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Pourquoi le régime syrien a tenu bon

Peut-on encore parler de la crise syrienne de façon rationnelle ? A entendre cette incessante litanie de mensonges assénés, comme s’ils étaient des vérités premières, par des médias aux ordres, on en douterait aisément. Pourtant les faits sont là, ils sont « têtus » et résistent aux dénégations les plus insistantes.

L’effondrement d’un récit édifiant

Depuis l’été 2011, les éditoriaux de la presse occidentale célèbrent en chœur les funérailles anticipées du pouvoir damascène : « tyran sanguinaire qui extermine son peuple », le président syrien n’est-il pas condamné d’avance ? A les croire, il est sur le point de rendre l’âme. Tant attendu, le collapsus final est désormais une question de mois, voire de semaines. Comme en Tunisie, en Egypte et en Libye, l’insurrection victorieuse va précipiter le despote dans les poubelles de l’histoire.

De cette guerre civile, on a cherché obstinément, par une sorte de « reductio ad simplicissimum », à faire la guerre d’un seul contre tous. Or ce récit édifiant a fini par s’effondrer comme un château de cartes. Plus populaire en Occident que dans les rues de Damas, le scénario de la chute inéluctable d’un régime aux abois, miné par la corruption et la répression, est resté une vue de l’esprit. En dépit d’une pression intérieure et extérieure inouïe, le régime syrien a tenu bon.

Poussée par les pétromonarchies du Golfe et les puissances occidentales, l’opposition syrienne a pris ses désirs pour des réalités. En jetant dans la rue des foules paupérisées par la crise économique, elle a voulu créer un rapport de forces décisif, gage d’une victoire rapide. Aveuglée par le succès étourdissant des révolutions tunisienne et égyptienne, elle n’a vu en Bachar Al-Assad qu’une survivance du passé qu’il fallait balayer par la voie insurrectionnelle.

Ce faisant, l’opposition a poussé le régime baasiste dans ses retranchements, le condamnant à une réaction brutale. Dos au mur, il n’a eu le choix qu’entre vaincre ou mourir. Qu’il ait opté pour la solution militaire n’a rien de surprenant compte tenu de l’attitude oppositionnelle, mais aussi de sa propre histoire. Depuis le coup d’Etat de 1970, le pouvoir est entre les mains d’une caste militaro-civile qui n’entend pas le partager. Le quasi-monopole du parti Baath est organisé dans le cadre d’une coalition qui réunit les différentes familles du nationalisme arabe. Au sommet, le clan Assad est la clef de voûte du pouvoir.

Les responsabilités de Damas dans la genèse de l’affrontement actuel sont évidentes. Régime autoritaire, dont la légitimité idéologique s’est diluée dans les travers d’un système clanique, il s’est montré incapable d’offrir une alternative au statu quo. Depuis dix ans, en outre, il a commis l’erreur d’appliquer les recettes libérales du FMI dans un contexte de crise économique aggravée par une série de sécheresses. De ce point de vue, la guerre civile est aussi le fruit de son incurie.

Pourtant, le régime a fait des concessions significatives au cours du printemps et de l’été 2011 : révision de la Constitution mettant fin au monopole du parti Baath, amnistie et libération de détenus, mesures fiscales et sociales généreuses, organisation d’élections législatives. Rejetées avec dédain par l’opposition, elles n’ont eu aucun effet. Tout se passe, dans cette période, comme si les adversaires du régime, sûrs de l’emporter, avaient choisi l’épreuve de la rue pour obtenir gain de cause.

Les manifestations massives en faveur de Bachar Al-Assad qui se déroulent à Damas, Alep et Tartous entre juin et novembre 2011, toutefois, auraient dû les inciter à la prudence. Même si sa base sociale rurale, ébranlée par la crise économique, s’est effritée, le régime baasiste conserve une légitimité populaire. Ulcérée par la réaction autoritaire des pouvoirs locaux, la population de la périphérie est en ébullition, mais de larges couches urbaines, inquiètes devant la poussée contestataire et la montée de l’islamisme, demeurent fidèles au régime.

