis), la stagnation tournée vers la récession (Union Européenne) et la contraction de la production (Japon).

Les états, les entreprises, et les consommateurs, sont écrasés par les dettes. La somme des dettes publiques et privées représente plus de 500 % du PIB au Japon et en Angleterre et plus de 300 % en Allemagne, en France et aux Etats-Unis dont le gouvernement fédéral était en 2011 au bord du défaut [de paiement]. pour comble de dettes et de systèmes productifs financés, il existe une masse financière mondiale équivalant à une vingtaine de fois le Produit Brut Mondial. Ce moteur dynamisant, cette drogue indispensable au système, a cessé de croître il y a approximativement 5 ans et les gouvernements des principales puissances tentent d’empêcher sa récession.

Alors se présente l’illusion d’une sorte de maîtrise stratégique depuis les hauteurs, depuis les sommets de l’Occident, sur les basses-terres, sur la périphérie, où pullulent des milliers de millions d’êtres humains dont les identités culturelles et les institutions sont vues comme des obstacles à la rapine. Les élites de l’Occident, tout l’empire dirigé par les Etats-Unis, sont chaque jour davantage persuadés que la rapine en question aura une vieillesse prolongée et éloignera le fantasme de la mort.

Le chaos périphérique apparaît à la fois comme le résultat concret d’interventions militaires et financières (produit de la reproduction décadente des sociétés) et comme le fondement de féroces pillages. Le géant impérial cherche à profiter du chaos pour finir par introduire ce chaos dans ses propres rangs ; la destruction souhaitée du monde extérieur n’est pas autre chose que l’auto-destruction du capitalisme comme système mondial, sa perte rapide de rationalité. Le fantasme autour de la maîtrise impérialiste du chaos dans le monde extérieur représente une profonde crise de perception, la croyance que les désirs du puissants deviennent facilement des réalités. L’imaginaire et le réel se confondent en formant un énorme bourbier psychologique.

En réalité, les formes opératives de la "stratégie" de la maîtrise impériale du chaos la transforment en un enchevêtrement de tactiques qui essaient de donner une forme à une masse de plus en plus incohérente, prisonnière du court-terme. Ce qui avait la prétention de devenir la nouvelle doctrine militaire, la pensée stratégique innovante qui répondait à la réalité du monde actuel en facilitant sa domination par le capitalisme n’est pas autre chose qu’une illusion désespérée engendrée par le mouvement de la décadence.

Derrière l’apparence d’ "offensive stratégique" font irruption les gestes de la main défensifs, historiquement, d’un système dont la direction impériale est en train de perdre la capacité d’appréhender la totalité du réel. La raison d’état est en train de devenir un délire criminel extrêmement dangereux compte tenu du gigantisme des Etats-Unis et de ses alliés Européens.

Jorge Beinstein

(*), Cette conférence a été donnée au Seminario Nuestra América y Estados Unidos - Défis du XXI° Siècle - à la faculté des Sciences Economiques d’Equateur, à Quito les 30 et 3I janvier 2013.

Source : La ilusión del metacontrol imperial del caos

Traduction : A. M. 

Notes :

(17), Paul Kennedy, Auge y caída de las grandes potencias, Plaza & James, Barcelona, 1989.

(18), Chris Hellman, $ 1,2 Trillon : The Real U.S. National Security Budget No One Wants You to Know About, Alert Net, March 1, 2011.

(19), Fuentes : SIPRI, Banco Mundial y cálculos propios.

(20), El video de la entrevista Kirchner-Stone publicado por Informed Comment/Juan Cole está localizado en : -angrily-said-war-would-grow-us-economy.html&ei=BYYCUYCnC4P88QSX3oGACA

(21), Peter D. Schiff, Why Not Another World War ?, Financial Sense, 19 Jul 2010.

(22), Vance T. N, 1950, artículo citado en (14).

(23), Dilip Hiro, The Cost of an Afghan ’Victory’, The Nation, 1999 February 15.

