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Le génie de Mélenchon

Lorsque Mélenchon prend la parole, ce dimanche 24 mars à Bordeaux, prononçant le discours de clôture du troisième congrès du Parti de Gauche, deux évènements récents retiennent l’attention. D’une part, l’affaire de Chypre, ce hold-up de la finance internationale qui joue les Rapetout sans état d’âme, comme si tout s’accélérait, comme s’il fallait vite faire les poches de l’Europe avant que l’Europe ne devienne un champ de guerre civile, tant la conscience d’une dictature habite de plus en plus les esprits et, enfin, l’accusation d’antisémitisme, portée par Harlem Désir à l’encontre de Mélenchon.

Celui-ci aurait en effet déclaré à des journalistes, selon une dépêche AFP, que Moscovici, pour avoir participé au conseil qui mettait Chypre à genoux, ne pensait plus « francais mais finance internationale. » Or qui dit « finance internationale » dit juif. Donc est antisémite. C’est l’équation.

Que s’est-il passé lors de ce congrès du Parti de Gauche ?

Les medias s’en fichent.

Qu’en est-il de l’écosocialisme, seule porte de sortie de notre planète ? Ce sera dans une autre vie. Là , ils veulent la curée, du sang et non pas des réflexions sur l’avenir puisque, pour les medias libéraux, le seul avenir est, sans le dire, de mettre les peuples d’Europe à genoux. Pas très romantique.

En fait, puisque le PS à franchi allègrement le point Godwin, je m’autorise de cet illustre exemple pour dire que la ruse nazie qui consistait à dire aux Juifs qu’on allait leur préparer une vie pépère et sympa, s’ils voulaient bien monter, à coups de crosse, dans les jolis trains affrétés gratuitement, ressemble un peu à ce qui se passe actuellement quand on dit aux peuples qu’ils veuillent bien monter dans les trains de l’austérité, à coups de matraque, pour retrouver le chemin du bonheur. Mais au bout du chemin, suicide-toi toi-même. Nous vivons une époque où les économies de moyens sont devenues la seule morale. Non, il n y a pas de camps de concentration pour nous. Ca coûterait trop cher en énergie et en gardiennage. Un peu de désespoir, un hiver un peu rude et le tour est joué.

Le vendredi, s’adressant en interne aux congressistes, Mélenchon les avait avertis : le PG et lui-même allaient être sous les feux croisés de la presse. Il faudrait faire attention au moindre mot.

C’est dans cet état d’esprit qu’il commence son discours. Face à lui, assis à leur table, tous les militants, quand entre la foule des Bordelais invités, portant des drapeaux, des oeillets à la main, sur l’air de la révolution portugaise contre Salazar.

Les émotions commencent.

Cette foule qui se joint à nous, inattendue à ce moment-là , qui va se presser entre les tables, forçant tout le monde à se lever, cette union de tous, oui, sera un des moments forts de ce congrès avec aussi l’accueil enthousiaste fait aux délégations des trente-cinq pays représentés.

Je veux m’adresser ici à tous les amis qui sont souverainistes et raisonnent en mettant au-dessus de tout la Patrie, la France. C’est une proposition irréfutable car il n’y a pas de création sans particularité de l’Histoire, sans prédominance de la langue qui permet la création et non pas un boulgui-boulga globish. L’Islamisme est peut-être un danger mais que dire de l’américanisation des moeurs, des modes de vie, de l’explosion des distances, de la langue, puisque Fioraso veut autoriser à l’étranger les examens des établissements français en anglais !

L’universalité du FDG est la seconde étape. Indispensable. Il n’y aura pas de renaissance de l’Europe sans l’Europe des peuples. Venez les entendre, venez sentir cette fraternité qui est une force ! Unissons-nous si nous voulons vaincre car tous sont des malheureux comme nous et vous ne savez pas le quart de la moitié de leurs révoltes, de leurs vagues successives lancées à l’assaut de cette Europe qui salit ce nom dont certains veulent se débarrasser. Mais est-ce l’Europe la fautive ? Est-ce l’Europe la maladie ? De la même manière, Mélenchon distinguera clairement entre l’Euro qui est un bien commun et l’Euro-Merkel qui plombe notre commerce et qui n’est valable que pour les retraités allemands.