La haine confessionnelle, ciment de l’opposition

Se réclamant de l’idéologie laïque du panarabisme baasiste, le pouvoir se heurte depuis ses origines à l’hostilité irréductible des Frères musulmans. Portée par la vague montante de l’islam politique, la confrérie en conteste la légitimité et s’engage, à la fin des années 1970, dans une stratégie insurrectionnelle qui se traduit par une vague spectaculaire d’attentats. Les horreurs de la guerre civile actuelle puisent leurs racines dans ce climat d’affrontement larvé qui oppose la mouvance islamiste et le régime nationaliste depuis trente ans.

Dans le récit des origines de la crise, on oublie généralement un fait majeur : la guerre civile n’a pas commencé en 2011, mais le 16 juin 1979. Ce jour-là, des militants armés des Frères musulmans assassinent 83 élèves-officiers alaouites de l’Ecole d’artillerie d’Alep. Frappant le cœur de l’élite militaire, ce massacre provoque une répression impitoyable. Elle culmine à Hama, en 1982, lorsqu’une insurrection menée par une branche dissidente de la confrérie, après avoir liquidé une centaine de cadres locaux du parti Baath, est écrasée dans le sang par l’armée régulière.

De surcroît, le coup de main perpétré à Alep en 1979 revêt une dimension prémonitoire : il préfigure le climat de haine interconfessionnelle qui règne aujourd’hui en Syrie et en Irak. Epargnant les sunnites, les preneurs d’otages de 1979 se livrent sans vergogne à un « nettoyage confessionnel » dont la guerre actuelle fournit à son tour de sinistres exemples. Il faut être aveugle pour ne pas le voir : dans la tragédie sanglante qui frappe le peuple syrien, la haine de « l’hérésie alaouite » est devenue le ciment idéologique de l’opposition.

Par son jusqu’au-boutisme, celle-ci n’a donc pas seulement fourni au régime le motif rêvé de son intransigeance : lorsqu’on exige votre effacement, qu’y a-t-il à négocier ? Mais plus grave encore, elle a délibérément transformé une lutte politique en guerre de religion. Dans cette montée aux extrêmes justifiée par la pureté doctrinale, dire que les torts sont partagés est une ineptie. Car le régime syrien et ses alliés du Hezbollah n’ont jamais attisé une haine interconfessionnelle que les prédicateurs saoudiens, ivres de vengeance, déversent jour après jour.

Neutre sur le plan confessionnel, le régime syrien bénéficie du soutien sans faille des autorités religieuses sunnites comme des différentes Eglises chrétiennes. Qualifié de « secte alaouite » par une presse occidentale qui reproduit les poncifs wahabites, ce régime n’est pas seulement le protecteur des minorités. Comme les habitants des zones contrôlées par la rébellion en ont fait l’amère expérience, il est aussi leur assurance-vie. Et il est inutile de se demander quel avenir peuvent espérer les alaouites, les chiites, les druzes, les chrétiens et les Kurdes dans un pays qui passerait sous la coupe d’Al-Qaida.

Rompre avec l’hémiplégie du discours dominant

Pour comprendre le conflit syrien, il faut donc rompre avec l’hémiplégie du discours dominant. On veut à tout prix nous persuader que la guerre qui ensanglante la Syrie depuis trois ans oppose un régime de tortionnaires à une opposition férue de démocratie. Diabolisant le régime syrien, voué aux gémonies pour ses crimes abominables, cette fable occidentale accorde à la rébellion armée, dans le même temps, une véritable absolution morale.

On a pu voir, à cet égard, quelle fonction essentielle jouait l’accusation de massacre chimique. Peu importe que Carla del Ponte, haut fonctionnaire de l’ONU, ait incriminé la rébellion armée dès le printemps 2013, que deux experts du prestigieux MIT aient affirmé que l’attaque chimique du 21 août 2013 provenait des zones rebelles, ou que le grand journaliste américain Seymour Hersch ait dénoncé les mensonges de la CIA : la manipulation de l’opinion mondiale exige la culpabilité du régime de Damas.