(24), Una delegación de la oposición siria viajó a Kosovo, en abril de 2012, para la firma oficial de un acuerdo de intercambio de experiencias en materia de guerrilla antigubernamental. Red Voltaire, Protesta Rusia contra entrenamiento de provocadores sirios en Kosovo, 6 de Junio de 2012.

(25), William S. Lind, Colonel Keith Nightengale (USA), Captain John F. Schmitt (USMC), Colonel Joseph W. Sutton (USA), and Lieutenant Colonel Gary I. Wilson (USMCR), The Changing Face of War : Into the Fourth Generation, Marine Corps Gazette, October 1989.

(26), David Isenberg, Contractors and the US Military Empire, Rise of the Right, Aug 14th, 2012.

(27), David Isenberg, Contractors in War Zones : Not Exactly Contracting, TIME U. S., Oct. 09, 2012.
(28), Dana Priest and William M. Arkin, Top Secret America. A hidden world, growing beyond control, Washington
Post, July 19, 2010.

(29), Dana Priest and William M. Arkin, Top Secret America, A look at the military’s Joint Special Operations
Command, The Washington Post, September 2, 2011.

(30), Andrew Bacevich, Uncle Sam, Global Gangster, TomDispatch.com, February 19, 2012.

(31), Narciso. Isa Conde, Estados neoliberales y delincuentes, Aporrea, 20/01/2008, http://www.aporrea.org/tiburon/a49620.html.
Karen DeYoung and Karin Brulliard, As U.S.-Pakistani relations sink, nations try to figure out a new normal, The Washington Post /National Security, January 16, 2012.

 http://www.rebelion.org/noticia.php?id=165092

COMMENTAIRES  

02/06/2013 12:11 par Dwaabala

déstabiliser, de briser les structures de la société, les identités culturelles, de diminuer ou éliminer les dirigeants. Et ce qui suit, c’est évident.
un délire criminel extrêmement dangereux compte tenu du gigantisme des Etats-Unis et de ses alliés Européens. Oui, trois fois oui.
Quel rapport existe-t-il entre cette analyse du chaos et celle que fournit la CIA, qui s’efforce de présenter l’avenir comme un ordre dans lequel l’impérialisme US et alliés serait réduit à jouer le rôle des seconds violons ?

03/06/2013 17:55 par Dominique

Pour comprendre le monde d’aujourd’hui, il faut en revenir aux fondamentaux. Et la CIA n’est qu’un des rouages de la domination occidentale. L’occident domine le monde à coup de trique et de fusil depuis des siècles, et ce qui rend cette domination possible est la vision ethnocentrique et raciste du monde de l’occident. Cette vision du monde est la base morale de ce que les anthropologues appellent une ontologie, et que Plekhanov dans "La conception matérialiste de l’histoire" appelle la cause de tous les autres rapports humains.

L’ontologie occidentale contemporaine repose sur le dogme biblique de l’immuable conflit du bien et du mal. Ce dogme superstitieux est la base de notre vision du monde, et même quelqu’un comme Plekhanov n’est pas arrivé à lui échapper :

« Marx va plus loin. Il demande quelles sont les causes déterminan­tes de la société civile, et il répond que c’est dans l’économie politique qu’il faut chercher l’anatomie de la société civile. Ainsi c’est l’état économique d’un peuple qui détermine son état social, et l’état social d’un peuple détermine à son tour son état po­litique, religieux et ainsi de suite. Mais, demanderez-vous, l’état économique n’est pas sans cause non plus ? Sans doute, comme toutes choses ici-bas, il a sa cause à lui, et cette cause, cause fondamentale de toute l’évolution sociale et partant de tout mouve­ment historique, c’est la lutte que l’homme mène avec la nature pour son existence. »

Plekhanov a raison de dire que le rapport de l’homme avec la nature est la cause fondamentale de toute l’évolution sociale et partant de tout mouve­ment historique. Mais en affirmant que cette cause est une lutte, il se place dans la même perspective que la bible qui considère que ce rapport est un conflit, ou que les capitalistes qui considèrent que c’est une exploitation.