Mélenchon est favorable à une Europe du Sud. Il aura cette envolée :

« Nous voulons l’Euro des peuples. Nous voulons une harmonisation fiscale et sociale ! Nous sommes l’Europe du sud. La Méditerranée est un espace sensible autour duquel est née la démocratie. Non, nous ne sommes pas le club Med comme cela a été dit d’une manière arrogante, non, nous ne sommes pas les PIGS comme cela a été dit d’une manière offensante, nous sommes les peuples qui ont été les premiers à inventer l’écriture, la science, la démocratie elle-même et à cela nous ne renoncerons jamais ! »

Que Mélenchon soit un orateur exceptionnel, tout le monde le sait mais son génie est l’union de qualités qui sont liées à l’époque tragique que nous vivons, à sa technique, à son charisme, à son lyrisme, à son acuité, à son humour, à son sens de l’histoire, à la richesse intelligente de sa parole et à son humanité sensible.

« Génie » est un mot désuet. A qui l’appliquer aujourd’hui ? Peut-être seriez-vous en peine de le faire. Peut-être parce que le génie est une couronne que seul le temps accorde et qu’il est difficile de décerner dans une immédiateté dans laquelle nous baignons. Peut-être aussi parce que notre modernité n’a pas ça en magasin. Un génie élève. Et on cherche à nous abaisser. Surtout ne pas nous donner de modèles. Travaille, achète, couche-toi, tais-toi et meurs si ça ne te va pas.

Mais avant d’être un génie, le génie de chacun est sa richesse propre qui est offerte à tous. C’est à ce titre que je pose ce nom.

Mélenchon a tout d’abord cette chance, ou cette malchance, comme nous, de vivre une époque folle où toute une civilisation semble sur le point de s’effondrer. Si rapidement. Hier encore, nous étions les enfants chéris du progrès. Nous pensions que toutes les maladies allaient être vaincues, que nous ferions nos courses en avion, que les robots nous serviraient. Et soudain, nous nous réveillons à courir sans espoir dans les rues des villes, à élire soit des marchands, soit des bourreaux, craignant de comprendre que nous devrons prendre la hache et le fer pour sauver notre humanité.

Les pires cauchemars du Meilleur des mondes ou de 1984 vont-ils être pour nous ? Nous étions des héritiers, nos enfants seront-ils des esclaves ? Déjà autour de nous huit millions de pauvres !

« Il faut connaître chaque jour le déshonneur qui est, pour un être humain, de voir dormir par terre son semblable son frère et de pas lui tendre la main. Il faut vivre dans cette abjection quotidienne d’un système qui nous rend tous mauvais ! ».

Voilà pourquoi une des premières qualités de l’orateur est cette diction pressante, émue, inquiète, parole qu’il dispense dans une générosité sans limite, ou qu’il soit, quelle que soit la salle, petite ou vaste. Il se donne passionnément parce que la passion de notre temps nous consume et le consume aussi.

Cette passion est soutenue par une technique et des qualités qui sont celles des grands orateurs, ceux qui galvanisent, font frissonner, mettent les larmes aux yeux, tant les sentiments humains apparaissent tout à coup en un monde où l’éducation, la pudeur demandent de les cacher.

Mélenchon est impudique. Il est romantique, teinté de ce grand romantisme social qui a produit Hugo, sensible à la beauté du monde, à l’immensité d’une création bien au-dessus d’une création divine, puisque la divinité, chez les croyants, ne se donne tout entière qu’au moment de la mort, quand la divinité universelle est déjà présente en tout. Nous la respirons, nous la vivons au quotidien car chacune de nos secondes est son éternité.

Mélenchon a le goût de ce lyrisme qui, hier, s’exprimait lorsqu’il parlait de ce nouveau satellite qui a réussi à photographier les premiers instants de l’univers, mêlant la fierté de l’intelligence humaine à l’éblouissement de la conscience de nos vies. Nous sommes tellement sans espoir et il nous ouvre la porte des étoiles.

Le romantisme social déborde de cette fierté d’un peuple que certains veulent humilier parce qu’il serait moins instruit, mais qui recèle les trésors de tous les possibles.

J’avais vu Mélenchon à Hénin-Beaumont, clamant la fierté de ce pays minier, si courageux, qui avait porté haut, par ses luttes, notre liberté, et hier, à Bordeaux, c’est le même enthousiasme qu’il insufflait à son public parlant du ciel et de la mer, proposant une ouverture cosmique à cette symphonie d’un nouveau monde qu’il nous invite à créer. Plus encore, qu’il nous indique comme un devoir.