Simultanément, on s’empresse de couvrir d’un voile pudique les turpitudes de la rébellion. Les atrocités commises par les factions jihadistes, coupeurs de tête et autres mangeurs de foie, passent par pertes et profits d’une couverture médiatique qui fait le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes. Chacun a pu lire dans « Le Monde », par exemple, que les exactions des rebelles à Maaloula étaient une invention de Damas, au moment même où la télévision syrienne retransmettait les images des funérailles chrétiennes des victimes civiles de l’attaque perpétrée par le Front Al-Nosra.

Commune à la quasi-totalité des médias occidentaux, cette lecture hémiplégique de la crise syrienne a fait la preuve de son inanité. L’écran de fumée d’une opposition syrienne démocratique et tolérante s’est dissipé, laissant la place à des hordes de fanatiques venus de partout et nulle part pour massacrer les alaouites. Certes, on continue d’exhiber devant les caméras de respectables intellectuels, exilés de longue date, pour accréditer la fiction d’une opposition fréquentable. Mais chacun sait qui dirige la rébellion sur le terrain, et le mythe de « l’Armée syrienne libre », cette coquille vide, est éventé depuis longtemps.

Faut-il, à l’instar des chancelleries occidentales, faire semblant de croire que la rébellion était prête à participer à un processus politique ? Son idéologie sectaire, faite de haine confessionnelle, ses pratiques expéditives et ses dérives mafieuses ont amplement prouvé le contraire. Selon les bilans régulièrement fournis par l’OSDH, organisme proche de l’opposition, ce sont les forces fidèles au régime qui subissent les plus lourdes pertes. On avouera qu’il s’agit d’un curieux génocide, lorsque les bourreaux ont davantage de morts que leurs victimes supposées.

A l’évidence, le régime de Damas trouve encore des soldats prêts à se faire tuer pour défendre un pays agressé par ces desperados du jihad global qui servent de piétaille aux puissances occidentales et aux pétromonarchies corrompues. Depuis l’été 2013, l’armée arabe syrienne reconquiert peu à peu le terrain selon un axe qui relie Damas à Alep via Homs et Lattaquié. Loin de s’effondrer, elle semble reprendre la main, même si le contrôle des frontières du nord et de l’est, voies d’importation des mercenaires wahabites, lui échappe largement.

Certes, la doxa exige que l’on dise que le succès de cette offensive loyaliste est imputable à des facteurs externes. Mais il serait plus juste de dire que l’aide militaire du Hezbollah, l’appui financier de l’Iran et les livraisons d’armes russes ont équilibré l’influence contraire de cette gigantesque coalition internationale qui a juré, depuis trois ans, d’abattre le régime. Maillon central de l’axe de la résistance, la Syrie baasiste figure depuis longtemps, en effet, sur l’agenda de la déstabilisation occidentale des Etats rebelles (cf « Pourquoi la Syrie indispose les maîtres du monde »). [1]

Avalanche de pétrodollars déversée sur les factions jihadistes, livraisons d’armes américaines financées par le Qatar, aide militaire turque à la frontière nord, coopération des services secrets occidentaux, sanctions économiques impitoyables, menaces des USA et de la France, bombardements israéliens : cette extraordinaire débauche de moyens n’a pu faire rendre l’âme au régime baasiste. Il faudra bien finir par admettre que s’il offre une telle résistance, c’est sans doute parce qu’une large partie du peuple syrien, malgré ses erreurs, a trouvé de bonnes raisons de le soutenir.

Bruno Guigue
28 avril 2014

Normalien, énarque, auteur de plusieurs ouvrages, dont "Les raisons de l’esclavage" (L’Harmattan, 2001) et "Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident", L’Harmattan, 2002).

 http://www.silviacattori.net/article5538.html

COMMENTAIRES  

02/05/2014 11:12 par Dwaabala

J’ai relu attentivement cet article : il lui manque une chose, c’est que sans le soutien de la Russie Damas aurait été bombardée depuis longtemps.

02/05/2014 12:09 par Autrement

Où il apparaît qu’un énarque pensant est un rare trésor.