Et c’est une perspective néfaste car la première conséquence pratique de tels dogmes religieux est de permettre une hiérarchie entre les dieux (le bien), les hommes et la nature (le mal), et ainsi de séparer l’homme de son environnement. cette hiérarchie rend à son tour possible de créer une deuxième hiérarchie entre les hommes, certains se retrouvent plus près des dieux, ou plus riche, ou plus égaux que les autres.

Pour en finir avec Plekhanov, je ne m’étonne pas que ceux qui font référence à cette citation ci-dessus sont souvent ceux qui prônent une vision néo-conservatrice de l’internationalisme qui assimile la lutte de libération du peuple palestinien désarmé avec le mouvement colonial juif, son État de l’apartheid et sa quatrième armée du monde. Ces groupuscules minoritaires ne font ainsi, même s’ils s’en défendent, que prétendre que la lutte contre les états propre à l’internationalisme doit rimer avec une autre lutte, celle-ci contre les peuples. Leur programme réel est donc le même que celui des néocons de la droite : mener une lutte à mort contre tous les peuples du monde.

De plus, les anthropologues ont prouvé qu’il y a autant de formes de rapport de l’homme avec la nature que de formes de société, et qu’il est impossible de sa placer du point de vue d’une ontologie (vision du monde au sens large qui inclut le mode de vie) pour en décrire une autre. Là aussi Plekhanov à tord. En se situant dans la même vison du monde que les bourgeois, il se place dans un cadre ethnocentrique qui ne peut expliquer que le monde bourgeois et il ampute le marxisme de ce qui fait sa raison d’être : un instrument pour changer le monde en profondeur.

Le problème aujourd’hui, comme hier, si nous voulons changer le monde n’est pas de provoquer un simple changement d’ordre économique, mais de provoquer un changement ontologique. Nous devons changer le fondamental, cette cause de toutes les causes que Plekhanov identifie bien, mais dont il fait un dogme biblique.

Et de toutes les options possibles, je n’en voit qu’une qui soit porteuse d’avenir, c’est que l’être humain doit accepter sa putain de place dans la création, la Terre est notre seule source de vie, et en tant que telle notre devoir est de la respecter. Toute autre attitude relève du suicide, et ce n’est pas ce qui se passe aujourd’hui avec la pollution généralisée engendrée par notre mode de vie qui me donnera tord, bien au contraire.

En d’autre termes, nous devons remplacer le conflit, la lutte et l’exploitation propre à la représentation occidentale du monde par leur antidote, le respect. De la même façon, les ontologies du reste du monde (basées sur le dogme confucéen de la complémentarité du yin et du yang, complémentarité qui autorise la même hiérarchie superstitieuse entre les dieux, les hommes et la nature) par son antidote, le respect. Il y a encore d’autres ontologies, mais elles ne sont pas en état de dominer quoi que ce soit. De plus nous vivons en occident et sommes donc mieux placer pour changer la nôtre que celle des autres.

Le respect n’a jamais empêché de lutter. Bien au contraire il permet aussi bien de donner un but à la lutte qui soit autre chose que la lutte pour la lutte, que de favoriser la solidarité nécessaire à une lutte victorieuse.

04/06/2013 01:11 par Julien

Traitement de l’information concernant Jorge Beinstein en général et cet article en particulier.

En français : on trouve des articles publiée par le média Le Monde Diplomatique, journal pas seulement vrtuel mais aussi vendu en kiosque et en papier. On en trouve aussi en français sur divers sites purement virtuels, donc auxquels n’ont accès que ceux qui possèdent ordinateur et connexion.
Par ailleurs, un livre de Jorge Beinstein est bien présent sur Amazon.fr, mais... en espagnol ! (La Larga Crisis de la Economia Global)

En Anglais : RIEN, mais alors là rien du tout en langue anglaise sur Jorge Beinstein dans les pays les plus grands dont cette langue est la langue officielle, Etats-Unis compris. Même pas de traductions d’articles, et encore moins de livres - du moins référencés par Google. Pas d’article sur Wikipedia en anglais non plus.
Et on voudrait que dans les études universitaires, fussent-elles d’économie, les cours soient donnés en anglais ? Soyons sérieux ! (Même si Beinstien, qui a obtenu son doctorat d’économie à Besançon - Doubs - France - avait eu des cours ânonnés en anglais... était tout de même devenu Beinstein - hors de France).

