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Pour rendre sa souveraineté au peuple français, la France doit sortir de l’euro, de l’UE et de l’OTAN par la voie progressiste et révolutionnaire !

Georges Gastaud, Annie Lacroix-Riz et Fadi Kassem, Pôle de Renaissance Communiste en France

Traité germano-français d’Aix-la-Chapelle, Lettre d’Emmanuel Macron aux citoyens d’Europe, réponse cinglante de la future chancelière allemande à Macron… ou comment l’impérialisme allemand humilie ouvertement son petit collaborateur élyséen. Pour rendre sa souveraineté au peuple français, construire des relations fraternelles entre peuples allemand et français et rouvrir la route du progrès social, de la démocratie et de la paix en Europe, la France doit sortir de l’euro, de l’UE et de l’OTAN par la voie progressiste et révolutionnaire !

Sitôt promu lauréat du Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle, le chef de l’Etat français a signé, sans le moindre débat public préparatoire, un nouveau Traité franco-allemand qui vise moins, selon ses propres termes, à renforcer l’amitié entre les deux peuples qu’à précipiter l’intégration franco-allemande. Cet effarant « traité » transformant la France en zone « frontalière » de l’Allemagne, dont la germaniste Yvonne Bollmann vient de décrire les minutieux préparatifs allemands, unilatéraux, depuis 2016 (1), crée notamment une Chambre franco-allemande des députés qui est notamment chargée de « faire converger » les deux pays sur tous les terrains, économique, culturel et institutionnel. Dans les conditions du criant déséquilibre actuel entre Allemagne et France, ce traité signifie surtout l’accélération brutale de l’alignement français sur l’« ordo-libéralisme » à l’honneur outre-Rhin. Sous couvert d’intégration européenne et de rapprochement franco-allemand, la signature du traité annonce un puissant coup d’accélérateur aux contre-réformes qu’avait déjà préparé la phrase effarante prononcée par E. Macron au Conseil européen de Bruxelles (23 mars 2018) « Les réformes entreprises en France sont ce que nombre de nos partenaires, et en particulier l’Allemagne, attendaient depuis de nombreuses années, et à juste titre ». Cela se traduit ainsi...

sur le terrain social : par la privatisation d’EDF, de la SNCF, des aéroports, casse des retraites par répartition, des statuts publics et du Code du travail issus la Résistance ;

sur le plan institutionnel : par la désarticulation de la République une, laïque et indivisible, et aussi par la résorption des 36 000 communes de France au profit des « métropoles » et de la régionalisation à l’allemande ;

sur le plan militaire : par la construction d’une armée dite européenne alors que le budget militaire allemand augmente à toute vitesse...

sur le plan culturel : par l’accélération de la casse de l’histoire, révisée sur le modèle idyllique du « Manuel d’histoire commun franco-allemand », caricature de propagande. Ce n’est toutefois pas l’allemand qui est promu par les deux oligarchies complices de Berlin et de Paris, et encore moins le français si malmené sur notre sol, mais le tout-globish du Traité transatlantique que relance actuellement le gouvernement Merkel (2).

Tout cela a été facilité et sournoisement précédé par la récente fusion des deux départements alsaciens, en violation du référendum portant sur cette question, pour former une « collectivité unique » qui s’est immédiatement proclamée tournée vers l’Axe rhénan. En remerciement de quoi la dauphine désignée de Mme Merkel et future chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer, dite AKK, vient d’exiger le transfert définitif du Parlement de Strasbourg à Bruxelles...

Le retour de l’« Ordre nouveau » allemand

En réalité, sous le masque défraîchi du « couple franco-allemand », dont le centre de gravité s’est définitivement décalé vers Berlin depuis l’annexion-Anschluss de la RDA (3), le démantèlement de l’URSS, la partition « démocratique » de la Tchécoslovaquie et le partage impérialiste violent de l’ex-Yougoslavie, le « partenariat » franco-allemand dissimule de moins en moins le phagocytage rapide de la France par son puissant voisin. Une servitude volontaire qu’ont formidablement renforcée la liquidation du camp socialiste européen, l’accélération de la « construction » euro-atlantique supranationale et la mise en place de l’euro, notoire prolongement, prévu depuis les années 1940, du deutsche Mark, et centré sur les besoins de la grande industrie allemande. Qui peut nier désormais que chaque étape de ladite « construction » européenne a été marquée depuis l’ère Schuman-Monnet de la Communauté européenne du charbon et de l’acier par un affaissement, voire par un écroulement du produire en France industriel et agricole, par la privatisation massive du secteur et des services publics à la française, par l’austérité sans fin imposée aux travailleurs de France, d’Allemagne et du reste de l’Europe, par l’humiliante oppression subie par les pays de l’Est et du Sud européens, tuteurés par la Troïka ou par ses succédanés.

Sans parler de l’accélération permanente de la course aux armements dans le cadre d’une future confrontation militaire avec le peuple russe qui, même placée sous la tutelle provocante de l’impérialisme étatsunien, prend de plus en plus des allures de revanche sur Stalingrad. On est loin de l’hommage rendu par le Général De Gaulle, en visite à Moscou en juin 1966, à « cette grande Russie, que j’avais vue pendant le drame de la guerre, tendue dans l’effort guerrier qui devait assurer sa victoire [contre le Reich nazi], et pour une très large part, celle de la France et de nos Alliés ». Il l’avait dit clairement à Paris le 2 décembre 1944 : « Les Français savent ce qu’a fait pour eux la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération ». Juste avant d’aller conclure à Moscou « la belle et bonne alliance » franco-soviétique visant à empêcher dans l’avenir l’Allemagne de menacer à nouveau la paix de l’Europe et du monde.