02/05/2014 15:14 par mandrin

une photo de militaire en arme avec la photo de bachar el Assad sur le camion ayant pour titre "Pourquoi le régime syrien a tenu bon"
...alors que la conclusion de cet article mentionne que c’est grâce au soutien de la majorité++du peuple Syrien que se régime est toujours en place.

y’ aurait ’ il des légitimités a l’unanimité qui soit antidémocratique que certain s’entête a appeler régime et dont l’ écho en occident raisonne avec dictature ?

petite précision :
"Avalanche de pétrodollars déversée sur les factions jihadistes, livraisons d’armes américaines financées par le Qatar"...." voté et financé par le sénat Yankee ! "

02/05/2014 15:57 par gérard

@ Dwaabala
Y en a qui n’ont pas lu le texte si attentivement que cela !
« Mais il serait plus juste de dire que l’aide militaire du Hezbollah, l’appui financier de l’Iran et les livraisons d’armes russes ont équilibré l’influence contraire de cette gigantesque coalition internationale qui a juré, depuis trois ans, d’abattre le régime. Maillon central de l’axe de la résistance, la Syrie baasiste figure depuis longtemps, en effet, sur l’agenda de la déstabilisation occidentale des États rebelles (cf « Pourquoi la Syrie indispose les maîtres du monde »). [1] »
Mais je "taquine" seulement !
Ça m’a fait rire car ce style de d’omission a aussi failli m’arriver une fois !
Ce passage de cet article, ma foi très complet et très clair par la simplicité de ses analyses, est essentiel pour bien comprendre le drame qui se "jouait" et se joue toujours en Syrie...
Il faut bien prendre conscience que les armes ne sont rien s’il n’y a personne derrière assez motivée pour les utiliser, et c’est cela le plus important, car c’est ce qui a discrédité les "rebelles", pour ainsi dire sauvé la Syrie et évité une très probable guerre contre l’Iran...

02/05/2014 18:22 par Dwaabala

@ gérard
Heureusement que vous voulez taquiner, car trois mots « sur les livraisons d’armes russes », alors que la fermeté (celle de Bachar-al-Assad-qui-je-le-sais-ne-vaut-pas-Chavez, aussi) et le rôle diplomatique de la Russie ont réussi à faire plier le genou à l’impérialisme, c’est très peu ! Sinon, rien à redire sur cet article, qui se trouve néanmoins nécessairement biaisé par cette carence.

02/05/2014 22:20 par gérard

@ Dwaabala
Bon, là j’ai pinaillé, je sais, car sur l’effet pour le moins "dissuasif" de la Russie et donc sur son rôle on est entièrement d’accord...
Je voulais juste exprimer que rien n’aurait été possible si Bachar n’avait pas eu derrière lui une grande partie des Syriens de toutes confessions, et à ma connaissance il n’y avait pas de Russes sur le terrain.
Je ne mets pas d’échelle de valeur entre Chavez et Bachar, pour la simple raison qu’ils ne sont pas comparables car dans des situations bien trop différentes...sauf celle bien évidemment d’être agressés par le même Système.
Dernier point, cet article privilégie de centrer son analyse sur le régime Syrien, c’est bien explicité par son titre ; qu’il ne s’étende pas sur le rôle de la Russie me semble normal, car les propagandes médiatiques occidentales n’avaient aucune prise sur la Russie, c’était sa politique étrangère, ses intérêts qu’elle défendait en soutenant la Syrie, point à la ligne.
Par contre que n’a-t-on pas entendu de la part de ces mêmes médias sur le Régime Syrien !
Cet article remets parfaitement bien les pendules à l’heure et en plus avec l’honnêteté d’être impartial sur les erreurs commises par le Régime de Bachar.
On est d’accord, très bon article.