En espagnol : le titre espagnol rien que de cet article (La ilusión del metacontrol imperial del caos) remplit plusieurs pages de Google...

Le long article de ce professeur d’économie en Argentine et à Cuba, qui a donné cette conférence en Equateur, a fait l’objet d’une présentation publique à Caracas, au Vénézuéla Il est dit dans cette présentation que Beinstein y donne des exemple d’un changement dans la forme que prennent les interventions militaires des Etats-Unis. Beinstein soutient que la politique US n’est pas seulement basée sur la destruction militaire de l’ennemi mais aussi sur celles des cultures que les USA considèrent comme ennemies, en utilisant trois armes :

1) La guerre culturelle, communicationnelle ou cyberguerre.
2) L’utilisation d’armées informelles composées majoritairement de mercenaires
3) L’occupation partielle des armées traditionnelles.

On dirait bien que la différence de traitement dans ces 3 langues est une illustration du point 1) !

Cependant, il ne manque pas aux Etats-Unis, parmi les 90 % les moins riches qui se partageaient 50 % des revenus depuis 2007 - et ça ne s’est pas arrangé depuis - de gens qui voient d’un mauvais oeil diminuer encore leur part et qui réfléchissent à la nécessité de surarmer leur pays à leurs dépends.

Où sont ces Américains pauvres et exploités ? Quand même pas tous en prison ? Ou à la "soupe populaire" ? Ou vivant dans des tunnels ? Ou épuisés par deux "jobs" (comme ils disent) à temps plein, pour pouvoir faire vivre misérablement leurs enfants ? Ou malades à mourir et non soignés ? Ou impitoyablement censurés dans le pays qui donne aux autres des leçons de "libre expression" ? Survivent-ils (ceux qui le peuvent) en attendant patiemment 2030, c’est à dire le monde édulcoré auquel veut leur faire croire la CIA par voie médiatique ? Croient-ils vraiment que la CIA publie "urbi et orbi" le résultat des élucubrations d’ "experts indépendants" que leur président "trouve sur son bureau" ? (Merci à Ignacio Ramonet de nous l’avoir fait connaître) Ont-ils peur des drones tueurs d’Obama ? Ou bien sont-ils tous des adeptes planants du Cannabis OGM cultivé dans les champs US à défaut de nourriture ? A moins qu’ils ne soient prostrés, car victimes non soignées de traumatismes "durables" de guerre - pour ceux qui en sont revenus - ou autres (voir un parent tué sous ses yeux, par exemple) ?.

Parce que, malgré une "éducation pour tous" qui laisse beaucoup à désirer, ces 90 % d’Américains ne sont pas tous incultes et abrutis. Ils sont même d’autant plus courageux qu’ils bénéficient d’une solidarité ... modérée. Exemples parmi d’autres : "Occupy Wall Street" et les manifestations en faveur de Bradley Manning...

Des lors, parlons-leur en anglais !
On peut en effet parler de tout et dans toutes les langues, mais pas avec n’importe qui et, surtout, sur ordre. Car ce n’est plus en allemand, comme au temps des camps des nazis, que l’envahisseur donne les ordres maintenant.

04/06/2013 08:11 par rouge de honte

L’espagnol est bientôt la première langue des US non ?