La décomposition germano-atlantique de l’impérialisme français éclate à l’inverse dans la Lettre ouverte que M. Macron, qui se voit peut-être déjà en premier président de l’Empire européen (alias « Europe fédérale »), a adressée aux citoyens européens en court-circuitant le peuple et les députés français. A peine cette lettre condescendante et arrogante –conformément au discours jupitérien qui ridiculise notre pays à l’extérieur – était-elle parue qu’AKK a diffusé sa propre réponse traduite en plusieurs langues européennes : évidemment, elle renchérit sur la nécessité de l’intégration européenne, attendu que la construction de cet Empire (le mot est désormais froidement assumé par Bruno Le Maire (4)) serait hautement profitable à la « République de Berlin » qui la domine politiquement et économiquement de la tête et des épaules. Et cela est déjà en soi une fort mauvaise nouvelle pour tous ceux qui constatent que le retour en force du capitalisme allemand sur la scène géopolitique s’accompagne, dans toute l’Europe :

1°) d’une banalisation-réhabilitation des extrêmes droites et des néonazis (à Kiev, dans les Etats baltes, à Budapest, sans oublier Vienne et le Bundestag où siègent désormais quatre-vingt-dix députés racistes),

2°) d’une criminalisation galopante des partis communistes comme en Ukraine et en Pologne,

3°) d’une répression accrue du mouvement ouvrier et démocratique : symbole de la fausse gauche, Alexis Tsipras a soutenu le projet de l’UE d’interdire pratiquement la grève en Grèce ; en France la répression des Gilets jaunes bat de sanglants records).

Macron, nouvel avatar de la grande bourgeoisie collaboratrice

La servilité de Macron à l’égard de Merkel, comme à l’égard de son autre grand suzerain méprisant, Donald Trump, a, selon la tradition, été fort mal récompensée par le maître allemand. Comme ce fut déjà le cas dans l’entre-deux-guerres puis en 1940, où l’oligarchie française, préférant Hitler à la République et au Front populaire, avait fait clairement le choix de la défaite – de même qu’Adolphe Thiers avait préféré la défaite et les négociations avec Bismarck à la résistance nationale populaire incarnée par les Communards en 1870-1871) , chaque courbette supplémentaire de la grande bourgeoisie hexagonale déclenche une cascade de nouvelles humiliations. Ainsi, la lettre aux Européens d’AKK ne se contente-t-elle pas d’opposer une sèche fin de non-recevoir au locataire de l’Elysée sur la plupart de ses revendications européennes : pas de mutualisation des « dettes souveraines », pas de politique de relance européenne, pas de partage réel de la gouvernance de la zone euromark, pas d’amendement des traités, pas d’européanisation de la protection sociale et du salaire minimal... La probable future chancelière renchérit : elle exige de transformer le siège français au conseil de sécurité de l’ONU en siège pour l’UE ; elle réclame en prime un « porte-avion européen », excellente couverture pour les retrouvailles officielles de l’impérialisme allemand avec l’affichage d’une posture militaire géopolitiquement offensive. Bref, c’est toujours la même alternative piégée : quand l’impérialisme allemand ne peut avancer trop ouvertement sous son nom, il joue au « meilleur élève européen » (selon l’excellente formule de l’historien Pierre Guillen) et réclame « plus d’Europe ». Quand il peut, de plus en plus ouvertement et fréquemment, se passer de l’avis des vingt-cinq autres pays en général, et de celui de son vassal français en particulier, il affiche cyniquement sa volonté d’avancer seul et célèbre les vertus de l’Etat-nation : « Le fonctionnement des institutions européennes ne peut revendiquer aucune supériorité morale par rapport à la coopération entre les gouvernements nationaux. Refonder l’Europe ne se fera pas sans les Etats-nations », affirme AKK. Berlin ne vilipende ainsi que le « nationalisme » des autres Etats, quand il s’agit de briser leurs résistances à l’hégémonisme allemand....

Malgré toutes les humiliations subies et aussitôt ravalées, les gouvernements maastrichtiens qui se succèdent en France ne cessent de ramper (et comment n’en irait-il pas de même avec le RN au pouvoir, ce parti créé par des admirateurs proclamés de Vichy !). Craignant leur propre peuple jugé incurablement frondeur, ils n’ont cessé historiquement de se soumettre au grand protecteur germanique depuis que les Emigrés de Coblence ont compté sur « l’Europe » aristocratique pour anéantir la Révolution française et rétablir leurs privilèges. A partir des années 1970, avec une énergie renforcée par la haine des grévistes de mai-juin 1968, la grande bourgeoisie représentée par Giscard, puis par Mitterrand, a froidement sacrifié sa grande industrie (mines, sidérurgie, métallurgie...). C’était un des moyens de se débarrasser de la remuante classe ouvrière française qui avait fait 1936, fourni avec les FTP la majorité des effectifs de la Résistance intérieure, décisive dans la libération du pays, et animé tous les combats populaires depuis lors, Mai 1968 compris. Bien évidemment, le soulèvement calomnié et durement réprimé des Gilets jaunes ne peut qu’encourager les oligarques « français » à rallier à 100% le Modell Deutschland qu’ils admirent tant. Quel « modèle » en effet que l’« Agenda » Schröder-Hartz avalisé depuis les années 2000 par les syndicats de collaboration de classes et par la social-démocratie : cet « enfer du miracle allemand » (5) a enterré, dans des conditions de violence anti-salariés inédite depuis les années 1933-1945, les acquis ouvriers des années où la RFA capitaliste était tenue en respect par la concurrence sociale de la RDA socialiste.

Pour une France franchement insoumise : FREXIT PROGRESSISTE !

Plus que jamais, cela signifie une marche accélérée à la liquidation de la France en tant qu’Etat souverain et indépendant, doté d’une industrie, d’une agriculture exportatrice (la lettre d’AKK est menaçante à l’égard de l’ainsi-dite Politique agricole commune), d’une structure administrative héritée de 1789, d’une langue internationalement partagée, sans parler des grands acquis laïques de 1905 et des conquêtes ouvrières du Front populaire et de la Résistance. Qu’importe aux oligarques « français » cette mort programmée de la France ! Qu’importe aussi à la fausse gauche, à l’extrême gauche bobo et aux états-majors syndicaux euro-formatés qui refusent d’affronter l’UE et qui répandent le mensonge éculé de l’«  Europe sociale, démocratique et pacifique ». Une UE sous condominium de Bruxelles, de Berlin, de Washington et de l’OTAN, qui ne promet plus que des contre-réformes, qui promeut le « dialogue institutionnel avec les Eglises », qui coopère sans pudeur avec des gouvernements nationaux fascisants et qui prépare la guerre antirusse dans le cadre d’une armée européenne arrimée à l’OTAN...