03/05/2014 16:45 par Archer Gabrielle

"Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux ..." (Confucius)
Heureusement pour les peuples que l’avenir du monde a toujours été à l’Est du coté du soleil levant.....!
« Les Français savent que la Russie soviétique "URSS" a joué le rôle principal dans leur libération
(Phrase de Charles De Gaulle à Moscou en 1966) »

04/05/2014 09:51 par Eric

bonjour

tout à fait d’accord avec Gérad
sans l’appui de la population, "le régime syrien" je mets volontairement entre guillemets serait tombé depuis belle lurette et l’armée syrienne est constituée de volontaires et à majorité sunnite.
Tout cela fait voler en éclat la bouillie de propagande que les médias poubelles servent à l’opinion depuis plus de 3 ans, propagande reprise allègrement par bon nombre d’associations bien-pensantes et auto-proclamées de soutien à...
En effet, rien n’empêche ces soldats de déserter mais ils vont au front pour défendre la nation syrienne. Mais le pompon sera quand Bachar sera réélu (il s’est officiellement représenté), comment cette clique de gribouilles vont-ils l’expliquer...

Eric Colonna

04/05/2014 09:58 par Sélim Miles

"Ce faisant, l’opposition a poussé le régime baasiste dans ses retranchements, le condamnant à une réaction brutale. Dos au mur, il n’a eu le choix qu’entre vaincre ou mourir. " vous ne justifiez pas les massacres là ? Le régime avait le choix ! N’avez vous pas honte de justifiez des massacres ?

"De surcroît, le coup de main perpétré à Alep en 1979 revêt une dimension prémonitoire : il préfigure le climat de haine interconfessionnelle qui règne aujourd’hui en Syrie et en Irak. Epargnant les sunnites, les preneurs d’otages de 1979 se livrent sans vergogne à un « nettoyage confessionnel » dont la guerre actuelle fournit à son tour de sinistres exemples. Il faut être aveugle pour ne pas le voir : dans la tragédie sanglante qui frappe le peuple syrien, la haine de « l’hérésie alaouite » est devenue le ciment idéologique de l’opposition."

Et les viols systématique de sunnite, la torture et l’assassinat de sunnite dans les prisons du régimes. Vous justifié les massacres d’aujourd’hui par les massacres d’hier. Incroyable pour un normalien je pensais que c était seulement des arguments de jeune "soralien"

Les manifestants scandaient " un un un le peuple syrien est un" a vous lire c’est exactement le même phénomène qu’entre palestinien et israélien. Les assassins accusent les victimes de posséder ses propres tars. Les syriens sunnites comme les palestiniens dans leur majorité ne veulent pas exterminer les juifs ou les alaouites.

"Neutre sur le plan confessionnel, le régime syrien bénéficie du soutien sans faille des autorités religieuses sunnites comme des différentes Eglises chrétiennes. Qualifié de « secte alaouite » par une presse occidentale qui reproduit les poncifs wahabites, ce régime n’est pas seulement le protecteur des minorités. Comme les habitants des zones contrôlées par la rébellion en ont fait l’amère expérience, il est aussi leur assurance-vie. Et il est inutile de se demander quel avenir peuvent espérer les alaouites, les chiites, les druzes, les chrétiens et les Kurdes dans un pays qui passerait sous la coupe d’Al-Qaida."

Encore un mensonge, j’étais en Syrie il y a une semaine de cela et a Alep. Les chrétiens de la maison de repos des catholiques syriens sont protégés pas les combattant sunnites. Et le seul danger qu ils risquent c’est de recevoir un des 70 barils lancé sur Alep de jour comme de nuit. Des barils lancés de haute altitude donc sans aucune précision. Des barils qui visent les civils au hasard. Et ces civils sont des sunnites. Les autorités religieuses sunnites ne représente pas du tout la masse le pseudo savant hassoune n’est pas reconnu par la population il est instrumentalisé par une dictature, comme en Égypte, comme en Algérie etc...Vous ne connaissez pas grand chose au monde arabe monsieur. De plus il y a des chrétiens et des allaouites qui sont du côté de la revolution. Certain sont dans les prisons du régime que vous soutenez.

"la télévision syrienne retransmettait les images des funérailles chrétiennes des victimes civiles de l’attaque perpétrée par le Front Al-Nosra." Voilà votre source d’information c est vraiment pathétique.