05/06/2013 21:38 par Transes

@ Rouge de Honte :
Non, l’espagnol ne sera pas la langue la plus parlée aux US. Avant très, très, longtemps, si c’est un jour. Cela fait partie des mythes. Les chiffres sont là. D’ailleurs, faut-il remplacer une langue impérialiste par une autre ?
D’abord, même si le nombre d’hispaniques-latinos est en nette augmentation, dépassant la communauté noire, ils ne représentent que 15% de la population totale, et parmi ceux-là, 40% sont immigrés.
Si plus de 2/3 d’entre eux parlent espagnol, 90% parlent anglais. Et 22% ne parlent qu’anglais.
Ceux qui sont monolingues espagnol sont majoritairement des immigrés récents.
Les "Blancs non hispaniques", assimilés, et dont la langue est l’anglais (même si certains parlent une autre langue, plus ou moins académique, par ailleurs) représentent encore 72% de la population.
Et parmi eux, se trouvent les dominants et la majorité des classes dirigeantes.
Or, même si l’anglais n’est pas langue officielle, ils l’ont imposé aux diverses vagues d’immigration qui ont constitué le pays (vous savez, l’"Amérique", le drapeau, l’hymne, la Statue de la Liberté, et tout le folklore qui les "rassemble").

Le sait-on ? Ce sont les US-américains qui ont au moins un ancêtre allemand qui constituent le plus grand groupe ethnique aux US. Pour autant, ils n’ont pas imposé leur langue et ont même anglicisé leurs patronymes pour s’assimiler davantage.

Quant aux Noirs descendants d’esclaves, qui représentant env. 13% de la population, leur première et, souvent, unique langue est l’anglais. Comme les descendants du Royaume-Uni. Mais pour d’autres raisons.

Les latinos troisième génération et plus parlent, eux, surtout l’anglais, et, parfois, dans les endroits où il y a une forte communauté hispanophone, le "spanglish", un espagnol … influencé par l’anglais.

Comme on peut le constater en France chez les enfants d’immigrés, la langue familiale d’origine se perd souvent après la deuxième génération, et il ne reste que des expressions ou une sorte de vernaculaire employé par un groupe restreint.

@julien
Qu’est-ce que vous voulez nous expliquer exactement ?
Vous nous dites que Jorge Beinstein est à peine traduit en français et pas du tout en anglais. Bon, et alors ? Apparemment, il y a des tas de textes qui ne sont pas traduits de l’anglais, puisque vous avez l’air d’ignorer qu’il y a de très bons articles critiques sur la politique des US, sur l’économie néolibérale ou la géopolitique.
D’ailleurs, les chiffres que donne Beinstein proviennent sans doute de là.
Les US-américains ne se tournent pas les pouces pendant que nous, nous dénonçons ce qui se passe dans leur pays.

Apparemment, cet auteur a une très bonne audience dans les pays hispanophones.
C’est déjà énorme, l’espagnol étant la langue la plus parlée au monde par des locuteurs natifs (400 millions, tout de même) après le … mandarin.
Je doute que les écrits de Lordon, par ex, dépassent les frontières de l’Hexagone. Ou si peu.

Ensuite, vous avez l’air de dire : mais que font les USaméricains, ils ne sont tout de même pas tous accablés par tout ce qui leur tombe sur la tête ?
Eh bien, si, ils sont accablés. Mais cela n’empêche pas les penseurs de penser et de dénoncer, et la population d’agir comme elle peut.
Et ils bougent un peu plus que les Français, même si c’est plutôt localisé, à cause des distances, et ils prennent des initiatives.

Vous parlez d’OWS, il y a eu des Occupy un peu partout aux US. Le problème, c’est qu’il manque une coordination et une mise en perspective des revendications.
Mais n’en sommes-nous pas tous là ?

Pour autant, le mouvement Occupy de New York n’a pas baissé les bras, et s’est illustré lors du passage de l’ouragan Sandy.
Alors, non, ce n’est pas la "révolution" telle que nous l’imaginons en France, mais ça existe.
Mais peut-être, pour que nous sachions ce qu’ils font, faudrait-il qu’ils nous le disent en français ?

