Retour sur le Caracazo

Le Caracazo s’est déroulé du 27 au 29 février 1989. C’est un évènement essentiel pour comprendre la Révolution Bolivarienne au Venezuela car il s’agit de la première révolte mondiale contre le néolibéralisme. Sa répression sauvage par le gouvernement social-démocrate de l’époque -3000 morts- a fait naitre une prise de conscience collective et fait surgir le petit peuple comme sujet historique. Hugo Chávez deviendra par la suite le futur porte parole de cette révolte des opprimés.
Mais l’analyse du Caracazo nous donne aussi des clés pour comprendre les révoltes contemporaines en France et en Europe. Car les conséquences de l’application du modèle néolibérale sont les mêmes sous toutes les latitudes. Laissons donc de côté l’eurocentrisme et penchons nous sur le passé de l’Amérique latine pour mieux comprendre notre présent.
Nous présentons l’analyse de Romain Migus, écrivain, communicateur social et de Gustavo Borges, activiste vénézuélien (depuis Caracas).
COMMENTAIRES
Bravo Romain Migus, continuez à donner aux pauvres ignorants que nous sommes des nouvelles de ce foyer révolutionnaire qui devrait nous inspirer comme Cuba la rebelle phare. Le peuple vénézuélien ouvre cette nouvelle vague d’émancipation de tous les peuples d’Amérique Latine et c’est tout un événement auquel nous devrions être attentifs et offrir toute notre solidarité et appui.
PS : En plus Romain Migus vous êtes très sympathique et pas mal pédagogue.
Il y avait 121 vues de cette vidéo le 4 mars. Aujourd’hui, on est à 324. Il faut absolument que JERÔME RODRIGUEZ regarde cette vidéo ! C’est 23 mn d’attention, 23 mn de concentration, mais c’est très important. La lutte ouvre les yeux, la lutte ouvre le panorama, la lutte cultive.
Aujourd’hui, c’est le 8 mars. Nous allons avoir droit toute la journée à un féminisme calibré macron-compatible, gouvernemental. Peu de chance qu’on nous parle des femmes venezueliennes qui tiennent une place capitale dans les quartiers, dans les campagnes. On nous abreuvera d’un féminisme de classes supérieures, de bourgeoises actives, avec un discours de petites pimbêches aux voix saccadées et au débit rapide comme une action boursière. On ne nous parlera pas des femmes du Chiappa mais des plutôt des femmes Schiappa ! Les combattantes Kurdes ni le Rojava n’auront les honneurs, plutôt des actrices moulées dans des robes à paillettes et des cadres sup qui jonglent avec leur projet d’ expatriation et leur start-up et qui rémunèrent une travailleuse immigrée pour s’occuper de leurs gosses. Quelle terrrrible charge mentale !
Petit Jésus, si tu existes, pourrais-tu envoyer le corona-virus chez Zemmour qui fait tant de mal par sa propagande haineuse ? Il est de salut public que ce prédicateur de malheur dégage de la télé et toutes les vidéos youtube. Ça y est, l’épidémie s’est déclenchée. Deux victimes à l’Assemblée nationale, un député et un serveur de la buvette. Fortuitement l’on découvre que l’évangélisme se répand en France même dans les milieux éduqués supérieurs, mais ce n’est pas le sujet, évidemment. Toute contagion du modèle américain est forcément une bonne chose en macronie. Croire en dieu est une bonne base pour faire croire tout ce qu’on a envie de vous faire croire ! Un peu d’irrationalité ne peut pas nuire à une gouvernance capitaliste.
Pour le moment, l’on nous fait croire, du moins sur France-Inter, que la Convention Citoyenne pour le Climat est un lieu de démocratie et que les "citoyens" , 150 tirés de leur vie quotidienne par le bon vouloir d’un monarque, sont formidables, motivés, appliqués et qu’ils vont nous apporter le sang neuf de la démocratie participative. Tous les gens du parti macronien ne tarissent pas d’éloge sur cette soudaine institution tirée d’un chapeau... Et la population dans l’ensemble ne connaît même pas l’existence de ce cénacle. Or, les 150 sont bien encadrés par des technocrates macroniens, que ce soit des animateurs de séance, des intervenants éclairés, instituts de sondage, ingénieurs de communication ou des directeurs de grandes entreprises. C’est le parlement idéal pour les macroniens, calqué sur un conseil d’administration où à la fin tout le monde se range à l’avis dominant et raisonnable d’un Christian Chavagneux. Au mois d’avril la CCC rendra sa copie. Espérons qu’à ce moment-là, cette assemblée sera décimée dans les mêmes proportions que celle des députés ! Le risque : que Macron nous sorte de sa manche une convention citoyenne pour chaque sujet afin de faire des lois sans passer par l’Assemblée Nationale élue au suffrage universel.
J’espère que tout le monde a compris ?