"Selon les bilans régulièrement fournis par l’OSDH, organisme proche de l’opposition, ce sont les forces fidèles au régime qui subissent les plus lourdes pertes. On avouera qu’il s’agit d’un curieux génocide, lorsque les bourreaux ont davantage de morts que leurs victimes supposées."

Vous oubliez les milliers de victimes civils ? Venez avec moi a Alep vous verrez par vous même les barils qui tombent chaque jour et chaque nuit. Faites vous votre propre idée plutôt que de lire les informations des organes de propagandes de l’état syrien et de l état iranien.

"A l’évidence, le régime de Damas trouve encore des soldats prêts à se faire tuer pour défendre un pays agressé par ces desperados du jihad global qui servent de piétaille aux puissances occidentales et aux pétromonarchies corrompues. Depuis l’été 2013, l’armée arabe syrienne reconquiert peu à peu le terrain selon un axe qui relie Damas à Alep via Homs et Lattaquié."

Vous oubliez intentionnellement les mercenaires chiites bien plus nombreux encore. Le régime ne trouve plus de soldats syrien pour effectuer le travail de destruction du pays mais bien des mercenaires chiites venues d Irak, du Yémen,du Liban,d’Afghanistan etc... De plus nous arrivons a l’été 2014 et "l’armée arabe syrienne" reconquiert vraiment peu a peu le terrain. Surtout a lattaquié et a Alep.

"Il faudra bien finir par admettre que s’il offre une telle résistance, c’est sans doute parce qu’une large partie du peuple syrien, malgré ses erreurs, a trouvé de bonnes raisons de le soutenir."

Vous parlez d’erreur pour le régime de bashar, viols de femmes, d enfants et d’hommes. Tortures, assassinats, camps de concentration a Damas, bombardement aveugle, sans parler des morts de faim dans le camps palestinien de yarmouk etc...une simple erreur voilà donc, si il s’agissait de votre propre famille vous ne parleriez pas de simple erreur.

04/05/2014 16:52 par Eric

à l’intervenant précédent

un peu plus haut, il y a un article relatant le témoignage d’une habitante d’Alep mais bien sur c’est du mensonge
pourtant elle parle de tirs de mortiers de vos amis. Mais puisque vous dites que vous étiez sur place....Mais dites moi, par où êtes vous passé pour entrer à Alep et avec quelle bénédiction ?
ensuite épargnez nous vos remarques sur l’auteur genre ’jeune soralien’, ça ne marche pas ici et ça n’effraie personne

Eric

04/05/2014 17:38 par Damien

Sélim Miles, je me permets de saluer votre commentaire, quitte à rendre mon intervention entièrement vaine et contre-productive.

Ce qui m’inquiète de plus en plus sur les sites dits d’information alternative, c’est le parti pris et l’oubli que toute chose s’observe par le prisme de la subjectivité.
En philosophie, on appelle ça le perspectivisme. Nietzsche en est possiblement le plus beau représentant.
En Science pure, on met en avant le rôle de l’observateur dans l’intelligibilité des phénomènes, notamment à l’égard de la théorie de la relativité.
Tout ça pour dire que toute information est partielle. Et que le moins que l’on puisse faire, si l’on souhaite informer correctement, c’est de ne jamais oublier qu’à tout propos se joint la contradiction.
Que rien n’est absolu en soi.

Souvent avec les médias alternatifs, l’objectif est de prendre le contre-pied de l’information communément admise.
Certes ça se justifie, notamment avec le Venezuela et même avec la Syrie en certains aspects et par rapport aux forces en présence au sein des rebelles syriens.
Ou encore vis-à-vis de la situation en Ukraine.
Et la liste est longue comme le bras. Néanmoins, il serait judicieux de ne pas se court-circuiter soi-même en allant jusqu’à l’excès inverse.
Ne pas occulter la réalité des faits ni la simplifier. Qui appelle au contraire à la circonspection, à la finesse d’esprit, pour rendre pleinement compte de la complexité de chaque situation.