Vous n’êtes pas sans savoir, d’autre part, que ce n’est pas ce genre de nouvelles qui nous parviennent, pas plus que les nobles écrits en langue étrangère que personne ne songe à traduire.
Et à ce propos, je voudrais signaler que sur ce site, vous retrouverez bien des textes traduits, souvent de l’anglais ou de l’espagnol. La grande majorité l’ont été par des traducteurs bénévoles.
Allez donc rejoindre leurs rangs pour nous informer, vous aussi, au lieu de vous lamenter que les auteurs ne sont pas traduits.
Ce sera un bon début.

PS : le peuple US-américain n’est pas responsable de la connerie de nos dirigeants veules et serviles, ni de celle de leurs dirigeants à eux. Ce sont des victimes de l’oligarchie institutionnelle et de sa propagande. Comme nous.
Ne vous trompez pas de cible. Vous vous trompez largement de combat.

06/06/2013 01:46 par Julien

@ Transes :

Je ne suis pas sûr que vous m’ayez bien lu ... Ou bien, malgré tous mes efforts, je me suis trop maladroitement exprimé. En conséquence, vous voudrez bien être indulgent envers le pauvre vermisseau qui rampe devant la lumière de celui qui sait sans doute ce qu’est un vrai combat, puisque vous estimez : "Vous vous trompez largement de combat." !

(On pourrait penser qu’un telle phrase cherche à éliminer des combattants, qui, " rouges de honte", partiraient se cacher en vitesse. Mais ce n’est certainement pas le but poursuivi.)

Soyons donc plus clair, si possible.

Lorsque j’avais écrit "lls sont même d’autant plus courageux qu’ils bénéficient d’une solidarité ... modérée. Exemples parmi d’autres : "Occupy Wall Street" et les manifestations en faveur de Bradley Manning..." ce n’était pas de solidarité américaine dont il était question, mais de solidarité française.

et :

Lorsque j’ai rappelé que la présentation de Beinstein (qui ne fait,pas pour certains partie des "des tas de textes" ou des "très bons articles critiques sur la politique des US") au Vénézuéla comportait ce résumé :

Beinstein soutient que la politique US n’est pas seulement basée sur la destruction militaire de l’ennemi mais aussi sur celles des cultures que les USA considèrent comme ennemies, en utilisant trois armes :

1) La guerre culturelle, communicationnelle ou cyberguerre.
2) L’utilisation d’armées informelles composées majoritairement de mercenaires
3) L’occupation partielle des armées traditionnelles.

Le point 1), donc, c’est la guerre culturelle, communicationnelle ou cyberguerre.
La guerre culturelle, communicationnelle ou cyberguerre, c’est le fait que Beinstein n’existe pas, sur internet, en langue anglaise, soit dans la langue parlée par les habitants du pays dont il démonte les mensonges. Au cas où, peut-être, il y trouverait des lecteurs qui ne sont pas responsables de ce que fait leur gouvernement ? Au cas où, peut-être, il se créerait une fraternité entre les anglophones souvent censurés, ou bien tués aveuglément ; et les hispanophones plus libres, du moins dans les pays qui résistent aux coups d’état US ? . Ceci alors que Beinstien existe abondamment en espagnol, langue parlée par une grande partie de l’Amérique Latine, de l’Amérique Centrale et même du Nord avec le Mexique, où se trouvent des pays qui ne croient pas aux bobards que lui sert l’empire (US et pays vassaux) Les bobards véhiculés par les médias et autres, destinés à persuader l’opinion de le ce que les US appellent l’Occident, ou Communauté Internationale, du bien-fondé de la guerre destructrice que les USA et leurs vassaux entendent livrer au monde entier sont connus, mais pas de la majorité des Français.

Ce n’est que ce que, dans ce commentaire, je voulais "expliquer exactement".

Par ailleurs, "les nobles écrits en langue étrangère que personne ne songe à traduire" ...On est bien d’accord c’est un peu vague, mais si quelqu’un y songe... peut-être LGS les donnera-t-il à lire, qui sait ?.