Raison de plus pour les militants franchement communistes et franchement progressistes de France, mais aussi pour tous les véritables patriotes antifascistes, de dénoncer sans complexe l’écrasante et arrogante Europe allemande, comme le firent successivement Jacques Duclos et Georges Marchais. Raison de plus pour tendre une main fraternelle aux communistes et aux progressistes allemands, pour défendre l’enseignement de l’allemand et des autres langues dans notre pays, pour promouvoir l’Europe des luttes. Et surtout, pour réclamer sans circonlocution que la France sorte de l’euro, cette austérité continentale faite monnaie, de l’UE, cette prison des peuples, de l’OTAN, cette machine à attirer la guerre sur le sol européen, dans la perspective de sortir du capitalisme et de construire le socialisme dans notre pays. Haut et fort, il nous faut aujourd’hui associer de nouveau le drapeau tricolore au drapeau rouge, la Marseillaise à l’Internationale et reprendre le mot d’ordre central du programme « Les jours heureux » bâti par le CNR, qui y appelait à «  mettre le monde du travail au centre de la vie nationale » en faisant de la classe ouvrière et de ses luttes la championne de l’indépendance française. A l’heure où l’oligarchie strangule notre pays, c’est la meilleure stratégie possible pour isoler le grand capital, forger le rassemblement populaire majoritaire et construire les conditions de masse de la révolution socialiste !

Georges Gastaud, philosophe, auteur de Marxisme et universalisme (Delga),
Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris VII Denis Diderot,
Fadi Kassem, professeur agrégé d’histoire,
militants du Pôle de Renaissance Communiste en France

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(1) Yvonne Bollmann vient d’en décrire les minutieux préparatifs allemands, unilatéraux, depuis 2016, dans une « tribune libre », « Traité d’Aix-la-Chapelle : de quel droit ? », 12 mars 2019) et son lien (https://www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?auteur22 ).

(2) Au point de déclencher la colère de l’ambassadeur de France auprès de l’UE, Philippe Déglise-Costa, en avril 2018 : https://www.nouvelobs.com/politique/20180426.OBS5780/agace-par-le-tout-anglais-l-ambassadeur-francais-quitte-une-reunion-de-l-ue.html

(3) L’ouvrage de Vladimiro Giacché, Le Second Anschluss. L’annexion de la RDA (L’unification de l’Allemagne et l’avenir de l’Europe), Paris, Delga, 2015, mérite d’être connu des Français.

(4) Le 9 novembre 2018, le ministre de l’Economie a publié sur Tweeter : « L’Europe doit s’affirmer comme un empire paisible dans les 25 années qui viennent. », position réaffirmée dans la presse allemande. Voir les liens suivants : https://twitter.com/BrunoLeMaire/status/1060812167182761984 et https://www.handelsblatt.com/politik/international/europapolitik-frankreichs-finanzminister-macht-druck-auf-berlin-europa-muss-ein-empire-werden/23600498.html?ticket=ST-393268-SEgfVK9zivFfJhsWJNpI-ap2

(5) Olivier Cyran, Le Monde diplomatique,‎ 1er septembre 2017, et bibliographie https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9formes_Hartz

 https://www.initiative-communiste.fr/articles/pour-rendre-sa-souverainete-au-peuple-francais-la-france-doit-sortir-de-le

COMMENTAIRES  

27/03/2019 11:04 par Assimbonanga

Sans oublier l’abandon du logement social, alors qu’on voit en Angleterre ses effet désastreux. Leur parc locatif est en ruine. Or, Macron a pour ambition de vendre les logements et de laisser tomber le combat du logement social. Privatiser est son idéologie. Il est radicalisé à mort. Un dangereux fanatique bien dissimulé sous les apparences de l’urbanité et dont la voix qui ne crie jamais, comme tous ses trouducs de lieutenants bien formatés et qu’on entend fielleusement discourir à longueur d’antenne de radios ou télés.

27/03/2019 12:26 par Michel Maugis

Bien d’accord avec tout cela.
Mais alors qu’attendent le PRCF et le UPR de François Asselineau pour se réunir et faire un Front Commun pour le Frexit afin d’affronter ensemble les élections européennes et l’élection présidentielle, avec d’autres forces se réclamant du Frexit ?

27/03/2019 12:35 par Toff de Aix

Superbe appel, auquel je souscris pleinement. Emmanuel Todd l’avait bien dit : tous ceux qui ont voulu unifier cette Europe si diverse, n’ont pu essayer de le faire que par le fer et le feu... Napoléon, Adolf et compagnie, tous rêvaient d’une fédéralisation assujettie à leur délire de grandeur. Dans toute l’Histoire de la période dite "moderne", cela n’a jamais fonctionné : les peuples sont trop différents, le tissu social, économique et géographique est trop disparate. L’union forcée des peuples du territoire européen ne peut conduire qu’à une chose : à la guerre, ce qui arrange toujours les mêmes...et aujourd’hui on les connaît, on les connaît bien. Les projecteurs sont de plus en plus braqués sur ce 0.1% rapace et destructeur.

Je suis à nouveau fier d’être français, car les gilets jaunes existent, le peuple s’est réveillé et à les yeux désillés de plus en plus.
Les français, le peuple frza toujours eu un rôle moteur auprès des autres peuples européens.
Nous ne nous laisserons pas faire. Nous ne disparaitrons pas dans la nuit, sans combattre.

27/03/2019 14:00 par David F.

Bien ! Le parti communiste, comme en 1945, doit s’unir avec d’autres pour abattre cette monstruosité qu’est aujourd’hui l’UE. En avril, associons-nous à l’UPR pour un nouveau conseil national de la résistance !

27/03/2019 14:16 par J.J.

Hitler l’avait rêvé, Macron l’a fait.....

27/03/2019 15:01 par Louise de Bretagne

AVATAR c’est trop bien pour l’incompétent #micron la minable marionnette des adeptes du veau d’or, tout ce qu’il sait faire c’est fuir les responsabilités qu’il a pourtant accepter d’assumer et surtout tourner le dos à ses anciens collègues et amis ...

27/03/2019 15:26 par szwed

Conclusion de ce texte éclairant : voter massivement pour la liste LFI conduite par Manon Aubry !

27/03/2019 17:39 par dan

Heu...si c’est par hasard c’est par la voie pacifique, et donc en mettant en œuvre l’article 50 comme le font les britanniques, ce qui personnellement aurait ma préférence, vous accepteriez quand même que la France sorte de l’UE ?

27/03/2019 19:05 par irae

de « faire converger » les deux pays sur tous les terrains, économique, culturel et institutionnel

Mais comment les votants ont-ils pu élire ce fou furieux ?
Pour la convergence culturelle et "cultuelle" ni les rames, ni les evinrude n’y suffiront. Encore que à coups de traités UE, de 49.3 et de referendums aux oubliettes, on en fait des choses contre la volonté du peuple destitué de sa souveraineté.