Je lis ce site avec appétit, très attrayant du reste, mais sa faiblesse de louer jusqu’à l’aveuglement ce qui est diffamé ailleurs m’inquiète.

L’objectivité et la circonspection devraient être les seuls maîtres du Journalisme. Et de tout individu se faisant le relai de l’information.

Pardonnez-moi de jouer les "rabat-joie", mais je n’ai pas voulu rester silencieux à la lecture de cet article, partageant quelques touches communes avec ce que serait une opinion soralienne sur ce cas précis (j’insiste, sur ce cas précis, je n’oserais extrapoler).

04/05/2014 18:18 par legrandsoir

Ce qui m’inquiète de plus en plus sur les sites dits d’information alternative, c’est le parti pris et l’oubli que toute chose s’observe par le prisme de la subjectivité.

Sous entendu "ce n’est pas le cas pour les médias de masse" ?
Avec le recul, il faudrait un bilan de qui avait plutôt raison et qui avait plutôt tort...

Par ailleurs, vous oubliez deux "détails" :
1 - Si les médias dits alternatifs n’étaient pas là, jusqu’où oseraient aller les médias de masse ?
2 - La connaissance des dossiers est plutôt du côté des médias alternatifs (et souvent franchement de leur côté) et pas chez des journalistes encartés qui n’ont ni le temps ni les capacités de traiter tous les sujets comme s’ils étaient des pros en tout...

sa faiblesse de louer jusqu’à l’aveuglement ce qui est diffamé ailleurs m’inquiète.

Vous pourriez vous inquiéter de l’aveuglement des médias de masse à diffamer systématiquement certains, et jamais d’autres. Mais le simple fait d’écrire "louange systématique" derrière un article qui ne l’est justement pas, pose problème. Et il faudrait nous montrer où sont les "louanges" en question.

Et enfin, nous ne prenons pas systématiquement le contre-pied, nous comblons les lacunes graves et les dérives de la presse commerciale qui ne fait pas son travail et se comporte elle-même de plus en plus comme une presse alignée et militante.

04/05/2014 20:28 par mandrin

A voilà le fameux baril d’explosif diffusé sur France 2 au JT a mon avis le commentateur du dessus a du être figurant dans les prises de scènes aux studios booliwood-Katar.

Donc bientôt élection présidentielle en Syrie et certainement Bachar réélu d’ ou les pisses vinaigre de tout poils vont hurler.
" Bachar le retour, régime2" alors que le peuple Syrien auras bien élu son président et donc son gouvernement et non un régime... sa dois une cause a effet du printemps ou les régimes sortent des carton pour l’été qui arrive.

05/05/2014 00:11 par selim miles

Pour aller en Syrie c est très simple vous allez a la frontière près de gaziantep avec un passeport valide et vous passez la frontière. Ce qui me surprend chaque fois c est que le témoignage d un homme n’a aucune valeur face au certitude que l on construit en lisant toujours la même presse dite alternative. Bruno guigues m’a viré de facebook des la première critique prononcé contre cet article qui justifie les crimes de masse. C’est pourtant simple non. Condamnons les crimes du régime syrien et également ceux du pseudo état islamique d’Irak. Mais n’utilisons pas les crimes des uns en 1982 pour justifier les horreur d’aujourd’hui. Un normalien qui refuse le débat la contradiction et qui efface votre texte sur son compte facebook c est quoi ça ? Comme soral qui vire toute personne qui ose critiquer marine le pen. Ces gens la appliquent les même méthodes que ceux qu’ils critiquent. Les médias dominant. Venez en Syrie voir je vous accompagnerais et vous verrez de vos yeux le bombardement d’école, de boulangerie par le régime syrien. Certain donne vraiment l’impression de faire partie d’une secte et d’avoir aucune considération pour le peuple syrien tant que sa sert leur thèse fumeuse...