Enthousiasme signifie « Dieu en nous ». Mais l’enthousiasme de Mélenchon est l’amour, l’humain en nous, le courage. Tels sont nos dieux.

Il prépare ses discours, nous dit-il, étant obligé, en tant que porte-parole de neuf partis, d’être l’écho précis de leurs engagements, mais ce serait vouloir le limiter à un corral quand il a le goût de la libre cavalcade pendant que sonnent ces applaudissements qu’il éveille sur un mot, une phrase, une indignation, tant est riche, intelligente, complexe, sa parole.

Je suis frappée, et hier encore plus, par le haut niveau de ses discours. Par leur construction " en albatros" si je peux me permettre cette métaphore. Car Mélenchon commence simplement, remerciant, évoquant telle ou telle circonstance, tel l’oiseau qui marche sans ayant pris son envol, puis, tout à coup, révélant la puissance et surtout la facilité de ses moyens, nous émerveillant de la hauteur de ses propos, de la lumière qu’il nous force à regarder, nous levant la tête, grâce à lui, et nous enivrant de ces hauteurs qu’il veut nous faire partager.

Car l’ivresse de la parole qu’il nous offre, il la ressent lui-même, il la vit. Et cette parole est une parole de combat, mitraille de consonnes et de voyelles qui claquent. L’art de l’orateur est, en effet, un art guerrier qui propose des armes, non pas des kalachnikov, mais une conscience, un éveil, un courage, une cohésion, une absence de peur puisque celui qui montre le chemin et les difficultés est aussi celui qui n’a pas peur de les dire.

Le combat c’est tout d’abord appeler un chat un chat.

La veille, François Delapierre avait donc déclaré, faisant allusion au film Les douze salopards, que l’Europe, dans ce domaine, battait les Américains, puisqu’ils étaient dix-sept chez nous. Les dix-sept membres de l’Eurogroupe qui était en train de tenter le hold-up de Chypre, ne se souciant plus d’aucune règle, d’aucune démocratie. Et que l’un d’entre eux, le représentant de la France, s’appelait Moscovici.

Pendant les vingt-quatre premières minutes de son discours, Mélenchon n’avait fait aucune allusion à cette affaire. Il n’avait parlé ni « des salopards », ni de « l’antisémite ». Allait-il faire l’impasse ? Personne n’y pensait plus quand, soudain, une phrase les jeta dans l’arène :

« Il faut qu’il y ait un conflit qui permette de réfléchir. Voilà pourquoi je parle cru et dru et voilà pourquoi tous les membres du PG parlent cru et dru, utilisent les mots qui claquent pour éveiller les consciences ! Je suis fier d’être le tribun du peuple et je vous appelle à la fierté de l’être vous aussi ! Parce que je nomme un chat un chat et parce qu’un de mes camarades appelle un salopard, un salopard ! »

Oh ! Quel beau direct !

Un salopard ?

Certains s’offusquent de la vulgarité du langage. Je leur conseillerai d’aller voir le film « Lincoln », excellent, pour découvrit les doux noms d’oiseaux dont se traitaient les députés américains au moment de voter l’abrogation de l’esclavage. Car il est évident que quand de nobles idées se heurtent à de bas intérêts, il n’y a que la grossièreté des mots pour traduire la vulgarité des actes.

Comment appeler un homme qui, élu par des voix démocratiques, répudie cette démocratie ? Et là , Mélenchon révèle à son habitude le dessous des cartes : oui, il y a eu forfaiture contre Chypre puisque les décisions doivent être prises à l’unanimité et que Mario Draghi de Goldman Sachs n’a tenu aucun compte du refus du représentant chypriote. Comment appeler Moscovici qui assiste à cet acte dictatorial et ne dit rien ? Certes Chypre est un paradis fiscal. Mais pourquoi ne s’en prennent-ils pas au Luxembourg ? Parce qu’il n’y a pas de gisements de gaz près du Luxembourg ? Parce que le Luxembourg n’est pas au coeur de cette Méditerranée qui foisonne de richesse et que la finance veut posséder pour la transformer en égout ?

Et celui qui aujourd’hui assassine la démocratie de Chypre, comment agira-t-il quand on voudra assassiner la démocratie de la France ?