27/03/2019 23:06 par Georges SPORRI

1/ Pour accomplir la sortie de l’euro, de l’OTAN et de l’UE il faut d’abord prendre le pouvoir en France / Pour qu’un parti égalitaire et libertaire prenne le pouvoir avec une marge de manœuvre correcte il est indispensable que sa prise de pouvoir soit précédée par une mobilisation des masses et une multiplication de "subversions". Dans le cas contraire, il devra mobiliser les masses et ouvrir des espaces aux subversions après, ce qui n’est pas le scénario idéal.

2/ Les mobilisations des masses ont peu de chance d’avoir pour revendications unitaires des trucs sur l’UE ou sur la politique internationale, sauf dans l’éventualité d’une troisième guerre mondiale qui mettrait le pacifisme et l’anti impérialisme au premier rang des préoccupations immédiates.

3/ Un frexit par l’article 50 serait une ineptie tactique / Une alliance entre l’internationalisme prolétarien et le pacifisme d’une part, avec le nationalisme de droite - Extrême droite d’autre part serait une ineptie stratégique mortelle pour les benêts anti impérialistes et pacifistes qui se seraient lancés dans cette aventure imbécile à l’issue plus que prévisible .

4/ La souveraineté nationale pour la souveraineté nationale, sans contenu social, est une idée réactionnaire. Par ailleurs la réalité est mondiale plus qu’européenne et dans l’état actuel de ces réalités, la souveraineté nationale n’a aucune signification réelle au moins sur le plan économique.

5/ 1 + 2 + 3 + 4 = pas d’autre option que faire imploser l’UE par des blocages et incidents diplomatiques à répétition, puis de la faire exploser par une intense lutte des classes et des "subversions". NB : les leaders FI ou extrême gauche ne peuvent pas dire ouvertement ce que je dis s’ils veulent prendre le pouvoir ...

27/03/2019 23:18 par Danael

Ceux qui rêvent d’une union avec l’UPR ou avec la LFI sur le sujet vont être déçus mais d’un autre côté c’est rassurant :
https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/united-colors-of-asselineau-stop-a-confusion/

27/03/2019 23:31 par Renard

Un rapprochement avec la nouvelle formation de Djordje Kuzmanovic est-elle à l’ordre du jour ? Se serait dommage d’avoir différentes chapelles qui disent la même chose..

28/03/2019 08:42 par CN46400

Avant 1789 certain chantaient : "hors de la province point de salut", en 2019 le PCRF vocalise sur le thème : "Hors de la nation point de salut". Mais n’est dit rien pour les 1000 prolos qui travaillent 3 jours sur 5 pour fabriquer de la confiture qui est consommée, sans droits de douane, ailleurs en Europe qu’en France.... Et c’est valable dans tous les domaines. En son temps Marx écrivait : Pour hâter la révolution, je vote le libre-échange"....

28/03/2019 09:04 par irae

@Renard
Vous pouvez nous en dire plus sur cette nouvelle formation ? Merci.

28/03/2019 12:01 par cunégonde godot

la France doit sortir de l’euro, de l’UE et de l’OTAN par la voie progressiste et révolutionnaire !

Le frexit n’est ni progressiste ni révolutionnaire, ni de droite ni de gauche. Il est seulement l’inéluctable conséquence (pas la solution) assumée par n’importe quelle formation politique qui, accédant au pouvoir, voudrait l’exercer.
La France sortira de l’UE "néo-libérale" si elle veut rester une république démocratique souveraine (que le pouvoir soit de gauche ou de droite).
Si les Français (de tous bords), matraqués jour et nuit par une propagande massive de la haine de soi et du renoncement depuis la mort du général De Gaulle puis la fin du PCF (années 90), ne comprennent pas cela, ils disparaîtront purement et simplement en tant que peuple.
Une bonne partie des Gilets Jaunes l’a compris...

28/03/2019 12:55 par HUGO

@ Michel MAUGIS
Combien de fois faudra t-il répéter que l’UPR, malgré son "étendard" sur le FREXIT est une formation de droite pure et dure et que le PRCF (même s’il tient compte de l’intéressant facteur FREXIT), ne peut pas pactiser avec le diable !