05/05/2014 01:03 par legrandsoir

Ce qui me surprend chaque fois c est que le témoignage d un homme

Le problème, c’est de savoir s’il s’agit réellement d’un témoignage...
Concernant les chrétiens, par exemple, nous avons aussi celles-ci http://www.legrandsoir.info/_Agnes-Mariam-de-la-Croix_.html

05/05/2014 01:00 par chb

B. Guigue est plutôt soft ici, laissant sans doute une porte de sortie aux soutiens des "rebelles démocratiques syriens" quand ils réaliseront enfin à quel point leurs chouchous sont plutôt des mercenaires terroristes. Le NPA, parmi d’autres, est encore dans le conte de fées à ce sujet.
Quant au chef de la "diplomatie" et de la propagande de la République, j’ai nommé le criminel L Fabius, il se désolait oh combien cyniquement à l’assemblée mercredi dernier de ce que les bombardements de punition prévus en septembre aient fait flop : si la Syrie avait alors été détruite comme une vulgaire Libye, on n’y aurait pas plus d’attentats qu’en Irak (pacifié ?? par l’OTAN), et plus de souci.
Aucun député ne s’est offusqué, même pas celui qui déplorait les victimes chrétiennes (eh oui, un UMP qui a oublié le cynisme de Juppé). Notre MAE droit dans ses bottes a donc tourné la page depuis son coup monté raté du gaz sarin... faut dire que le conte ukrainien a l’air de prendre aussi : pourquoi se priver ?
De son côté, le ministre de l’Intérieur Cazeneuve indiquait le même jour ses pistes pour lutter contre le jihad sectaire syrien : mettre en prison les benêts qui ont pris au pied de la lettre les appels de Fafa à renverser et tuer al Assad, verrouiller Internet auprès des opérateurs pour qu’ils « coupent » les discours, les vidéos et les images servant à l’endoctrinement, et monter des provocations grâce à l’intervention de nos enquêteurs sous pseudonyme. Tout cela, en coopération avec les services anglais qui, faut-il le rappeler, sont sur la même ligne vis-à-vis de Bachar al Assad - sauf au Parliament, ils étaient preneurs d’une punition avec Flanbi.

05/05/2014 08:21 par Bruno Guigue

M. Méliès, le débat sur la question syrienne est toujours passionné, mais il serait bon d’éviter l’invective. Mon journal fb est un lieu d’expression personnelle dont je souhaite préserver la bonne tenue. Vous avez la possibilité de vous exprimer ici, et je m’en félicite.

05/05/2014 10:26 par gérard

@ Sélim Miles
Je relis pour la xième fois :
« Alep : Il faut que tu dises »
...et l’effroi que j’en retire me semble immensément difficile à exprimer tant ,comme a dit Céline, "on est puceau de l’horreur..."
Le déchaînement de la matière d’une guerre, surtout civile, à partir d’un certain degré, devient une réaction nucléaire enclenchée par des fous, que personne, nulle "colombe" ne peut arrêter...pas de drapeau blanc possible ! Ce ne sont, à l’évidence, pas deux armées qui se font face, mais un enchevêtrement inextricable qui brûle...
Peut-être avez vous raison sur certains points, peut-être...mais de toute façon, il est trop tard.
Mais est-on véritablement en présence d’une guerre civile ? Et qui sont ces fous qui ont pris le risque insensé de l’avoir enclenchée ?
Que vient faire "Erdogan" à Alep ?
Et que sont venus faire dans cette "guerre civile", le Qatar, les États unis, la Grande Bretagne, Israël, la France, etc...etc...Et que font-ils d’autre maintenant que de souffler sur les braises ? Au minimum rien, et ce, pour ne pas perdre la face, vous me suivez ou dois-je expliciter ?
Trois ans, c’est une éternité dans une guerre "civile", et une "éternité" c’est si long (oserai-je dire surtout vers la fin) qu’on en oublierait presque son origine, et vous le savez parfaitement bien, elle n’était pas fondamentalement en Syrie son origine, comme ce fut le cas pour les guerres en Yougoslavie, en Libye, en Irak etc...etc...
Le PNAC, vous connaissez ?
Il y a au minimum Wikipedia pour ça sinon...
Dans la géopolitique le nombre des morts n’a qu’une sinistre insignifiance de comptable.

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