Oui, il est exact qu’il ne pense pas en Français respectueux de la liberté, de l’égalité, de la fraternité mais en financier international qui ne se soucie d’aucune démocratie.
Et donc Moscovici étant juif, Mélenchon était antisémite…

Les dessous de cette affaire sont connus grâce, soulignons-le, à Politis qui ayant enregistré les paroles de Mélenchon, a pu démontrer que l’AFP était servie soit par des sourds soit par des propagandistes. Excellente presse que Politis ! Et grand merci sur ce coup-là  !

Une autre question m’interpelle. Qui a dit au PS d’accuser Mélenchon d’une manière aussi ridicule ? Est-ce le grand manitou de la communication de l’Élysée, le Sérillon de chez Drucker ? Il faut dire à Sérillon que les Français ne sont pas des Texans et que les ficelles grossières de la communication made in US, ne marchent pas chez nous. Il est bien évident, en tout cas, que ce ne sont pas les PS tout seuls qui ont choisi cette attaque foireuse. Ils obéissent et à la finance et à la com. Or ce choix est d’autant plus maladroit qu’il avait été celui de Copé, l’an dernier, et que cela prouve donc que UMPS n’est pas une vue de l’esprit. Premier mauvais point. Second, il y aura des gens qui ignoraient complètement que Moscovici était juif et qui, l’apprenant, remarqueront qu’un juif s’occupe des finances de la France et est copain avec des banksters de la finance internationale ! Là , on peut dire que ce n’est pas sioux ! Ils ont même provoqué des réactions inattendues. Celle de Bruno Gaccio par exemple qui a écrit :

« Ils sont vraiment en fin de pile au PS. Ils n’ont rien à se mettre au niveau argumentation, les voilà qui traitent Mélenchon d’antisémite, maintenant, parce qu’il dit que Moscovici n’agit pas en Français mais qu’il est au service de la finance internationale. État de mort clinique le PS. Pas d’idées, pas de courage et des arguments de fond de tiroirs. Et dire que j’ai voté Hollande deux fois ! Je ne sais pas où présenter mes excuses ni à qui, sinon je le ferai ! »

Bingo ! Bien joué la com de Pépère !

On nous dit aujourd’hui que cette affaire est réglée et que les petits épargnants seraient respectés. (Je conseille cependant la lecture de l’alinéa 2807, page 645.) On nous dit aussi que la mafia russe est vénère et qu’elle ne va pas se laisser faire ! Alors là , je réserve une place pour le grand match !! Depardieu sera dans le coup ? Imaginez qu’il ait transféré ses avoirs à Chypre sur les conseils de Poutine ! Ahahahahaaa !!

Mais l’accusation d’antisémite a blessé Mélenchon. Il va y répondre d’une manière habile. Remarquablement construite.

« Voici ce que j’ai à dire à M. Moscovici. J’ignorais ce qu’était sa religion et je n’ai pas l’intention d’en tenir compte dans l’avenir pas plus que dans le passé. Je veux qu’il sache une chose. Si un jour, un seul dans sa vie, parce qu’il est juif, quelqu’un venait à l’insulter, à l’offenser, alors il nous trouverait comme un seul bloc à ses côtés. Nous sommes entièrement antiracistes et humanistes ! »

« Mais je dénonce l’instrumentalisation de l’antisémitisme dans une discussion politique ! C’est un divertissement infâme ! Vous avez trahi le peuple Chypriote, le peuple Grec et vous êtes du côté des puissants ! En France, on défend d’abord le vote des parlements avant les injonctions des financiers ! »

Mais quittons ce débat qui a permis de ne pas parler de l’essentiel, de la présentation aux municipales, dans au moins soixante villes de listes FDG ou PG. De cette idée, lancée par Gabriel Amard, de se battre pour les régies publiques de l’eau et créer des marées citoyennes, de cette volonté, pour le Front de gauche, de devenir le front du peuple, unissant tous ceux qui sont contre la politique de l’austérité.

Mélenchon le dit et l’affirme : le FDG est prêt à gouverner. Il appelle à une alternance pour sortir d’un pouvoir déliquescent, mortifère. Des salopards ? Le mot est faible car il comporte une part d’humain qui, chez les financiers n’existe pas, pauvres machines à calculer qui ne considèrent que des chiffres qu’il faut voir croître, même si le monde doit s’éteindre pour qu’ils existent une dernière fois sur un écran.