Asselineau : farouche défenseur du capitalisme
N’ayons pas peur des mots, Asselineau est un personnage plutôt bien placé dans la nébuleuse réactionnaire. Si l’individu se proclame anti système et se prétend la voix de ceux qui subissent la politique des partis traditionnels, des gouvernements successifs et de Bruxelles il oublie volontairement, dans cette énumération de responsables le……patronat ! Les fermetures d’usines, les suppressions d’emplois, le chômage, les bas salaires, la remise en cause des acquis sociaux ne seraient pas de sa responsabilité. Comme si les décisions du gouvernement, et celles de l’UE, n’étaient pas prises en fonction des besoins et des seules exigences du capital !
Il convient donc de revenir sur ce personnage qui se dit anti système. Le parcours, les discours et les amitiés d’Asselineau fleurent bon une droite extrême et réactionnaire. Il fait ses études à H.E.C. (1980) et l’E.N.A (1985). En 1985 il est inspecteur général à l’IGF. De 1989 à 1990, il est le chef de la mission pour le Crédit National. Il a aussi été le président de la SADEF. Ensuite, il occupe le poste de DDC auprès de ministres du gouvernement Juppé (1995-1996), avant de rejoindre en 1999 le RPF des De Villiers et Pasqua. Entre 2000 et 2004, il occupe des postes importants de conseillers aux côtés de Pasqua, alors président du C.G. des Hauts-de-Seine. Toujours avec le même, alors allié à Tibéri, il est élu sur une liste de droite dissidente aux municipales parisiennes de 2001. C’est sans étonnement qu’on le voit nommé par Sarkozy le 20 octobre 2004 à la tête de la D.G. à l’Intelligence Economique à Bercy. Il travaille alors en étroite collaboration avec Raffarin. Le 31 décembre 2004, il a décidé de rejoindre le groupe UMP au Conseil de Paris. En mars 2007, il crée l’UPR.
Sont idéologie est présente dans la vision qu’il a de l’Histoire de France. Le mythe de la « France éternelle », vieux refrain de l’extrême droite, y est développé, autour duquel s’accroche une historiographie profondément réactionnaire. Mise en avant de « nos ancêtres les gaulois » comme des « premiers Français résistants » à l’invasion étrangère ou bien une histoire des XIX et XX siècles axée sur la valorisation de la « nation Française que tous les peuples du monde envient », dans laquelle n’apparaît ni l’affaire Dreyfus, ni le Front Populaire, ni la guerre d’Algérie, ni Mai-68, mais dans laquelle apparaissent bien entendu les aspects positifs de la colonisation . Des oublis idéologiquement significatifs, puisqu’ils ont tous trait à l’histoire de la gauche et du mouvement ouvrier. Et quand il n’oublie pas d’en parler, Asselineau réécrit leur histoire. Ainsi il ne parle de la Commune de Paris que comme un mouvement patriote de résistance à l’invasion étrangère. Tout ceci pour arriver à la conclusion que le nouvel ennemi venu de l’étranger qu’il faudrait abattre serait l’« empire » Européen. Cette vision transparaît aussi à la lecture de la charte de l’U.P.R., qui prétend rétablir la « souveraineté nationale » et « redonner à la France sa vraie personnalité », tout en ne disant rien sur le rôle fondamental des Etats-nations, ni de leur bourgeoisie dans la construction européenne ni sur la complicité de leurs gouvernements dans la mise en place des politiques ultralibérales et destructrices de services publics, certes décidées au niveau européen, mais qui vont parfaitement dans le sens des politiques voulues par les gouvernements et les divers organisation patronales de chaque état, et ce depuis de longues années.
Certains hommes de droite aiment brouiller les pistes, Asselineau est de ceux-ci. Un représentant d’une droite extrême qui essaie de faire passer ses idées réactionnaires en les prétendant « ni de gauche, ni de droite » ( comme Le Pen ou Macron finalement ). Asselineau est un garant du système capitaliste et dans sa vision, chacun doit rester à sa place …… surtout les salariés ! Certes on ne peut qu’être d’accord avec lui lorsqu’il dit vouloir « sortir » cette Europe, car c’est l’Europe du MEDEF, de la BCE, en un mot du capital……mais il est hors de question pour lui de s’opposer au Medef et aux banques à l’intérieur de l’hexagone ! Il ne veut surtout pas détruire le capitalisme, il veut le réguler comme Sarkozy et Hollande.
Asselineau manipule donc l’opinion publique au seul profit de l’oligarchie et de l’ordre établi.

28/03/2019 17:45 par legrandsoir

Ce commentaire circonstancié mérite de devenir un article du GS.
Je m’en occupe.
MV

28/03/2019 15:36 par Assimbonanga

La France sortira de l’UE "néo-libérale"

Ah oui ? Super.
Bernard Arnaud est d’accord ? Pinaud ? Danone ? Vinci ? Avril sofiproteol ? Ciments Lafarge ? Total ? Carrefour ? Amazone ? Facebook ? Orange ? Bouyghes ? Free ? SFR ? BFMTV ? Air France ? Flixbus ? Netflix ? Dysney-Paris ? AXA ? BNP ? Crédit Agricole ? EDF ? Engie ? PSA ? Auchan ? Renault ? Christian Dior ? sanofi ? ...

28/03/2019 22:44 par François de Marseille

Je suis en train d’ecouter la serie d’emission de Guillemin sur la Commune. Cet episode avec les b.. euh pardon, les teutons, me rappelle que l’ordre bourgeois a préféré offrir à Bismarck Strasbourg et Metz en echange d’une possibilité d’aide pour mater les Parisiens qui commençaient à filer un mauvais coton.
La Bourgeoisie a egalement pris un grand soin pour stopper toute tentative de contre attaque francaise lors de cet episode edifiant.
L’histoire depuis 1789 jusqu’a nos jours est extrêmement riche d’enseignement.
Dans le meme registre, il est a peu près acquis que la defaite de la premiere armée du monde en 1940 (l’armée française), en quelques semaines, a été également voulue et bien organisée.
On peut accuser la bourgeoisie d’à peu pres tout, mais surement pas d’être patriote.

29/03/2019 00:44 par szwed

Hugo serait assez courtois de citer les sources de cet article rédigé par Robert GIL (son site) cf. Agora vox du 31/08/2016...avant que le GS envisage de le republier tel quel.CQFD

29/03/2019 08:59 par warnec

Le mouvement s’appelle "République Souveraine" et se dit très attaché à faire revivre, dans le contexte actuel, les valeurs du CNR. Essentiellement composé de déçus de LFI et de "transfuges" du PG pour l’instant, le mouvement dans la bouche de son président se veut ni de droite ni de gauche (l’air du temps) mais socialiste quand même...
Sortie de l’Otan mais pas de l’UE (un genre de plan A plan B), planification industrielle et écologique, république sociale, souveraineté diplomatique et économique, francophonie relancée et affirmée...bref le programme de LFI de 2017. Très bien en soit mais pas de Frexit assumé ! Sera-ce encore un coup d"épée dans l’eau ?
https://www.republique-souveraine.fr/

29/03/2019 15:41 par HUGO

Perdu en ce qui concerne le lieu de pêche swed ! Si vous recherchez avec plusieurs morceaux différents de phrases clés, vous vous apercevrez bien vite que ce texte initial de GIL qui dénonce le fond de commerce d’Asselineau, a été repris partiellement et transformé à toutes les sauces ! C’est ce que j’ai fait de mon côté. D’ailleurs j’ai déjà "posté" ce même texte à l’identique sur LGS en 2017. N’étant pas administrateur de LGS, Maxime fera ce qui lui parait le plus judicieux pour le journal (personnellement je ne le ferais pas apparaitre comme article proposé aux débats).

29/03/2019 18:56 par Nakor le cavalier bleu

Monsieur Hugo.... Vous pouvez critiquer l’upr et Asselineau de tout votre saoul, les faits n’en sont tout de même pas moins les mêmes : l’upr semble être, à ce jour, le seul parti qui défende ouvertement et clairement la sortie de l’ue, de l’euro et de l’otan (au contraire de LFI ou le RN qui semblent pour le moins plus que brouillons sur le sujet, on se souviendra de mr Mélanchon et de mme Le Pen concernant leurs reculades sur ces sujets).

Et quand à supposer que le parti puisse être de droite ou d’extrême droite, ce dont je doute énormément, en quoi cela serait il un problème ? Après tout, on a bien vu des mauracien et des communistes travailler ensemble durant l’occupation dans la Résistance, car ils s’entendaient sur un point très clair : la libération du territoire national de l’occupation allemande.