06/06/2013 08:51 par rouge de honte

@ transe

J’apprécie beaucoup vos commentaires.
Bien que vous me sembliez parfois un peu suspicieux.
J’ai vu les chiffres et 13 % c’est beaucoup surtout si l’on considère que ce % est disséminé sur presque l’entier du territoire. D’ailleurs tous les derniers présidents se sont adressés aux latinos en espagnol. Ce sont des voix qui comptes dans le processus électoral.
Vous avez raison : demain l’espagnol ne sera pas majoritaire aux USA.
Sur le débat des idiomes, vous pourrez venir discourir avec n’importe lequelle de ceux-ci, connus ou inconnus, pour me parler d’imperialisme, je n’y comprendrai rien.
Il n’y a qu’un langage que chaque être humain entend : c’est celui du coeur. C’est avec celui-ci que nous sommes tous des empereurs. Le verbe ne sert que l’égo.

06/06/2013 12:23 par Transes

@rouge de honte
Cela fait plusieurs fois que je lis ou j’entends que l’espagnol va remplacer l’anglais aux US. J’ai donc tenu à expliquer qu’en l’état actuel des choses, c’était impossible et même pas prévisible dans un avenir lointain. C’est tombé sur vous :-(
Et j’ai peut-être un peu extrapolé sur ce que vous avez dit, parce que c’est, en général, ce que cette phrase signifie. Donc, je répondais plus globalement, en fait, sur les accusations d’hégémonie de l’anglais. Ce que je n’ai pas expliqué et que, donc, vous n’étiez pas censé comprendre si vous n’étiez pas un adepte.

"13 % c’est beaucoup surtout si l’on considère que ce % est disséminé sur presque l’entier du territoire". 13% de quoi ? J’ai parlé de 13% de Noirs, en effet. Mais je ne vois pas en quoi c’est "beaucoup". Ils auraient dû "croisser et multiplier", comme les 70% de la souche initiale. Ce qui démontre toute la démarche de l’empire colonial.

D’autre part, n’aimant pas donner des chiffres à la légère, j’ai consulté diverses sources et, bien que, désormais, le compte devienne plus compliqué au fur et à mesure, à cause des métissages ou des déclarations d’appartenance lors des recensements, les chiffres que je donne doivent correspondre grosso modo à cette proportion.
Quant à la répartition sur le territoire, elle se fait par poches, plutôt. Je vous laisse consulter les documents appropriés (en voici un exemple) .

"D’ailleurs tous les derniers présidents se sont adressés aux latinos en espagnol. Ce sont des voix qui comptes dans le processus électoral" :
Tout à fait (sauf que je n’ai pas entendu les présidents parler espagnol, ce que je regrette, cela devait être un grand moment de flagornerie douloureuse pour eux).

Les latinos/hispaniques votent majoritairement démocrate, mais cela se joue serré dans certains états déterminants, comme la célèbre Floride. D’où les appels du pied. Mais, force est de constater qu’entre deux périodes électorales, ils ne s’en préoccupent guère.
Bon j’arrête là. Je vais me faire rappeler à l’ordre :-(
Sinon, étant pour la diversité culturelle la plus large, la préservation des langues, où que ce soit, et le multilinguisme, je suis, donc, contre toute hégémonie et pour une cohabitation heureuse et inclusive.

@julien
En effet : "Soyons donc plus clair, si possible".

"… [Beinstien ] y trouverait des lecteurs qui ne sont pas responsables de ce que fait leur gouvernement … Au cas où, peut-être, il se créerait une fraternité entre les anglophones souvent censurés, ou bien tués aveuglément ; et les hispanophones plus libres, du moins dans les pays qui résistent aux coups d’état US ? …

D’abord, vous semblez prétendre que si Beinstien était publié en anglais, il apporterait enfin la lumière aux US, parce que les "anglophones sont souvent censurés, ou bien tués aveuglément". Ah ?