Cet écran qui est aussi notre force.

Dans les années cinquante, quand Mélenchon est né, deux milliards d’hommes vivaient sur cette planète. Actuellement, deux milliards d’hommes sont connectés à internet.

Messieurs les salopards, réfléchissez-y. Il va falloir taper très fort pour faire taire tout ça. Êtes-vous prêts pour ces crimes ?

Personnellement je remercie Mélenchon car je suis, comme beaucoup, molle, égoïste, ignorante. Qu’il me donne, à moi et à tous, le désir de parler et d’agir n’est pas la moindre qualité d’un génie qui n’est que le talent de l’un dans le coeur et la mémoire de tous. Pour que tout soit partagé.

« Penses-toi toi-même comme être humain participant de l’humanité universelle. C’est quand tu t’impliques que tu deviens un être humain . C’est quand tu résistes que tu existes. »

Il finit en poésie.

« Il n’y a pas d’homme qui ne soit poète. » Et disant cela il nous arrache à ceux qui veulent que nous ne soyons que consommateurs. La création est notre destin.
Qui, dans le monde de la politique, peut rivaliser avec un discours qui ne parle que d’amour, de respect, d’universalité, d’intelligence, de progrès, de modestie, de réserve, de morale ? Il y a certainement chez Jean-Luc Mélenchon l’ambition d’appartenir à l’Histoire comme un homme qui face à un danger immense, a eu le courage, quels qu’en soient les risques, de le dénoncer et de ne pas céder.

Sortant de Lincoln, un film que j’ai trouvé admirable, je me dis qu’à toutes les époques Mélenchon aurait été du côté des causes justes. Il aurait voté contre l’esclavage, contre la traite des Noirs, pour le vote des femmes, pour l’avortement, pour le mariage pour tous.

Il l’aurait fait avec cette même passion, ce même engagement total, ce génie qui est celui des « Daimons », non pas des messagers entre les dieux et les hommes mais entre les hommes de toujours et les hommes d’aujourd’hui, les guerriers éternels de l’harmonie universelle. Parce que nous sommes nés dans le monde de l’harmonie dont nous sommes les bergers les plus accomplis.

Pas les monstres. Pas les vampires. Pas les assassins.

On sait qu’il aime finir sur des citations.

L’une magnifique est de lui :

« A nous de penser à cet univers sans âge dans lequel, pour une raison inconnue et comme une conséquence des mécanismes intimes qui l’animaient, au moment où la lumière fut, la conscience surgit et avec elle la capacité d’être des humains dans la résistance et dans le rêve du futur. »

L’autre est de Gramsci. « Je suis en vie. Je suis résistant. »

Et la dernière de Saint Just :

OSONS ! RIEN NE NOUS RESISTERA !

Ariane Walter

Photos dans le texte : BG

COMMENTAIRES  

26/03/2013 23:40 par Vania

Merci pour ce texte !

27/03/2013 00:18 par madmarx

Un grand merci pour lui et pour tous ceux qui savent mettre en résonance la pensée et le sens commun.

27/03/2013 01:21 par Anonyme

L’histoire est ainsi faite, qu’il y a des hommes pour des circonstances. Melenchon est un de ses hommes et il est des nôtres. Il n’est pas homme providentiel, Il n’est pas notre maitre a penser, mais notre porte parole, le catalyseur, pour une large rassemblement politique alternative, d’une gauche progressiste , révolutionnaire, que nous avons tous, désespérément, tant besoin.

AIDONS NOUS EN L’AIDENT LUI, pour qu’enfin nous puissions faire entendre nos revendications.

27/03/2013 09:09 par Dwaabala

Il reste comme consolation, de la social-démocratie et du communisme à écouter le chant du cygne

27/03/2013 09:21 par Elhijah

C’est dommage que cette article n’est ici que pour faire la promotion d’un mec qui ne joue que sur l’émotionnel.
y’a des passages très bien mais alors ceux qui [*** merci de respecter la charte des commentaires *** LGS].

Sans ces passage cette article aurait eu sa place sur ce site, ici il ne s’apparente qu’à un article de propagande de plus car oui la propagande n’est pas que la propriété du pouvoir en place mais bien aussi celle de l’opposition.