Le fait est qu’aujourd’hui l’upr propose justement la sortie de l’ue, l’euro et l’otan qui brident notre souveraineté nationale. Alors certes, vous pourriez me répondre que nous ne sommes pas sous occupation, mais les faits sont que nous n’avons plus de réelle souveraineté pour mener à bien nos propres politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche.

Enfin je terminerais en vous faisant remarquer que l’upr cherche à ne pas tomber dans le clivage "gauche-droite" (et qu’il est classé en divers par le ministère de l’intérieur), que ses adhérents proviennent de tous les horizons (NPA, PCF, LFI, UMP, RN etc etc) et que son slogan "l’union du peuple pour rétablir la démocratie" n’est pas qu’une vaine annonce, car on notera dans le programme du parti divers mesures qui me semblent bien loin d’être issues de l’extrême droite. On notera par exemple un recours bien plus aisé par le peuple au référendum d’initiative populaire, l’augmentation des salaires, la nationalisation des entreprises stratégiques, une loi organique pour empêcher le vote de lois sans la moitié des parlementaires présents à l’assemblée nationale, la fin du franc CFA..... Là où je veux en venir, c’est que vous pouvez critiquer le parcours de mr Asselineau par le passé, le fait est qu’il a eu le courage de lancer un parti politique quand tout était contre lui, qu’il criait haut et fort des positions qui semblaient indéfendables et que depuis plus de dix ans, sa ligne reste la même. Peut on en dire autant de nombre de nos politiciens ? Certes l’homme n’est pas parfait, notamment sur sa vision de notre histoire, mais à tout le moins n’a-t-il pas voté pour Maastricht, et il défend une vision de notre pays où nous agirions en nation souveraine et indépendante.

Ça et le fait que son parti, il l’a dit, ne soit pas fait pour durer une fois les objectifs primaires atteints (ue, euro otan).... Il me semble que c’est là plus que suffisant pour lui faire confiance sur le tryptique et qu’il n’essaiera pas de se dérober comme l’a fait par le passé un certain mr JLM. ou une mme MLP....

29/03/2019 20:47 par Dominique

Le peu que je connais d’Asselineau est qu’il a toujours pris clairement position contre les guerres menées par la France comme en Libye ou en Syrie. Ce qui n’est pas le cas de JLM, en tout cas pas sur la Libye.

29/03/2019 21:02 par Georges SPORRI

@ Cavalier bleusaille qui chevauche un âne ou une mule / Le FREXIT par l’article 50 est une ineptie tactique, comme le montrent très bien les édifiantes balourdises du brexit / Le futur leader de gauche réelle devra être élu sur un programme économique et social clair et n’annoncer qu’une vague intention de "changer l’Europe". Ensuite il devra utiliser la rigidité imbécile des institutions européennes pour créer des blocages et des clasches auxquelles il ajoutera un savant dosage d’incidents diplomatiques et de désobéissances bien dosées. En France il devra faire 3 ou 4 réformes enthousiasmantes pour les salariés de tous les pays afin de stimuler la lutte des classes à l’échelle la plus large possible. Donc : essayer de faire imploser puis exploser l’UE ! Cette option suppose un minimum de fourberie et de ne pas être annoncée, c’est une question de diplomatie (main de fer dans un gant de velours). Conclusion : Asselineau est un gros balourd avec son obsession et ses incantations " Abracadabra ! Article 50 " ...

29/03/2019 21:07 par Marco

Lacroix-Riz participait en 2013 à la table ronde de l’université d’automne de l’UPR. Cessez donc vos délires sur Asselineau et l’extrême droite

.https://www.upr.fr/?s=lacroix+riz

29/03/2019 22:54 par François de Marseille

@ Hugo : "Combien de fois faudra t-il répéter que l’UPR, malgré son "étendard" sur le FREXIT est une formation de droite pure et dure et que le PRCF (même s’il tient compte de l’intéressant facteur FREXIT), ne peut pas pactiser avec le diable !"

Le diable !
Ah ben c’est ballot ça, le diable est pris, il vous reste quoi pour le fn ? L’antéchrist ?
Pour moi, dire qu’un adversaire est le diable, c’est un argument de curé !
Mais le problème n’est pas là, qu’est ce qui peut bien faire croire au PRCF (pour qui j’ai beaucoup d’estime) qu’il peut se payer le luxe de cracher aussi facilement sur toute les possibilités d’alliance et arriver néanmoins à faire bouger les lignes ?
Ou peut etre que faire du vent est plus important pour certains que faire bouger les lignes.

Et diable, avant, c’ etait reservé au fn (ce que je trouve déjà con), mais là le niveau s’est abaissé à l’UPR.

Je contemple avec beaucoup d’interrogation tout ces gens hors-sol, qui appellent plein de chose de leur voeux, tout en niant aveuglément la réalité, réalité qui fait état election apres election, greve après greve, de l’extreme difficulté de la lutte.
Mais qu’à cela ne tienne, ceux qui ont des axes de lutte communs, ont les envoie aux orties si ils sifflent une autre note...

Il ne fait aucun doute pour moi que, même pour les plus jeunes, vos rêves, vous les emporterez en l’état (de rêve) dans votre cercueil.

30/03/2019 10:53 par CN46400

@ tous
Le frexit repose sur des postulats qui feraient rire Marx à gorge déployée :
1-La bourgeoisie française serait moins vorace à Paris qu’à travers Bruxelles !
2-La bourgeoisie française serait hostile aux directives que ses gouvernements approuvent depuis 1956 !
3-La bourgeoisie française pourrait s’allier au prolétariat française pour payer mieux, quitte à rogner sur ses profits !
4-Nos exportations en Europe, soudain frappées par des droits de douane, se vendraient mieux !
5-Le capital qui a toujours façonné le cadre de son activité en fonction de la puissance de son appareil productif, donc de ses profits, pourrait revenir à l’échelle inférieure !
6-etc...

30/03/2019 10:55 par Jean-Yves Leblanc

Je suis en accord avec ces lignes écrites par Cunégonde Godot :

"Le frexit n’est ni progressiste ni révolutionnaire, ni de droite ni de gauche. Il est seulement l’inéluctable conséquence (pas la solution) assumée par n’importe quelle formation politique qui, accédant au pouvoir, voudrait l’exercer.