L’Amérique Latine ce n’est pas votre univers manichéen messieurs …
L’accession au pouvoir d’ Hugo Chavez ne s’est pas faite contre le reste de l’Amérique Latine dans une geste national-populaire consécutive au Caracazo mais avec l’assentiment d’une très grande partie de la classe politique " modérée " locale . Cette classe politique " social-démocrate " a juste été aveugle à l’évolution du pouvoir au Venezuela , sous Chavez mais surtout sous Maduro ! Je pense en particulier au Président Fernando Henrique Cardoso qui au moment critique de la grève de PDVSA a envoyé le pétrolier " Amazon Explorer " rempli de carburant pour soutenir un régime au bord de la chute
https://www1.folha.uol.com.br/folha/mundo/ult94u49650.shtml
Pour le reste comparer les sociétés Latino-Américaines aux sociétés Européennes , et en particulier à la société Française , relève du délire total et même de la mauvaise foi totale . Vouloir expliquer les " Gilets-Jaunes " par le Caracazo c’est de la Bolivalâtrie ou du Bolivacentrsisme !
Les " gauchistes " , ou du moins ceux qui se réclament de la " gauche radicale " , n’arrêtent pas de mettre en avant le passé colonial et les tensions raciales liées à cette conquête coloniale pour " expliquer " la société Latino-Américaine .
Cet aspect n’est même pas évoqué ici ?????
La France a t’elle été colonisée par une puissance extra-Européenne de culture et d’ethnie différente ?
Si l’on regarde les GJ , c’est grosso-modo la révolte du lumpenproletariat blanc Européen des périphéries contre les élites mondialisées de l’Archipel Métropolitain Mondial .
Cet article sent enfin la revue nécrologique , style " Il était une fois la révolution " ! Plutôt que d’essayer de refaire pour une n+niéme fois le coup de la" révolution brisée par l’oligarchie et l’impérialisme " il faudrait plutôt essayer de se lancer dans un - très - timide début d’autocritique pour expliquer son échec.
à Assimbonanga
"On ne nous parlera pas des femmes du Chiappa mais plutôt des femmes Schiappa !"
Rien que pour cette phrase je vous embrasserais bien sur les deux joues...et merde au coronavirus !
Les femmes de la bourgeoisie à grand chapeau jadis se sont battues comme de vraies révolutionnaires pour obtenir le droit de vote des femmes. Elles avaient le temps et les moyens certes. Mais ne tombons pas dans les idées simplistes . Le combat féministe contre le patriarcat n’est pas plus méritant en bas qu’en haut des couches de la société. Karl Marx l’avait d’ailleurs dit :“Dans la famille, l’homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat.” Voilà pourquoi cette lutte a sa spécificité dans la lutte de classe. Pourquoi croyez-vous que le mouvement féministe a repris de plus belle au Chili comme ailleurs dans les grands mouvements de révoltes sociales actuelles.
Ils ont sortis les chiens de garde. Ils ont allumé les contre-feux. Ils ont posté les gardes-fous. Le roquet Stéphane Blakoski, sorte d’humoriste mais qui ne fait pas rire, j’en ai parlé hier. Mais regardez tous les autres, ceux qui viennent parler dans la radio, les Wieworca, les Nicolas Baverez, les profileuses de dictatrices ! Hier, dans cette émission soi-disant littéraire, Baverez a été capable de décréter que Christina Kirchner était une dictatrice. Ronsavallon fait également bloc pour confondre Mélenchon et Le Pen dans le spectre commun du populisme, horrifique.
C’est dingue comme Baverez, ou Seux, reprennent mot pour mot l’argumentaire des dominants de l’Amérique Latine et comme les journaleux sont incapables de discernement à cet égard. Aucune défiance, ils tiennent pour vrai l’argumentaire. Ils ne font aucun rapprochement, aucune vérification. Ils savent que Bolsonaro est un dictateur, ils le disent mais ils ne s’avisent pas d’étendre la qualification à Trump ou à Juan Guaido. Les journaleux sont devenus des chiffes molles, des cacatoès ( je reprends le terme de Chassaigne pour augmenter sa "réputation" cybernétique ) qui ne font que répéter les éléments de langage de la présidence de la République.
Alors que de nombreux bourgeois et membres du show-biz français se rendent régulièrement à Cuba et ne décèlent aucune grave anomalie, il est de rigueur de répéter les vocabulaires accusatoires et les suspicions permanentes, y compris sur les notations des touristes en hostellerie et chambres d’hôtes (qu’on peut lire depuis chez soi via internet et sans se déplacer à Cuba !). C’est une sorte de rituel, un folklore, un passage obligé intellectuel. Que fait France-Inter, radio nationale ? Pareil. Cet organe d’information ne fait qu’entretenir le bruit de fond. Aucune curiosité. La routine, le ron-ron. Du coup, aucune personalité politique n’a les couilles de soutenir le contraire sur le Venezuela, c’est trop bétonné, monobloc, forteresse de la pensée, inentamable. Ce serait dilapider son énergie. Alors, tout en sachant (je suppose) préfèrent-ils privilégier l’action nationale et ne pas entrer dans une défense et illustration des pays socialistes bolivariens.