27/03/2013 10:21 par do

L’auteur admire la verve de Mélenchon qui reflète sa propre verve, tout aussi impressionnante dans son genre. Mais "un discours qui ne parle que d’amour, de respect, d’universalité, d’intelligence, de progrès, de modestie, de réserve, de morale" ne suffit pas pour "appartenir à l’Histoire" comme "un homme qui face à un danger immense, a eu le courage, quels qu’en soient les risques, de le dénoncer et de ne pas céder". Pour appartenir à l’histoire en tant qu’homme politique, il faut surtout agir.

Et pour le moment Mélenchon n’a pas encore profité de sons charisme et de son intelligence pour agir. Il s’est rallié à Hollande au lieu de rester dans l’opposition, ce qui ne démontre pas une grande volonté d’en découdre véritablement avec le système. Il n’est un Chavez qu’en paroles, on voudrait le voir mettre ses paroles en pratique.

L’auteur a trouvé "admirable" le film Lincoln. Pourtant "En passant sous silence la contribution décisive des Noirs à l’abolition de l’esclavage, Steven Spielberg a pris des libertés étonnantes avec l’Histoire" selon le critique de Médiapart qui conclut en disant : "le message politique subliminal du film : dans cette période trouble de l’histoire états-unienne, la modération et l’opportunisme d’un Lincoln ont sauvé la mise contre les exigences et les principes « irresponsables » des radicaux".
http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-marliere/070213/avec-lincoln-spielberg-blanchit-le-combat-abolitionniste

Mélenchon n’est certainement pas raciste comme semble l’être Spielberg, mais il est anticlérical à la manière radicale et extrêmiste d’un membre de la franc-maçonnerie (pourtant une sorte de réligion !), et Madijid a, à mon sens, bien raison de s’en plaindre dans cette lettre ouverte au Front de Gauche :

Cet islam que je ne saurais voir…

En tant que citoyen, élu Front De Gauche, musulman d’apparence et athée, je vous devais, camarades, la sincérité. Je pensais que des responsables du Front de Gauche se seraient manifestés pour saluer la décision de la Cour de Cassation concernant la crèche Baby Loup. Beaucoup se sont manifestés, mais pour tenir le même discours que Marine Le Pen, Manuel Valls, ou Jean-François Copé. Tout ceci a de quoi interroger…

Nous avons un problème camarades. Je me demande encore comment lors de la campagne des présidentielles, il a été possible de célébrer la main sur le coeur la France métissée et le multiculturalisme et dans le même temps, s’aligner sur la droite et l’extrême droite pour bannir les musulmans des sphères publique et privée. Pour beaucoup, un musulman est forcément intégriste. Jamais un raccourci aussi insultant n’a été fait pour les catholiques ou les juifs.

Pour lire la suite : http://madjid.fr/?p=572

27/03/2013 10:31 par ariane walter

A la modération : je ne comprends pas que vous laissiez passer une telle vulgarité de propos.

Quant à toi Eliya, (?) si tu n’aimes pas l’opéra , ne va pas lire des articles sur Pavarotti !!

Mélenchon n’a sûrement pas besoin de moi pour faire sa propagande. Par ailleurs, je te signale que je ne fais absolument pas partie de son équipe et que j’écris pour exprimer ce que je ressens ainsi que d’autres.

Que tu ne partages pas mon point de vue , c’est ton affaire mais que tu l’exprimes comme tu le fais, j’en attends quand même des excuses.

[*** on tente de calmer le jeu *** LGS]

A la modé, faites votre devoir !

27/03/2013 11:12 par CN46400

@eldijah
Assez d’hypocrisie, la propagande est partout, y compris dans les commentaires du GS, par exemple :

-Comment se fait-il que dans notre France, si démocratique, si évoluée, si libre etc..., est-on obligé d’utiliser le buzz sur la forme pour pouvoir se faire entendre sur le fond ?

-Il est normal de traiter les voyous qui vous dévalisent au feux rouge de quelques bijoux de salopards, mais surtout pas les gens bien mis qui, après le réveillon, à Bruxelles, soulagent peuples entiers de leurs économie(s). Et ce en commençant par les petits peuples (Chypre..) plutôt que par les puissants (Luxembourg, GB...) qui, eux, sont spécialisés dans des « casses » autrement plus juteux...