Je vous ai dit précédemment que ce que dit Beinstein, les étasuniens contestataires le disent abondamment sur le web et sont tout à fait conscients de la situation. Et qu’ils n’attendent donc pas qu’on vienne de l’étranger leur ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans leur pays.
Quant au reste de la population, anesthésiée par la désinformation et la propagande, comme toutes les populations occidentales, elle ne sera pas plus réceptive si la critique vient de l’étranger.

Ensuite, d’où tenez vous que les anglophones sont censurés ? Et comment peut-on censurer certains sur le web et laisser parallèlement la parole libre aux étrangers, sous prétexte qu’ils habitent dans des "pays qui résistent aux coups d’état US".
Quand on voit comment sont considérés ces pays, on ne peut que douter qu’on leur laisserait la bride sur le cou.
Et, si vous pratiquez un peu le web, vous devriez savoir que la censure ne s’opère pas ainsi. Si les anglophones étaient "censurés", il en serait de même pour les textes d’étrangers en anglais qui diraient sensiblement la même chose.
S’ils ont quelque influence, évidemment.

Ce qui se passe, et pour tous, c’est que la parole des opposants, de la presse alternative, est reléguée bien des pages après celles des médias dominants. Il suffit de faire une recherche sur un sujet précis pour s’en rendre compte. Et c’est bien pire en anglais qu’en français, par ex, à cause de la multiplicité des sources.
Et quand ils ont une certaine écoute, comme Chomsky, pour ne citer que lui, et deviennent donc dangereux, ils sont attaqués par des campagnes de propagande et de dénigrement.

Mais ils existent sur le web. Simplement, on trouvera d’abord la propagande. Et c’est valable pour les non-anglophones aussi.

Ensuite, vous estimez ridicule, à juste titre, que les cours universitaires soient donnés en anglais en France, mais vous voulez que les non-anglophones publient en anglais sur le web, c’est-à dire que vous voulez imposer une généralisation totale de l’anglais.
Drôle de façon de combattre l’impérialisme et l’hégémonie culturelle.

Il est vital, pour combattre l’uniformisation culturelle et la mainmise sur l’information, de conserver et de gonfler le web dans les autres langues, pas d’alimenter le web en anglais.
Ce qui automatiquement affaiblirait les autres, qui ne seraient pas lus parce qu’on irait à l’essentiel, pensant, à tort, que c’est là qu’on trouve l’information la meilleure, alors qu’elle serait complètement noyée.

Et ceux qui cherchent l’info la trouveront dans leur langue. Et ceux qui veulent aller plus loin la chercheront dans d’autres langues. Et des courageux traduiront pour les autres.

Ainsi, Beinstein est bien plus utile sur les sites en langue espagnole qu’en anglais. D’ailleurs, les sources où il a puisé ses informations sont essentiellement en anglais, dont des médias comme : The Nation, le Washington Post, TomDispatch.com, etc. Elles ont donc été lues par les anglophones.

D’autre part, vous dites que Beinstein n’existe pas sur le Wikipedia en anglais. Si vraiment il y tient, il peut toujours se faire une fiche personnelle, ou (faire) traduire celle qui existe en espagnol et la publier.

Il y a des gens ni célèbres, ni cultivés, ni intéressants qui sont dans Wikipédia. C’est donc que c’est possible d’y figurer, surtout, espérons-le, si on ne fait pas partie de cette catégorie.

Quant à la "cyberguerre", ce n’est pas vraiment de cela qu’il s’agit, et elle est largement dénoncée également en anglais.

06/06/2013 14:30 par rouge de honte

L’espagnol est la deuxième langue la plus utilisée. Selon le Bureau du recensement des États-Unis (2010) , elle est parlée à la maison par environ 37 millions de personnes, soit 12,8 % de la population. (Wiki)
De la population recensées, c’est à dire plus en réalité.
C’était ça mes 13% de mémoire. Désolé pour la confusion.
Même Busch c’est adressé aux latinos en espagnol, vous devez pouvoir le retrouver. Enfin seulement si vous aimez le cynisme.
pour le reste, je partage vos points de vue.

(Commentaires désactivés)