"
Ces lignes constituent en effet un résumé de la problématique du changement politique dans la France d’aujourd’hui.
En d’autres termes, la souveraineté nationale est la condition nécessaire de l’existence même d’une politique. Elle n’est pas la condition suffisante d’une politique en faveur du peuple. L’UE est l’absolu contraire de la souveraineté nationale. Donc, quel que soit le parti au "pouvoir", sans frexit il ne peut y avoir de politique tout court, quelle qu’elle soit.

Retrouver une indépendance nationale est un objectif premier pour lequel il faut, à mon avis, un rassemblement sans conditions ni exclusives. Par ailleurs, l’indépendance nationale n’est pas une revendication politiquement neutre : le capitalisme mondialisé et les élites à son service sont violemment contre. Elle constitue donc, comme le CNR en 1944, non seulement un thème unificateur mais un ferment d’antilibéralisme.

Je me sens proche du PRCF et j’ai une grande admiration pour les travaux d’Annie Lacroix-Riz, historienne courageuse et indispensable à quiconque veut percer la "fake" histoire qu’on nous enseigne depuis notre enfance.
Cependant l’insistance du PRCF sur la sortie de l’UE "par la voie progressiste" ou "par la porte de gauche" ne me convient pas car elle revient à mettre la charrue avant les boeufs, à mettre des conditions préalables qui, en pratique, dans l’état actuel des rapports de forces, reviennent à remettre le frexit (donc le changement) à la Saint-Glinglin.
Ce débat concernant "la porte de gauche" n’est pas nouveau. Jean Lévy (ancien militant CGT et communiste, membre du "Comité Valmy") a été exclu du PRCF parce qu’il prônait une large union pour sortir de l’UE et que, justement, il n’approuvait pas "la porte de gauche". C’est dire que cette question des nécessaires alliances est loin d’être un détail et que son actualité est devenue encore plus brûlante avec les Gilets Jaunes qui, précisément, tracent les contours d’une large union d’un type nouveau.

30/03/2019 11:35 par calame julia

Adolf ne voulait pas d’Europe, il voulait l’Allemagne (en conquérant l’U.R.S.S.) contre les U.S.A.. Ca c’est clair.
Soixante-ans d’Union Européenne pour entendre que ses peuples sont tellement différents !
Qu’ont-ils fait pendant toutes ces décennies ? L’Europe des Six n’a-t-elle pas eu le temps d’y réflechir
à l’originalité de ses peuples ? De quelle manière favoriser les échanges, garder ses industries ??
Et laisse le reste se faire à son rythme ?

"Sortir de l’Europe" me fait encore sourire ! Divorce dans le couple Franco-Allemand ? Et les autres
pays fondateurs, était-ils en vacances pendant toutes ces années ? Divorçons que diable et les autres
pays auront le loisir de demander dommages et pensions pour l’industrie, l’agriculture, la culture et
la libre circulation des peuples...
Cela ne me fait pas rire et encore moins sourire : le bilan européen !

30/03/2019 12:25 par HUGO

Je me garderai bien de qualifier Asselineau de citoyen d’ultra droite comme l’accoutre Médiapart, mais je persiste à écrire qu’Asselineau est un cadre majeur de la droite souverainiste. Je ne rappellerai pas son CV une nouvelle fois, mais cet homme est aussi crédible que Macron quand celui-ci prétend se situer au-delà des clivages.
Nous savons (à peu près tous) ici même que luttes sociales et/ou syndicales prennent leur racine dans le constat d’une divergence d’intérêts entre le prolétariat et la bourgeoisie (les « gilets jaunes » depuis le mois d’octobre, en sont un parfait exemple). Au niveau national comme au niveau international, le patronat s’enrichit sur le dos des travailleurs. Cette opposition fondamentale est niée par Asselineau, qui veut « rassembler tous les Français » et faire cohabiter ses adhérents « dans un esprit de fraternité républicaine », comme si patrons et salariés partageaient des intérêts communs. Cette position est incompatible avec la défense des intérêts de la classe ouvrière.
La principale ambition affichée par Asselineau consiste à sortir de l’UE, de l’euro et l’OTAN, sous prétexte de rendre à la France « sa souveraineté et son indépendance ». Asselineau parle ainsi d’un « asservissement du peuple français » au sein d’une « dictature euro-atlantiste » (ce qui est loin d’être faux d’ailleurs !). Par contre il est notable qu’Asselineau ne produit aucune critique des institutions républicaines françaises (sauf en ce qui concerne le rapport à l’UE). On est donc loin des aspirations que peut porter un quelconque mouvement social en termes de renversement de la démocratie bourgeoise.

Le rejet de l’UE par l’UPR prend notamment naissance dans une vision « complotiste » de sa création et de son fonctionnement supra national. Pour ce parti, l’UE est une construction du pouvoir états-unien visant à asservir les peuples européens, et Asselineau invoque souvent l’interventionnisme de la CIA (très bon point pour lui ! Voir « Aux origines du carcan européen » d’Annie Lacroix Riz).

Aujourd’hui, plus encore qu’en 2017, une telle démonstration serait inutile s’il ne régnait pas une grande confusion dans les esprits. Or, force est de constater que de nombreux militants et sympathisants (de gauche, voir de gauche radicale – j’exclu évidemment « les restes » du PS que je classe désormais à droite) de bonne foi semblent au mieux indifférents, au pire bienveillants, à l’égard de l’UPR.

30/03/2019 23:07 par Marco

J"ai fait une erreur sur le lien d"Annie Lacroix riz participant à la table ronde de l’UPR en 2013. Voici donc le bon lien ;
https://www.youtube.com/watch?time_continue=199&v=gEpH0CXOrCc

31/03/2019 00:41 par Albert-Nord

Pourquoi un parti microscopique à 0,96 % des suffrages en avril 2017, fait-il autant "bondir" d’horreur, en mars 2019 une certaine « gauche » ?
Son Lider Maximo est pourtant réputé comme sans charisme  : son article 50 considéré comme une ineptie tactique, et ses militants jugés comme des sectaires indécrottables.
Ce diagnostique pourrait pourtant aussi convenir au NPA, Cheminade ou LO qui font les mêmes scores minables à la présidentiel.
Cependant, Il est vrai que ce parti souverainiste est connu pour ses passages incessants sur les radios et télévisions de France et de Navarre 24h sur 24. La gauche française se bat contre cette inégalité de traitement médiatique...