-Pour que la finance internationale soit hors de portée de toute critique, il suffit de puiser ses dirigeants dans la minorité juive qu’on ne peut mettre en cause sous peine d’être, automatiquement, assimilés aux nazis de la Shoa. Principe dérivé, par extension, de la critique du sionisme israélien. Dans notre démocratie tout est critiquable, même par des juifs (Hessel...) sauf.......Depuis Guy Mollet (livraison des secrets nucléaires à Israël, expédition de Suez..), le PS navigue dans ce marigot où sont consciencieusement noyées les critiques qu’on ne veut pas entendre.

- Reste à nous expliquer quel est, au coup par coup, la position de chacun des membres de l’Eurogroup (les 17 salopards...), et donc du représentant français, dans les décisions qui sont prises dans ce cénacle...

Moi j’attends juste, comme Mélenchon, qu’on nous dise comment Moscovici (fils de Moïse parait-il) s’est, en mon nom, comporté dans la nuit de dimanche à lundi ; c’est clair non ?

27/03/2013 13:36 par DUBORT

Que dire d’un aussi beau texte, qu’il est puissant et vrai. Bravo, je constate un énorme talent, à la hauteur d’une juste cause, et d’un grand homme.

27/03/2013 13:44 par comité de base: cellule ouvrière du bassin minier ouest du pas de calais

CI DESSOUS NOTRE BRàˆVE DU 25 MARS : OSONS !

Brève de la Cellule Ouvrière du Bassin Minier Ouest du Pas de Calais : Personne n’a à recevoir de leçons du PS.
25-03-2013
comibase@gmail.com

Nous avons vraiment à faire à un gouvernement de technocrates qui perdent les pédales et se font remarquer à toutes occasions, comme pour affirmer son manque de maturité politique et son inaptitude à diriger le pays.

Ce dimanche, suite aux allégations justifiées et justes du camarade Delpierre du Parti de Gauche qui a mis un nom sur le français qui a autorisé la cabale organisée contre la nation chypriote, par ce qu’il a appelé les « 17 salopards », comme toute réponse, la direction du PS se fourvoie dans des explications nauséabondes qui frôlent le ridicule quand elle parle d’antisémitisme à propos de Pierre Moscovici.

Peut-on dire que le ridicule ne tue pas quand on entend une telle ânerie de la part d’un dirigeant politique du Parti Socialiste, qui est censé un jour devenir Ministre de la République ? Mais nous sommes arrivés à un tel point de déni de démocratie, qu’aujourd’hui dire qu’un ministre de la France, qui a engagé la signature de l’Etat en toute connaissance des effets et de la réaction que produiraient cette cabale organisée contre Chypre, n’a pas respecté son mandat pour se plier à la finance internationale et sacrifier l’économie d’un pays, est raciste et antisémite… une débilité grave !

Mais qu’aurait bien pu dire le PS, si à la place du camarade Delpierre, un camarade du Parti de Gauche de confession juive ou un camarade du Parti de Gauche de confession musulmane et issu de l’immigration magrébine, avait prononcé le discours ? En sommes-nous encore là , même si Brasillach a été au coeur d’une prise de paroles du fondateur du FN à Lille en 2012 ? En sommes-nous à « je suis partout » même si des ligues factieuses ont envahi les rues de la capitale pour s’opposer à une loi, sommes toute progressiste, avec comme seule envie de prendre le Palais de l’Elysée et qu’ils envisagent désormais de se rendre au Palais Bourbon ?

Quand sieur Moscovici (par qui le scandale est arrivé) pour tenter de justifier sa forfaiture dit : « Je suis Français par tous mes pores et je ne raisonne pas finance internationale » en rappelant qu’il issu de parents immigrés et fils de déportés, et que son détracteur est « en train de franchir certaines bornes, par détestation du social-libéralisme », nous devons quand même lui rappeler quelques faits historiques. Que la SFIO (1905-1958) était loin d’être le « Parti des Fusillés » ; que la SFIO a eu des dirigeants bien peu reluisants dans ses rangs, avant, pendant et après la guerre 39-45 : comme Jules Moch, le boucher des Mineurs qui était SFIO ; que la SFIO a été à l’origine de la guerre d’Indochine, de la crise de Suez et de la guerre d’Algérie, que la SFIO a été une fervente adversaire du processus de décolonisation débuté un 8 mai 1945 en Algérie par des massacres et quelques années plus tard, en 1947 avec un autre massacre à Madagascar… et que la SFIO était aux commandes de ces massacres entre 1945 et 1947, qui cumulent 100 000 morts.