Alors, essayons de faire circuler cette vidéo de Romain Migus, très pédagogique effectivement. Peut-être le milieu des Gilets-Jaunes, qui a fait , à des dépends, l’expérience du travail de désinformation, pourra-t-il avoir une oreille plus indulgente que le reste de la population bien endoctrinée. Je note qu’aujourd’hui, on est arrivé à 413 vues ! On va y arriver, forçons un peu ! Il faut d’abord semer avant de récolter.
Si l’on regarde les GJ , c’est grosso-modo la révolte du lumpenproletariat blanc Européen.
J’ai un peu de difficulté à comprendre : le "blanc européen"... ? Connais pas. En France nos GJ sont des Français. Il y a des femmes et des hommes de tous les âges.
"Les GJ grosso-modo le lumpenprolétariat", c’est pas seulement du grosso-modo , mais un défaut d’aiguillage pour ne pas dire une insulte. Il faudrait revenir à la définition de base du terme lumpenprolétariat ( Wikipédia pour faire court) . Les Gilets jaunes sont pour la plupart non des voyous , vendeurs de drogue et petite racaille en tout genre comme vous le dites mais des travailleurs surexploités qui travaillent dur ou ont travaillé dur toute leur vie pour recevoir au bout du compte pas de quoi vivre. Donc vu votre regard un peu flou sur la réalité , je n’accorde aucun crédit à votre commentaire, Daniel Besson.
@Danael
Le concept de " lumpenprolétariat " a évolué depuis le XIX éme siècle figurez-vous ! Un agriculteur , un travailleur des plus respectables , fait désormais partie du lumpenproletariat du XXI éme siècle tout comme le salarié* des plateformes de logistique .
Que vous ne vouliez pas voir le " blanc Européen " , peut me chaut ! Changez vos lunettes et surtout le prisme avec lequel vous analysez une société .
Cela vous évitera d’être hypocrite et de racialiser les luttes en Amérique Latine ( En gros prolétariat métis et Afro-descendant vs oligarchie de souche blanche Européenne ) et de ne pas le faire en Europe
Puisque vous êtes certainement un " Bolivarien " , je me souviens d’une réunion publique avec Mme . Eva Golinger qui n’arrêtait pas de mettre en avant cette grille de lecture
* Pas d’écriture inclusive chez Mézigue !
On a l’habitude de vos oxymores et changements de concepts à votre guise et cela nous fait bien marrer. De toute évidence je n’ai pas vos lunettes et j’en suis très honorée. Vive la révolution bolivarienne ! Je signe et confirme.
Des exemples de la férocité de l’opposition où bourgeoisie, impérialisme américain et lumpenprolétariat ne font qu’un au Venezuela :
https://www.legrandsoir.info/venezuela-qui-sont-les-violents.html
Elle serait donc toujours exact la définition de Marx ?
Pour mémoire :
https://www.legrandsoir.info/venezuela-l-aide-humanitaire-qui-troue-la-viande-humaine.html
https://www.legrandsoir.info/venezuela-declaration-du-gouvernement-revolutionnaire-cubain.html
https://www.legrandsoir.info/venezuela-les-faits-rien-que-les-faits.html
Et maintenant chez nous les gilets jaunes on été traités comme des parias alors que la classe de la haute finance qui pratique le délit de l’évasion fiscale est aussi très liée aux racailles qui sévissent dans le monde pour en faire ses milices privées protectrices de ses sites d’ extractions pétrolières et minières, pour déstabiliser des gouvernements qui lui résistent ou remplir un peu plus ses caisses grâce au blanchiment de l’argent sale.
Pour parler de la réalité en FRANCE, les gilets jaunes sont des travailleurs disciplinés ( c’est pas visible après tant de mois de résistance dans la rue ? ) appuyés par une majorité de Français qui les ont finalement rejoints dans un même rejet de la politique Macron et compagnie. Romain Migus a vu juste c’est la même classe sociale sur laquelle l’oligarchie mondiale s’acharne car elle n’a plus rien à perdre. Même réalité au Chili . Toujours ce sacré Marx dans les parages qui a vu juste.
Merci Danael pour l’information et on pourrait ajouter l’article de T. Deronne sur la violence de l’extrême droite
https://www.legrandsoir.info/la-sainte-alliance-se-ressoude-contre-le-venezuela.html
Ou encore la mise en scène de la marionnette Guaido d’un "attentat" contre lui, quand c’est lui-même qui avait engagé et payé 200 dollars à un faux tireur pour pouvoir faire une photo et la publier dans les médias de masse. Le faux tireur a été arrêté et a déclaré que Guaido l’avait engagé et payé pour faire la photo.
https://www.youtube.com/watch?v=8PU2OqlCZm4
Ou encore la relation directe de Guaido avec les paramilitaires colombiens ’rastrojos"
https://actualidad.rt.com/actualidad/345178-capturan-venezuela-integrantes-grupo-paramilitar-rastrojos