Pourquoi un microbe souverainiste est-il si problématique ?
Tiens ! Je renifle une odeur d’Européennes et la lutte des places et de maintien du statu quo.
Il me revient aussi en mémoire le bouquin d’Aurélien Bernier : « La gauche radicale et ses tabous, Pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national »

« Dans cet entretien, Aurélien Bernier part d’un constat douloureux mais irréfutable : malgré le succès de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012, c’est bien le Front National qui réussit le mieux aujourd’hui à capter le mécontentement populaire. Comme dans la plupart des pays d’Europe, la crise du capitalisme profite moins à la gauche radicale qu’à une mouvance nationaliste favorable au capitalisme. C’est ce paradoxe qui est analysé par l’auteur.
Paralysé par la peur de "dire la même chose que Le Pen", le Front de gauche s’enferme dans trois contradictions. Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seule espace possible pour une réelle démocratie. Il lutte pour "une autre Europe", sociale et solidaire, mais n’assume pas la nécessaire rupture avec l’ordre juridique et monétaire européen. Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances.
Souveraineté populaire et nationale, désobéissance européenne et protectionnisme : tels sont les trois sujets tabous dont la gauche radicale doit se ressaisir, au lieu de les abandonner au Front National qui a beau jeu de se présenter comme le seul protecteur du peuple français. Ce même Front National qui, dans les années 80, chantaient les louanges de Ronald Reagan et de l’ultralibéralisme... »

31/03/2019 17:37 par François de Marseille

@ Albert nord : « le Front de gauche s’enferme dans trois contradictions. Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seule espace possible pour une réelle démocratie. Il lutte pour "une autre Europe", sociale et solidaire, mais n’assume pas la nécessaire rupture avec l’ordre juridique et monétaire européen. Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances.
.. »"

Je trouve ça très peu convainquant. Le FDG défend la nation, c’est juste que pour le fn, la nation est blanche et chretienne. Le fn ne déclare pas vouloir sortir de l’Europe et/ou faire du protectionnisme. Ceux que je connais qui votent fn sont convaincu que délinquance = arabe/musulman. N’allez pas chercher trop loin, les électeur fn se contentente de cette logique qui est celle du fn depuis qu’il existe.

31/03/2019 21:39 par VL

Concernant le Frexit, Etienne Chouard explique très bien la situation, je paraphrase :
"On est en prison, tous ensembles, les prisonniers de gauche, de droite et du centre. La seule solution est de tous nous unir pour trouver la force de pousser la porte, mais on en est incapable car on se divise sur ce qu’on devrait faire une fois dehors. Ainsi, nous nous condamnons nous même à la prison à perpétuité."

On tombe toujours dans le même panneau ce qui doit vraiment faire rigoler les maitres du monde, on se divise alors que tous les citoyens qui ne tirent pas de bénéfices de l’UE (l’immense majorité) ont tout intérêt à sortir de l’UE de l’OTAN et de l’Euro. L’UPR n’est pas un parti qui prétend prendre le pouvoir pour changer la société française. L’unique mission de l’UPR est en quelque sorte de délivrer la France du carcan européen et de rétablir les fondamentaux du programme du CNR. A partir de là, le gouvernement de transition UPR laissera les français décider de ce qu’ils veulent comme modèle pour la société française.

Toutes les questions relatives à la personne de FA ou de ce que l’on fera après le Frexit sont insignifiantes pour le moment, les débats
classiques gauche/droite viendront après. Les seule questions valables à mon sens sont 1) décider de la forme du Frexit, article 50 ou dénoncement des traités 2) comment incarner au mieux le Frexit (PRCF, UPR, GJ, autres...). Je pense que la position de l’UPR est la meilleure (dépassement des clivages) bien que je sois profondément anti-capitaliste ce que n’est pas FA ou du moins pas ouvertement (les gens peuvent changer...).

01/04/2019 11:16 par Assimbonanga

Beaucoup de gens ont envie de faire confiance à Asselineau.
Je reprends les mots échangés avec Geb sur une autre page (https://www.legrandsoir.info/asselineau-farouche-defenseur-du-capitalisme.html#forum158165)
- Si sur 69 millions de citoyens français personne n’est foutu de sortir quelqu’un de jeune capable et représentatif SANS aucune casserole au cul...
- Il ne s’agit pas d’un ’"homme providentiel", [...] Il s’agit d’un "catalyseur" et d’un "coordinateur"..
- pour rassembler les citoyens il faut un programme cohérent, (Pas trop compliqué et minimaliste), une icône, et un drapeau.

J’observe autour d’Asselineau une effervescence et une ferveur dignes de celle prodiguée autour d’un gourou et, du coup, cela me fait tiquer. Attention à nos tentations humaines de s’en remettre à un père idéal qui viendrait providentiellement résoudre nos problèmes du moment avec une formule simplifiée.

J’aime bien l’idée des assemblées, des communes, qu’elles soient devant un supermarché, sur un rond-point, dans un quartier de Caracas ou une province du Venezuela. Pour cela, il faut effectivement un gouvernement favorable à ces initiatives et non pas une répression bourgeoise bête et impitoyable parce que percluse de la peur des pauvres.

https://reporterre.net/En-Dordogne-les-Gilets-jaunes-tiennent-bon-Leur-but-la-democratie-et-une

02/04/2019 18:03 par Albert-Nord

« La Marseillaise » expliquée par le grand historien Albert Soboul (1970) INA
https://www.youtube.com/watch?v=TpRGIbFxYdM

03/04/2019 19:00 par Mchel Maugis

Je n’avais pas vu le premier commentaire de HUGO à ma réaction à cet article du PRCF.
Mais puisque "Le Grand Soir" à travers Maxime Vivas semble avoir apprécié ce commentaire de Hugo

Ce commentaire circonstancié mérite de devenir un article du GS.
Je m’en occupe.
MV/quote

Je souhaite vivement qu’il en soit ainsi Chiche !!

03/04/2019 19:23 par legrandsoir

Il me semble,que cela a été fait.
MV

03/04/2019 20:08 par Mchel Maugis

Effectivement ! Excusez moi.
Je pensais à un nouvel article signé MV et affiché en première page du Grand Soir, non sur le côté.
Si c’est celui-ci "Asselineau : farouche défenseur du capitalisme"
Mais alors, il ne serait que comme tous les autres, mais en moins hypocrite, dont un certain PCF qui a appeler à voter pour le diable au second tour, avec la certitude qu’il passerait. Comme Hamon dont la présence au premier tour pour éviter Mélanchon au deuxième tour et faire passer le diable.

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