Aussi, nous devons rappeler que Léon Blum a fricoté avec les banquiers contre le Front Populaire (les archives sont là , M. Moscovici) et que Marcel Ferdinand Bloch, dit Marcel Dassault, a été sauvé d’une mort certaine dans les camps nazis, non pas par les amis de M. Draghi ou des Maîtres des Forges… mais par les Communistes et les Antifascistes, les mêmes qui qualifient de « 17 salopards » ceux qui se sont fourvoyés avec les pires financiers internationaux… Et oui les faits sont têtus comme le disait Lénine et de dire comme Mélenchon : « comme on appelle un chat un chat, on appelle salopard un salopard ».

Quand le Ministre de la République Française d’origine espagnole, Manuel Valls, dit : « je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël » que dire ?

Mais aussi que dire quand Richard Prasquier, le dirigeant du Conseil Représentatif des Institutions Juives (CRIF) de France dit à propos de Stéphane Hessel, résistant antinazi, militant antifasciste, lutteur des droits de l’homme résolument antiraciste, et juif : « Stéphane Hessel était un maître à ne pas penser. La mise au pavois de Stéphane Hessel, malgré ses accommodements avec la vérité historique et sa faiblesse argumentative, en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société et sur le rôle aberrant qu’y joue le marketing des individus qu’on transforme à bas prix en luminaires idéologique. Le travail de déconstruction de Stéphane Hessel sera effectué ».

Que dire d’un Président de la République, François Hollande, qui rend un hommage à la hauteur de la grandeur de Stéphane Hessel, le Résistant, le Déporté, l’Antifasciste, l’Antiraciste, le Droit de l’hommiste… lors d’une cérémonie émouvante, et qui quelques semaines plus tard, se rend au repas annuel organisé par le CRIF qui a craché sur l’honneur et l’intégrité de Stéphane Hessel. Et oui les faits sont têtus comme le disait Lénine.

27/03/2013 14:35 par babelouest

Nos amis du Pas de calais sont là pour le rappeler.

Ces politiciens inféodés à des idéologies qui se parent de religion pour avancer masquées sont décidément insupportables, au sens très fort du terme.

On est d’autant plus écoeuré, quand ces prétendues idéologies ne sont que des burkas cachant l’amour du lucre, de la Phynance et du PROFIT à l’état pur.

28/03/2013 10:32 par Arthurin

La combo Ariane + Bernard, ça fait un peu "le poids des mots, le choc des photos", merci à vous deux.

Je suis quand même étonné de lire « L’Islamisme est peut-être un danger » dans ta prose Ariane, l’islamisme n’est pas plus un danger que le judaïsme, le catholicisme, le bouddhisme, etc. (si on demande, je suis agnostique)
Ce qui est un danger c’est l’extrémisme dont peuvent faire preuve certains religieux dans leurs interprétations des textes qu’ils jugent sacrés et à ce moment là , s’il faut un mot en -isme, c’est terrorisme, du terrorisme fondamentaliste applicable à toutes les religions sans exceptions, aucune ; si tu ne me crois pas sur parole, surement écouteras-tu JLM qui soutiendra le même point de vue, puisque c’est ce qui se peut être dit en vérité et dit ici sans vouloir porter ombrage à ta fronde à l’encontre de l’invasion culturelle des USA qui est une menace quotidienne à notre propre culture, transatlantisme quand tu nous tiens...

28/03/2013 15:45 par ariane walter

Coucou arthurin,
Amusant ta remarque sur "islamisme est peut-être un danger " car j’ai hésité avant de savoir comment le formuler . cela à valeur de "admettons que ce soit un danger (ce que je ne pense pas, mais je veux bien me mettre un instant de ton côté)....mais l’américanisation est autrement dangereuse !
Autrement, tu imagines ce que j’en pense !

07/04/2013 23:00 par blanche

Merci Arianne. Bienvenue au club des yeux pleins d’espoir, de ceux qui ont enfin trouvé celui qui porte leur parole. Pourvu qu’il prenne soin de lui. J’étais à Bordeaux, grand moment d’humanité, quelle générosité et quelle élégance ! Merci encore.

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